mardi 15 janvier 2013

"Vigipirate" de rouge à écarlate, la France touchée.

Paris, énorme panne électrique, l'hôpital américain et l'hôpital franco-britannique touchés.
 
Vous avez sans doute appris que nous avons subi une énorme panne électrique hier matin 14 janvier. Cette panne a concerné non seulement Levallois dans sa totalité, mais aussi Neuilly et une fraction de Courbevoie et de Clichy.
 
A 7h40, je venais de terminer mon petit déjeuner et j'étais en train de démarrer mon ordinateur, lequel est situé dans la "travaillerie" à coté de la cuisine. Cette pièce, située au 3ème étage, donne sur le rue Danton qui, à cette heure matinale, était sans la moindre circulation. Silence complet. Bien que le jour n'était encore que faible, j'avais levé le volet roulant.
 
Vous savez peut-être que l'immeuble en face de nous dans la rue Danton est un immeuble d'EDF. Il y a un petit immeuble de 3 étages d'habitation où habitent des gens d'EDF. Ce petit  immeuble est entouré d'immeubles plus importants abritant des installations du réseau. Je me souviens que dans les années 1970 j'avais visité le grand immeuble bas qui se trouve le long de la rue  et qui existe toujours : il abritait d'énormes moteurs synchrones de plusieurs mètres de diamètre qui tournaient à vide pour relever le cosinus phi du réseau.  Depuis, un autre immeuble plus grand et plus moderne, situé en arrière d'une cour, abrite de nouvelles installations, sans doute des transformateurs.
 
A 7h40, j'ai entendu une sorte de détonation, suivie dans la seconde suivante d'une disparition du courant. J'ai beaucoup réfléchi à cette détonation. Ce n'était pas un coup de tonnerre qui se développe en roulant,  Ce n'était pas non plus l'explosion d'un appareil dont le volume sonore est ample. C'était une détonation sèche qui débute et se termine instantanément. Une sorte de coup de fusil. Compte tenu de ce que cette détonation provenait d'un espace fermé  ce devait  être un "gros" fusil.  Finalement j'arrive à dire : une détonation du même ordre que celle d'un canon de char.
 
Tout de suite en regardant par la fenêtre j'ai vu qu'un volumineux nuage très noir sortait de la cour intérieure. Puis cela a été le carrousel des voitures de pompiers, de police et autres, avec leurs avertisseurs, clignotants, etc... le grand jeu. La circulation a été bloquée rue Danton ainsi que dans les rues alentour. Une voiture a déployé sa grande échelle sous ma fenêtre, non pas pour attaquer le sinistre, mais pour permettre à un gradé de monter en haut pour évaluer la situation.
 
Les pompiers ont raccordé leurs tuyaux à 3 prises d'eau de la ville, rue Danton et dans deux rues avoisinantes.
 
Je n'ai pas vu de flammes, seulement de la fumée noire qui est allée en diminuant. Vers les 10 ou 11 heures du matin tout le monde a plié bagage.
 
 Mon opinion de témoin direct : Il me parait clair que l'explosion était un plasticage. L'objectif devait étre un gros transformateur dont l'huile s'est enflammée. Les dégâts ont été limités à ce gros transformateur et il a été facile d'éteindre l'incendie dans un local industriel.
 
Dans le quartier, l'hôpital américain et l'hôpital franco-britannique ont démarré leurs générateurs de secours. Pour nous, le courant est revenu vers les 18h, le soir, au moment où nous commencions à faire l'inventaire de nos bougies.
 A ce jour, le quartier est toujours alimenté par 41 transformateurs mobiles et on nous a demandé de limiter la consommation. mais je sais que certains sont toujours dans le noir.
 
Je n'ai donc pas été surpris lorsque j'ai entendu le soir à la télévision que le gouvernement avait fait passer le plan "Vigipirate" de rouge à écarlate. Mais pas un mot du sabotage. C'est la règle du jeu.
 
Cela coïncidait avec notre intervention militaire au Mali.

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Quelques grains de sel