mardi 11 avril 2017

Lettre du Conseil fédéral




http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

François de Siebenthal
23, av. Ed. Dapples
1006 LAUSANNE
021 616 88 88
Monsieur Didier Burkhalter
Conseiller Fédéral
Chancellerie fédérale
Palais fédéral ouest
3003 Berne

Lausanne, le 28 mars 2017.

Monsieur Didier Burkhalter, Conseiller Fédéral,

En tant que citoyen suisse, je suis devenu actionnaire de la Banque Nationale Suisse (BNS) pour comprendre ce qui se passe réellement avec le Franc suisse. Nous sommes maintenant nombreux à partager cette préoccupation. J’ai participé à son Assemblée Générale 2016. Plusieurs questions importantes ont été posées, pour lesquelles je n’ai vu aucune réponse de la BNS à ce jour.
J’aurais voulu vous faire parvenir la copie du compte-rendu de ladite Assemblée Générale, mais cela est impossible puisque le Président du Conseil de Banque, que le Conseil Fédéral a nommé, refuse de publier les comptes rendus de l’assemblée générale.
Devant cette situation surprenante, je me pose la question de la compatibilité entre ce refus et « l’obligation d’informer et de rendre compte », qui est faite à la BNS (art.7 de la Loi sur la Banque Nationale).
On pourrait considérer ce point comme un détail. Il est hélas tout à fait symbolique du manque de transparence de la BNS, y compris sur la fonction de base de la BNS: la création de la monnaie légale suisse. Car le Président de la BNS refuse aussi de publier combien de Francs suisses la BNS a créé.
C’est pourquoi je me permets de vous poser personnellement cette question:
Quand le Président de la BNS nommé par le Conseil Fédéral refuse de publier les comptes rendus des Assemblées générales, et refuse de publier la quantité de monnaie légale créée par la BNS, que comptez-vous faire, personnellement, Monsieur le Conseiller Fédéral, pour que le Président de la BNS respecte son obligation légale « d’informer et de rendre compte »?
Ceci a une conséquence de taille: les citoyens ne peuvent pas immédiatement vérifier que les Cantons perçoivent bien les 2/3 du revenu du seigneuriage, c’est à dire de la création monétaire légale, ce que la Constitution prescrit dans son article 99 alinéa 4: la BNS « verse au moins deux tiers de son bénéfice net aux cantons ».
Vous pourrez constater, Monsieur le Conseiller Fédéral, que le rapport financier de la BNS n’indique pas, ni le montant de la création monétaire, ni le « bénéfice net » que toute entreprise doit indiquer, et qui est directement référencé dans l’article 99 de notre Constitution. Pouvez-vous approuver le rapport financier de la BNS devant ces manques flagrants d’informations stratégiques?
L’article 58 de la Loi sur l’Impôt fédéral direct (LIFD 642.11) prescrit à son alinéa 1 que « Le bénéfice net imposable comprend » … « – les versements aux fonds de réserve » (troisième tiret de la lettre b). Ces fonds de réserves représentent la création de monnaie légale par la BNS, ce sont les comptes de paiements des banques au passif de la BNS.
Or la BNS a acheté pour au moins 100 milliards de titres étrangers durant l’exercice 2015. Ces achats ont augmenté l’actif, ils n’ont toutefois pas été payés: ils ont au contraire augmenté la dette de la BNS envers les banques de plus de 100 milliards, ce qui est de fait une augmentation de la monnaie légale, qui fait intégralement partie du « bénéfice net ».
Or ce n’est pas le « bénéfice net » de la Constitution et de la LIFD qui a servi de base pour calculer la distribution du bénéfice aux Cantons, c’est le « bénéfice net » amputé des 101 milliards de la création monétaire! Il s’agit d’un manque à gagner pour les Cantons de plus de 66 milliards en 2015 seulement, ceci simplement parce que l’article 30 de la LBN ne respecte pas l’article 99 de la Constitution en ayant oublié les 3 lettres « net ».
Ce jeu de mot entre « bénéfice net » et bénéfice distribué, qui a coûté 66 milliards aux Cantons et aux citoyens en 2015, est camouflé derrière l’absence de publication du « bénéfice net » réel dans le rapport financier de la BNS.
Que comptez-vous faire personnellement, Monsieur le Conseiller Fédéral, pour que la BNS respecte l’alinéa 4 de l’article 99 de notre Constitution en pleine transparence, et que ce qui est aux Cantons revienne aux Cantons?

En vous remerciant par avance de votre réponse personnelle, je vous prie d’agréer, Monsieur le Conseiller Fédéral Didier Burkhalter, mes salutations les plus respectueuses.

Commentaires:

On ne répond pas aux vraies questions:

http://desiebenthal.blogspot.ch/2017/04/la-banque-nationale-suisse-protegee.html

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