Innovation
vendredi 07
février 2014
Plus de robots, moins de travail
Une des conférences les plus attendues de Lift s’est penchée sur
l’avenir du travail. Les progrès de l’intelligence artificielle et
l’accès à de larges bases de données rendent les robots efficaces dans
un nombre croissant de domaines. Déjà largement implantées dans le
secteur de l’industrie, les machines pourraient conquérir celui des
services d’ici à vingt ans
«Dans ce monde que nous créons si rapidement, nous verrons de plus
en plus de choses qui ressemblent à de la science-fiction, et de moins
en moins de choses qui ressemblent à des postes de travail.» Cette
phrase de l’économiste et expert de l’ère digitale Andrew McAfee est
provocante, mais reflète une inquiétude partagée par un nombre croissant
de chercheurs. Les robots construisent déjà des murs et des voitures,
mais demain, ils conduiront des camions et feront de la comptabilité ou
du droit. Même du journalisme. La seule question sur laquelle les
chercheurs se disputent encore est: que deviendront les humains?
Occuperont-ils de nouveaux emplois, seront-ils en vacances perpétuelles
ou sombreront-ils dans la précarité?Le progrès technologique a déjà déstabilisé le monde du travail lors de l’industrialisation et de l’avènement des chaînes de montage. Les économistes, cependant, étaient restés confiants. Après une douloureuse phase d’adaptation, le bien-être global allait croître. C’est ce qui s’est produit. Grâce à l’augmentation de la productivité, les revenus ont pris l’ascenseur et ont entraîné une demande pour de nouveaux biens de consommation, créant ainsi de nouvelles places de travail. La vision de Keynes, qui supposait que chacun serait plus riche en 2030 qu’en 1930, s’est largement réalisée. Mais aujourd’hui, de nombreux économistes regardent d’un œil plus craintif l’accélération du progrès technologique et la stagnation du niveau de vie.
Des ordinateurs à la place des comptables
Depuis qu’un ordinateur a battu les maîtres des échecs, on se doutait
que leur intelligence était capable d’une subtilité nouvelle. Les
logiciels sont plus complexes et plus puissants, mais surtout, ils ont
accès à un nombre hallucinant de données, ce qui leur permet de
rivaliser avec l’homme dans un nombre croissant de domaines. Prenons la
culture générale, illustrée par un jeu toujours très populaire aux
Etats-Unis, le «Jeopardy» – on vous donne la réponse, vous formulez la
question. Une machine construite par IBM a battu, début 2011, les plus
grands champions américains. Pendant toute la durée du jeu, «Watson» a
seul écouté les questions, cherché la réponse, actionné le buzzer et
répondu grâce à un logiciel de synthèse vocale. Il a ensuite choisi le
thème et le montant de la prochaine question, comme l’exigent les
règles.Les petits-enfants de «Watson» pourront occuper une large palette d’emplois. Pas seulement ceux de la classe ouvrière, déjà remplacés sur les chantiers et les chaînes de montage par des robots. Ils s’orienteront vers le secteur des services, le pourvoyeur de deux tiers des places de travail dans les pays industrialisés. Selon une étude publiée en 2013 par deux chercheurs de l’Université d’Oxford, Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, 47% des professions du secteur des services pourront être exercées par des robots dans les vingt prochaines années. Les plus touchés seront les télédémarcheurs, mais aussi les comptables, les juristes, les agents immobiliers ou les journalistes. A partir des résultats d’une entreprise ou des statistiques d’un match, des programmes produisent déjà des articles plus que lisibles. Quant aux chauffeurs routiers et aux taxis, comment pourront-ils résister à la concurrence de la Google Car, dont les premiers prototypes sillonnent déjà les routes de Californie?
Des robots constructeurs
Fabio Gramazio, architecte et professeur à l’Ecole polytechnique
fédérale de Zurich, a créé avec un collègue le premier laboratoire de
robotique appliquée à l’architecture. Il utilise des robots industriels
relativement basiques pour usiner des pièces uniques et assembler des
éléments. «Il est important d’explorer la complémentarité entre l’homme
et les machines», a-t-il déclaré lors sa conférence donnée à Lift.
«C’est l’être humain qui dicte les règles, mais le robot peut faire des
choses dont l’homme n’est pas capable, comme empiler des éléments avec
une précision extrême.»Fabio Gramazio estime que le tournant technologique va laisser sur le carreau les travailleurs les moins qualifiés, mais qu’après une transition douloureuse, de nouvelles opportunités émergeront. «Je ne vois pas comment un ordinateur pourrait gérer la complexité d’un chantier», dit-il. «Les machines ne vont pas remplacer les humains, elles vont les aider, devenir complémentaires.»
Des drones à la placedes paysans
José Achache est du même avis. Le directeur d’AP-Swiss et spécialiste
des drones montre comment la technologie spatiale peut remplacer le
travail d’un paysan. «Les satellites et les drones permettent d’observer
les champs, et de déterminer avec précision quelle zone a besoin d’eau,
d’engrais ou de pesticide», dit-il. «Les images sont envoyées à des
logiciels d’analyse, qui les transmettent à l’agriculteur. Comme tous
les tracteurs sont aujourd’hui équipés d’un GPS, la machine peut très
bien être envoyée dans les champs pour répandre toute seule les
substances là où elles sont nécessaires. Aujourd’hui, il est déjà
possible pour un paysan de gérer ses récoltes depuis son bureau, mais
demain, la communication pourrait s’effectuer directement de machine à
machine, et on n’aura plus besoin de paysans.»Selon José Achache, cependant, la formation et la maîtrise des nouvelles technologies offriront d’autres emplois, et il estime que la Suisse peut devenir un des leaders du secteur des drones.
Tous entrepreneurs
Développer des compétences complémentaires à celles des machines sera
nécessaire. Mais il faudra aussi s’adapter à un monde du travail plus
mouvant et plus flexible. «La plupart des gens ne gardent déjà plus
toute leur vie un même emploi dans une même entreprise», assène Narkis
Alon, jeune Israélienne spécialisée dans l’encadrement des start-up. «Et
cette tendance à un marché du travail toujours plus flexible va se
poursuivre.» Les indépendants et le travail à la demande, pour de
courtes missions, devraient se développer, selon elle, de même que les
micro-entreprises rassemblant moins de dix personnes.Cette évolution implique que les travailleurs apprennent à se vendre en recensant leurs compétences et en développant leur image, notamment sur Internet. «Un écosystème propice à la naissance des start-up est aussi nécessaire, poursuit Narkis Alon. Il faut former les gens pour qu’ils puissent développer leurs idées, et les mettre en contact avec des fonds d’investissement.»
Un revenu universelpour tous
Et si une part croissante de travailleurs ne trouvait pas sa place
dans la nouvelle économie? Bien sûr, nous aurons sans doute besoin
encore longtemps de dentistes, de physiothérapeutes ou de
puéricultrices, mais entre la concurrence des ordinateurs et celle des
pays en voie de développement, qui continueront encore quelques années à
offrir une main-d’œuvre bon marché, une part croissante de la
population n’aura sans doute plus rien à faire. C’est la thèse d’Andrew
McAfee, directeur associé du centre de business digital du MIT Sloan
School of Management et ancien professeur à Harvard.Selon Andrew McAfee, les robots vont prendre notre travail. Cela prendra peut-être vingt ou trente ans, mais c’est inévitable. «Fantastique», a d’abord pensé le chercheur. «Nous aurons enfin le temps de nous adonner à nos loisirs et de réfléchir aux multiples façons de rendre le monde meilleur.» Mais force est de constater que les chômeurs d’aujourd’hui ne sont pas aussi satisfaits de leur condition. Dans une conférence TED donnée en février 2013 en Californie, Andrew McAfee souligne que les Américains sans emploi sont moins heureux en ménage, divorcent davantage, votent moins et sont plus régulièrement envoyés en prison. Conclusion, dit-il, le chômage, tel qu’il existe aujourd’hui, crée une multitude de problèmes, que ce soit au niveau personnel ou au niveau sociétal. Pour cette éminence grise américaine, qu’on peut difficilement comparer à un hippie ou à un communiste, la solution est d’adopter le revenu universel.
Moins de travailpour plus de projets
C’est le concept qu’est venu présenter à Lift Che Wagner, jeune
universitaire militant qui tente de faire adopter le principe du revenu
universel en Suisse. Selon lui, la productivité du travail rend déjà son
adoption possible. Chaque citoyen toucherait mensuellement une certaine
somme d’argent sans aucune condition. Le montant ne serait pas très
élevé, mais suffirait à vivre décemment. En Suisse, par exemple, il se
monterait aujourd’hui à 2500 francs. «Si les gens n’ont plus besoin de
gagner leur vie, ils pourront se consacrer aux projets qui leur tiennent
à cœur», décrit Che Wagner. «Ils auront le temps de songer à la
contribution qu’ils pourraient apporter à la société et qui correspond à
leurs capacités. Ils deviendraient ainsi plus productifs et créatifs.»Ce ne sera sans doute pas un problème si certaines personnes décident de ne plus travailler. Il n’y aura pas assez à faire pour tout le monde. Mais si plus personne ne veut mettre la main à la pâte? «Beaucoup de gens voudront travailler, parce que ça les intéresse et qu’ils voudront augmenter leur revenu», rétorque Che Wagner. «Quand nous avons récolté les signatures pour notre initiative, nous avons conduit un petit sondage. A la question de savoir si la personne souhaiterait continuer à travailler, 80% des interrogés ont dit oui. Mais si on leur demande s’ils pensent que les autres vont continuer à travailler, 80% répondent non. Notre société n’a pas un problème de force de travail, elle a un problème de confiance.».
http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/97e413b2-8f62-11e3-90e5-c97667edb48d/Plus_de_robots_moins_de_travail
Le revenu de base est possible grâce aux ...
desiebenthal.blogspot.com/.../le-revenu-de-base-est-possible-grace.html12 oct. 2013 - Dividende universel par les robots libérateurs. Certaines définitions de l'allocation universelle sont plus restreintes et nécessitent par exemple ... 300 000 robots ont déjà été introduits.
desiebenthal.blogspot.com/.../300-000-robots-ont-deja-ete-introduits.htm...13 déc. 2012 - 26 nov. 2012 – ... en bonne santé ? La seule solution, taxer les robots et en distribuer les revenus. François de Siebenthal: Le courage de taxer ...Les robots peuvent nous libérer !
desiebenthal.blogspot.com/2012/12/les-robots-peuvent-nous-liberer.html10 déc. 2012 - Les robots peuvent nous libérer ! Un juste retour sur investissement. Quelle ironie ! Nous travaillons dans l'objectif de nous libérer des ...Si les robots font tout le boulot, que va faire l ...
desiebenthal.blogspot.com/.../si-les-robots-font-tout-le-boulot-que.html24 nov. 2012 - Taxer les robots, la vraie solution. Non aux enfers fiscaux, oui aux paradis fiscaux, comme au Brésil. François de Siebenthal: Brésil, enfer ou ... Le revenu de bas... - Scoop.it
www.scoop.it/.../francois-de-siebenthal-le-revenu-de-base-est-possible-gr...14 oct. 2013 - François de Siebenthal: Le revenu de base est possible grâce aux robots. François de Siebenthal: Le revenu de base est possible grâce aux ...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Quelques grains de sel