mercredi 12 décembre 2012

Fukushima, synthèse du rapport

Le 21 mars 2011, le panache radioactif aborde le nord de la Grande-Bretagne et les pays scandinaves

Fukushima, des traducteurs bénévoles mettent en ligne une traduction de la synthèse du rapport de ladite commission.

 «L’accident nucléaire de Fukushima a été le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les organismes de réglementation et Tepco, et de la gestion défectueuse des dites parties».
«les causes directes de l’accident étaient toutes prévisibles avant le 11 mars 2011». «Tepco et l’agence de sûreté nucléaire et industrielle (Nisa) étaient conscients de la nécessité d’un renforcement structurel pour être en conformité avec les nouvelles normes, mais plutôt que d’exiger leur mise en œuvre, la Nisa a estimé que les mesures devaient être prises de manière autonome par l’opérateur.»

 «Les dommages causés au réacteur numéro 1 ont été causés non seulement par le tsunami mais aussi par le séisme».
....
la centrale (d’origine US ) ne disposait pas de «systèmes redondants et diversifiés, ni de résilience parasismique pour les alimentations électriques internes. Par ailleurs, le poste de SinFukushima n’était pas résistant aux séismes.»

. «Seulement 20% des habitants de la ville proche de l’usine étaient au courant de l’accident lorsque l’ordre d’évacuation de la zone des trois kilomètres a été donné.»

«Ce qu’il faut admettre, aussi douloureux soit-il, c’est que nous avons affaire à un désastre made in Japan. Les raisons fondamentales sont à chercher dans le souci des convenances qui fait partie  intégrante de la culture japonaise: notre obéissance automatique, notre réticence à remettre en cause l’autorité, notre attachement au respect du programme, notre dépendance au groupe et notre insularité»,...

«Cette arrogance a été renforcée par la mentalité collective de la bureaucratie japonaise, pour laquelle le premier devoir de tout bureaucrate est de défendre les intérêts de son organisation.

Poussée à l’extrême, cette mentalité a conduit à placer les intérêts de l’organisation avant leur devoir primordial, qui est de protéger la population», 


http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/4/37/62/00/rapports/Rapport-NAIIC-V3.pdf
http://warp.da.ndl.go.jp/info:ndljp/pid/3856371/naiic.go.jp/index.html

Réactions:

Merci pour cette information qui semble impartiale. Mais je puis affirmer que ce n'est pas spécifique à la culture japonnaise de faire passer le confort de fonctionnement des institutions avant la raison d'être desdites institutions, en l'espèce la protection des populations contre le risque d'incidents nucléaires. D'une manière générale en France nos institutions fonctionnent avant tout pour elles-mêmes et très souvent même pour protèger en premier les industriels au détriment de la sécurité des populations riveraines des installations industrielles classées dangereuses (ICPE notamment). Par exemple, en ce qui concerne les incinérateurs de déchets ménagers, tous les chimistes s'accordent sur le fait que quelques milliers de molécules nouvelles sont synthétisées par les aléas de la combustion en mélange d'une grande quantité de produits différents dont la composition évolue au fil du temps par la mise au point de nouveaux composés. Néanmoins, la régementation officielle ne concerne que la surveillance de quelque 50 molécules. Devons nous en inférer que les nombreuses autres molécules non contrôlées aujourd'hui seraient parfaitement inoffensives pour la santé des riverains ? Quand cette question est posée publiquement, lors de conférences, à des toxicologues réputés, la réponse est ahurissante : "Nous n'en savons rien car nous n'avons jamais reçu de commande d'études ni de budget à cette fin !" Ne pas oublier que les dioxines, molécules réputées aujourd'hui les plus dangereuses dans les fumées des incinérateurs, n'ont été officiellement contrôlées qu'en 1997 en fonction de la désastreuse affaire dite de SEVESO qui a pourtant eu lieu en 1976 ! Depuis, peu de molécules nouvelles n'ont été ajoutées à la liste de celles qui sont à surveiller, seuls certains seuils d'émission ont été diminués. Aucun budget n'est prévu par le Ministère pour que l'ensemble des molécules émises par un incinérateur soit enfin analysé par des experts, car le coût de telles recherches serait important. Néanmoins, des organismes nationnaux (ADEME notamment) donnent d'importantes subventions aux industriels de l'incinération et plus particulièrement pour financer la construction des plates-formes de maturation des mâchefers et pour "payer" les sociétés routières utilisatrices de mâchefers et encore plus grassement les cimentiers, à hauteur de 65 € par tonne de mâchefers qu'ils acceptent de mélanger à leur matière première ! Tout cet argent public gaspillé pourrait financer largement les études complètes exposées ci-dessus.

Quant aux problèmes spécifiques au nucléaire français, je crois indispensable de préciser ce qui suit :
Je voudrais attirer l'attention sur une faiblesse évidente des centrales nucléaires qui, autant que je le sache n'a pas encore été dénoncée.
Nous savons qu'à FUKUSHIMA c'est principalement le manque d'eau de refroidissement qui a provoqué la destruction du coeur du réacteur. Mais nos centrales Françaises ont un autre tendon d'Achile. Il s'agit tout simplement des tours paraboliques de réfrigération qui, en vaporisant une faible partie de l'eau en provenance des rivières ou fleuves voisins, disséminent dans l'atmosphère, sous forme de grands panaches blancs de vapeur d'eau, environ deux fois plus d'énergie thermique  que l'énergie électrique produite. Si l'eau d'appoint vient à manquer, par exemple par l'obstruction ou par le gel de la prise d'eau d'appoint, ce n'est pas trop dangereux dans l'immédiat, car il restera un tampon important d'eau dans le circuit d'évaporation des tours, ce qui permettra d'avoir le temps d'arrêter le réacteur. Par contre, si un terroriste fait tomber un avion de ligne sur les tours de réfrigération et en dépit que l'eau de la rivière ou du fleuve soit toujours disponnible, le réacteur risque bel et bien de fondre par manque de refroidissement. L'eau d'appoint ne représente que quelque % des besoins de refroidissement. Celui-ci est en effet assuré par la "la chaleur latente de vaporisation" de l'eau dans les tours. Il faut savoir que cette chaleur latente de vaporisation d'un seul gramme d'eau est de l'ordre de 500 fois plus que l'énergie représentée par l'élévation ou la baisse d'un seul dégré C du même gramme d'eau liquide ! Autrement dit, la destruction terroriste des tours de réfrigération entraînerait la destruction du coeur du réacteur par fusion, faute de refroidissement.

Cordialement,

Maurice SARAZIN, Président de l'APPEL (www.lappel.net)

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