lundi 14 octobre 2013

Conférence-débat "De l'assistanat à la solidarité : le Revenu de Base"





De l’Assistanat à la Solidarité :
Le Revenu de Base
Conférence Débat
Le Revenu de Base : une réforme de société
8,6 millions de pauvres, 5 millions de chômeurs, en attendant le retour du plein emploi il faut rassembler les Français autour d'un nouveau PROJET DE SOCIÉTÉ
Avec la participation de
Marc De Basquiat
Co-président du Mouvement Français pour un Revenu de Base
Laurence Boillée
Directrice, déléguée aux projets du Centre départemental de l'Union Diaconale du Var
Estelle Martinez
Assistante de service social, chargée de mission RSA
Samedi 23 novembre 2013
15h00
Salle Familia
(Derrière l’Eglise St Louis)
Rue République
Hyères

Ouvert à tous / Participation libre
Renseignements : Jean-Louis Banès 06.15.09.21.02
En partenariat avec
l'Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon
l'Union Diaconale du Var
le Mouvement Français pour un Revenu de Base
l'Initiative Européenne Revenu de Base

Pourquoi un revenu de base ?

Il y a environ 3 millions d’années, notre ancêtre a appris à fabriquer et manipuler des outils. Ces outils lui ont facilité les tâches nécessaires pour sa survie. Il a pu les accomplir plus facilement, plus rapidement, se libérant ainsi un peu de temps ; temps qu’il a utilisé, du moins en partie, pour transmettre son savoir à ces descendant, créant ainsi une spirale vertueuse. En effet, les descendants, fort de ce savoir, on pu à leur tour utiliser ces outils, voir les améliorer, et ainsi se libérer encore du temps. En fait, à cette époque, l’homme est devenue une espèce à part dans le règne animal, une espèce qui n’a eu de cesse d’évoluer pour améliorer son niveau de vie, donc sa sécurité, son confort et son temps libre.
Cette évolution a subit un brusque coup d’accélérateur il y a environ 1 siècle, lors de la révolution industrielle, lorsque l’on a commencé à robotiser les chaines de production. Sauf qu’à ce moment-là, il y a eu un raté… Pour bien vous expliquer ce qui s’est passé, je vais être obligé de faire un petit détour sur le thème de la démocratie.
Comme vous le savez, la plupart des pays occidentaux possèdent un régime démocratique. N’est-ce pas ? Et bien non, c’est tout faux. La démocratie, par définition, c’est lorsque le peuple a le pouvoir de décider. Lorsque la seule décision que le peuple peut prendre, c’est de décider qui va décider à sa place, ce n’est pas de la démocratie. Lorsqu’une élite vient vous voir en disant : « Nous avons bien étudié le dossier. Vous avez le choix entre la peste et le choléra. Nous allons vous appeler aux urnes pour savoir quelle solution vous préférez. » on ne peut pas dire que vous avez vraiment le choix ; ce n’est pas de la démocratie. D’ailleurs, on entend parfois parler de démocratie directe, ce qui est un pléonasme. La démocratie, c’est forcément directe. Au contraire, les régime occidentaux s’auto-qualifient de démocratie représentative. C’est un oxymore, comme lorsque l’on parle de « discrimination positive ». Si elle est représentative, une démocratie n’en est plus une…
En fait, il existe très peu d’exemple de véritables démocraties dans l’histoire de l’homme. En général, il y a toujours une élite qui dirige le peuple. Cette élite s’accroche à son pouvoir pour deux raisons. La première, c’est qu’elle en retire des privilèges. En général, elle s’octroie la plus grosse part de l’évolution, au détriment du peuple. La seconde, c’est qu’une grande partie de ces élites est sincèrement persuadée que sa position lui permet d’avoir un avis plus éclairé et donc de mieux diriger. Pour eux, si le « peuple ignorant » prenait les rênes, le pays courrait à la catastrophe.
Mais revenons à notre révolution industrielle. Je vais vous expliquer ce qui s’est passé en prenant comme exemple une entreprise fictive qui possède trois ouvriers et produit 10 unités par jour. Vous pouvez remplacer « unité » par ce que vous voulez : voiture, meuble, savonnette, etc. Notre entreprise se modernise et arrive à produire ces 10 unités par jour avec un seul salarié. Les salariés pourraient alors décider de travailler à tour de rôle. Après tout, l’entreprise produit autant, donc gagne autant. Ils pourraient donc travailler trois fois moins pour le même salaire !
Sauf que les unités de production n’appartiennent pas aux ouvriers, mais aux industriels, qui font partie de cette élite dirigeante. Or, pour eux, si l’on donne du temps libre au peuple, cela va lui permettre de réfléchir, et cela peut être dangereux. Il faut donc absolument le garder occupé. Et c’est là qu’est le problème. Si, jusqu’à cette époque, on travaillait pour combler un besoin, à partir de ce moment-là, le travail est devenu une fin en soi. On s’est mis à travailler uniquement pour rester occupé !
Bien entendu, les industriels n’ont pas présenté cela ainsi. En fait, dans notre entreprise fictive, le patron est venu voir les salariés pour leur dire : « Vous allez continuer à travailler comme avant. Nous produirons donc 30 unités par jour, que nous allons pouvoir vendre chacune moins cher puisque nous avons autant de main d’œuvre qu’avant. Les consommateurs seront contents. Et comme nous allons vendre plus de produits, nous allons gagner plus d’argent. Je vais donc pouvoir vous augmenter de façon substantielle. » Et c’est effectivement ce qui s’est passé. Les salariés ont donc été contents, et même les syndicats ont applaudis. Pourtant, ce raisonnement à deux failles.
Je ne m’attarderai pas sur la première, parce qu’il s’agit d’un problème écologique, et ce n’est pas le sujet du jour. En effet, nous sommes entré à ce moment-là dans l’ère du consumérisme. Il faut absolument acheter, même si l’on en a pas d’utilité, quitte à jeter. Tant pis si cela augmente la taille des décharges. Tant pis si l’on épuise la planète à extraire les ressources nécessaires pour produire.
La seconde faille, elle, a créée le monde du travail que nous connaissons. Le problème, c’est que la productivité a continué à augmenter. Ainsi, notre entreprise qui produisait 3 fois plus, s’est mise à produire 4, puis 5, 6, 7, 8, etc. fois plus. Mais à un moment donné, malgré le matraquage publicitaire, il n’y a plus eu assez d’acheteurs. Il a donc fallu réduire la production, et donc le nombre d’heures travaillées. Mais, comme on l’a déjà dit, les industriels ne veulent pas laisser trop de temps libre aux salariés. Ils ont donc fait un formidable tour de passe-passe : ils ont manipulé les salariés pour que, dans leur tête, le seul paramètre qui entre en compte pour le calcul du salaire soit le temps de travail.
Et cela a tellement bien fonctionné que de nombreux salariés raisonnent toujours comme cela de nos jours. On voit d’ailleurs régulièrement des reportages sur des salariés demandant à travailler le dimanche, indiquant que, dans le cas contraire, ils ont du mal à boucler les fins de mois. Pourtant, ce n’est pas une augmentation de travail qui va les aider, mais bien une augmentation de salaire !
Bref, à cette époque, lorsque les industriels ont expliqué qu’il fallait réduire le nombre d’heure de travail, les salariés ont eu peur que cela réduise leur salaire de façon proportionnelle, et ils ont donc préféré que l’on licencie le moins compétent d’entre eux. C’est ainsi que l’on a créé le chômage. On pourrait croire que le salarié chômeur a plein de temps libre et qu’il va pouvoir réfléchir et donc être dangereux. Mais en fait, ce n’est pas du tout le cas. D’une part, le chômeur est mis au ban de la société. On lui fait comprendre que son incompétence seule est la cause de sa situation. Il a donc plutôt tendance à être déprimé et n’a pas forcément envie de réfléchir sur le monde qui l’entoure. De plus, le chômeur n’a plus de ressource pour vivre. Son esprit va donc forcément être occupé pour trouver au jour le jour un moyen de survivre.
Voici comment nous en sommes arrivé là aujourd’hui. Alors, lorsque nous entendons les hommes politiques, de gauche comme de droite (et même d’extrême droite, vous savez, ceux qui disent qu’ils ont une voix différente de l’UMPS) dire qu’il faut absolument trouver une solution pour créer de l’emploi, j’ai envie de crier : « Non ! » Cela fait 3 millions d’années que l’homme essaie de se libérer du travail, on ne va pas demander aux gens de creuser un trou puis de le reboucher uniquement pour les occuper ! Non, il faut trouver une solution pour casser ce lien fort entre revenu, donc survie, et emploi. Et cette solution, c’est le revenu de base.
Je dis bien LA solution, et non UNE solution, car de toutes les propositions diverses et variées que j’ai pu entendre, c’est la seule qui, non seulement serait efficace, mais en plus serait applicable immédiatement dans notre société, sans que cela ne nécessite de gros bouleversements. Attention, je ne dis pas que cela ne créerait pas de bouleversement. La mise en place d’un revenu de base aurait tellement de conséquences positives directes et indirectes, comme par exemple l’émergence d’une véritable démocratie, que cela préparerait l’arrivée d’une nouvelle société.
Pour en savoir plus :
http://desiebenthal.blogspot.ch/2013/10/le-financement-par-la-creation-monetaire.html

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