jeudi 7 novembre 2013

Démocratie ? Achats de voix pour deux millions ?

 

Démocratie ? Achats de voix pour deux millions d'Euros.

Dans l'enquête qui porte sur des soupçons d'achat de voix aux élections municipales de Corbeil-Essonnes, fief de Serge Dassault, Younes Bounouara, un proche de l'industriel, s'explique sur une fusillade pour laquelle il est recherché pour tentative de meurtre. L'homme a aussi prévu de se rendre à la police pour s'expliquer.

Younes Bounouara, le chef d'entreprise au cœur de nombreuses spéculations sur un système d’achat de vote à Corbeil-Essonnes, fief de Serge Dassault et suspect n°1 dans une tentative d'assassinat en février dernier, vient de se rendre à la justice française, révèle en exclusivité Jean-Michel Décugis, spécialiste Police/Justice d'i>TELE. M. Bounouara qui avait pris la fuite en Algérie a été interpellé à sa sortie d’avion à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaules et conduit devant le trio de juges d’instruction chargé de cette affaire au Tribunal de grande instance d’Evry.
Le 19 février, Younes Bounouara, 41 ans, avait tiré sur Fatah O., 32 ans, un boxeur amateur, par ailleurs co-auteur de l’enregistrement clandestin diffusé par Mediapart dans lequel Serge Dassault, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, reconnaissait avoir donné 1,7M d’euros à un certain Younes.
Selon nos informations, Younes Bounouara devrait expliquer s'être senti menacé par un gang qui pense que Dassault (lui) a donné beaucoup d'argent pour qu'(il) redistribue.
Dans le cadre de cette affaire, le sénateur et industriel Serge Dassault a été entendu, lundi 14 octobre, en qualité de témoin assisté.
Article rédigé par la rédaction web i>TELE
C'est la dernière révélation du site Mediapart: Serge Dassault, sénateur UMP «admet dans un enregistrement clandestin réalisé fin 2012» — dont des extraits sont en ligne sur le site — «avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, lors de la campagne municipale de 2010». Grâce à cet enregistrement, ce serait «tout un système de corruption aux conséquences criminelles qui se fait jour».

Mediapart explique que l'enregistrement correspond à une conversation dans laquelle deux hommes, citoyens de Corbeil-Essonnes (fief de Dassault) ayant obtenu rendez-vous avec le milliardaire, se «plaignent qu’un acteur clé du "système Dassault" n’ait pas redistribué comme prévu 1,7 million d’euros destinés à des personnes qui ont participé à la campagne victorieuse de 2010 dans des quartiers populaires du sud de Corbeil.»
Les deux hommes à l’origine de l’enregistrement se sont fait tirer dessus trois mois plus tard. En février dernier, Le Point avait rapporté l'affaire, mais sans posséder l'enregistrement. L'hebdomadaire évoquait ainsi les deux auteurs de l'enregistrement, précisant: «la rumeur populaire les désigne comme maîtres chanteurs. Leur forfait: avoir enregistré à l'aide d'une caméra cachée le sénateur Serge Dassault à propos de l'achat de voix des électeurs de Corbeil. Les corbeaux auraient alors cherché à monnayer l'enregistrement sous la menace d'en divulguer le contenu au Canard enchaîné. Serge Dassault aurait refusé le chantage.» Le Canard avait bien, par la suite, publié une partie du contenu de l'enregistrement.
Des soupçons pèsent depuis longtemps sur Serge Dassault. En octobre 2010 par exemple, on pouvait lire dans Libération:
«Depuis plusieurs années, l’avionneur, milliardaire et sénateur UMP est soupçonné de distribuer des enveloppes à ses électeurs de Corbeil-Essonnes. L’achat de votes n’a jamais pu être prouvé formellement et Dassault le nie mordicus, mais Libération a rencontré un habitant de la cité des Tarterêts qui, pour une fois, apporte des éléments tangibles pouvant éclairer le prochain scrutin municipal.» ...

http://www.slate.fr/france/77744/mediapart-serge-dassault-admet-avoir-paye-victoire-electorale

"Là je ne peux plus rien donner". En lâchant cette phrase, fin 2012, Serge Dassault, l'ancien maire de Corbeil-Essonnes, ne pouvait pas se douter qu'il était enregistré. C'est pourtant bien sa voix qui a été authentifiée et publiée par le site Mediapart dimanche après-midi (lien payant). Un enregistrement qui, selon le site d'information, constituerait "l'aveu de la corruption".
Serge Dassault est en effet soupçonné d'avoir mis en place un large système d'achats de voix dans sa ville, pour faire élire son successeur, Jean-Pierre Bechter, lors des élections municipales de 2010. Dans trois extraits sonores, enregistrés clandestinement, on entend l'homme d'affaires affirmer qu'il "ne peut plus donner d'argent à qui que ce soit". Il fait également référence à une "surveillance de la police", ainsi qu'à des opérations financières "au Liban".
Deux enquêtes distinctes
La justice enquête à Corbeil-Essonnes, ville dont le sénateur UMP a été maire une quinzaine d'années (1995-2009), sur deux affaires, une concernant des soupçons d'achats de voix aux élections, et une autre des tentatives d'homicide qui pourraient être liées.

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