Positionnement de France Nature Environnement
sur la gestion des déchets et l'incinération
Le déchets le moins polluant étant celui qu'on ne produit pas, nos efforts doivent aller d'abord vers la prévention et la réduction des déchets, ainsi FNE l'a rappelé dans son livre blanc ...
Mais il ne faut pas rêver : notre société de consommation ne va pas arriver de sitôt au ZERO DECHETS. Il faut donc gérer ce problème en développant les collectes sélectives (ne pas mélanger les divers types de déchets), pour pouvoir d'une part, valoriser le "propre et sec" (verre, métaux, papiers, cartons, plastiques), d'autre part composter la fraction organique "fermentescible". Il faut prendre également soin d'écarter les déchets toxiques (déchets ménagers spéciaux, solvants, piles, déchets d'activité des soins, etc…), pour ne pas obérer la phase finale de traitement des déchets restants. Ces mesures, réalisées avec la participation des citoyens, permettent de réduire de deux tiers la quantité de déchets, et il faut alors décider ce qu'on fait de cette "poubelle résiduelle" : incinération ou enfouissement en CET.
Dans la plupart des cas, nous sommes favorables à l'enfouissement dans la mesure où les CET présentent les garanties imposées par la réglementation : étanchéité, récupération des lixiviats, etc… En effet, ces "déchets ultimes" comportent peu de risques de polluer les sols ou les nappes phréatiques puisqu'ils ont été débarrassés des toxiques. Il y a également peu de risques de dégagement de méthane à effet de serre (biogaz), puisque la fraction fermentescible a été valorisée par ailleurs.
Pourquoi refuser l'incinération ?
1- Les risques pour la santé:
Après les scandales liés aux pollutions par les incinérateurs "hors normes" de petite capacité, on essaye de vous faire croire que les "nouveaux" incinérateurs ne génèrent aucune pollution et sont tout à fait sûrs. FNE rejette ces affirmations pour plusieurs raisons :- Les ordures étant par définition de composition très variable, les gaz brûlés ou rejetés le seront également, et les rejets réels ne peuvent donc être mesurés valablement par quelques analyses ponctuelles ;
- Les nouveaux incinérateurs ont des capacités de plus en plus grandes (100 tonnes / heures à Ivry en Iles de France) et, même avec des concentrations faibles, les quantités absolues de polluants deviennent très élevés (n'oublions pas qu'une tonne de déchets donne environ 5500 m3 de fumées…). Par exemple, l'unité toute récente de Toulon dans le var rejette 137 kg/an de mercure et cadmium, tous deux très toxiques, ce qui n'est pas du tout négligeable ; de même, on a trouvé une contamination du raisin de muscat par la cadmium autour de l'incinérateur de Lunel dans l'Hérault. Enfin, que signifient ces "normes" quand on sait qu'il existe un facteur 1000 entre la dose journalière admissible de dioxines préconisées par l'EPA aux Etats-Unis et celle admise par l'OMS…Les incinérateurs même les plus modernes présentent donc toujours des risques pour la santé, du fait des polluants disséminés à la fois par les fumées dans l'air, par les eaux de lavage dans les cours d'eau et par les mâchefers dans les sols.
2- Les effets pervers des incinérateurs
Contrairement à ce qui est beaucoup dit, les valorisations matières et énergie sont rarement complémentaires, et les unités d'incinération ne favorisent pas la collecte sélective et les filières de valorisation matières, recyclage et compostage. Ceci est dû à l'effet "aspirateur à déchets" de ces unités doivent en recevoir des quantités importantes pour être rentables.
En outre, l'efficacité énergétique réelle de ces unités est discutable. FNE estime que la production d'électricité est rarement justifiée, compte tenu de la lourdeur et de la cherté des équipements supplémentaires et des frais d'exploitation qu'elle impose. ...
En conclusion
FNE estime que, excepté pour quelques grandes agglomération urbaines à forte densité de population où il est difficile de trouver à distance raisonnable les espaces nécessaires pour un CET, la valorisation dite énergétique des déchets (terme que nous avons toujours contesté) est mal adapté à la France et à son tissu de villes moyennes.
Devons-nous pour autant réclamer un moratoire absolu sur la construction de tout nouvel incinérateur ? Au nom du principe de précaution, la réponse est certainement oui. ...
CET : Centre d'Enfouissement Technique
EPA : Environmental Protection Agency
OMS : Organisation Mondiale de la Santéhttp://www.fne.asso.fr/PA/dechets/dos/dossiers_incineration.htm
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Quelques grains de sel