Le Valais achève sa campagne en «république bananière»
Engagé dans un duel contre le PDC pour l’élection au Conseil des Etats, le PLR entend dépêcher des observateurs dans les communes haut-valaisannes.
Les libéraux radicaux doutent du bon fonctionnement de la démocratie en Valais. Ce mardi, ils ont envoyé une soixantaine de courriers, principalement destinés aux communes haut-valaisannes. Ils entendent dépêcher des mandataires partout où ils ne sont pas représentés par un élu, comme la loi le leur permet. Suite aux vives réactions déclenchées par cette lettre, le PLR a diffusé un communiqué de presse qui attribue au canton «une étiquette de république bananière», et qui pose cette question: «Y aurait-il de la réticence vis-à-vis des mandataires PLR comme il y en a vis-à-vis des délégués de l’ONU lors de contrôles des élections dans certains pays»?
La fin de la campagne est tendue. Avant ce dimanche, il n’y avait plus eu de second tour en Valais pendant douze ans, et trois élections tacites s’étaient succédées. Le PLR Pierre-Alain Grichting défie seul les deux favoris démocrates chrétiens, qui défendent le monopole historique de leur parti au Conseil des États. Si plus personne ne conteste l’élection de Jean-René Fournier, son colistier haut-valaisan Beat Rieder est dans le viseur du libéral radical, qui comptait 8500 voix de retard le 18 octobre.
Dans la partie alémanique du canton, le PDC Beat Rieder recueille beaucoup plus de suffrages que le PLR Pierre-Alain Grichting. Les conservateurs ont toujours été majoritaires dans un Haut-valais où les libéraux radicaux ne sont jamais vraiment parvenus à s’implanter. Ce bastion démocrate chrétien est au centre de la campagne au Conseil des États.
Auteur de la lettre qui a fâché le Haut-valais, le secrétaire général du PLR Victor Glassey prétend que son parti ne doutait pas de la probité des scrutateurs. Selon lui, les libéraux radicaux souhaitaient simplement «participer à une belle fête démocratique», avant que les réactions «disproportionnées» des démocrates chrétiens ne leur inspirent des soupçons. Il interroge: «Qu’est-ce qu’ils ont à cacher pour se montrer aussi nerveux lorsque nous voulons nous rendre chez eux?».
S’il ne conteste pas le droit des libéraux radicaux à disposer d’observateurs dans les communes, le président du PDC du Valais romand doute sérieusement de leur angélisme. Avec ironie, serge Métrailler relève que le PLR n’avait encore «jamais participé aux nombreuses fêtes démocratiques du Haut-Valais» et souhaite que la démarche se pérennise. Pour lui, «ce courrier n’est pas anodin: il sous-entend qu’il pourrait y avoir des malversations». En ajoutant que «le PLR fait peser une suspicion indélicate sur des gens qui ont toujours fait correctement leur travail», il comprend les réactions outrées des démocrates chrétiens haut-valaisans.
Ce jeudi, les conservateurs du Haut-Valais ont condamné les propos des libéraux radicaux dans un nouveau communiqué. Pour eux, «évoquer une république bananière constitue une attaque frontale contre les institutions et donne une mauvaise image du canton». Leur candidat Beat Rieder, lui, ne s’exprime pas. Sur les réseaux sociaux, il a publié le courrier envoyé aux communes avec ce commentaire: «Une seule réponse: Jean-René Fournier et Beat Rieder au Conseil des Etats». Pour la direction du PLR, l’administration qui a transmis le document au candidat a enfreint la loi. Elle somme désormais le conservateur de s’expliquer «sans délai», tout en dénonçant un «comportement antidémocratique».
En Valais, le secret du vote est parfois malmené par le nombre d’électeurs restreints de communes trop petites. Pour le premier tour du 18 octobre, il n’était d’ailleurs pas garanti. Les enveloppes étaient transparentes, et plusieurs scrutateurs ont alerté l’État parce qu’il était possible de deviner les noms imprimés au travers du papier. Le service de l’intérieur a désormais changé les enveloppes. Il recommande aussi aux communes d’accepter la requête du PLR, et d’accueillir ses observateurs.
Notre argent est trop dilué, il faut arrêter le massacre...
Vous êtes tous invités à la remise officielle des + de 100'000 signatures de www.monnaie-pleine.ch le mardi 1er décembre 2015, fête de St Eloi, à Berne, place fédérale, côté droite en regardant le Palais fédéral.
Concours d'idées de performances artistiques pour la remise publique des + de 100'000 signatures.
Comme pour le RBI et ses 8 millions de pièces sur la place fédérale, sic, venez avec votre idée et vous pouvez marquer le monde entier... Nous aimons les gens actifs, pleins d'idées et surtout prêts à les assumer, soit à Berne, Zürich ou dans votre lieu préféré. Tenez-nous au courant à edsa@sunrise.ch. Merci.
Nous méritons une célébration! Nous célébrerons ensemble le Samedi 5 Décembre à Zurich. Vous êtes tous cordialement invités! Nous sommes impatients de voir et connaître tous nos amis et soutiens à l'initiative.
Quand: Le samedi5 Décembre 2015 Durée: à partir de18 heures Lieu:Wandellust, Zollikerstr. 76, Zurich Détails: coming soon! Application:ici(Envoyer un message) ouedsa@sunrise.ch ou info@vollgeld-initiative.ch
Comme déjà annoncé, la rencontre St-Nicolas et Dorothée de Flüe aura lieu du 27 au 29 novembre 2015.
Nous remercions déjà les personnes inscrites et invitons celles et ceux qui souhaitent être hébergés ou prendre des repas pendant la session à bien vouloir s’annoncer sans tarder (si possible avant le 14 novembre 2015) au moyen du lien suivant :inscriptions.
BANQUES D’INVESTISSEMENT LA DEUTSCHEBANK VA LICENCIER ENCORE ENTRE 40.000 ET 50.000 BANQUIERS !!! du 27 au 30 octobre 2015 : Un grand coupeur de têtes, John Cryan, venant de l'UBS, est arrivé au sommet de la DeutscheBank en failllite. Pour sauver la banque, la couleur a été annoncée: "La DB a 100.000 salariés à plein temps. Ce chiffre devrait être ramené au niveau des concurrents directs: UBS et Credit Suisse qui emploient 60.000 et 47.000 personnes". Il a oublié "seulement". Ce qui veut dire que bientôt 40.000 salariés DE PLUS seront jetés à la rue.
Ethos veut de nouvelles règles
Le président de la Fondation Ethos, Dominique Biedermann, veut réduire la voilure des banques d’investissement comme UBS et Credit Suisse. Les progrès effectués jusqu’à présent ne suffisent pas, at- il confié au journal «Schweiz am Sonntag».
De nouvelles règles de capitalisation pour les grandes banques sont nécessaires, à ses yeux. Il préconise un seuil minimal de 5 francs de fonds propres pour 100 francs investis.
Le bilan des deux plus grandes banques du pays est deux fois plus important que le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse. «Il s’agit d’un risque immense, contre lequel on doit se protéger», indiquet- il. Selon lui, certains établissements financiers sont encore «too big to fail».
«La Suisse ne peut pas se permettre de laisser ces instituts bancaires faire faillite. Elle doit, par ailleurs, examiner si dans quelques années, ces établissements auront besoin de plus de fonds propres », explique Dominique Biedermann.
En outre, le président d’Ethos exige que les caisses de pensions soient exclues du taux d’intérêt négatif de la Banque nationale suisse (BNS). Il est dans l’intérêt de tous qu’elles enregistrent de bons rendements pour nos retraites. «Mais avec un taux d’intérêt négatif, elles paient un impôt caché», affirme Dominique Biedermann. A ses yeux, la marge de manoeuvre des actionnaires qui détiennent le plus de voix mais pas le plus d’actions doit également être mieux réglementée. AT S
Vous êtes tous invités à la remise officielle le mardi 1er décembre 2015, fête de St Eloi, à Berne, place fédérale, côté droite en regardant le Palais fédéral.
Vous êtes tous invités à la remise officielle le mardi 1er décembre, fête de St Eloi, à Berne, place fédérale, côté droite en regardant le Palais fédéral.
9h00 Conférence de presse, Centre des médias, Centre des médias du Palais fédéral, Medienzentrum Bundeshaus, Bundesgasse 8 - 12, 3003, Bern
Puis 10:45 , Bundesterrasse.( sur la droite ), remise des + de 100000 signatures.
Venez avec vos idées et soyez prêts à les réaliser vous-même, merci.
Concours d'idées de performances artistiques pour la remise publique des + de 100'000 signatures.
De plus,
Nous méritons une célébration! Nous célébrerons ensemble le Samedi 5 Décembre à Zurich. Vous êtes tous cordialement invités! Nous sommes impatients de voir et connaître tous nos amis et soutiens à l'initiative.
Quand: Le samedi5 Décembre 2015 Durée: à partir de18 heures Lieu:Wandellust, Zollikerstr. 76, Zurich Détails: coming soon! Application:ici(Envoyer un message) ouinfo@vollgeld-initiative.ch
La phrase latine Unus pro omnibus, omnes pro uno est inscrite dans la coupole du palais fédéral
UN POUR TOUS, TOUS POUR UN, Rejoignez-NOUS, merci
Principes de base:
La réalité, une abondance magnifique à se distribuer.
La Suisse, comme souvent, montre l'exemple au monde.
La Suisse cherche la paix, et la paix a besoin de la justice, et ce n'est que justice que de se distribuer l'abondance, cette nouvelle donne économique du XXIème siècle.
Rendre la création monétaire aux citoyens, car on est tous volés actuellement.
Justice pour tous
Pour une vraie démocratie économique, on vote tous les jours avec son argent
Pour de vraies libertés, sans argent, on n'est pas libres...
Pour la distribution de la productivité énorme des robots, machines et ordinateurs.
"Responsabilité individuelle ? Contrairement aux inquiets, nous la voyons dans la confiance plus que dans la surveillance"
"C'est une utopie! - c'est quoi une utopie ? " L' AVS aussi était une utopie qui est bien utile maintenant.
La robotisation est une nouvelle donnée dont il faut tenir compte.
Ils financent les guerres sans limites, pourquoi pas les paix ?
Quelques exemples possibles:
Suite de grands contenants transparents pleins de café noir de plus en plus dilués. De la monnaie pleine à la monnaie vide actuelle... une inflation cachée et permanente…
Une grande meule de fromage pleine et une vide... Une grande montgolfière en forme de pièce de 5 Fr avec l’inscription de la tranche de la pièce très visible ( voir plus bas ) Un hélicoptère Bernanke jette des billets vides et
Guillaume Tell et Mère Helvetia prennent le contrôle de la BNS pour arrêter ou mieux orienter ces dons vers le Souverain suisse, soit les peuples suisses. Combat de reines ?
Monnaie pleine, monnaie vide, dilution de liquides.
Monnaie dorée qui s'envole et dont le ballon explose, bulle spéculative, mais la monnaie pleine du 5.- fr argentée reste intacte au sol.
Billets de banque avec une surface en miroir ou un DVD ou CD, où on peut se voir, donc le portrait de chacun de nous est sur le billet en au moins 5 langues, nous sommes le Souverain qui bat monnaie, la couronne est sur le billet et le montant est celui qui nous est volé par le système actuel… billet qui pourra être invoqué en justice...
Grande couronne ou monnaie dorée ( feuilles de survie cadrées de baguettes en balsa) qui s'envole dans le ciel tirée par un ballon qui explose, symbole d'une bulle spéculative...
Voici la pièce de 5 francs en Suisse qui reste au sol, monnaie pleine stable, avec le long de la tranche Dominus providebit, 13 étoiles et la date d'émission.... (Voir photo ci-dessus.)
D'un côté, on peut voir la Croix suisse, qui représente le Royaume du Christ et de l'autre côté, la justice sociale est représenté par Guillaume Tell, le héros national suisse et le libérateur des pauvres. Sur le bord, la tranche, on peut lire la date de fabrication en latin, 13 étoiles et ces mots latins: " Dominus providebit - Dieu y pourvoira», qui se réfère spécifiquement au verset de l'Évangile de Matthieu et à la Genèse. Nous devons rappeler aux gens que Dieu fournit l'abondance, qu'il est en effet très généreux. Aux Philippines, par exemple, ils peuvent faire trois récoltes de maïs par an. Si vous prenez une graine de maïs, cette graine vous donnera trois épis, ce qui vous donnera environ 200 graines. Donc, dix graines vous donnent 2000; cent vous donnent 20.000. Trois récoltes par an (20.000 X 3) donnent 60.000 %. Et le banquier vous donnera moins de 6%. Dieu est en effet généreux.
Vous savez que la terre pourrait nourrir plusieurs fois la population mondiale. Ce n'est pas un problème de nourriture, mais un problème de distribution. Ensuite, il est important de se rappeler comment la terre est généreuse et qu'il y a assez de place pour tout le monde sur cette terre.
Discours : De nombreux invités (PME, Positive Money, etc…) + 1 romand et 1 tessinois qui parleront (3 à 4 minutes) sur un des messages (”Milliards pour les contribuables et l’économie” et ”De l’argent authentique”). Remise des signatures : un mur de cartons de signatures avec écussons cantonaux et l' inscription ”Echtes Geld für alle” (Du véritable argent pour tous). En français cela ne va pas bien. On propose simplement ”Monnaie pleine pour tous”.
Un groupe de personnes MP seront en habits professionnels (tous les métiers) et remettront les cartons à la Chancellerie. Il y aura aussi Guillaume Tell et Dame Helvetia. Faire un char comme ci-dessous et changer les roues sous les caméras présentes:
Il s’agit non seulement de profiter d’une mise en commun des visions alémaniqueset romandes, mais aussi d’établir une communication entre les deux régions pourrenforcer l’intégration des romands dans la campagne.
Il manque un aspect médiatiquement intéressant. Par exemple, le revenu de base inconditionnel, avec le déversement de pièces sur la place Fédérale, a réussi à mobiliser la presse du monde entier.
Conscient que nous n’avons pas des moyens qui permettent de faire de grandes choses, nous avons évoqué quelques idées qui pourraient compléter le tableau en y ajoutant de l’humour et de l’audace : De gros récipients transparents (grosses bouteilles, vases, aquariums, ou autres): l’un contient du café noir avec le prix d’un café (3.50) ; les suivants du café chaque fois plus dilué avec de l’eau et également le prix d’un café (3.50) + l’intérêt (35 centimes) ; le dernier n’aurait que de l’eau, toujours avec le prix d’un café. Cela symboliserait la dilution de la monnaie (système fractionnaire), mettant en évidence qu’avec un café on peut réaliser le bénéfice de nombreux cafés + intérêt, alors que l’on n’a vendu que de l’eau.
On pourrait compléter cette idée avec deux stands qui vendent des cafés : le
premier vendrait des vrais cafés à 3.50. Le stand d’à côté vendrait de l’eau chaude colorée
avec un soupçon de café pour 3.85 (3.50 + intérêt à 35 centimes).
Si la presse et la télévision relatent ces petites mises en scènes humoristiques, le message
qui va passer est essentiel, car tout le monde comprendra en quelques secondes le système de création monétaire fractionnaire.
Deux chevaliers en armures assaillent avec une échelle la BNS qui est actuellement entourée d’un mur et d’une barrière : ils viennent libérer la BNS de son emprisonnement. Au haut de l’échelle, ils ont vaincu la barrière et ils lancent au public les chocolats MP.
Ce ne sont que des idées spontanées qui pourraient être travaillées. D’ autres idées simples, humoristiques mais significatives pourraient encore émerger.
St Georges élimine le diable cornu Mammon
Chacun apporte une pierre de sa commune et on fait un anneau symbolique ou on comble les contenants plein de café dilué...
On met en valeur l'ogre de la fontaine, voir plus bas...
On ouvre les négociations avec les banquiers et leurs politiques pour qu'ils mettent en oeuvre l'initiative afin que le peuple ne se venge pas... au vu les abus passé ( année de la miséricorde :-) )
Les créances des banques suisses en CHF, qui sont donc bien de la création monétaire ex-nihilo, sur lesquelles elles prélèvent des intérêts, selon la BNS (doc attaché disponible ici http://www.snb.ch/ext/stats/bstamon/pdf/defr/Aktiven_IA.pdf) se montaient fin 2014 à :
71 (colonne 12)
160 (colonne 18, somme des colonnes 24 et 36 semble-t-il)
913 (colonne 36)
soit au total 1'144 milliards de créances donnant lieu à intérêt, provenant de création monétaire ex-nihilo en CHF.
Et ils veulent monter les taux... pour nous tondre comme depuis des siècles...
donc, en résumé plus de 1'000 milliards de "faux" francs et 11 mia d'intérêts en vrais francs, ...
De plus, les devises achetées sont aussi de la création monétaire, ainsi que leurs achats de bâtiments luxueux... leurs salaires et bonus et autres avantages exorbitants...
Thanks for this notification, François.
I have looked into the “Positive Money” school and from appearances they seem to believe that removing the money creation function from private institutions and placing it into the hands of Government is a desirable move. Douglas, of course, warned that this would be disastrous. It is a key provision of the Communist Manifesto and was practiced by the National Socialists also, in both cases to enhance the power of the State, and would merely place the Money Power in an almost impregnable fortress from which it would be almost impossible to dislodge from its position of centralized control of policy. I note that Positive Money has no theory of natural cost or policy to reverse inflation of prices and seem to regard full-employment as a legitimate and desirable social policy. They do not appear to have a concept of Cultural Inheritance or of economic democracy rooted in consumer sovereignty. As such, I am inclined to regard their ideas as a distraction at best and a menace at worst. We discussed Positive Money at some length on our SC Google discussion Group some time ago. From a Social Credit perspective I do not think that they have anything of value to offer. They seem concerned with “price stability”, and economic stability and “equality” in the context of high “employment”—none of which are consonant with Social Credit policy.
Détail : il faudrait disposer d'une très claire et puissante sono pour les prises de paroles qui ne manqueront pas d'être nombreuses et passionnantes !... Une chanson entraînante, fédératrice et drôle, ce ne serait pas mal non plus... Lioba ?
Nous organisons une scène ouverte, .
Envie de venir jouer ou participer à une performance artistique, un coup, une farce, un morceau ? Faire un Boeuf ? Un sketch ? Un Slam ? Une danse ? des stands avec des explications, nous pouvons fournir des graphiques, dessins, caricatures... Autre chose ?
Contactez-nous vite !
Evénement du dépôt des + de 100.000 signatures de la Monnaie pleine à Berne et à Zürich
Créons ces masses monétaires pour la paix sociale et la civilisation.
Libérons-nous des chaînes de la rareté...
Slogans possibles:
Expérience faites sur les marchés, quelques arguments courts et percutants:
Loyers moins chers avec monnaie-pleine !
Moins de chômage avec monnaie-pleine !
Moins de dettes avec monnaie-pleine !
Moins d'inégalités avec monnaie-pleine !
Moins de crises avec monnaie-pleine !
Plus de démocratie avec monnaie-pleine !
Plus de paix avec monnaie-pleine !
Plus de stabilité avec monnaie-pleine !
Moins de peurs avec monnaie-pleine !
Distribuons la création monétaire !
Battons une monnaie-pleine !
Nous, le Souverain, battons monnaie !La monnaie bien commun ? réfléchissons-y et signons !
Laisseriez vous Nestlé gérer l'eau publique à très grands frais et profits privés ? Disponibilité, prix léonins, etc. ? Pourtant, c’est exactement ce que nous faisons avec l’argent en le laissant créer, sic, par les banques commerciales ! Refusons de jouer avec des dés pipés. Changeons les conditions cadres : www.initiative-monnaie-pleine.ch
Les Suisses sont souvent vus comme un peuple économe et prudent. Pourtant, ils sont parmi les plus endettés au monde en matière d’hypothèques. Le système fiscal et les conditions du marché expliquent ce phénomène qui inquiète les autorités.
Selon la Banque Nationale Suisse (BNS), le montant total des crédits hypothécaires atteignait l’an dernier le niveau jamais atteint de 614,244 milliards de francs, ce qui représente 103,6% du Produit intérieur brut (PIB) annuel.
C’est presque le record du monde. Seuls les Pays-Bas affichent un taux supérieur (107,1%). Parmi les pays où l’endettement hypothécaire est important, citons encore les Etats-Unis (76,5%) et l’Espagne (64%). Partout ailleurs, ce taux est inférieur à 50% du PIB.
Arguments résumés selon Christian G.
Pourquoi le système de l’argent-dette doit être changé
Vous n’êtes pas toujours conscients des tares de ce système dont pourtant vous êtes les otages et, souvent, les victimes :
-La monnaie ne vient pas du ciel (BNS) mais des banques qui créent les dépôts au rythme de leurs opérations de crédit ou d’achatElles agissent exactement comme de « faux-monnayeurs légaux » créant des moyens de paiement à leur gré
-Les dépôts dont vous êtes détenteurs ne sont que des prêts permanents faits aux banques qui s’engagent seulement à vous rembourser à vueleur liquidité dépend seulement de la solvabilité et de la solidité de vos banques33
-Par ce privilège extraordinaire de « battre monnaie », les banques ont le pouvoir de semer dans l’économie la folie par un accroissement incontrôlé de l’endettement (inflation, spéculation immobilière et financière à tout-va) ou le désespoir en asséchant le crédit (déflation, faillites, chômage)le système financier actuel est synonyme d’instabilité et de démesure à la hausse comme à la baisse
-Par ce privilège extraordinaire de « battre monnaie », les banques s’approprient la rente liée à ce privilège d’où leur puissance, leur opulence, leur morgueCe système est inéquitable par essence et un « pousse-au-crime » permanent dans son fonctionnement par les gains spéculatifs qu’il permet de réaliser pour ceux qui en profitent
Pour sortir de ce piège de la monnaie-dette, il n’y a qu’une solution pour le bien commun, la Monnaie Pleine :
-Une monnaie électronique émise et totalement garantie par la BNS comme le sont vos billets et piècesune sécurité totale avec toutes des commodités d’un système de paiement moderne,
-Une alimentation monétaire de l’économie en fonction de ses besoins et des objectifs poursuivis (Croissance, inflation)une régularité accrue de l’économie, une assurance contre le chômage
-Une masse de crédits garantie et en croissance financée par l’épargne abondante des suisses è un gage de stabilité de l’économie et de maximisation de son efficacité, une barrière à l’excès de l’endettement
-Une capture de la rente monétaire au profit de l’ensemble de la collectivité Pour les citoyens, moins d’impôts et/ou plus d’argent pour des investissements utiles, des ressources à long terme pour l’AVS et …pour les banquiers et les spéculateurs, moins de profits indus.
POURQUOI LA MONNAIE PLEINE DOIT-ELLE REMPLACER LA MONNAIE-DETTE D’AUJOURD’HUI?
Le problème : le Mécanisme du crédit bancaire n’est pas celui que vous croyez
Vous croyez : Pour pouvoir accorder un crédit, une banque a besoin d’un dépôt d’un déposant
C’est faux : Pour prêter, une banque inscrit la somme convenue au crédit du compte de l’emprunteur et crée ainsi le dépôt, c'est-à-dire un moyen de paiement dont l’emprunteur va se servir pour payer ses achats et, peut-être, votre salaire que vous allez vous-même faire circuler….. è C’est l’argent-dette, un système dans lequel la masse des dépôts en circulation dépend de l’envie des emprunteurs d’emprunter et des banques de prêter !
Vous croyez : La monnaie qui circule dans l’économie est émise par la BNS
C’est faux à 95% (à vérifier): La plupart des dépenses sont réglées via les dépôts à vue sur vos comptes bancaires et ces dépôts sont d’abord créés par les banques. La BNS n’est responsable que d’une faible fraction de la masse monétaire en circulation (Billets et pièces) è la majeure partie de l’argent qui circule est de l’argent émis par les banques dans le cadre de leurs opérations de crédit, c’est donc de l’argent-dette
Vous croyez : Les dépôts à vue sont équivalents aux billets et pièces et sont aussi sûrs que ces derniers
C’est faux : Les billets et les pièces vous appartiennent inconditionnellement alors que les dépôts à vue ne sont que des créances détenues sur les banques que celles-ci s’engagent à rembourser à vue :
-En pariant sur le fait que les retraits d’argent seront compensés par des versements à ses guichets car elles ne détiennent en liquide qu’une fraction infime des dépôts
-En comptant sur les prêts de la BNS pour les refinancer si leurs besoins ne sont pas trop élevés….
-Et, en fin de compte, sur l’intervention de l’Etat si tout va mal (Cas de l’UBS en 2008)
Un système éminemment instable dans lequel la liquidité des dépôts à vue dépend de la solvabilité des banques
Vous croyez : L’opulence des banquiers est liée, d’abord, à leurs qualités professionnelles
C’est faux : Elle résulte d’abord du fait qu’ils ont un privilège extraordinaire, celui de pouvoir créer comme des « faux-monnayeurs légaux » des masses d’argent sur lesquelles ils peuvent prélever des intérêts et qui leur permettent toutes les opérations de spéculation possibles è c’est un système profondément inéquitable qui résulte d’une véritable usurpation d’un pouvoir régalien par excellence :le pouvoir de « battre monnaie »
La solution : Faire de la Monnaie Pleine le bien commun de la collectivité
Vous voulez :
ØDes dépôts à vue aussi sûrs que vos billets et pièces et totalement garantis par la BNS Monnaie Pleine
ØUn système de paiement qui ne puisse jamais s’effondrer comme aujourd’hui Monnaie Pleine
ØUne alimentation régulière de l’économie complètement contrôlée par la BNS et non soumise aux « humeurs optimistes ou pessimistes » des emprunteurs et/ou des banques, afin de mieux réguler l’évolution de l’économie, maximiser son taux de croissance et préserver ainsi la Suisse des affres du chômage et/ou de l’inflation Monnaie pleine
ØDes taux d’intérêt justes pour vous, emprunteurs et épargnants, et efficaces pour l’économie Monnaie Pleine
ØUne récupération des gains de la création monétaire par la collectivité afin de diminuer les impôts, de financer des investissements utiles pour le pays et de pourvoir aux besoins des générations futures (AVS) Monnaie Pleine
CONCLUSION
NON A L’ARGENT-DETTE FACTEUR D’INSÉCURITÉ, D’INSTABILITÉ ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE
ET D’INIQUITÉ SOCIALE
OUI À LA MONNAIE PLEINE POUR QUE LA COLLECTIVITÉ SUISSE RETROUVE SA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE ET QUE SA MONNAIE REDEVIENNE UN VÉRITABLE BIEN COMMUN
La fontaine est construite entre 1545 et 1546 par Hans Gieng en remplacement d'une ancienne fontaine en bois datant du xve siècle. Elle est originalement baptisée Platzbrunnen (« fontaine de la Place ») et ne prend son nom actuel qu'en 1666 ; ce dernier peut se traduire littéralement par « fontaine du dévoreur de petits enfants », le mot « Kindli » étant un diminutif suisse-allemand pour « Kind ».
La sculpture de cette fontaine représente en effet un ogre assis, dévorant un enfant nu. À son côté, se trouve un sac contenant d'autres enfants. Comme l'ogre est représenté avec un couvre-chef ressemblant à un chapeau juif, il a été évoqué la possibilité que cet ogre représente un Juif et que la sculpture soit une accusation de meurtre rituel contre les Juifs1. D'autres théories y voient soit une représentation d'un Krampus, créature folklorique traditionnelle alpine qui punit les enfants désobéissants pendant la période de Noël, soit une représentation du dieu grecChronos (ou de son équivalent latinSaturne) dévorant ses enfants, soit une image du cardinalMatthieu Schiner qui mena les armées suisses à plusieurs défaites dans le Nord de l'Italie2.
Tout autour de la fontaine, le bassin est décoré d'ours armés se préparant à la guerre, accompagnés d'une flûtiste et d'un tambour.
Classées par ordre d’importance selon le jugement de l’auteur
1)La réforme, qui marque une claire distinction entre monnaie et épargne, ne risque-t-elle pas de freiner l’investissement du fait d’une insuffisance de financement, l’épargne pouvant se révéler insuffisante ?
Préambule : cette question est souvent posée car, d’une part, beaucoup de gens ne comprennent pas bien la différence entre un financement monétaire et un financement sur ressources d’épargne et, d’autre part, les esprits sont imprégnés d’un fatras d’idées, pour la plupart issues d’un keynésianisme mal digéré, reposant peu ou prou sur la crainte d’un « d’un manque » d’investissements et la croyance que tout investissement est « bon à prendre » pour favoriser la croissance et lutter contre le chômage.
Réponse : Elle comporte plusieurs aspects qui doivent être combinés pour une complète compréhension.
Aspect 1 : La réforme n’affecte en rien l’épargne « vraie » issue d’une allocation du revenu courant
En 2013, derniers chiffres officiels publiés, l’équilibre épargne-investissement en France se faisait de la manière suivante :
EQUILIBRE ENTRE LES AGENTS À CAPACITÉS (+) ET À BESOIN DE FINANCEMENT (-) EN FRANCE EN 2013
En milliards d’euros
Ménages
Sociétés Non Financières
Sociétés financières
Institutions sans but lucratif
Administrations publiques
Total Economie
+76.8
-38.1
+6.9
-0.3
-87.1
-41.8
Dans chaque période (flux), chaque agent a un revenu qu’il va utiliser en consommant et en investissant soit en actifs tangibles (logement pour les ménages, biens d’investissement pour les entreprises) et intangibles (achat de « survaleur »-goodwill-pour les entreprises), soit en actifs financiers (dépôts, titres, actions), afin, pour chacun, d’accroitre un stock qui est le patrimoine pour les ménages ou l’actif productif pour les sociétés non financières. Pour les administrations publiques, il s’agit de leur équilibre emplois (dépenses)- ressources courantes (impôts et autres revenus annexes), d’où il ressort un excédent ou, comme c’est le cas en France depuis 40 ans, un déficit à financer soit sur l’épargne intérieure ou par appel à un financement externe.
Chaque agent épargne (15,1% du revenu disponible pour les ménages, 17% de la valeur ajoutée brute pour les entreprises) et investit directement en actifs physiques (logement pour les ménages) par apport ou endettement. De ces opérations, va ressortir pour chaque agent une capacité (+) ou un besoin de financement (-), c'est-à-dire une capacité à subvenir aux besoins de financement des autres secteurs qui, eux, ont des besoins de financement, en général les entreprises (par exemple, les entreprises avaient en 2013, un taux d’autofinancement de 75.5%, donc un besoin d’endettement de 25% du montant de l’investissement -ce qui n’est pas vrai de tous les pays-) et l’état quand ses dépenses excèdent ses recettes (les prélèvements pour leur plus large part).
Il convient de bien avoir comprendre que l’épargne finance :
üLes investissements en biens tangibles et intangibles de la période (les flux d’achats de biens physiques qui vont s’incrémenter au stock de logements ou au stock de capital des entreprises
üLes variations d’actifs financiers (et non les actifs financiers) qui, eux-mêmes, vont financer les variationsde l’endettement, que ce soit sous forme directe (émissions nettes de titres et d’actions) ou sous forme indirecte (variations des crédits via l’intermédiation financière et non le montant des crédits)
Donc, avec l’application de la réforme, toutes choses égales par ailleurs, il n’y a aucune raison que le montant du revenu change, donc que l’épargne varie :
üL’ensemble des crédits passés est renouvelé grâce au prêt de la BC au moment de la transition ;
üLa montant des encaisses (Comptes de transactions) est exactement égal aux encaisses désirées puisque chacun aura choisi le niveau optimal au moment de la transition ;
üDonc, la vitesse de circulation de ces encaisses sera exactement celle qui reconduira le niveau de revenu existant.
Donc, à l’instant t, de la réforme, il n’y aucune perturbation à prévoir.
Puis, dans le cadre de la politique monétaire mise en œuvre visant à une croissance régulière de la monnaie circulante(M) de 4% par an, la croissance du revenu (Y) sera exactement égale, à vitesse (V) constante (cf aspect 2 pour les variations) et à taux d’épargne (s) constant, l’épargne croitra au même taux.
et l’épargne courante augmentera d’un montant :
Il n’y a aucune raison de craindre une quelconque rareté de l’épargne pour financer l’investissement car cela relève d’une incompréhension du fonctionnement réel de l’économie. La création de monnaie à vitesse constante crée le revenu qui génère l’épargne et le processus est le même quel que soit l’émetteur de cette monnaie (les banques ou l’état), mais les effets économiques et les bénéficiaires de cette création ne sont pas les mêmes.
Aspect 2 : La distinction selon les deux types de situation envisageables (sous ou sur utilisation des ressources)
Examinons les différents cas :
·Sous utilisation des ressources (récession, tendance dépressive) : Dans ce cas, il ne s’agit pas en toute rigueur d’une situation d’insuffisance d’épargne par rapport à un investissement dynamique, mais bien d’un excès d’épargne sur l’investissement désiré ex ante, ou plus exactement (Allais) d’un excès des encaisses désirées sur les encaisses effectives. Une seule politique monétaire adaptéeè une injection monétaire ou par baisse d’impôt, ou par hausse des dépenses publiques, ou par un achat de titres sur le marché pour ajouter un effet-taux à l’effet-liquidité
·Sur ou pleine utilisation des ressources (tensions de type inflationnistes) : Dans cette situation, de nouvelles innovations ou un climat de grand optimisme peut conduire à un grand appétit d’investissement et l’épargne disponible pourrait représenter une contrainte. Est-ce préjudiciable ? Comparons les deux systèmes :
üDans un système à réserves fractionnaires, il est clair qu’un financement monétaire par le crédit bancaire permettrait de financer les entrepreneurs avides de s’endetter pour exploiter leurs idées ou pour spéculer, avec une montée des taux d’intérêt modérée par l’offre de capitaux « fictive » représentée par l’offre de monnaie en expansion. Pour quels résultats ? Des résultats peu désirables : pression sur les ressources avec, par contagion : hausse générale des prix (biens d’investissement d’abord, de consommation ensuite) ; hausses salariales, d’abord sectorielles puis générales, renforçant la hausse des prix ; tendance au déséquilibre de la balance des paiements courants è situation inflationniste et mécanisme d’épargne forcée
üDans un système MP: Dans le cadre de la politique à long terme, l’injection monétaire serait modulée en fonction de l’objectif désiré à moyen terme (disons 4%) et donc, le volume d’épargne offerte représenterait effectivement une contrainte forte sur le volume d’investissement possible pour maintenir une croissance équilibrée. Est-ce un inconvénient ? Aucunement, ce serait plutôt un avantage : hausse des taux d’intérêt, découragement des investissements les moins rentables et de la pure spéculation, d’où le maintien d’une situation de plein emploi sans pression excessive et sans dérive spéculative, maintien d’un équilibre de la balances des paiements courants avec peut-être une entrée de capitaux et une pression sur la monnaie è une situation parfaitement sous contrôle avec maintien de l’économie sur son sentier de croissance équilibrée de long terme.
Il n’y a pas de situations où un système bancaire à réserves fractionnaires pourrait donner de meilleurs résultats qu’un système à couverture intégrale ou un système MP.
Aspect 3 : Les systèmes monétaires et leur impact sur le secteur privé
·Système bancaire à réserves fractionnaires (SBRF) : On pourrait croire a priori que ce système qui, par hypothèse, fournit directement des ressources monétaires à des emprunteurs qui sont prioritairement du secteur privé est plus favorable à celui-ci et, donc, intuitivement plus favorable à la croissance économique. En fait, il n’en est rien. Un tel système est certes favorables à des emprunteurs qui peuvent, grâce au pouvoir d’achat créé ex nihilo par les banques, se présenter sur le marché, faire des offres, faire monter les prix de certains biens ou actifs et faire ainsi varier les prix relatifs à leur avantage…. Ces dépenses vont incontestablement se diffuser et faire croitre la dépense globale, comme tout type d’injection monétaire, mais il y aura des bénéficiaires et des perdants et les signaux donnés au système productif par le système des prix (prix relatifs des biens, prix des actifs, taux d’intérêt) ne seront pas optimaux du point de vue de l’efficacité de l’économie.
·Système MP : Bien que ce système puisse injecter la nouvelle monnaie de n’importe quelle manière selon les circonstances, l’injection par le budget nous semble de loin préférable (comme indiqué dans la présentation). Dans ce cas, l’injection monétaire, tout en restant cadrée par l’augmentation souhaitée du revenu nominal à moyen terme (4%) :
üsoit finance de nouvelles dépenses sans faire appel aux ressources du secteur privé
üsoit entraine une diminution des impôts qui libère des ressources pour le secteur privé
Dans les deux cas, on voit que la nouvelle monnaie créée va se diffuser beaucoup plus largement dans l’ensemble de l’économie avec les mêmes effets macro-économiques (hausse de la dépense globale/revenu national/épargne) mais sans dérégler tout le système de signaux dont l’économie a besoin pour s’orienter.
Ainsi, en reprenant le tableau ci-dessus des capacités et des besoins de financement de l’économie, il est possible de voir qu’un moindre pompage des ressources d’épargne par l’état, qui couvrirait ses besoins par l’injection requise de monnaie pour assurer une croissance du produit national de 4% par an, permettrait de dégager des ressources significatives pour le secteur privé et, plus globalement, pour l’ensemble de l’économie qui aurait moins besoin de recourir à un endettement extérieur.
Globalement, il est ainsi possible de montrer que, du point de vue des effets que les deux systèmes ont sur les ressources dont peut disposer le secteur privé et sur la manière dont ils peuvent en disposer, le système MP est encore très supérieur par (1) sa diffusion des « bienfaits » de la création monétaire à tous les agents à travers une moindre ponction sur leurs ressources ( à travers l’impôt : réduction ou moins de hausse) et (2) sa relative neutralité quant à ses conséquences sur les signaux qui guident les choix des acteurs économiques.
Conclusion : les craintes qu’exprime la question posée sont réellement sans objet et ne sont fondées que sur une vision superficielle du fonctionnement du système économique. Elle néglige le fait que l’injection monétaire engendre une croissance de la dépense globale quelle que soit son origine. Dans le cas du système actuel, la nouvelle monnaie est introduite via un crédit bancaire à des agents particuliers emprunteurs. Dans le cas de la réforme, la nouvelle monnaie est injectée via le budget (dans le cas général), ce qui allège d’autant le financement à la charge du secteur privé et permet une diffusion du flux monétaire plus large ( à travers les dépenses publiques et un accroissement de la demande privée du fait de moindre ponctions) qui ne va distordre les prix relatifs des biens ou des actifs tout en maintenant intact le rôle des taux d’intérêt dans l’affectation des ressources d’épargne. Par ailleurs, dans tous les cas, que ce soit une situation de sous-utilisation des ressources ou, au contraire, de sur-utilisation, les moyens donnés par la réforme pour redresser la situation sont très supérieurs à ceux disponibles dans le système actuel.
2)Ce système permet-t-il d’éliminer par lui-même toutes des sources de fluctuations économiques?
Les fluctuations de la dépenses globales peuvent provenir de deux sources : l’évolution de la masse monétaire et les fluctuations de la préférence pour la liquidité (ou son inverse : la vitesse de circulation de la monnaie). Il vient donc que si le nouveau système maitrise l’une (la masse monétaire), il ne peut maitriser la seconde qui répond à des motivations psychologiques hors de sa portée directe.
Certes, un système monétaire stable, insensible aux chocs et poursuivant une politique parfaitement prévisible, tend à réduire ce type de perturbations (Allais) mais elles ne peuvent être exclues.
Comment se produisent-elles ?
Supposons que les agents économiques aient des encaisses détenues supérieures aux encaisses désiréesè ils vont chercher à s’en débarrasser par deux moyens : (1) consommer plus et ou (2) placer plus, par exemple en souscrivant à des DAT/TCN offerts par les banques. Mais ce qui est vrai individuellement ne l’est pas collectivement puisque la masse monétaire est fixé et que les dépenses de l’un sont les recettes de l’autreè Donc, c’est le niveau global de dépenses Y qui va varier et donc la vitesse de circulation de la monnaie (Y/M) jusqu’à ce que le niveau d’encaisses détenues soit égale au niveau d’encaisses désirées. La séquence est donc : M Constant, Hausse de Y, Hausse de V (Y/M)à M=Md
Dans le cas de la souscription d’un DAT/TCN, le schéma est le suivant : Le client X qui veut réduire son encaisse va souscrire à un DAT/TCN, ce qui va se traduire (1) dans un premier temps, par une augmentation du compte de la banque à la Banque Centrale, puis (2) dans un deuxième temps à un achat d’actif de la part de la Banque (prêt à y ou titre émis par y) qui va permettre, à masse monétaire constante, de financer plus de dépenses.
BANQUES COMMERCIALES
Départements crédit
·Réserves BNS :0
·Crédits clientèle:0
-client y: +10
·Titres et Immob:0
·Dépôts à Terme(DAT) et Titres (TCN) : +10
-client x :+10
·Prêt/CC BNS :0
·Capital : : 0
Département Monétaire
·Comptes de règlement : 950 (inchangé)
-compte x : -10 (placement en DAT ou TCN)
-compte y : +10 (versement du nouveau prêt)
Au niveau de la Banque Centrale, il n’y aucun changement au niveau global.
Bien entendu, le jeu peut être inversé si l’on suppose un déficit d’encaisses désirées par rapport aux encaisses détenues è M constant, baisse de V, baisse de Y
Par rapport à des perturbations de ce type, le système proposé a, bien sûr, tous les outils pour y faire face :
üEn cas de baisse des encaisses désirées et de hausse non désirée de la dépense (hausse de la vitesse de circulation), les Autorités monétaires ont toutes latitudes pour compenser par un ralentissement de la progression de la masse monétaire ou même une réduction soit par ventes de titres, soit par réduction du prêt de la BC aux banques
üEn cas de hausse des encaisses désirées (baisse de la vitesse de circulation) qui entrainerait une baisse non désirée de la demande, la parade serait également facile avec une hausse de l’injection monétaire directe ou des achats de titres sur le marché.
En guise de conclusion : Points à retenir
La nouvelle organisation ne garantit pas l’économie contre toute instabilité de nature interne qui peut provenir de l’autre source possible : les variations de la préférence pour la liquidité. Certes, dans le cas de la nouvelle organisation, ces perturbations possibles devraient être atténuées car, M ne variant pas, le comportement V aura toutes chances d’être auto-stabilisant (Allais). Au contraire du système actuel dans lequel tout déséquilibre a tendance à s’auto-amplifier, M par le biais du crédit et V par le biais de la psychologie des agents économiques (cf. Allais). Mais, même en cas de perturbations de cette nature, les Autorités monétaires auraient tous les moyens pour y face de manière efficace et ramener le système économique vers sa position d’équilibre.
Ce point permet de souligner l’importance bien connue de la préférence pour la liquidité (Gesell, Keynes…) dans la génération de perturbations économiques, d’où l’attention à porter, au moment de la transition, au coût de détention de l’encaisse qui va intervenir comme un taux d’intérêt négatif (coûts bancaires de la gestion du compte + taux d’inflation visé) è plus il est dissuasif dans la détention d’encaisse, plus les fluctuations ont des chances d’être amoindries par la suite.
En tout état de cause, la situation idéale est celle où les encaisses sont réduites au minimum nécessaire pour satisfaire les besoins transactionnels prévus et, donc, où la vitesse de circulation est maximale.
3)Le système d’organisation proposé permet-il d’éliminer tout risque lié à son fonctionnement normal?
Non, car il y a un risque existant dans le système actuel sur lequel que nous n’avons pas insisté car il demeurera dans le nouveau système : c’est le risque de transformation lié au fait que le système bancaire, du fait, dit-on, de la structure de l’épargne, prête à un terme plus long qu’il n’emprunte, d’où un risque de liquidité si l’emprunt qui finance le prêt ne peut être renouvelable à l’échéance.
Sur le plan économique de l’ajustement de l’investissement à l’épargne, il n’y a pas de problème en soi si un investissement à 5 ans est financé par 20 « vraies » épargnes à 3 mois….. Un problème de distorsion entre la structure de l’épargne et celle du capital investi quand même, ce qui n’est pas sans conséquence du point de vue de l’efficacité du système productif (point très souligné par l’Ecole Autrichienne)… mais, surtout, un problème d’instabilité potentielle car il s’agit de refinancer tous les 3 mois un crédit remboursable seulement à son échéance de 5 ans.
Le professeur Maurice Allais insistait fortement, et de plus en plus au cours du temps, sur la nécessité d’imposer aux banques de financement la règle de gestion suivante : « …au contraire de ce qui est pratiqué aujourd’hui, elle (la règle) serait que tout prêt d’un terme donné devrait être financé à partir d’un emprunt d’un terme au moins aussi long » (Allais, L’impôt sur le capital et la réforme monétaire, Hermann, 1977, p.202). Pour Allais, c’était une des conditions pour qu’une économie fonctionne au maximum de son efficacité. Mais, il est vrai que, dans sa vision, cela allait de pair avec une indexation des contrats sur les prix (non pas automatique et généralisée mais renégociable à chaque renouvellement), ce qui amènerait sans problème toute l’épargne désirée au terme voulue.
Dans les circonstances actuelles, il ne nous parait pas possible de le suivre dans cette voie. Mais, le système proposé nous parait parfaitement à même de résoudre le problème avec efficacité :
üDes ratios de liquidité peuvent être appliqués, de la même nature que ceux prévus dans le dispositif actuel Bâle 3 et les banques peuvent être poussées à rendre liquides les crédits en les rendant susceptibles d’être titrisés à tout moment (par exemple logés, après obtention d’un « rating » de la part d’agences spécialisées, dans une structure ad-hoc dont les titres seraient facilement vendables…..)
üLa présence de la BC à travers son prêt est de nature à renforcer la solidité des banques et à rassurer les déposants/épargnants
üLa BC elle-même peut intervenir en augmentant temporairement son prêt ou en achetant des actifs sur le marché, sous réserve qu’il n’y ait pas de problèmes de solvabilité, auquel cas ce serait aux actionnaires et aux prêteurs « junior » de payer avant, éventuellement, la mise en place d’un processus de liquidation.
Dans le plus long terme, en régime de croisière, quand la Banque Centrale sera complètement retirée, ce sera aux porteurs de titres de créances sur la banque de faire leur investigation sur la solidité de la banque à tout point de vue, avec l’aide d’agences de rating éventuellement, et de prendre leur risque en toute connaissance de cause.
Point à retenir
Dans le système proposé, le risque de liquidité lié au risque de transformation continue d’exister sur le plan théorique mais le dispositif proposé permet de le réduire drastiquement en rassurant les épargnants/déposants (Prêt de la BC)et, le cas échéant, d’y pallier sans difficulté avec les instruments dont elle dispose (prêt BC, achat de titres …)
4)Quelles seraient les conséquences sur l’offre bancaire et l’offre de produits financiers par rapport à aujourd’hui ?
Globalement, les différences porteront plus sur des nuances que sur le fond :
·Les dépôts d’épargne devraient présenter des caractéristiques qui les différencient clairement d’instruments monétaires pour bien souligner leur caractère d’engagements à terme : terme défini, pénalité en cas de rupture avant terme…..
Pour la France, le problème se situe surtout au niveau des comptes sur livrets. Leurs détenteurs seront invités à choisir entre la liquidité des comptes de transactions ou une certaine immobilisation dans des dépôts à termes définis en fonction de leurs besoins transactionnels et des conditions de coûts et de rémunération.
·Pour les crédits « overdraft », des lignes de crédit devront être négociés en avance avec les Banques de financement pour tirage automatique en cas de non-provisionnement, car les CSM ne seront pas habilités à faire des opérations de crédit ou les comptes de transaction devront être approvisionnés avant d’entrer dans la chaine de transactions du système de paiement.
·Pour les autres produits et instruments financiers, aucun changement n’est à prévoir, toutes les opérations actuellement effectuées (titrisation, swaps de taux et de devises, couvertures par futures ou options …) resteront possibles et même favorisées (titrisation)
Une seule institution implantée en France à l’imitation des Etats-Unis mais assez peu populaire en Europe, les FCP monétaires, pose un problème car leurs parts sont de véritables instruments monétaires, vu leur liquidité et leur valeur garantie. Ils pourraient se transformer en institutions de financement à court terme sous la forme de fonds fermés financés par des titres à terme négociables sur un marché, dont la valeur en cas de réalisation avant terme ne serait pas garantie. Dans les estimations de l’ordre de grandeur des comptes de transactions, il a été prévu qu’entre 35 et 70% de ces FCP monétaires seraient en fait convertis en liquidités « pures ».
Point à retenir
Eu égard aux caractéristiques mêmes de la réforme, les principaux changements consisteront en un « épaississement » de la frontière séparant les avoirs monétaires des instruments d’épargne et à des modalités différentes pour les « overdraft ». Une Institution devra cependant être substantiellement réformée : les FCP monétaires pour leur faire perdre leur caractère de substitut à la monnaie.
Pour le reste, aucun changement n’est à prévoir.
5)Quels seront les besoins en capital du nouveau système monétaire et financier comparés à ceux requis par « Bâle3 » ?
En théorie, en régime de croisière, quand le nouveau système aura été bien assimilé par l’ensemble des agents économiques, les besoins en capital des différents acteurs financiers n’auraient plus besoin d’être réglementés pour au moins deux raisons :
üLe nouveau système serait immunisé contre le risque systémique, aucune chute d’un acteur, aussi gros soit-il, ne serait susceptible de « faire tomber » le système de paiement et de paralyser l’économie ;
üLes agents économiques seraient invités à « prendre leurs risques » lorsqu’ils choisissent de placer leur argent ou d’investir dans une banque, c'est-à-dire à la choisir très soigneusement en fonction de son couple « rendement-risque », au besoin avec l’aide d’agences de rating, exactement comme ils le font aujourd’hui avec n’importe quelle entreprise dont ils achètent le papier commercial, les obligations ou les actions.
Il va de soi que, dans ce cadre, toutes les garanties sur les dépôts seraient annulés :
üLes comptes de transactions seraient ipso facto invulnérables puisqu’ils seraient de la monnaie de base elle-même, contrepartie d’aucune dette, comme les billets aujourd’hui.
üComme indiqué plus haut, les agents économiques seraient responsabilisés dans le choix de leurs contreparties bancaires.
Pour la période de transition, dans le cadre des relations internationales des banques et des accords « Bâle 3 », il faudrait probablement négocier un statut spécial compte tenu des deux traits distinctifs qui caractériseraient le système français :
üSon immunisation aux crises systémiques internes ;
üLe prêt BC, en lieu et place des dépôts monétaires, qui représenterait une solidité plus forte puisque leur garantissant un financement stable de la part de l’autorité chargée de veiller à la bonne marche du système financier.
La conséquence de cette situation devrait être une notable réduction des besoins en capital par rapport aux normes internationales.
Ce point pourrait d’ailleurs être conforté par la politique à mener pour rassurer tous les créanciers du système bancaire (Dépôts d’épargne, porteurs de TCN ou d’obligations « senior ») : Pour chaque banque, une partie du prêt BC qui lui est affecté pourrait être subordonnée à des niveaux à définir (intérêts et/ ou capital), cette garantie s’éteignant progressivement dans le temps.
6)La réforme n’entrainera-t-elle pas une augmentation des taux d’intérêt et, plus particulièrement des conditions du crédit aux entreprises ?
Il y a dans cette question deux aspects : (1) Toujours la crainte qu’il n’y ait pas assez d’épargne et (2) l’idée que les taux des crédits sont moins élevés du fait de la création monétaire.
·Concernant, le premier aspect, il a été déjà répondu :
üLe volume d’épargne ne variera pas par rapport à la situation antérieure au jour J ;
üIl continuera à augmenter au rythme du revenu national nominal (soit en tendance 4% par an)
üDu fait de moindre ponction du secteur public due aux ressources supplémentaires fournies par une création monétaire réappropriée, le secteur privé retrouve des ressources supplémentaires pour épargner et investir.
Par ailleurs, le nouveau système apporte trois facteurs positifs supplémentaires et décisifs :
üIl élimine tout risque de crise systémique ;
üChaque banque se trouve consolidée par la présence du prêt BC
üL’horizon est beaucoup plus prévisible que par le passé du fait de la maitrise totale de l’offre de monnaie.
La conséquence est que les taux de marché devraient être plutôt plus bas que dans la situation antérieure au jour J( dans une situation normale, pas par rapport à la situation actuelle qui est totalement déséquilibrée)et que le taux sans risque à 10 ans devrait se situer à son niveau optimal de 4%, égal au taux de croissance nominal du revenu, soit 2% en termes réels.
·Concernant le second aspect : La réponse mérite d’être circonstanciée.
üL’idée pouvait recouvrir une part de vérité dans le passé : sous l’effet de la concurrence interbancaire, afin d’attirer des clients supplémentaires ou de garder les anciens, les banques ont pu être conduites à baisser leurs conditions de crédit en utilisant une part de la rente monétaire, comme elles ont pu, par ailleurs, attirer les déposants en subventionnant le coût des transactions (frais bancaires) ou en offrant des rémunérations sur les dépôts à vue (pratique interdite en 1935 car elle avait conduit les banques et le système bancaire à se suicider) è les anciens banquiers se souviennent qu’encore dans les années 80, les directions financières fournissaient le coût moyen des ressources bancaires dans lequel les dépôts à vue pesaient à la baisse, afin d’établir le « pricing » des prêts après prise en compte de la marge minimale….
üLa situation a changé dans les années 90 ( avec l’instauration du « ratio cooke ») : Les conditions bancaires ont commencé à se fixer par rapport aux coûts de refinancement sur le marché. Pour les crédits hypothécaires (immobilier), les conditions se sont alignées sur celles du marché des ressources longues, essentiellement obligataires. Pour les autres crédits, la principale référence devint le Libor (London Interbank Offered Rates) auquel était rajoutée la marge censée couvrir les coûts opérationnels et la marge d’exploitation des banques), d’où l’expression de libor+ dans le langage des banquiers car c’est sur l’ampleur de cette marge que s’est faite depuis la concurrence interbancaire, les banques prenant en compte deux facteurs additionnels principaux
oLe coût en capital du client compte tenu de son statut (rating) : Avant 2007, le ratio cooke qui était unique pour toutes les entreprises (coût de 8% du crédit en capital supplémentaire), aujourd’hui, une consommation de capital propre à chaque entreprises/sociétés pour chaque crédit distribué en fonction de son statut en matière de risque (rating), les entreprises non cotées ( dont PME, ETI) supportant le poids le plus élevé.
oLa profitabilité globale du client : « offrir son bilan », selon l’expression consacrée, c'est-à-dire « faire du crédit », est devenu un pur produit d’appel ravalé au rang de « ancillary business » pour pouvoir séduire les entreprises les plus capables de générer du « side business » lucratif ( conduite de grands crédits syndiqués, d’émissions obligataires ou d’augmentation de capital ; Conseil dans les fusions-acquisitions, toutes opérations de marché….) et récupérer la plus grande part de ce flux, ces revenus ne supportant pas de coût en capital et donc augmentant directement le ROE (Return On Equities) des banques… mesure ultime de l’attribution des bonus.
En résumé, un coût du crédit aujourd’hui, c’est un coût de ressources au prix du marché+ une marge opérationnelle+ une consommation de capital très variable et qui est très discriminatoire vis-à-vis de nombreuses entreprises qui font le cœur du tissu économique.
A cela s’ajoute le fait que, vu l’importance de la titrisation aujourd’hui, les actifs doivent être « évalués » (on dit « pricés »( !) dans le langage bancaire d’aujourd’hui) au plus près de leur vrai prix de marché.
En guise de conclusion : En combinant les deux aspects, que peut-on en déduire pour l’après réforme ? les taux d’intérêt ne seront en aucun cas un facteur de pénalisation des entreprises et donc de la croissance, sachant qu’en tout état de cause, ce n’est jamais un facteur déterminant sauf pour les investissements à retours longs.
üPhase initiale : Les taux du marché devraient rester « au pire » au niveau de celui d’avant le jour J ( à supposer que celui soit un taux normal et non pas un taux déformé comme aujourd’hui), compte tenu de la stabilité puis de la croissance des flux d’épargne et d’un environnement plus sécurisé et plus prévisible. Dans ce contexte, les conditions de crédit ne peuvent pas être bouleversées puisque les comptes d’exploitation des banques seront préservés du fait des conditions préconisées pour le prêt BC (taux d’intérêt faible ou nul)
üPhase de croisière : En faisant un « pricing » aux prix de marché, les banques se sont en fait accaparés d’une plus grande partie de la rente monétaire (un des facteurs de la flambée de leurs profits dans la période d’avant crise), or celle-ci leur sera progressivement retirée par une hausse des conditions du prêt et un refinancement croissant sur le marché, mais, dans un climat de haute concurrence, plusieurs facteurs feront qu’elles absorberont ce choc sans pesée particulière sur les conditions de crédit : (1) les taux du marché prendront complètement en compte la nouvelle situation , (2) les besoins en capital des banques (Capital Adequacy Ratio)seront moindres dans le nouvel environnement, (3) la ressource du prêt aura significativement diminué en importance relative), (4) de nouveaux acteurs seront intervenus qui, grâce à la titrisation, rapprocheront au maximum les conditions de crédit des taux de marché et (5) les banques auront eu le temps, de leur plein gré ou contraintes et forcées, d’adapter leurs coûts et leurs produits.
7)En cas de réforme, qu’en sera-t-il de la volatilité des taux d’intérêt ? Doit-on s’attendre à une volatilité plus forte ?
Il convient de distinguer le long terme du court terme :
·A long terme, c’est plutôt à une plus grande stabilité qu’il faut s’attendre : Dans une situation où la masse monétaire est maitrisée, il est possible d’en assurer la régularité de l’évolution et, donc, d’une part, d’atténuer les fluctuations de l’économie autour de son trend naturel de croissance et, d’autre part, de mieux cibler la hausse des prix désirée. Dans un environnement plus prévisible parce que plus stable, où croissance de la masse monétaire, du revenu et de l’épargne iront de pair, il est difficile de trouver ce qui pourrait provoquer une instabilité accrue. Au contraire, il est plus facile de trouver des raisons allant dans le sens de la stabilité. C’est d’ailleurs ce que montre l’expérience historique. Les cas de mouvement peuvent provenir de deux sources essentielles :
üUne fièvre de la demande d’investissement due à des innovations majeures : En situation de plein emploi, le taux d’intérêt jouera son rôle de filtre des projets d’investissement et montera pour faire cadrer l’offre de fonds prêtables avec le volume d’investissement réalisable. Toute augmentation de la masse monétaire dans ce cas ne peut qu’engendrer des effets d’éviction d’autres secteurs de la demande privée et aboutir à ce que les économistes appellent un processus d’épargne forcée, ce qui n’est pas une situation recommandable en période « normale ».
üDes variations de la préférence pour la liquidité : Dans ce cas, ce sera à la politique monétaire de s’ajuster. Dans le cas d’une hausse, il y aura une réduction du revenu et des fonds prêtablesè il y a toutes les chances que le taux d’intérêt ait tendance à baisser dans le même temps où la politique deviendra expansionniste. Dans le cas d’une baisse, il y aura une augmentation du revenu et des fonds prêtablesè il y a toutes les chances que le taux d’intérêt ait tendance à augmenter dans la même temps où la politique monétaire sera de nature plutôt restrictive.
·A court terme, il s’agira d’utiliser les procédés habituels pour éviter des mouvements intempestifs dus à des sautes ou à des baisses momentanées de la demande de fonds : Les banques Centrales ont l’habitude de gérer ce genre de phénomènes, le plus souvent saisonniers et donc parfaitement prévisibles, à partir d’interventions sur le marché monétaire (achats ou ventes de titres fermes ou en repos- prises en pension). Il en sera de même en cas de réforme.
8)Les comptes d’exploitation des banques risquent-ils d’être déstabilisés ?
En aucun cas, l’exploitation du système bancaire ne pourrait être déstabilisée par la mise en œuvre d’une telle réforme.
·Rappel de quelques données de base :
üUne part très minoritaire dans le bilan des banques : Par rapport au bilan global des IFM en fin 2014 (source BdF, webstat) de 8200 milliards d’euros, les montants considérés, entre 950 et 1050, en représentent entre 12 et 15%.
üLa marge d’intérêt n’est qu’une partie du Produit Net bancaire : Elle est pour l’ensemble des banques françaises de 50% contre 30% pour les commissions nettes (Chiffres BdF, APCR, 2013)
·Deux facteurs devraient jouer en faveur des banques :
üLa mise à niveau progressive des conditions du prêt pour les aligner sur les conditions du marché
üLes frais bancaires devraient être ajustés, essentiellement en ce qui concerne les entreprises (cash management) , pour que les tarifs reflètent les coûts des comptes de transactions ou permettent un équilibre d’exploitation normal des CSM. En effet, ces produits de gestion de trésorerie sont souvent sous tarifés aux entreprises pour les fidéliser et établir des contacts étroits avec elles en vue d’opérations bien plus lucratives dans d’autres domaines (dans une certaine mesure, la gestion de trésorerie est aussi un produit d’appel pour les banques)
·Elles devront faire des efforts de gestion et d’innovation : Après tout, quand on regarde les évolutions d’avant-crise, il apparait que les « non-bank-banks » (intermédiaires non bancaires) ont souvent taillé des croupières aux banques dans des domaines où ces organismes s’étaient spécialisés (consommation) alors qu’ils se refinançaient sur le marché financier.
Point à retenir
Compte tenu des conditions du prêt BC lors de la mise en œuvre de la Réforme, les comptes d’exploitation ne pourraient pas être déstabilisés sachant qu’en tout état de cause les montants en jeu représentent moins de 15% du bilan total des IFM et que les marges d’intérêts constituent 50% du Produit Net Bancaire.
9)Comment les fonctions bancaires peuvent-elles évoluer dans un tel système ?
Il est toujours difficile de prévoir comment les acteurs du marché réagiront aux nouvelles conditions et innoveront pour en tirer le maximum de profit.
Distinguons les fonctions monétaire et financière.
·Les fonctions monétaires : Elles pourront être assumées dans le cadre de banques universelles (type de réforme MP) à condition qu’elles soient isolées dans des départements spéciaux ou dans des structures complètement indépendantes (type de réforme CFA ou MP, MP étant compatibles avec des structures indépendantes ou intégrées) :
üDes activités parfaitement isolables ou sécables dans les grandes banques et un secteur ouvert à la concurrence avec des barrières à l’entrée moins élevées qu’auparavant : Toutes les grandes banques organisent leurs différentes activités en « ligne métier », sorte d’entreprise à l’intérieur de la grande entreprise avec laquelle elle partage quelques fonctions communes (de nature administrative), faciles à dupliquer pour la rendre indépendante. Par ailleurs, de telles structures qui, aujourd’hui, sont essentiellement des entreprises technologiques, peuvent être montées relativement « facilement » car elles ne nécessitent plus, grâce à internet (e-banking), des structures lourdes « brick and mortar »..
üDes activités en pleine (r)évolution: Compte tenu des progrès technologiques, le marché des moyens de paiement est considéré par les grands consultants internationaux (McKinsey, Boston Consulting….) comme un des secteurs potentiellement les plus prometteurs pour les banques, à condition de rester dans la course aux technologies de l‘information. Ce qui en fait un secteur sur lesquels de nouveaux acteurs extrêmement puissants, grâce à leur image et/ou en connexion avec leurs autres activités (Apple, Google, Amazon…) , peuvent entrer et bouleverser tout le marché.
üDes activités potentiellement très porteuses qui peuvent ouvrir de nouvelles perspectives dans la concurrence interbancaire. Que ce soit un simple site internet ou un réseau « en dur », elles seront par nécessité un « lieu de passage » très fréquenté pour les clients (ménages et entreprises). Dès lors, elles peuvent jouer un rôle de plateforme de vente de services et de produits financiers en architecture ouverte ou fermée, à condition qu’aucun risque ne soit comptabilisé dans la structure : Exécution d’ordres sur les marchés financiers, vente de prêts consommation et immobilier (pour compte d’organismes de financement), vente de produits structurés ( pour compte de fournisseurs financiers) , conseils en tout genre …..
·Les fonctions financières : Assumées par des organismes de financement spécialisés, elles vont-elles aussi subir de profondes transformations. il est probable que de nouveaux acteurs cherchant à réduire les coûts de fonctionnement des grandes structures vont surgir et que l’évolution soit celle décrite par Laurence Kotlikoff (Jimmy Steward is Dead, Wiley, 2010) :
üMultiplication de fonds de placement spécialisés
üCréation de structures légères, à faible capital, chargées de constituer des portefeuilles de crédits avant titrisation et ventes auprès des fonds de placement….
üMultiplication de structures de « Private Equity » et des structures favorisant le financement direct
En ce qui concerne, la dissociation des fonctions de banque de financement et de banque d’investissement, l’expérience (ma propre expérience et réflexion) montre que la banque universelle n’est en rien une situation optimale quoi qu’en disent les partisans de la « Banque Universelle ». La fonction financement est un instrument à la fois de chantage et de séduction vis-à-vis des grandes entreprises pour capter leur « business » lucratif et la concurrence entre banques fausse complètement les conditions de marché au détriment des entreprises moins « profitables » pour les banques car elle conduit à une distorsion des taux d’intérêt payés par les uns et par les autres. Un nouveau « Glass-Steagal Act » permettrait de mettre de l’ordre dans un secteur complètement dévoyé.
Point à retenir
Loin d’être un facteur de sclérose et d’immobilisme, la réforme proposée est non seulement compatible avec les évolutions déjà en cours mais elle peut considérablement les accélérer et susciter de nouvelles innovations extrêmement favorables au dynamisme économique tant, en dissociant les fonctions monétaires et financières, elle ouvre tout grand le champ à la concurrence.
10)Le système proposé peut-il être applicable dans un seul pays ?
La réponse tient en deux volets :
·La réponse de Maurice Allais :
« C’est là un argument qui ne saurait être valablement soutenu dès lors que les filiales des banques étrangères situées en France seraient soumises aux mêmes obligations que les banques françaises. Pour l’essentiel en effet la réforme envisagée implique deux conséquences : la vérité des prix en ce qui concerne les coûts des opérations bancaires et les taux d’intérêt, le retour à l’état des profits résultant de la création de monnaie. Aucune d’elles n’implique l’occupation universelle de la réforme. En tut état de cause, c’est là un argument qui n’a jamais été avancé par les adversaires du plan de « 100% Money » aux Etats-Unis » (Allais, op.cit, 1977, p.206)
·Complément en matière de politique monétaire : En situation de changes flexibles, les politiques monétaires menées sont indépendantes. Et, si une politique de taux de changes fixes était décidé pour des raisons conjoncturelles (arrêter une montée inopportune de la devise comme dans le cas suisse en août 2011), le système proposé aurait plus de moyens que le système actuel (régulation directe de la masse monétaire, gestion du prêt BC) pour en réguler les conséquences.
Point à retenir
La proposition de réforme est applicable sans difficulté dans un seul pays
11) En quoi la politique monétaire qui serait menée après la réforme serait-t-elle différente et plus efficace ?
La politique monétaire qui pourrait être menée serait plus efficace car elle serait susceptible d’agir directement sur la dépense globale en menant une politique qui serait, à la fois, monétaire et budgétaire, ce qui est impossible aujourd’hui. :
·La politique monétaire aujourd’hui s’interdit, à juste raison, de financer directement le budget car toute création définitive ( par simple avance au Trésor) de liquidité bancaire pourrait avoir des conséquences catastrophiques s’il y avait ensuite nécessité à la récupérer pour freiner un emballement possible de la machine économique. Au contraire, dans le cas d’une intervention par achat de titres sur le marché secondaire, de la monnaie et de la liquidité bancaire sont créées et les taux d’intérêt abaissés afin de créer un enchainement favorable : effet liquidité + effet tauxà effet richesse et incitation à consommer + incitation à s’endetter et des banques à prêterà relance économique. En cas de réussite, la Banque Centrale peut reprendre le contrôle de la situation en revendant les titres ou en les laissant courir jusqu’à l’échéance si elle est courte. Le problème est que le processus est long et incertain et, dans certaines situations (endettement trop lourd des agents économiques, incertitudes trop fortes quant à l’avenir…), la politique est totalement inopérante. C’est le cas aujourd’hui.
·La politique monétaire de demain (dans le cas de l’application de la réforme) pourra se conjuguer sans problème avec la politique budgétaire puisqu’en tout état de cause, elle restera maitresse de la création monétaire dont elle est la seule source. Donc, en cas de faiblesse de la conjoncture, il sera possible de baisser les impôts ou d’augmenter la dépense publique en finançant le déficit par une création monétaire qui agira directement sur la dépense. D’où des effets en chaine plus directs car dans le même temps : la demande globale est impulsée, les taux d’intérêt se relâchent, la liquidité est créée. Par ailleurs, la maitrise totale de la masse monétaire et de sa progression dans le temps donne à tous les acteurs économiques une visibilité sans pareil.
Dans le nouveau cadre institutionnel, la dichotomie monétariste-keynésien se trouve dépassée dans un cadre plus global que nous aurons la faiblesse de qualifier d’ « Allaisien ».
Point à retenir
La politique qui serait menée après la réforme serait plus directe que celle d’aujourd’hui qui est très indirecte ( achats de titres et baisse des taux) et donc imprécise et incertaine. Elle agirait directement sur la dépense en même temps que sur la liquidité et les taux, fournissant ainsi les bases d’une régulation économique efficace. Et, dans ce cadre, le tabou actuel : « pas de financement en direct du budget » pourrait être dépassé sans craindre une quelconque dérive inflationniste à condition, bien sûr, qu’il y ait des bornes strictes au laxisme toujours possible.
12)La Réforme ne risque-t-elle pas de pousser au laxisme budgétaire des gouvernements toujours plus sensibles à la facilité qu’à l’effort ?
Il est curieux de voir avec quelle facilité l’opinion publique se soumet à un dictateur monétaire agissant sans aucun contrôle, le gouverneur de la Banque centrale, et a peur d’elle-même et de la démocratie dans ce cas. Pourtant, en règle générale, mais particulièrement dans les périodes comme celle que nous traversons, les pouvoirs de cet homme sont exorbitants puisque ses décisions peuvent, d’une part, modifier les revenus et les patrimoines, leurs niveaux et leurs structures, et, d’autre part, si elles sont mauvaises, conduire à la ruine de tous.
Mais, la sagesse populaire a probablement raison. Donc, la seule solution serait d’inscrire dans la Constitution une règle stricte dans son principe mais assez souple dans son application, du type, par exemple : « La Banque Centrale, sous la conduite de son Gouverneur assisté de son Conseil, devra poursuivre un objectif de croissance de la masse monétaire à moyen terme, en moyenne sur 5 ans glissant, compatible avec le potentiel de croissance de l’économie et un taux d’inflation maximum souhaité tel que fixé par la représentation nationale ».
Il me semble qu’une règle de ce genre permettrait une souplesse conjoncturelle nécessaire dans le cadre d’un objectif à moyen terme plutôt rigide, tout en obligeant les autorités politiques à afficher clairement devant leurs électeurs leur choix en matière d’inflation.
13) Est-ce que les encaisses des agents économiques ne sont pas mal utilisées dans le nouveau système puisqu’il serait peut-être possible d’en mobiliser une partie pour plus de financement de l’économie ?
Cette question naïve est souvent posée tant les esprits ont été formatés par les schémas de pensée liés à l’ancien système. La réponse est pourtant évidente :
üCe ne serait ni plus ni moins que revenir à l’ancien système de la couverture fractionnaire et donc retrouver toutes ses tares
üIl ne faut pas oublier que le prêt BC aux banques a été fait pour compenser la sortie des dépôts à vue et maintenir inchangé le montant des crédits distribués et des actifs détenus par les banques par rapport à la situation antérieureè il est de ce fait absurde de penser que l’on pourrait augmenter « en plus » le montant des actifs bancaires par rapport à la situation antérieure è le prêt BC n’aurait plus lieu d’être et l’on reviendrait à la situation ex ante.
üCet argument revient en fait au vieil argument selon lequel le système du crédit à couverture fractionnaire permettrait de réaliser une économie d’encaisses puisqu’elles seraient mieux utilisées. Laissons répondre Maurice Allais :
« L’argument…..était certainement valable au dix-neuvième siècle. A une époque en effet où la monnaie de base était fondamentalement constituée par des espèces métalliques, on pouvait valablement considérer comme raisonnable un système qui permettait d’effectuer plus de paiements avec moins d’encaisses métalliques. Mais, aujourd’hui que la monnaie a été entièrement détachée de tout bien réel, c’est là un argument qui n’a plus de valeur ».
Et Allais d’ajouter pour relativiser cet argument avancé par les partisans du système fractionnaire et montrer sa vacuité absolue :
« Il convient d’ailleurs de rappeler que si, au dix-neuvième siècle, le système de la couverture fractionnaire du crédit a effectivement permis une économie d’espèces métalliques, il a constamment conduit à une instabilité foncière et à des crises de grande ampleur qui ont gravement compromis le fonctionnement de l’économie toute entière » (Allais, op.cit., p.204-205)
Point à retenir
L’argument de mobilisation des encaisses est absolument sans valeur car il conduirait à revenir à la situation actuelle avec toutes ses conséquences sans apporter aucune amélioration de quelque nature qu’elle soit dans le fonctionnement de l’économie et dans le montant des crédits distribuables sans provoquer des déséquilibres majeurs.
14)Le système bancaire actuel est souvent justifié par le fait qu’il est générateur de liquidités pour les agents économiques et absorbeurs de chocs de liquidité. Comment se positionne la réforme par rapport à cette justification ?
C’est une question assez récurrente car elle est basée sur l’intuition que le système actuel est plus « souple ». Voici ce que Maurice Allais répondait déjà à cette objection :
« On objecte que le système de crédit n’offrirait pas la même souplesse qu’aujourd’hui. Tout dépend évidemment du sens que l’on donne au mot « souplesse ». Si l’on entend par là le fonctionnement efficace du système bancaire, il resterait tout aussi efficace qu’aujourd’hui. Il serait même beaucoup plus efficace en raison de l’incitation accrue à l’efficacité résultant pour lui de la suppression des profits correspondant à la création monétaire. Mais, si l’on interprète la « souplesse » comme la possibilité de créer ex nihilo de la monnaie et du pouvoir d’achat au profit de certains, alors il est bien certain que la « souplesse » actuelle disparaitrait. Mais, pour toutes les raisons qui ont été développées, il parait bien difficile de considérer une telle « souplesse » comme avantageuse pour la collectivité. En tout état de cause, c’est là un des objectifs que de la faire disparaitre » (Allais, Les conditions monétaires d’une économie de marchés, ENSMP, 1987, p.74)
Pour aller plus loin dans la comparaison des deux systèmes, il convient de souligner que cette question renvoie à deux questions déjà traitées : la question sur la volatilité des taux d’intérêt ou celle sur les variations de la préférence pour la liquidité. Il nous semble que, dans les deux cas, il a été possible de montrer que la banque Centrale avait tous les moyens pour absorber ces « chocs » de court terme ou de moyen terme d’une manière plus efficace que dans le système actuel.
Au niveau individuel, le nouveau système permettrait de gérer des lignes de crédit, d’une manière différente du système actuel mais tout aussi efficace. Des lignes de crédit seraient négociées au préalable avec les banques de financement et seraient débloquées dès que le compte ne serait pas suffisamment approvisionné pour effectuer les transactions demandées. Au niveau de la banque de financement, la ligne de crédit serait « préfinancée » et investie dans des actifs liquides. Le coût de mise en place de la ligne serait donc égal à la différence entre le coût de la ressource et celui du placement, augmentée de la marge de la banque.
Point à retenir
Si la « souplesse » est de créer de monnaie selon la volonté des agents emprunteurs, la réponse est définitivement négative car une telle caractéristique engendre trop de dégâts. Mais, en fait, la réforme proposée donne, au niveau global, tous les moyens pour absorber les chocs de court et de moyen terme grâce au fonctionnement des marchés et aux interventions de la banque centrale. Par ailleurs, au niveau individuel, la gestion de trésorerie, avec l’utilisation éventuelle de lignes de crédit, ne sera pas moins efficace et plus coûteuse qu’aujourd’hui.
15)Une autre justification du système actuel repose sur l’argumentation qu’il y a asymétrie d’information entre les banques et les déposants quant à la connaissance des emprunteurs d’où un échange de services entre les banques et leurs clients : concession des dépôts contre une activité de sélection la plus efficace possible des « bonnes contreparties ». Comment la réforme se positionne-t-elle par rapport à cet argument ?
Si l’on part du principe que « le marché » génère toujours les institutions dont il a besoin et qui sont les plus efficaces pour son fonctionnement, il est vital de trouver des justifications à tout ce qui existe car, comme pour le Docteur Pangloss de Voltaire (Candide), tout ce qui existe est toujours « le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». C’est exactement le cas ici si les auteurs visent tous les dépôts et non simplement les dépôts d’épargne.
üPour les dépôts à vue, il est manifeste que les agents économiques les détiennent parce que c’est la manière la plus commode de détenir une encaisse de transaction par rapport à l’autre forme de monnaie qu’est le billet, et qu’ils n’ont pas la moindre idée (pour la grande masse) que la contrepartie de cette monnaie est en fait des opérations de crédit qui regénèrent en permanence les dépôts à vue dont ils se croient détenteurs à part entière mais qui sont en fait des promesses de payer à vue de la banque alors que celle-ci n’en détient précisément qu’une fraction (c’est la définition même du système bancaire à réserves fractionnaires)
üPour les dépôts d’épargne et autres titres, l’optique est complètement différente car là, effectivement, l’épargnant délègue à la banque la sélection des « meilleures » contreparties, c'est-à-dire des plus sûres, en bénéficiant en plus d’une certaine masse » en étant absorbé d’abord par de moindres bénéfices des actionnaires et, éventuellement d’autres créanciers plus « junior » assurance que les pertes éventuelles ne dépasseront pas un pourcentage faible de l’ensemble, qu’elles se « noieront dans la qu’eux. Il est donc normal que, dans ce cas, la rémunération dont ils bénéficient pour leurs dépôts soit moindre que pour des investissements « en direct » dans les entreprises (quand c’est possible) via l’achat de papier commercial ou d’obligations.
Conclusion : Il est évident que, du point de vue de la réforme proposée, l’argument avancé est 9999parfaitement recevable pour l’intermédiation financière au sens strict, telle qu’elle la promeut, tandis qu’il est complètement absurde pour la monnaie circulante que sont les dépôts à vue, qui sont détenus essentiellement parce qu’ils fournissent des services de liquidité.
16) En cas d’application de la réforme, peut-on imaginer qu’un système bancaire off-shore puisse se constituer pour la contourner ?
Dans ce domaine, la référence est le développement du marché de l’eurodollar dans les années 60, du nom de la banque liée à l’URSS qui a initié le marché (Eurobank). Soucieux de ne pas déposer leurs fonds en dollars dans les banques américaines de crainte de blocage, les soviétiques les détenaient dans des comptes bancaires hors des Etats-Unis, ce qui permit d’initier un marché du dépôt et du crédit en dollars US hors des Etats-Unis. Or, dans les années 70, un véritable système bancaire off-shore soudainement développé avec toutes ses conséquences, c'est-à-dire la multiplication de dollars hors de contrôle des Etats-Unis, une marée qui ne faisait qu’attiser une inflation galopante. Plusieurs facteurs s’étaient en fait combinés :
üLe déficit de la balance de base américaine injectait en permanence dans l’économie mondiale des dollars qui se retrouvaient dans les comptes d’acteurs étrangers (Banques Centrales, entreprises, investisseurs)
üCes acteurs détenaient ces encaisses en dollars par besoin et intérêt (les entreprises, les banques centrales ) puisque le dollar était (et est resté) la monnaie internationale de référence, la seule alternative étant pour les Banques Centrales accumulant des « balances dollars » (notamment l’Allemagne et le Japon) d’acheter de l’or auprès du Fed, ce qui était mal vu avant 1971 et impossible ensuite (décisions du Président Nixon d’Août 1971)
üLe marché des taux d’intérêt sur les dépôts aux Etats-Unis était fortement régulé, les taux sur les dépôts étant plafonnés alors que les taux du marché montaient sous la pression de l’inflation.
C’est ainsi qu’avait pu se créer un vaste marché où les banques pouvaient faire des crédits en dollars sans trop de risques car les fonds prêtés se retrouvaient immédiatement dans leurs comptes soit directement du fait des transactions entre acteurs non monétaires, soit indirectement via les Banques Centrales qui recevaient ces dollars dans les opérations de changes et allaient les replacer illico sur le marché de l’eurodollar, alimentant la spirale infernale : crédit-dépôt-redépôt- crédit……
Dans le cas français, il est clair que la situation n’a aucun rapport avec celle qui prévalait pour les Etats-Unis. Il est difficile d’imaginer des banques étrangères (ou les filiales de banques françaises à l’étranger) faire du crédit en FRF sur la base de taux de réserves fractionnaires, vu qu’il serait difficile d’imaginer un taux de « redépôt » significatif. Donc, elles ne tireraient aucun bénéfice d’une création monétaire impossible. Elles seraient donc conduites à attirer des dépôts d’épargne pour reprêter à des agents opérant en France, soit la même activité que les banques françaises. Il est également difficile d’imaginer qu’elles puissent être plus compétitives. Par ailleurs, la Banque de France aurait tous les moyens de rétorsion nécessaires pour décourager toute tentative de ce type, à supposer que certains songent à s’y hasarder.
ANNEXE 2
ILLUSTRATION D’UN RATIO DE CAPITAL MINIMUM POUR LES BANQUES (CAPITAL ADEQUACY RATIO) :
·Capable d’absorber des pertes: le non-paiement des intérêts, par exemple, ne conduit pas à une déclaration de « default »
·Intérêts non cumulatifs : En cas de pertes des entreprises, les intérêts sont « passés » et ne sont plus dus à l’avenir
·Intérêts cumulatifs : Ils peuvent être « passés » mais ils restent dûs au créancier
·« Junior »/ « Senior » : Une dette est réputée plus junior qu’une autre si, en cas de liquidation, elle est remboursée après les dettes réputées plus « senior ». Elles présentent donc un plus grand risque de ne pas être remboursées.
·Pondération des actifs : Pour calculer la consommation de capital résultant de la possession d’un actif, on pondère la valeur de ce dernier par son coefficient. Ainsi un prêt hypothécaire demande à être couvert par (8%) x (50%) soit 4% de capital, contrairement à un prêt à une entreprise (100%) qui doit donc être couvert par une addition en capital de 8% de sa valeur (dans « Bâle I »
ANNEXE 3
HISTORIQUE SUCCINCT DES « BULLES SPÉCULATIVES » ET CRISES FINANCIÈRES DANS LES TROIS DERNIÈRES DÉCENNIES
Pays/Zone/
Secteur
Immo-
bilier
Bourse
Secteurs
Pic
Conséquences
Banques inter-nationales
Prêts aux PVD
1982
·« Défaut » des pays en voie de dévelopement débiteurs
·Restructuration des dettes (Brady)
Etats-Unis/
Europe
X
1987
·Krach d’octobre 1987 avec plongée des marchés boursiers et obligataires
·Brokers et banques d’investissement sauvés par intervention des Banques Centrales
Japon
X
X
Prêts aux entre-prises
1989/90
·Nécessité de récapitaliser le système bancaire par fonds publics
·Longue déflation qui se poursuit effondrement boursier et immobilier
·Croissance ralentie
Europe/
Scandinavie
X
Norvège : 87/88
Royaume-Uni : 89/90
Suède : 90/91
Espagne : 90/91
Finlande : 89/90
Danemark 86/87
Allemagne : 90/91
France : 90/92
·Forte chute des marchés immobiliers
·Pertes importantes des banques
·Système bancaire scandinave au bord de l’effondrement
Mexique
X
X
1994
·Crise « Tequila » suite à une période de forte croissance des crédits et à des problèmes de balance des paiements
·Forte récession (- 7%)
·Prêts massifs des Etats-Unis et des organisations internationales
Crise asiatique
X
X
X
1997/98
Une crise « Tequila » à l’échelle de l’Asie :
-effondrement des marchés
-forte récession dans les pays de la zone
-systèmes bancaires en faillite (Indonesie, Thailande, Corée,…)
Internet
X
X
2000
·Effondrement des marchés boursiers
·Sur-investissements massifs dans secteurs medias, telecoms
·Récession ou ralentissement en 2002 – 2003 aux Etats-Unis, Europe, Pays émergents
Etats-Unis/
Europe
X
X
2007 - ?
·Première crise immobilière « globale »
·Forte croissance de l’endettement général de l’économie
·correction boursière et plus forte récession de
l’après-guerre.
STIONS LE PLUS FRÉQUEMMENT POSÉES
Classées par ordre d’importance selon le jugement de l’auteur
1)La réforme, qui marque une claire distinction entre monnaie et épargne, ne risque-t-elle pas de freiner l’investissement du fait d’une insuffisance de financement, l’épargne pouvant se révéler insuffisante ?
Préambule : cette question est souvent posée car, d’une part, beaucoup de gens ne comprennent pas bien la différence entre un financement monétaire et un financement sur ressources d’épargne et, d’autre part, les esprits sont imprégnés d’un fatras d’idées, pour la plupart issues d’un keynésianisme mal digéré, reposant peu ou prou sur la crainte d’un « d’un manque » d’investissements et la croyance que tout investissement est « bon à prendre » pour favoriser la croissance et lutter contre le chômage.
Réponse :Elle comporte plusieurs aspects qui doivent être combinés pour une complète compréhension.
Aspect 1 : La réforme n’affecte en rien l’épargne « vraie » issue d’une allocation du revenu courant
En 2013, derniers chiffres officiels publiés, l’équilibre épargne-investissement en France se faisait de la manière suivante :
EQUILIBRE ENTRE LES AGENTS À CAPACITÉS (+) ET À BESOIN DE FINANCEMENT (-) EN FRANCE EN 2013
En milliards d’euros
Ménages
Sociétés Non Financières
Sociétés financières
Institutions sans but lucratif
Administrations publiques
Total Economie
+76.8
-38.1
+6.9
-0.3
-87.1
-41.8
Dans chaque période (flux), chaque agent a un revenu qu’il va utiliser en consommant et en investissant soit en actifs tangibles (logement pour les ménages, biens d’investissement pour les entreprises) et intangibles (achat de « survaleur »-goodwill-pour les entreprises), soit en actifs financiers (dépôts, titres, actions), afin, pour chacun, d’accroitre un stock qui est le patrimoine pour les ménages ou l’actif productif pour les sociétés non financières. Pour les administrations publiques, il s’agit de leur équilibre emplois (dépenses)- ressources courantes (impôts et autres revenus annexes), d’où il ressort un excédent ou, comme c’est le cas en France depuis 40 ans, un déficit à financer soit sur l’épargne intérieure ou par appel à un financement externe.
Chaque agent épargne (15,1% du revenu disponible pour les ménages, 17% de la valeur ajoutée brute pour les entreprises) et investit directement en actifs physiques (logement pour les ménages) par apport ou endettement. De ces opérations, va ressortir pour chaque agent une capacité (+) ou un besoin de financement (-), c'est-à-dire une capacité à subvenir aux besoins de financement des autres secteurs qui, eux, ont des besoins de financement, en général les entreprises (par exemple, les entreprises avaient en 2013, un taux d’autofinancement de 75.5%, donc un besoin d’endettement de 25% du montant de l’investissement -ce qui n’est pas vrai de tous les pays-) et l’état quand ses dépenses excèdent ses recettes (les prélèvements pour leur plus large part).
Il convient de bien avoir comprendre que l’épargne finance :
üLes investissements en biens tangibles et intangibles de la période (les flux d’achats de biens physiques qui vont s’incrémenter au stock de logements ou au stock de capital des entreprises
üLes variations d’actifs financiers (et non les actifs financiers) qui, eux-mêmes, vont financer les variationsde l’endettement, que ce soit sous forme directe (émissions nettes de titres et d’actions) ou sous forme indirecte (variations des crédits via l’intermédiation financière et non le montant des crédits)
Donc, avec l’application de la réforme, toutes choses égales par ailleurs, il n’y a aucune raison que le montant du revenu change, donc que l’épargne varie :
üL’ensemble des crédits passés est renouvelé grâce au prêt de la BC au moment de la transition ;
üLa montant des encaisses (Comptes de transactions) est exactement égal aux encaisses désirées puisque chacun aura choisi le niveau optimal au moment de la transition ;
üDonc, la vitesse de circulation de ces encaisses sera exactement celle qui reconduira le niveau de revenu existant.
Donc, à l’instant t, de la réforme, il n’y aucune perturbation à prévoir.
Puis, dans le cadre de la politique monétaire mise en œuvre visant à une croissance régulière de la monnaie circulante(M) de 4% par an, la croissance du revenu (Y) sera exactement égale, à vitesse (V) constante (cf aspect 2 pour les variations) et à taux d’épargne (s) constant, l’épargne croitra au même taux.
et l’épargne courante augmentera d’un montant :
Il n’y a aucune raison de craindre une quelconque rareté de l’épargne pour financer l’investissement car cela relève d’une incompréhension du fonctionnement réel de l’économie. La création de monnaie à vitesse constante crée le revenu qui génère l’épargne et le processus est le même quel que soit l’émetteur de cette monnaie (les banques ou l’état), mais les effets économiques et les bénéficiaires de cette création ne sont pas les mêmes.
Aspect 2 : La distinction selon les deux types de situation envisageables(sous ou sur utilisation des ressources)
Examinons les différents cas :
·Sous utilisation des ressources (récession, tendance dépressive): Dans ce cas, il ne s’agit pas en toute rigueur d’une situation d’insuffisance d’épargne par rapport à un investissement dynamique, mais bien d’un excès d’épargne sur l’investissement désiré ex ante, ou plus exactement (Allais) d’un excès des encaisses désirées sur les encaisses effectives. Une seule politique monétaire adaptéeè une injection monétaire ou par baisse d’impôt, ou par hausse des dépenses publiques, ou par un achat de titres sur le marché pour ajouter un effet-taux à l’effet-liquidité
·Sur ou pleine utilisation des ressources (tensions de type inflationnistes) : Dans cette situation, de nouvelles innovations ou un climat de grand optimisme peut conduire à un grand appétit d’investissement et l’épargne disponible pourrait représenter une contrainte. Est-ce préjudiciable ? Comparons les deux systèmes :
üDans un système à réserves fractionnaires, il est clair qu’un financement monétaire par le crédit bancaire permettrait de financer les entrepreneurs avides de s’endetter pour exploiter leurs idées ou pour spéculer, avec une montée des taux d’intérêt modérée par l’offre de capitaux « fictive » représentée par l’offre de monnaie en expansion. Pour quels résultats ? Des résultats peu désirables : pression sur les ressources avec, par contagion : hausse générale des prix (biens d’investissement d’abord, de consommation ensuite) ; hausses salariales, d’abord sectorielles puis générales, renforçant la hausse des prix ; tendance au déséquilibre de la balance des paiements courants è situation inflationniste et mécanisme d’épargne forcée
üDans un système MP: Dans le cadre de la politique à long terme, l’injection monétaire serait modulée en fonction de l’objectif désiré à moyen terme (disons 4%) et donc, le volume d’épargne offerte représenterait effectivement une contrainte forte sur le volume d’investissement possible pour maintenir une croissance équilibrée. Est-ce un inconvénient ? Aucunement, ce serait plutôt un avantage : hausse des taux d’intérêt, découragement des investissements les moins rentables et de la pure spéculation, d’où le maintien d’une situation de plein emploi sans pression excessive et sans dérive spéculative, maintien d’un équilibre de la balances des paiements courants avec peut-être une entrée de capitaux et une pression sur la monnaie è une situation parfaitement sous contrôle avec maintien de l’économie sur son sentier de croissance équilibrée de long terme.
Il n’y a pas de situations où un système bancaire à réserves fractionnaires pourrait donner de meilleurs résultats qu’un système à couverture intégrale ou un système MP.
Aspect 3 : Les systèmes monétaires et leur impact sur le secteur privé
·Système bancaire à réserves fractionnaires (SBRF) : On pourrait croire a priori que ce système qui, par hypothèse, fournit directement des ressources monétaires à des emprunteurs qui sont prioritairement du secteur privé est plus favorable à celui-ci et, donc, intuitivement plus favorable à la croissance économique. En fait, il n’en est rien. Un tel système est certes favorables à des emprunteurs qui peuvent, grâce au pouvoir d’achat créé ex nihilo par les banques, se présenter sur le marché, faire des offres, faire monter les prix de certains biens ou actifs et faire ainsi varier les prix relatifs à leur avantage…. Ces dépenses vont incontestablement se diffuser et faire croitre la dépense globale, comme tout type d’injection monétaire, mais il y aura des bénéficiaires et des perdants et les signaux donnés au système productif par le système des prix (prix relatifs des biens, prix des actifs, taux d’intérêt) ne seront pas optimaux du point de vue de l’efficacité de l’économie.
·Système MP : Bien que ce système puisse injecter la nouvelle monnaie de n’importe quelle manière selon les circonstances, l’injection par le budget nous semble de loin préférable (comme indiqué dans la présentation). Dans ce cas, l’injection monétaire, tout en restant cadrée par l’augmentation souhaitée du revenu nominal à moyen terme (4%) :
üsoit finance de nouvelles dépenses sans faire appel aux ressources du secteur privé
üsoit entraine une diminution des impôts qui libère des ressources pour le secteur privé
Dans les deux cas, on voit que la nouvelle monnaie créée va se diffuser beaucoup plus largement dans l’ensemble de l’économie avec les mêmes effets macro-économiques (hausse de la dépense globale/revenu national/épargne) mais sans dérégler tout le système de signaux dont l’économie a besoin pour s’orienter.
Ainsi, en reprenant le tableau ci-dessus des capacités et des besoins de financement de l’économie, il est possible de voir qu’un moindre pompage des ressources d’épargne par l’état, qui couvrirait ses besoins par l’injection requise de monnaie pour assurer une croissance du produit national de 4% par an, permettrait de dégager des ressources significatives pour le secteur privé et, plus globalement, pour l’ensemble de l’économie qui aurait moins besoin de recourir à un endettement extérieur.
Globalement, il est ainsi possible de montrer que, du point de vue des effets que les deux systèmes ont sur les ressources dont peut disposer le secteur privé et sur la manière dont ils peuvent en disposer, le système MP est encore très supérieur par (1) sa diffusion des « bienfaits » de la création monétaire à tous les agents à travers une moindre ponction sur leurs ressources ( à travers l’impôt : réduction ou moins de hausse) et (2) sa relative neutralité quant à ses conséquences sur les signaux qui guident les choix des acteurs économiques.
Conclusion : les craintes qu’exprime la question posée sont réellement sans objet et ne sont fondées que sur une vision superficielle du fonctionnement du système économique. Elle néglige le fait que l’injection monétaire engendre une croissance de la dépense globale quelle que soit son origine. Dans le cas du système actuel, la nouvelle monnaie est introduite via un crédit bancaire à des agents particuliers emprunteurs. Dans le cas de la réforme, la nouvelle monnaie est injectée via le budget (dans le cas général), ce qui allège d’autant le financement à la charge du secteur privé et permet une diffusion du flux monétaire plus large ( à travers les dépenses publiques et un accroissement de la demande privée du fait de moindre ponctions) qui ne va distordre les prix relatifs des biens ou des actifs tout en maintenant intact le rôle des taux d’intérêt dans l’affectation des ressources d’épargne. Par ailleurs, dans tous les cas, que ce soit une situation de sous-utilisation des ressources ou, au contraire, de sur-utilisation, les moyens donnés par la réforme pour redresser la situation sont très supérieurs à ceux disponibles dans le système actuel.
2)Ce système permet-t-il d’éliminer par lui-même toutes des sources de fluctuations économiques?
Les fluctuations de la dépenses globales peuvent provenir de deux sources : l’évolution de la masse monétaire et les fluctuations de la préférence pour la liquidité (ou son inverse : la vitesse de circulation de la monnaie). Il vient donc que si le nouveau système maitrise l’une (la masse monétaire), il ne peut maitriser la seconde qui répond à des motivations psychologiques hors de sa portée directe.
Certes, un système monétaire stable, insensible aux chocs et poursuivant une politique parfaitement prévisible, tend à réduire ce type de perturbations (Allais) mais elles ne peuvent être exclues.
Comment se produisent-elles ?
Supposons que les agents économiques aient des encaisses détenues supérieures aux encaisses désiréesè ils vont chercher à s’en débarrasser par deux moyens : (1) consommer plus et ou (2) placer plus, par exemple en souscrivant à des DAT/TCN offerts par les banques. Mais ce qui est vrai individuellement ne l’est pas collectivement puisque la masse monétaire est fixé et que les dépenses de l’un sont les recettes de l’autreè Donc, c’est le niveau global de dépenses Y qui va varier et donc la vitesse de circulation de la monnaie (Y/M) jusqu’à ce que le niveau d’encaisses détenues soit égale au niveau d’encaisses désirées. La séquence est donc : M Constant, Hausse de Y, Hausse de V (Y/M)à M=Md
Dans le cas de la souscription d’un DAT/TCN, le schéma est le suivant : Le client X qui veut réduire son encaisse va souscrire à un DAT/TCN, ce qui va se traduire (1) dans un premier temps, par une augmentation du compte de la banque à la Banque Centrale, puis (2) dans un deuxième temps à un achat d’actif de la part de la Banque (prêt à y ou titre émis par y) qui va permettre, à masse monétaire constante, de financer plus de dépenses.
BANQUES COMMERCIALES
Départements crédit
·Réserves BNS :0
·Crédits clientèle:0
-client y: +10
·Titres et Immob:0
·Dépôts à Terme(DAT) et Titres (TCN) : +10
-client x :+10
·Prêt/CC BNS :0
·Capital : : 0
Département Monétaire
·Comptes de règlement : 950 (inchangé)
-compte x : -10 (placement en DAT ou TCN)
-compte y : +10 (versement du nouveau prêt)
Au niveau de la Banque Centrale, il n’y aucun changement au niveau global.
Bien entendu, le jeu peut être inversé si l’on suppose un déficit d’encaisses désirées par rapport aux encaisses détenues è M constant, baisse de V, baisse de Y
Par rapport à des perturbations de ce type, le système proposé a, bien sûr, tous les outils pour y faire face :
üEn cas de baisse des encaisses désirées et de hausse non désirée de la dépense (hausse de la vitesse de circulation), les Autorités monétaires ont toutes latitudes pour compenser par un ralentissement de la progression de la masse monétaire ou même une réduction soit par ventes de titres, soit par réduction du prêt de la BC aux banques
üEn cas de hausse des encaisses désirées (baisse de la vitesse de circulation) qui entrainerait une baisse non désirée de la demande, la parade serait également facile avec une hausse de l’injection monétaire directe ou des achats de titres sur le marché.
En guise de conclusion : Points à retenir
La nouvelle organisation ne garantit pas l’économie contre toute instabilité de nature interne qui peut provenir de l’autre source possible : les variations de la préférence pour la liquidité. Certes, dans le cas de la nouvelle organisation, ces perturbations possibles devraient être atténuées car, M ne variant pas, le comportement V aura toutes chances d’être auto-stabilisant (Allais). Au contraire du système actuel dans lequel tout déséquilibre a tendance à s’auto-amplifier, M par le biais du crédit et V par le biais de la psychologie des agents économiques (cf. Allais). Mais, même en cas de perturbations de cette nature, les Autorités monétaires auraient tous les moyens pour y face de manière efficace et ramener le système économique vers sa position d’équilibre.
Ce point permet de souligner l’importance bien connue de la préférence pour la liquidité (Gesell, Keynes…) dans la génération de perturbations économiques, d’où l’attention à porter, au moment de la transition, au coût de détention de l’encaisse qui va intervenir comme un taux d’intérêt négatif (coûts bancaires de la gestion du compte + taux d’inflation visé) è plus il est dissuasif dans la détention d’encaisse, plus les fluctuations ont des chances d’être amoindries par la suite.
En tout état de cause, la situation idéale est celle où les encaisses sont réduites au minimum nécessaire pour satisfaire les besoins transactionnels prévus et, donc, où la vitesse de circulation est maximale.
3)Le système d’organisation proposé permet-il d’éliminer tout risque lié à son fonctionnement normal?
Non, car il y a un risque existant dans le système actuel sur lequel que nous n’avons pas insisté car il demeurera dans le nouveau système : c’est le risque de transformation lié au fait que le système bancaire, du fait, dit-on, de la structure de l’épargne, prête à un terme plus long qu’il n’emprunte, d’où un risque de liquidité si l’emprunt qui finance le prêt ne peut être renouvelable à l’échéance.
Sur le plan économique de l’ajustement de l’investissement à l’épargne, il n’y a pas de problème en soi si un investissement à 5 ans est financé par 20 « vraies » épargnes à 3 mois….. Un problème de distorsion entre la structure de l’épargne et celle du capital investi quand même, ce qui n’est pas sans conséquence du point de vue de l’efficacité du système productif (point très souligné par l’Ecole Autrichienne)… mais, surtout, un problème d’instabilité potentielle car il s’agit de refinancer tous les 3 mois un crédit remboursable seulement à son échéance de 5 ans.
Le professeur Maurice Allais insistait fortement, et de plus en plus au cours du temps, sur la nécessité d’imposer aux banques de financement la règle de gestion suivante : « …au contraire de ce qui est pratiqué aujourd’hui, elle (la règle) serait que tout prêt d’un terme donné devrait être financé à partir d’un emprunt d’un terme au moins aussi long » (Allais, L’impôt sur le capital et la réforme monétaire, Hermann, 1977, p.202). Pour Allais, c’était une des conditions pour qu’une économie fonctionne au maximum de son efficacité. Mais, il est vrai que, dans sa vision, cela allait de pair avec une indexation des contrats sur les prix (non pas automatique et généralisée mais renégociable à chaque renouvellement), ce qui amènerait sans problème toute l’épargne désirée au terme voulue.
Dans les circonstances actuelles, il ne nous parait pas possible de le suivre dans cette voie. Mais, le système proposé nous parait parfaitement à même de résoudre le problème avec efficacité :
üDes ratios de liquidité peuvent être appliqués, de la même nature que ceux prévus dans le dispositif actuel Bâle 3 et les banques peuvent être poussées à rendre liquides les crédits en les rendant susceptibles d’être titrisés à tout moment (par exemple logés, après obtention d’un « rating » de la part d’agences spécialisées, dans une structure ad-hoc dont les titres seraient facilement vendables…..)
üLa présence de la BC à travers son prêt est de nature à renforcer la solidité des banques et à rassurer les déposants/épargnants
üLa BC elle-même peut intervenir en augmentant temporairement son prêt ou en achetant des actifs sur le marché, sous réserve qu’il n’y ait pas de problèmes de solvabilité, auquel cas ce serait aux actionnaires et aux prêteurs « junior » de payer avant, éventuellement, la mise en place d’un processus de liquidation.
Dans le plus long terme, en régime de croisière, quand la Banque Centrale sera complètement retirée, ce sera aux porteurs de titres de créances sur la banque de faire leur investigation sur la solidité de la banque à tout point de vue, avec l’aide d’agences de rating éventuellement, et de prendre leur risque en toute connaissance de cause.
Point à retenir
Dans le système proposé, le risque de liquidité lié au risque de transformation continue d’exister sur le plan théorique mais le dispositif proposé permet de le réduire drastiquement en rassurant les épargnants/déposants (Prêt de la BC)et, le cas échéant, d’y pallier sans difficulté avec les instruments dont elle dispose (prêt BC, achat de titres …)
4)Quelles seraient les conséquences sur l’offre bancaire et l’offre de produits financiers par rapport à aujourd’hui ?
Globalement, les différences porteront plus sur des nuances que sur le fond :
·Les dépôts d’épargne devraient présenter des caractéristiques qui les différencient clairement d’instruments monétaires pour bien souligner leur caractère d’engagements à terme : terme défini, pénalité en cas de rupture avant terme…..
Pour la France, le problème se situe surtout au niveau des comptes sur livrets. Leurs détenteurs seront invités à choisir entre la liquidité des comptes de transactions ou une certaine immobilisation dans des dépôts à termes définis en fonction de leurs besoins transactionnels et des conditions de coûts et de rémunération.
·Pour les crédits « overdraft », des lignes de crédit devront être négociés en avance avec les Banques de financement pour tirage automatique en cas de non-provisionnement, car les CSM ne seront pas habilités à faire des opérations de crédit ou les comptes de transaction devront être approvisionnés avant d’entrer dans la chaine de transactions du système de paiement.
·Pour les autres produits et instruments financiers, aucun changement n’est à prévoir, toutes les opérations actuellement effectuées (titrisation, swaps de taux et de devises, couvertures par futures ou options …) resteront possibles et même favorisées (titrisation)
Une seule institution implantée en France à l’imitation des Etats-Unis mais assez peu populaire en Europe, les FCP monétaires, pose un problème car leurs parts sont de véritables instruments monétaires, vu leur liquidité et leur valeur garantie. Ils pourraient se transformer en institutions de financement à court terme sous la forme de fonds fermés financés par des titres à terme négociables sur un marché, dont la valeur en cas de réalisation avant terme ne serait pas garantie. Dans les estimations de l’ordre de grandeur des comptes de transactions, il a été prévu qu’entre 35 et 70% de ces FCP monétaires seraient en fait convertis en liquidités « pures ».
Point à retenir
Eu égard aux caractéristiques mêmes de la réforme, les principaux changements consisteront en un « épaississement » de la frontière séparant les avoirs monétaires des instruments d’épargne et à des modalités différentes pour les « overdraft ». Une Institution devra cependant être substantiellement réformée : les FCP monétaires pour leur faire perdre leur caractère de substitut à la monnaie.
Pour le reste, aucun changement n’est à prévoir.
5)Quels seront les besoins en capital du nouveau système monétaire et financier comparés à ceux requis par « Bâle3 » ?
En théorie, en régime de croisière, quand le nouveau système aura été bien assimilé par l’ensemble des agents économiques, les besoins en capital des différents acteurs financiers n’auraient plus besoin d’être réglementés pour au moins deux raisons :
üLe nouveau système serait immunisé contre le risque systémique, aucune chute d’un acteur, aussi gros soit-il, ne serait susceptible de « faire tomber » le système de paiement et de paralyser l’économie ;
üLes agents économiques seraient invités à « prendre leurs risques » lorsqu’ils choisissent de placer leur argent ou d’investir dans une banque, c'est-à-dire à la choisir très soigneusement en fonction de son couple « rendement-risque », au besoin avec l’aide d’agences de rating, exactement comme ils le font aujourd’hui avec n’importe quelle entreprise dont ils achètent le papier commercial, les obligations ou les actions.
Il va de soi que, dans ce cadre, toutes les garanties sur les dépôts seraient annulés :
üLes comptes de transactions seraient ipso facto invulnérables puisqu’ils seraient de la monnaie de base elle-même, contrepartie d’aucune dette, comme les billets aujourd’hui.
üComme indiqué plus haut, les agents économiques seraient responsabilisés dans le choix de leurs contreparties bancaires.
Pour la période de transition, dans le cadre des relations internationales des banques et des accords « Bâle 3 », il faudrait probablement négocier un statut spécial compte tenu des deux traits distinctifs qui caractériseraient le système français :
üSon immunisation aux crises systémiques internes ;
üLe prêt BC, en lieu et place des dépôts monétaires, qui représenterait une solidité plus forte puisque leur garantissant un financement stable de la part de l’autorité chargée de veiller à la bonne marche du système financier.
La conséquence de cette situation devrait être une notable réduction des besoins en capital par rapport aux normes internationales.
Ce point pourrait d’ailleurs être conforté par la politique à mener pour rassurer tous les créanciers du système bancaire (Dépôts d’épargne, porteurs de TCN ou d’obligations « senior ») : Pour chaque banque, une partie du prêt BC qui lui est affecté pourrait être subordonnée à des niveaux à définir (intérêts et/ ou capital), cette garantie s’éteignant progressivement dans le temps.
6)La réforme n’entrainera-t-elle pas une augmentation des taux d’intérêt et, plus particulièrement des conditions du crédit aux entreprises ?
Il y a dans cette question deux aspects : (1) Toujours la crainte qu’il n’y ait pas assez d’épargne et (2) l’idée que les taux des crédits sont moins élevés du fait de la création monétaire.
·Concernant, le premier aspect, il a été déjà répondu :
üLe volume d’épargne ne variera pas par rapport à la situation antérieure au jour J ;
üIl continuera à augmenter au rythme du revenu national nominal (soit en tendance 4% par an)
üDu fait de moindre ponction du secteur public due aux ressources supplémentaires fournies par une création monétaire réappropriée, le secteur privé retrouve des ressources supplémentaires pour épargner et investir.
Par ailleurs, le nouveau système apporte trois facteurs positifs supplémentaires et décisifs :
üIl élimine tout risque de crise systémique ;
üChaque banque se trouve consolidée par la présence du prêt BC
üL’horizon est beaucoup plus prévisible que par le passé du fait de la maitrise totale de l’offre de monnaie.
La conséquence est que les taux de marché devraient être plutôt plus bas que dans la situation antérieure au jour J( dans une situation normale, pas par rapport à la situation actuelle qui est totalement déséquilibrée)et que le taux sans risque à 10 ans devrait se situer à son niveau optimal de 4%, égal au taux de croissance nominal du revenu, soit 2% en termes réels.
·Concernant le second aspect : La réponse mérite d’être circonstanciée.
üL’idée pouvait recouvrir une part de vérité dans le passé : sous l’effet de la concurrence interbancaire, afin d’attirer des clients supplémentaires ou de garder les anciens, les banques ont pu être conduites à baisser leurs conditions de crédit en utilisant une part de la rente monétaire, comme elles ont pu, par ailleurs, attirer les déposants en subventionnant le coût des transactions (frais bancaires) ou en offrant des rémunérations sur les dépôts à vue (pratique interdite en 1935 car elle avait conduit les banques et le système bancaire à se suicider) è les anciens banquiers se souviennent qu’encore dans les années 80, les directions financières fournissaient le coût moyen des ressources bancaires dans lequel les dépôts à vue pesaient à la baisse, afin d’établir le « pricing » des prêts après prise en compte de la marge minimale….
üLa situation a changé dans les années 90 ( avec l’instauration du « ratio cooke ») : Les conditions bancaires ont commencé à se fixer par rapport aux coûts de refinancement sur le marché. Pour les crédits hypothécaires (immobilier), les conditions se sont alignées sur celles du marché des ressources longues, essentiellement obligataires. Pour les autres crédits, la principale référence devint le Libor (London Interbank Offered Rates) auquel était rajoutée la marge censée couvrir les coûts opérationnels et la marge d’exploitation des banques), d’où l’expression de libor+ dans le langage des banquiers car c’est sur l’ampleur de cette marge que s’est faite depuis la concurrence interbancaire, les banques prenant en compte deux facteurs additionnels principaux
oLe coût en capital du client compte tenu de son statut (rating) : Avant 2007, le ratio cooke qui était unique pour toutes les entreprises (coût de 8% du crédit en capital supplémentaire), aujourd’hui, une consommation de capital propre à chaque entreprises/sociétés pour chaque crédit distribué en fonction de son statut en matière de risque (rating), les entreprises non cotées ( dont PME, ETI) supportant le poids le plus élevé.
oLa profitabilité globale du client : « offrir son bilan », selon l’expression consacrée, c'est-à-dire « faire du crédit », est devenu un pur produit d’appel ravalé au rang de « ancillary business » pour pouvoir séduire les entreprises les plus capables de générer du « side business » lucratif ( conduite de grands crédits syndiqués, d’émissions obligataires ou d’augmentation de capital ; Conseil dans les fusions-acquisitions, toutes opérations de marché….) et récupérer la plus grande part de ce flux, ces revenus ne supportant pas de coût en capital et donc augmentant directement le ROE (Return On Equities) des banques… mesure ultime de l’attribution des bonus.
En résumé, un coût du crédit aujourd’hui, c’est un coût de ressources au prix du marché+ une marge opérationnelle+ une consommation de capital très variable et qui est très discriminatoire vis-à-vis de nombreuses entreprises qui font le cœur du tissu économique.
A cela s’ajoute le fait que, vu l’importance de la titrisation aujourd’hui, les actifs doivent être « évalués » (on dit « pricés »( !) dans le langage bancaire d’aujourd’hui) au plus près de leur vrai prix de marché.
En guise de conclusion : En combinant les deux aspects, que peut-on en déduire pour l’après réforme ? les taux d’intérêt ne seront en aucun cas un facteur de pénalisation des entreprises et donc de la croissance, sachant qu’en tout état de cause, ce n’est jamais un facteur déterminant sauf pour les investissements à retours longs.
üPhase initiale : Les taux du marché devraient rester « au pire » au niveau de celui d’avant le jour J ( à supposer que celui soit un taux normal et non pas un taux déformé comme aujourd’hui), compte tenu de la stabilité puis de la croissance des flux d’épargne et d’un environnement plus sécurisé et plus prévisible. Dans ce contexte, les conditions de crédit ne peuvent pas être bouleversées puisque les comptes d’exploitation des banques seront préservés du fait des conditions préconisées pour le prêt BC (taux d’intérêt faible ou nul)
üPhase de croisière : En faisant un « pricing » aux prix de marché, les banques se sont en fait accaparés d’une plus grande partie de la rente monétaire (un des facteurs de la flambée de leurs profits dans la période d’avant crise), or celle-ci leur sera progressivement retirée par une hausse des conditions du prêt et un refinancement croissant sur le marché, mais, dans un climat de haute concurrence, plusieurs facteurs feront qu’elles absorberont ce choc sans pesée particulière sur les conditions de crédit : (1) les taux du marché prendront complètement en compte la nouvelle situation , (2) les besoins en capital des banques (Capital Adequacy Ratio)seront moindres dans le nouvel environnement, (3) la ressource du prêt aura significativement diminué en importance relative), (4) de nouveaux acteurs seront intervenus qui, grâce à la titrisation, rapprocheront au maximum les conditions de crédit des taux de marché et (5) les banques auront eu le temps, de leur plein gré ou contraintes et forcées, d’adapter leurs coûts et leurs produits.
7)En cas de réforme, qu’en sera-t-il de la volatilité des taux d’intérêt ? Doit-on s’attendre à une volatilité plus forte ?
Il convient de distinguer le long terme du court terme :
·A long terme, c’est plutôt à une plus grande stabilité qu’il faut s’attendre : Dans une situation où la masse monétaire est maitrisée, il est possible d’en assurer la régularité de l’évolution et, donc, d’une part, d’atténuer les fluctuations de l’économie autour de son trend naturel de croissance et, d’autre part, de mieux cibler la hausse des prix désirée. Dans un environnement plus prévisible parce que plus stable, où croissance de la masse monétaire, du revenu et de l’épargne iront de pair, il est difficile de trouver ce qui pourrait provoquer une instabilité accrue. Au contraire, il est plus facile de trouver des raisons allant dans le sens de la stabilité. C’est d’ailleurs ce que montre l’expérience historique. Les cas de mouvement peuvent provenir de deux sources essentielles :
üUne fièvre de la demande d’investissement due à des innovations majeures : En situation de plein emploi, le taux d’intérêt jouera son rôle de filtre des projets d’investissement et montera pour faire cadrer l’offre de fonds prêtables avec le volume d’investissement réalisable. Toute augmentation de la masse monétaire dans ce cas ne peut qu’engendrer des effets d’éviction d’autres secteurs de la demande privée et aboutir à ce que les économistes appellent un processus d’épargne forcée, ce qui n’est pas une situation recommandable en période « normale ».
üDes variations de la préférence pour la liquidité : Dans ce cas, ce sera à la politique monétaire de s’ajuster. Dans le cas d’une hausse, il y aura une réduction du revenu et des fonds prêtablesè il y a toutes les chances que le taux d’intérêt ait tendance à baisser dans le même temps où la politique deviendra expansionniste. Dans le cas d’une baisse, il y aura une augmentation du revenu et des fonds prêtablesè il y a toutes les chances que le taux d’intérêt ait tendance à augmenter dans la même temps où la politique monétaire sera de nature plutôt restrictive.
·A court terme, il s’agira d’utiliser les procédés habituels pour éviter des mouvements intempestifs dus à des sautes ou à des baisses momentanées de la demande de fonds : Les banques Centrales ont l’habitude de gérer ce genre de phénomènes, le plus souvent saisonniers et donc parfaitement prévisibles, à partir d’interventions sur le marché monétaire (achats ou ventes de titres fermes ou en repos- prises en pension). Il en sera de même en cas de réforme.
8)Les comptes d’exploitation des banques risquent-ils d’être déstabilisés ?
En aucun cas, l’exploitation du système bancaire ne pourrait être déstabilisée par la mise en œuvre d’une telle réforme.
·Rappel de quelques données de base :
üUne part très minoritaire dans le bilan des banques : Par rapport au bilan global des IFM en fin 2014 (source BdF, webstat) de 8200 milliards d’euros, les montants considérés, entre 950 et 1050, en représentent entre 12 et 15%.
üLa marge d’intérêt n’est qu’une partie du Produit Net bancaire : Elle est pour l’ensemble des banques françaises de 50% contre 30% pour les commissions nettes (Chiffres BdF, APCR, 2013)
·Deux facteurs devraient jouer en faveur des banques :
üLa mise à niveau progressive des conditions du prêt pour les aligner sur les conditions du marché
üLes frais bancaires devraient être ajustés, essentiellement en ce qui concerne les entreprises (cash management) , pour que les tarifs reflètent les coûts des comptes de transactions ou permettent un équilibre d’exploitation normal des CSM. En effet, ces produits de gestion de trésorerie sont souvent sous tarifés aux entreprises pour les fidéliser et établir des contacts étroits avec elles en vue d’opérations bien plus lucratives dans d’autres domaines (dans une certaine mesure, la gestion de trésorerie est aussi un produit d’appel pour les banques)
·Elles devront faire des efforts de gestion et d’innovation : Après tout, quand on regarde les évolutions d’avant-crise, il apparait que les « non-bank-banks » (intermédiaires non bancaires) ont souvent taillé des croupières aux banques dans des domaines où ces organismes s’étaient spécialisés (consommation) alors qu’ils se refinançaient sur le marché financier.
Point à retenir
Compte tenu des conditions du prêt BC lors de la mise en œuvre de la Réforme, les comptes d’exploitation ne pourraient pas être déstabilisés sachant qu’en tout état de cause les montants en jeu représentent moins de 15% du bilan total des IFM et que les marges d’intérêts constituent 50% du Produit Net Bancaire.
9)Comment les fonctions bancaires peuvent-elles évoluer dans un tel système ?
Il est toujours difficile de prévoir comment les acteurs du marché réagiront aux nouvelles conditions et innoveront pour en tirer le maximum de profit.
Distinguons les fonctions monétaire et financière.
·Les fonctions monétaires : Elles pourront être assumées dans le cadre de banques universelles (type de réforme MP) à condition qu’elles soient isolées dans des départements spéciaux ou dans des structures complètement indépendantes (type de réforme CFA ou MP, MP étant compatibles avec des structures indépendantes ou intégrées) :
üDes activités parfaitement isolables ou sécables dans les grandes banques et un secteur ouvert à la concurrence avec des barrières à l’entrée moins élevées qu’auparavant : Toutes les grandes banques organisent leurs différentes activités en « ligne métier », sorte d’entreprise à l’intérieur de la grande entreprise avec laquelle elle partage quelques fonctions communes (de nature administrative), faciles à dupliquer pour la rendre indépendante. Par ailleurs, de telles structures qui, aujourd’hui, sont essentiellement des entreprises technologiques, peuvent être montées relativement « facilement » car elles ne nécessitent plus, grâce à internet (e-banking), des structures lourdes « brick and mortar »..
üDes activités en pleine (r)évolution: Compte tenu des progrès technologiques, le marché des moyens de paiement est considéré par les grands consultants internationaux (McKinsey, Boston Consulting….) comme un des secteurs potentiellement les plus prometteurs pour les banques, à condition de rester dans la course aux technologies de l‘information. Ce qui en fait un secteur sur lesquels de nouveaux acteurs extrêmement puissants, grâce à leur image et/ou en connexion avec leurs autres activités (Apple, Google, Amazon…) , peuvent entrer et bouleverser tout le marché.
üDes activités potentiellement très porteuses qui peuvent ouvrir de nouvelles perspectives dans la concurrence interbancaire. Que ce soit un simple site internet ou un réseau « en dur », elles seront par nécessité un « lieu de passage » très fréquenté pour les clients (ménages et entreprises). Dès lors, elles peuvent jouer un rôle de plateforme de vente de services et de produits financiers en architecture ouverte ou fermée, à condition qu’aucun risque ne soit comptabilisé dans la structure : Exécution d’ordres sur les marchés financiers, vente de prêts consommation et immobilier (pour compte d’organismes de financement), vente de produits structurés ( pour compte de fournisseurs financiers) , conseils en tout genre …..
·Les fonctions financières : Assumées par des organismes de financement spécialisés, elles vont-elles aussi subir de profondes transformations. il est probable que de nouveaux acteurs cherchant à réduire les coûts de fonctionnement des grandes structures vont surgir et que l’évolution soit celle décrite par Laurence Kotlikoff (Jimmy Steward is Dead, Wiley, 2010) :
üMultiplication de fonds de placement spécialisés
üCréation de structures légères, à faible capital, chargées de constituer des portefeuilles de crédits avant titrisation et ventes auprès des fonds de placement….
üMultiplication de structures de « Private Equity » et des structures favorisant le financement direct
En ce qui concerne, la dissociation des fonctions de banque de financement et de banque d’investissement, l’expérience (ma propre expérience et réflexion) montre que la banque universelle n’est en rien une situation optimale quoi qu’en disent les partisans de la « Banque Universelle ». La fonction financement est un instrument à la fois de chantage et de séduction vis-à-vis des grandes entreprises pour capter leur « business » lucratif et la concurrence entre banques fausse complètement les conditions de marché au détriment des entreprises moins « profitables » pour les banques car elle conduit à une distorsion des taux d’intérêt payés par les uns et par les autres. Un nouveau « Glass-Steagal Act » permettrait de mettre de l’ordre dans un secteur complètement dévoyé.
Point à retenir
Loin d’être un facteur de sclérose et d’immobilisme, la réforme proposée est non seulement compatible avec les évolutions déjà en cours mais elle peut considérablement les accélérer et susciter de nouvelles innovations extrêmement favorables au dynamisme économique tant, en dissociant les fonctions monétaires et financières, elle ouvre tout grand le champ à la concurrence.
10)Le système proposé peut-il être applicable dans un seul pays ?
La réponse tient en deux volets :
·La réponse de Maurice Allais :
« C’est là un argument qui ne saurait être valablement soutenu dès lors que les filiales des banques étrangères situées en France seraient soumises aux mêmes obligations que les banques françaises. Pour l’essentiel en effet la réforme envisagée implique deux conséquences : la vérité des prix en ce qui concerne les coûts des opérations bancaires et les taux d’intérêt, le retour à l’état des profits résultant de la création de monnaie. Aucune d’elles n’implique l’occupation universelle de la réforme. En tut état de cause, c’est là un argument qui n’a jamais été avancé par les adversaires du plan de « 100% Money » aux Etats-Unis » (Allais, op.cit, 1977, p.206)
·Complément en matière de politique monétaire : En situation de changes flexibles, les politiques monétaires menées sont indépendantes. Et, si une politique de taux de changes fixes était décidé pour des raisons conjoncturelles (arrêter une montée inopportune de la devise comme dans le cas suisse en août 2011), le système proposé aurait plus de moyens que le système actuel (régulation directe de la masse monétaire, gestion du prêt BC) pour en réguler les conséquences.
Point à retenir
La proposition de réforme est applicable sans difficulté dans un seul pays
11)En quoi la politique monétaire qui serait menée après la réforme serait-t-elle différente et plus efficace ?
La politique monétaire qui pourrait être menée serait plus efficace car elle serait susceptible d’agir directement sur la dépense globale en menant une politique qui serait, à la fois, monétaire et budgétaire, ce qui est impossible aujourd’hui. :
·La politique monétaire aujourd’hui s’interdit, à juste raison, de financer directement le budget car toute création définitive ( par simple avance au Trésor) de liquidité bancaire pourrait avoir des conséquences catastrophiques s’il y avait ensuite nécessité à la récupérer pour freiner un emballement possible de la machine économique. Au contraire, dans le cas d’une intervention par achat de titres sur le marché secondaire, de la monnaie et de la liquidité bancaire sont créées et les taux d’intérêt abaissés afin de créer un enchainement favorable : effet liquidité + effet tauxà effet richesse et incitation à consommer + incitation à s’endetter et des banques à prêterà relance économique. En cas de réussite, la Banque Centrale peut reprendre le contrôle de la situation en revendant les titres ou en les laissant courir jusqu’à l’échéance si elle est courte. Le problème est que le processus est long et incertain et, dans certaines situations (endettement trop lourd des agents économiques, incertitudes trop fortes quant à l’avenir…), la politique est totalement inopérante. C’est le cas aujourd’hui.
·La politique monétaire de demain (dans le cas de l’application de la réforme) pourra se conjuguer sans problème avec la politique budgétaire puisqu’en tout état de cause, elle restera maitresse de la création monétaire dont elle est la seule source. Donc, en cas de faiblesse de la conjoncture, il sera possible de baisser les impôts ou d’augmenter la dépense publique en finançant le déficit par une création monétaire qui agira directement sur la dépense. D’où des effets en chaine plus directs car dans le même temps : la demande globale est impulsée, les taux d’intérêt se relâchent, la liquidité est créée. Par ailleurs, la maitrise totale de la masse monétaire et de sa progression dans le temps donne à tous les acteurs économiques une visibilité sans pareil.
Dans le nouveau cadre institutionnel, la dichotomie monétariste-keynésien se trouve dépassée dans un cadre plus global que nous aurons la faiblesse de qualifier d’ « Allaisien ».
Point à retenir
La politique qui serait menée après la réforme serait plus directe que celle d’aujourd’hui qui est très indirecte ( achats de titres et baisse des taux) et donc imprécise et incertaine. Elle agirait directement sur la dépense en même temps que sur la liquidité et les taux, fournissant ainsi les bases d’une régulation économique efficace. Et, dans ce cadre, le tabou actuel : « pas de financement en direct du budget » pourrait être dépassé sans craindre une quelconque dérive inflationniste à condition, bien sûr, qu’il y ait des bornes strictes au laxisme toujours possible.
12)La Réforme ne risque-t-elle pas de pousser au laxisme budgétaire des gouvernements toujours plus sensibles à la facilité qu’à l’effort ?
Il est curieux de voir avec quelle facilité l’opinion publique se soumet à un dictateur monétaire agissant sans aucun contrôle, le gouverneur de la Banque centrale, et a peur d’elle-même et de la démocratie dans ce cas. Pourtant, en règle générale, mais particulièrement dans les périodes comme celle que nous traversons, les pouvoirs de cet homme sont exorbitants puisque ses décisions peuvent, d’une part, modifier les revenus et les patrimoines, leurs niveaux et leurs structures, et, d’autre part, si elles sont mauvaises, conduire à la ruine de tous.
Mais, la sagesse populaire a probablement raison. Donc, la seule solution serait d’inscrire dans la Constitution une règle stricte dans son principe mais assez souple dans son application, du type, par exemple : « La Banque Centrale, sous la conduite de son Gouverneur assisté de son Conseil, devra poursuivre un objectif de croissance de la masse monétaire à moyen terme, en moyenne sur 5 ans glissant, compatible avec le potentiel de croissance de l’économie et un taux d’inflation maximum souhaité tel que fixé par la représentation nationale ».
Il me semble qu’une règle de ce genre permettrait une souplesse conjoncturelle nécessaire dans le cadre d’un objectif à moyen terme plutôt rigide, tout en obligeant les autorités politiques à afficher clairement devant leurs électeurs leur choix en matière d’inflation.
13)Est-ce que les encaisses des agents économiques ne sont pas mal utilisées dans le nouveau système puisqu’il serait peut-être possible d’en mobiliser une partie pour plus de financement de l’économie ?
Cette question naïve est souvent posée tant les esprits ont été formatés par les schémas de pensée liés à l’ancien système. La réponse est pourtant évidente :
üCe ne serait ni plus ni moins que revenir à l’ancien système de la couverture fractionnaire et donc retrouver toutes ses tares
üIl ne faut pas oublier que le prêt BC aux banques a été fait pour compenser la sortie des dépôts à vue et maintenir inchangé le montant des crédits distribués et des actifs détenus par les banques par rapport à la situation antérieureè il est de ce fait absurde de penser que l’on pourrait augmenter « en plus » le montant des actifs bancaires par rapport à la situation antérieure è le prêt BC n’aurait plus lieu d’être et l’on reviendrait à la situation ex ante.
üCet argument revient en fait au vieil argument selon lequel le système du crédit à couverture fractionnaire permettrait de réaliser une économie d’encaisses puisqu’elles seraient mieux utilisées. Laissons répondre Maurice Allais :
« L’argument…..était certainement valable au dix-neuvième siècle. A une époque en effet où la monnaie de base était fondamentalement constituée par des espèces métalliques, on pouvait valablement considérer comme raisonnable un système qui permettait d’effectuer plus de paiements avec moins d’encaisses métalliques. Mais, aujourd’hui que la monnaie a été entièrement détachée de tout bien réel, c’est là un argument qui n’a plus de valeur ».
Et Allais d’ajouter pour relativiser cet argument avancé par les partisans du système fractionnaire et montrer sa vacuité absolue :
« Il convient d’ailleurs de rappeler que si, au dix-neuvième siècle, le système de la couverture fractionnaire du crédit a effectivement permis une économie d’espèces métalliques, il a constamment conduit à une instabilité foncière et à des crises de grande ampleur qui ont gravement compromis le fonctionnement de l’économie toute entière » (Allais, op.cit., p.204-205)
Point à retenir
L’argument de mobilisation des encaisses est absolument sans valeur car il conduirait à revenir à la situation actuelle avec toutes ses conséquences sans apporter aucune amélioration de quelque nature qu’elle soit dans le fonctionnement de l’économie et dans le montant des crédits distribuables sans provoquer des déséquilibres majeurs.
14)Le système bancaire actuel est souvent justifié par le fait qu’il est générateur de liquidités pour les agents économiques et absorbeurs de chocs de liquidité. Comment se positionne la réforme par rapport à cette justification ?
C’est une question assez récurrente car elle est basée sur l’intuition que le système actuel est plus « souple ». Voici ce que Maurice Allais répondait déjà à cette objection :
« On objecte que le système de crédit n’offrirait pas la même souplesse qu’aujourd’hui. Tout dépend évidemment du sens que l’on donne au mot « souplesse ». Si l’on entend par là le fonctionnement efficace du système bancaire, il resterait tout aussi efficace qu’aujourd’hui. Il serait même beaucoup plus efficace en raison de l’incitation accrue à l’efficacité résultant pour lui de la suppression des profits correspondant à la création monétaire. Mais, si l’on interprète la « souplesse » comme la possibilité de créer ex nihilo de la monnaie et du pouvoir d’achat au profit de certains, alors il est bien certain que la « souplesse » actuelle disparaitrait. Mais, pour toutes les raisons qui ont été développées, il parait bien difficile de considérer une telle « souplesse » comme avantageuse pour la collectivité. En tout état de cause, c’est là un des objectifs que de la faire disparaitre » (Allais, Les conditions monétaires d’une économie de marchés, ENSMP,1987, p.74)
Pour aller plus loin dans la comparaison des deux systèmes, il convient de souligner que cette question renvoie à deux questions déjà traitées : la question sur la volatilité des taux d’intérêt ou celle sur les variations de la préférence pour la liquidité. Il nous semble que, dans les deux cas, il a été possible de montrer que la banque Centrale avait tous les moyens pour absorber ces « chocs » de court terme ou de moyen terme d’une manière plus efficace que dans le système actuel.
Au niveau individuel, le nouveau système permettrait de gérer des lignes de crédit, d’une manière différente du système actuel mais tout aussi efficace. Des lignes de crédit seraient négociées au préalable avec les banques de financement et seraient débloquées dès que le compte ne serait pas suffisamment approvisionné pour effectuer les transactions demandées. Au niveau de la banque de financement, la ligne de crédit serait « préfinancée » et investie dans des actifs liquides. Le coût de mise en place de la ligne serait donc égal à la différence entre le coût de la ressource et celui du placement, augmentée de la marge de la banque.
Point à retenir
Si la « souplesse » est de créer de monnaie selon la volonté des agents emprunteurs, la réponse est définitivement négative car une telle caractéristique engendre trop de dégâts. Mais, en fait, la réforme proposée donne, au niveau global, tous les moyens pour absorber les chocs de court et de moyen terme grâce au fonctionnement des marchés et aux interventions de la banque centrale. Par ailleurs, au niveau individuel, la gestion de trésorerie, avec l’utilisation éventuelle de lignes de crédit, ne sera pas moins efficace et plus coûteuse qu’aujourd’hui.
15)Une autre justification du système actuel repose sur l’argumentation qu’il y a asymétrie d’information entre les banques et les déposants quant à la connaissance des emprunteurs d’où un échange de services entre les banques et leurs clients : concession des dépôts contre une activité de sélection la plus efficace possible des « bonnes contreparties ». Comment la réforme se positionne-t-elle par rapport à cet argument ?
Si l’on part du principe que « le marché » génère toujours les institutions dont il a besoin et qui sont les plus efficaces pour son fonctionnement, il est vital de trouver des justifications à tout ce qui existe car, comme pour le Docteur Pangloss de Voltaire (Candide), tout ce qui existe est toujours « le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». C’est exactement le cas ici si les auteurs visent tous les dépôts et non simplement les dépôts d’épargne.
üPour les dépôts à vue, il est manifeste que les agents économiques les détiennent parce que c’est la manière la plus commode de détenir une encaisse de transaction par rapport à l’autre forme de monnaie qu’est le billet, et qu’ils n’ont pas la moindre idée (pour la grande masse) que la contrepartie de cette monnaie est en fait des opérations de crédit qui regénèrent en permanence les dépôts à vue dont ils se croient détenteurs à part entière mais qui sont en fait des promesses de payer à vue de la banque alors que celle-ci n’en détient précisément qu’une fraction (c’est la définition même du système bancaire à réserves fractionnaires)
üPour les dépôts d’épargne et autres titres, l’optique est complètement différente car là, effectivement, l’épargnant délègue à la banque la sélection des « meilleures » contreparties, c'est-à-dire des plus sûres, en bénéficiant en plus d’une certaine masse » en étant absorbé d’abord par de moindres bénéfices des actionnaires et, éventuellement d’autres créanciers plus « junior » assurance que les pertes éventuelles ne dépasseront pas un pourcentage faible de l’ensemble, qu’elles se « noieront dans la qu’eux. Il est donc normal que, dans ce cas, la rémunération dont ils bénéficient pour leurs dépôts soit moindre que pour des investissements « en direct » dans les entreprises (quand c’est possible) via l’achat de papier commercial ou d’obligations.
Conclusion : Il est évident que, du point de vue de la réforme proposée, l’argument avancé est parfaitement recevable pour l’intermédiation financière au sens strict, telle qu’elle la promeut, tandis qu’il est complètement absurde pour la monnaie circulante que sont les dépôts à vue, qui sont détenus essentiellement parce qu’ils fournissent des services de liquidité.
16) En cas d’application de la réforme, peut-on imaginer qu’un système bancaire off-shore puisse se constituer pour la contourner ?
Dans ce domaine, la référence est le développement du marché de l’eurodollar dans les années 60, du nom de la banque liée à l’URSS qui a initié le marché (Eurobank). Soucieux de ne pas déposer leurs fonds en dollars dans les banques américaines de crainte de blocage, les soviétiques les détenaient dans des comptes bancaires hors des Etats-Unis, ce qui permit d’initier un marché du dépôt et du crédit en dollars US hors des Etats-Unis. Or, dans les années 70, un véritable système bancaire off-shore soudainement développé avec toutes ses conséquences, c'est-à-dire la multiplication de dollars hors de contrôle des Etats-Unis, une marée qui ne faisait qu’attiser une inflation galopante. Plusieurs facteurs s’étaient en fait combinés :
üLe déficit de la balance de base américaine injectait en permanence dans l’économie mondiale des dollars qui se retrouvaient dans les comptes d’acteurs étrangers (Banques Centrales, entreprises, investisseurs)
üCes acteurs détenaient ces encaisses en dollars par besoin et intérêt (les entreprises, les banques centrales ) puisque le dollar était (et est resté) la monnaie internationale de référence, la seule alternative étant pour les Banques Centrales accumulant des « balances dollars » (notamment l’Allemagne et le Japon) d’acheter de l’or auprès du Fed, ce qui était mal vu avant 1971 et impossible ensuite (décisions du Président Nixon d’Août 1971)
üLe marché des taux d’intérêt sur les dépôts aux Etats-Unis était fortement régulé, les taux sur les dépôts étant plafonnés alors que les taux du marché montaient sous la pression de l’inflation.
C’est ainsi qu’avait pu se créer un vaste marché où les banques pouvaient faire des crédits en dollars sans trop de risques car les fonds prêtés se retrouvaient immédiatement dans leurs comptes soit directement du fait des transactions entre acteurs non monétaires, soit indirectement via les Banques Centrales qui recevaient ces dollars dans les opérations de changes et allaient les replacer illico sur le marché de l’eurodollar, alimentant la spirale infernale : crédit-dépôt-redépôt- crédit……
Dans le cas français, il est clair que la situation n’a aucun rapport avec celle qui prévalait pour les Etats-Unis. Il est difficile d’imaginer des banques étrangères (ou les filiales de banques françaises à l’étranger) faire du crédit en FRF sur la base de taux de réserves fractionnaires, vu qu’il serait difficile d’imaginer un taux de « redépôt » significatif. Donc, elles ne tireraient aucun bénéfice d’une création monétaire impossible. Elles seraient donc conduites à attirer des dépôts d’épargne pour reprêter à des agents opérant en France, soit la même activité que les banques françaises. Il est également difficile d’imaginer qu’elles puissent être plus compétitives. Par ailleurs, la Banque de France aurait tous les moyens de rétorsion nécessaires pour décourager toute tentative de ce type, à supposer que certains songent à s’y hasarder.
ANNEXE 2
ILLUSTRATION D’UN RATIO DE CAPITAL MINIMUM POUR LES BANQUES (CAPITAL ADEQUACY RATIO) :
·Capable d’absorber des pertes: le non-paiement des intérêts, par exemple, ne conduit pas à une déclaration de « default »
·Intérêts non cumulatifs : En cas de pertes des entreprises, les intérêts sont « passés » et ne sont plus dus à l’avenir
·Intérêts cumulatifs : Ils peuvent être « passés » mais ils restent dûs au créancier
·« Junior »/ « Senior » : Une dette est réputée plus junior qu’une autre si, en cas de liquidation, elle est remboursée après les dettes réputées plus « senior ». Elles présentent donc un plus grand risque de ne pas être remboursées.
·Pondération des actifs : Pour calculer la consommation de capital résultant de la possession d’un actif, on pondère la valeur de ce dernier par son coefficient. Ainsi un prêt hypothécaire demande à être couvert par (8%) x (50%) soit 4% de capital, contrairement à un prêt à une entreprise (100%) qui doit donc être couvert par une addition en capital de 8% de sa valeur (dans « Bâle I »
ANNEXE 3
HISTORIQUE SUCCINCT DES « BULLES SPÉCULATIVES » ET CRISES FINANCIÈRES DANS LES TROIS DERNIÈRES DÉCENNIES
Pays/Zone/
Secteur
Immo-
bilier
Bourse
Secteurs
Pic
Conséquences
Banques inter-nationales
Prêts aux PVD
1982
·« Défaut » des pays en voie de dévelopement débiteurs
·Restructuration des dettes (Brady)
Etats-Unis/
Europe
X
1987
·Krach d’octobre 1987 avec plongée des marchés boursiers et obligataires
·Brokers et banques d’investissement sauvés par intervention des Banques Centrales
Japon
X
X
Prêts aux entre-prises
1989/90
·Nécessité de récapitaliser le système bancaire par fonds publics
·Longue déflation qui se poursuit effondrement boursier et immobilier
·Croissance ralentie
Europe/
Scandinavie
X
Norvège : 87/88
Royaume-Uni : 89/90
Suède : 90/91
Espagne : 90/91
Finlande : 89/90
Danemark 86/87
Allemagne : 90/91
France : 90/92
·Forte chute des marchés immobiliers
·Pertes importantes des banques
·Système bancaire scandinave au bord de l’effondrement
Mexique
X
X
1994
·Crise « Tequila » suite à une période de forte croissance des crédits et à des problèmes de balance des paiements
·Forte récession (- 7%)
·Prêts massifs des Etats-Unis et des organisations internationales
Crise asiatique
X
X
X
1997/98
Une crise « Tequila » à l’échelle de l’Asie :
-effondrement des marchés
-forte récession dans les pays de la zone
-systèmes bancaires en faillite (Indonesie, Thailande, Corée,…)
Internet
X
X
2000
·Effondrement des marchés boursiers
·Sur-investissements massifs dans secteurs medias, telecoms
·Récession ou ralentissement en 2002 – 2003 aux Etats-Unis, Europe, Pays émergents
Etats-Unis/
Europe
X
X
2007 - ?
·Première crise immobilière « globale »
·Forte croissance de l’endettement général de l’économie
Comme déjà annoncé, la rencontre St-Nicolas et Dorothée de Flüe aura lieu du 27 au 29 novembre 2015.
Nous remercions déjà les personnes inscrites et invitons celles et ceux qui souhaitent être hébergés ou prendre des repas pendant la session à bien vouloir s’annoncer sans tarder (si possible avant le 14 novembre 2015) au moyen du lien suivant :inscriptions.
Les commentaires si possible signés, concis ou non, courtois et pertinents, même très critiques sont appréciés. Toute discussion peut être source de progrès. Les autres, surtout les vulgaires, pourraient être supprimés .
(c) Date de l'article, sinon 2000 Famille de Siebenthal, Lausanne, Suisse. 021 616 88 88
Sites que vous devriez visiter, merci
Saint Jean-Paul II a comparé le rapport sexuel entre les époux chrétiens à l'adoration eucharistique.
Un pour tous, tous pour un, IEOUA, LIOBA, Alleluia
Image des rings burgondes. Donner à chaque souverain, le peuple est le souverain en Suisse, sa part des créations monétaires volées actuellement par les banques commerciales. La banque nationale suisse doit devenir une coopérative, et pas une société anonyme, qui distribue à chacun et chacune ce qui lui est dû par un dividende social à tous dès la conception ! Voter oui à l'initiative monnaies pleines, monnaies au pluriel qui respectent notamment les wirs, voir www.wir.ch http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/swiss-positive-money-social-credit.html à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.
Les combats intérieurs.
Signification des armoiries:chapelle de Gstaad, St Niklaus. Mettons le dragon qui est en chacun de nous sous 7 verrous. Meaning of the coat of arms: Chapel of Gstaad, St Niklaus. Let the dragon that is in each of us within 7 locks. http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/misericordes-suisses.html
Un pour tous, tous pour un.
Le dragon de nos armoiries qui crache le feu sur le casque.
Marié à Cecilia, 8 enfants, avec 7 petits enfants, vient de la haute Gruyère ( Gstaad ). Économiste, banquier, diplomate et politique. Humanitaire dans 5 continents. Master en droit et en économie HEC, nommé Consul général honoraire des Philippines en 1993 par Corazon Aquino après avoir favorisé notamment les investissements européens pour la téléphonie mobile et la construction du métro de Manille. Avec les meilleures technologies bancaires suisses, fait des associations pour les plus pauvres, avec leurs propres systèmes monétaires libres de dettes, sans aucun taux d'intérêt. Participe notamment aux campagnes politiques fédérales suisses du revenu de base inconditionnel ( www.bien.ch ) , alias dividendes, à la monnaie-pleine dont il est le premier signataire ( cf. La Feuille Fédérale ), à la microtaxe alias microimpôt ( www.microtaxe.ch ). Obtient 7 % des voix lors d'une élection sur fond de contestation des résultats car, dans près de 40 communes vaudoises, 2 listes ont exactement les mêmes résultats de vote, les enveloppes internes sont pré-dépouillées et transparentes, le matériel surnuméraire n'est pas contrôlé et les urnes opaques ont de faux sceaux ou aucun sceau.
Les sept verrous qui bloquent le dragon qui est en chacun d'entre nous.
On triomphe des 7 vices capitaux par l’exercice des 7 vertus opposées.
Ainsi on triomphe :
de l’orgueil par l’humilité,
de l’avarice par la libéralité,
de la luxure par la chasteté,
de la colère par la patience,
de la gourmandise par l’abstinence,
de l’envie par l’amour fraternel,
de la paresse par la diligence et l’ardeur dans le service de Dieu.
Un combat à la fois, un par jour est plus efficace.
Sagesse de la première Alliance...Isaïe 11.1-3
Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur son inspiration est dans la crainte [piété] du Seigneur.
ll y a sept dons du Saint-Esprit qui nous aident dans ce combat :
1 le don de Sagesse ;
2 d’Intelligence ;
3 de Conseil ;
4 de Force ;
5 de Science ;
6 de Piété ;
7 de Crainte de Dieu.
A quoi servent les 7 dons du Saint-Esprit ?
Les 7 dons du Saint-Esprit servent à nous confirmer dans la Foi, l’Espérance et la Charité ; et à nous rendre prompts aux actes de vertu nécessaires pour acquérir la vie chrétienne et le CIEL.
Qu’est-ce que la Sagesse ?
La Sagesse est un don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres et fragiles, nous contemplons les choses éternelles, c’est-à-dire la Vérité qui est Dieu, en qui nous nous complaisons et que nous aimons comme notre souverain Bien.
Qu’est-ce que l’Intelligence ?
L’Intelligence est un don par lequel nous est facilitée, autant que c’est possible pour un homme mortel, l’intelligence de la Foi et des divins mystères que nous ne pouvons connaître par les lumières naturelles de notre esprit.
Qu’est-ce que le Conseil ?
Le Conseil est un don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain.
Qu’est-ce que la Force ?
La Force est un don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la sainte loi de Dieu et de l’Eglise, en surmontant tous les obstacles et toutes les attaques de nos ennemis.
Qu’est-ce que la Science ?
La Science est un don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et nous connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu.
Qu’est-ce que la Piété ?
La Piété est un don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les Saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain pour l’amour de Dieu.
Qu’est-ce que la Crainte de Dieu ?
La Crainte de Dieu est un don qui nous fait respecter Dieu et craindre d’offenser sa divine Majesté, et qui nous détourne du mal en nous portant au bien dans l'amour.
Les dons du Saint Esprit (CEC 1830-1831 ; ST I-II 68.1-8)
Les dons sont des habitudes, habitus infus, qui sont en nous et qui nous rendent réceptifs aux motions du Saint-Esprit, pour nous faire mieux agir en faveur du bien commun.
« Les dons sont des habitus qui perfectionnent l’homme pour qu’il suive promptement l’impulsion du Saint-Esprit, de même que les vertus morales disposent les facultés appétitives à obéir à la raison. Or, de même qu’il est naturel pour les facultés appétitives d’être mues par le commandement de la raison ; de même il est naturel pour toutes les facultés humaines d’être mues par l’impulsion de Dieu comme par une puissance supérieure. » ST I-II 68.4
Les sept dons du Saint Esprit (ST I-II 68.4)
Intelligence : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 8.1-8). Conseil : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 52.1-4). Sagesse : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 45.1-6). Connaissance : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 9.1-4). Piété : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre (ST II-II 121.1-2). Force : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent (ST II-II 138.1-2). Crainte : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits du désir des choses nous concernant (ST II-II 19.1-12).
Dans un petit livret intitulé « Prends soin de ton cœur », offert par le pape François aux pèlerins de la place Saint Pierre après l'Angelus du 22 février, se trouvent différents textes à méditer pendant le carême et un examen de conscience pour se préparer à la confession.
Une distribution un peu particulière a eu lieu il y a quelques jours place Saint-Pierre, à Rome. Des bénévoles, parmi lesquels de nombreux sans-abri venus en pèlerinage, ont distribué à la foule réunie pour entendre l'Angelus un petit carnet offert par le pape pour le premier dimanche du carême.
Notre cœur doit se convertir au Seigneur, a insisté François lors de l'Angélus. C’est pourquoi, en ce premier dimanche, j’ai pensé vous offrir, à vous qui êtes ici sur la place, un petit livret de poche intitulé "Prends soin de ton cœur". »
Celui-ci rassemble quelques enseignements de Jésuset les contenus essentiels de la foi, comme les sept sacrements, les dons de l'Esprit Saint, les dix commandements, les vertus, les œuvres de miséricorde, etc. On y trouve aussi un examen de conscience dont le pape avait souligné l'importance lors de sa messe quotidienne à la chapelle de la maison Sainte-Marthe le 11 octobre 2014.« Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, reste tout seul ou toute seule et se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si nous ne faisons pas cela, nous ne réussissons pas ni à bien veiller ni à bien protéger notre cœur »
I. Petits rappels sur le sacrement de Confession (ou de Pénitence ou de Réconciliation)
Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entièrement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.
Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés personnels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 23). Ce pouvoir passa des Apôtres à leurs successeurs.
Tout chrétien doit recevoir ce sacrement au moins une fois chaque année. Il comporte :
L’examen des fautes commises. Le regret de les avoir commises (Contrition). La résolution sincère de les éviter à l’avenir. L’accusation des péchés, au moins graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu. L’absolution donnée par le prêtre au nom de Jésus-Christ. L’accomplissement de la pénitence qu’il a imposée (Satisfaction).
Le sacrement de pénitence produit notre propre mort au péché et notre résurrection à la vie en Dieu. Il prolonge ainsi notre baptême et nous prépare à l’eucharistie. Il doit laisser dans nos âmes une immense joie, car c’est un sacrement de vie.
II. Quelques conseils pour bien réaliser son examen de conscience
Par une courte prière, demander à Dieu et à Notre-Dame la grâce de bien connaître les péchés dont on est coupable.
S’examiner sur les Commandements de Dieu et de l’Église ; les péchés capitaux ; les devoirs de son état.
Pour aider le plus d’âmes possible, dont les besoins sont très divers, l’examen proposé ci-après est plutôt détaillé. Mais il est rappelé qu’en confession seule l’accusation des péchés mortels est obligatoire. Un péché est mortel quand, sachant pleinement que la matière en était grave, on l’a néanmoins commis avec un entier consentement. C’est alors une rupture d’amour avec Dieu. Et comme l’âme cesse ainsi d’être unie à Dieu - de qui elle tenait sa vie -, elle meurt surnaturellement : le péché a été "mortel" pour elle.
L’examen terminé, demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’une vraie contrition des péchés commis et la ferme résolution de les éviter à l’avenir, conditions indispensables pour obtenir le pardon de ses péchés.
Pour exciter en soi le regret de ses fautes, réfléchir durant quelques instants :
au redoutable châtiment du purgatoire ou de l’enfer que l’on a mérité ; aux souffrances et à la mort que Jésus-Christ endura pour l’expiation de nos péchés ; à la bonté d’un Dieu d’amour et de miséricorde, offensé par le péché qui a produit une rupture profonde, surtout s’il a été mortel.
Puis, réciter lentement l’acte de contrition.
III. Quelques conseils pour recevoir le sacrement lui-même
Avant de rentrer au confessionnal, ou immédiatement en entrant, suivant la coutume, réciter le « Je confesse à Dieu… » LeConfiteor nous remet devant cette réalité du péché et nous fait accomplir le mouvement de « conversion » nécessaire, vers Dieu et vers les autres :
Parce que nous nous sommes opposés à l’Amour tout-puissant, en cherchant à réaliser notre bonheur contre Lui ou sans Lui, nous disons : « Je confesse à Dieu tout-puissant » ;
Parce que nous avons porté atteinte à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, en nous séparant de tous ceux qui ont coopéré à cette œuvre, notamment de la Mère du Christ, nous disons : « Je confesse … à la Bienheureuse Marie toujours Vierge » ;
Parce que nous nous sommes opposés à l’œuvre de lutte et de fidélité des anges, l’attente des martyrs, des prophètes de l’Ancien Testament, morts pour que le Règne du Messie se réalise, à l’œuvre des apôtres et des saints qui ont travaillé pour le Christ, nous disons : « Je confesse… à saint Michel (vainqueur du démon), à saint Jean Baptiste (dernier des prophètes), aux apôtres (représentés par saint Pierre et saint Paul), et à tous les saints » ;
Enfin, parce que notre péché s’est opposé à toute l’Église et nous sépare des autres membres du Corps Mystique que le prêtre représente, en même temps qu’il tient la place de Jésus Christ, nous disons : « Je confesse… à vous, mon Père… ».
Avant de commencer l’énumération des péchés, préciser : le temps écoulé depuis la dernière confession ; un oubli ou une dissimulation de péché grave dans celle-ci ; une ou plusieurs mauvaises communions (en état de péché grave) ; une omission de la pénitence donnée (volontaire ou non).
Accuser sincèrement tous les péchés mortels que l’on a commis, avec leur nombre et les circonstances qui les ont modifiés (aggravés, allégés), comme par exemple, les péchés commis avec d’autres personnes qu’on a ainsi scandalisées, ou qu’on a entraîné au péché.
L’accusation des péchés véniels n’est pas indispensable car on peut en obtenir le pardon par d’autres moyens que la confession, par exemple la prière, l’aumône, la pénitence… Pourtant, cette accusation est fort conseillée car, par le sacrement de la Confession, on obtient des grâces spéciales pour éviter ces péchés véniels à l’avenir.
Dans le cadre de confessions régulières, on peut dire où l’on en est par rapport à son défaut dominant, ou par rapport à ses résolutions.
Si l’on est troublé ou que l’on a peur, ou tout simplement si on hésite, on peut demander au prêtre de nous interroger, ou de nous renseigner sur la gravité d’un péché.
Terminer par : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux que j’aurais pu avoir oublié et de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande très humblement pardon à Dieu, et à vous mon Père, pénitence et absolution si vous m’en jugez digne ».
Ecouter avec attention le mot d'exhortation du prêtre. Avant l'absolution, bien regretter ses péchés, et réciter à cet effet l'acte de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Votre sainte grâce de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. »
Après la confession, accomplir la pénitence imposée par le confesseur au plus tôt, afin de ne pas l’oublier ; remercier Dieu du pardon obtenu ; renouveler sa résolution d’éviter tout péché à l’avenir, surtout le péché grave.
Examen de conscience détaillé
Avant de commencer cet examen, adresser à Dieu cette prière :
Mon Dieu, je vous supplie, par l’intercession de la Vierge Marie, de m’accorder la grâce de bien connaître tous les péchés dont je suis coupable. Faites qu’ensuite je m’en accuse avec un sincère regret de les avoir commis et une ferme volonté de les éviter à l’avenir et qu’ainsi j’en obtienne le pardon de votre miséricorde infinie. Ainsi soit-il.
Examen sur les commandements de Dieu
1er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… »
Omission de la prière (en particulier le matin et le soir), de la fréquentation des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie… Communions ou confessions sacrilèges… Manque de respect des sacrements… Manque au jeûne avant la communion (une heure au moins)… Violation du secret de confession… Doutes volontaires contre la foi… Mise en péril de la foi par la lecture de journaux impies, par des fréquentations dangereuses… Respect humain… Manque de confiance en Dieu ou confiance présomptueuse en ses propres forces… Indifférence à l’égard de Dieu… Manque de soumission à la volonté de Dieu… Pratiques superstitieuses, spiritisme… Critiques de la religion… Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique… Négligence dans sa formation chrétienne…
2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »
Emploi inutile du nom de Dieu… Blasphèmes, imprécations, jurons… Serments faux ou inutiles… Irrespect à l’égard des personnes et des choses consacrées à Dieu… Souhaits néfastes à l’égard de soi-même ou d’autrui… Non-accomplissement des vœux émis…
3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »
Omission volontaire ou sans motif de l’assistance à la Messe dominicale ou des fêtes d’obligation… Retard volontaire ou dissipation durant ces Messes… Travail fait ou ordonné sans nécessité ou permission… Recherches de distractions contraires à la sanctification du dimanche…
4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »
Manque d’amour, d’affection, de respect, d’obéissance, d’assistance à l’égard des parents durant leur vie et de prière à leur intention après leur mort… Peine causée… Souhaits de mal… Disputes d’intérêt en famille… Manque de déférence et de soumission à l’égard des supérieurs…
Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur éducation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité, de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…
5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »
Meurtre, tentative de suicide, euthanasie… Avortements, stérilisations… Souhait de mort ou de malheur à l’égard d’autrui… Vengeance, coups, blessures, torts causés à la santé, drogues, alcool, mutilations… Insultes, injures, mépris, faux rapports, haine, violences, refus de pardonner, vengeances… Indifférence à la peine d’autrui… Scandales par mauvais exemples, par conseils ou approbation silencieuse…
6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »
Pensées ou désirs impurs provoqués en soi ou chez les autres… Conversations, chansons, lectures, spectacles immoraux (TV, Internet…) Flirts… Familiarités coupables… Danses lascives… Touchers indécents… Actions contraires à la chasteté, seul ou avec d’autres : masturbation, relations charnelles en dehors du mariage, homosexualité… Tenues ou attitudes provocantes…
Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles… Relations prématrimoniales… Cohabitation…
Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…
7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »
Vol (quoi ? combien ? circonstances ?), recel, objets trouvés ou empruntés et non rendus… Dommages injustes causés au prochain dans ses biens… Fraudes, manœuvres déloyales dans le travail, les affaires, le commerce, les contrats… Pots-de-vin… Coopération à des injustices… Recel d’objets volés… Négligence dans le paiement des dettes… Salaires insuffisants… Exploitation des faibles… Dommages aux biens collectifs… Désirs de vol ou d’injustices… Non-réparation de dommages causés… Non-restitution… Gaspillage… Travail bâclé…
8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »
Mensonges avec ou sans préjudice pour autrui… Médisances ou calomnies, faites ou approuvées… Faux témoignages en justice… Accusations injustes… Jugements téméraires… Rapports injustes nuisibles… Violation du secret, confié ou professionnel, des correspondances… Dissimulation, hypocrisie… Tricheries… Promesses non tenues… Refus de rectifier la vérité…
Examen sur les commandements de l’Église
Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).
Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.
Tu te confesseras au moins une fois l’an.
Tu communieras chaque année au Temps pascal.
Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).
Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême). Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).
AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …
LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.
ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…
GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…
COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, ressentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…
PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…
Examen sur les devoirs d’état
N.B. L’examen suivant est très détaillé, et reprend en partie ce qui a déjà été vu auparavant.
Alors qu’il est très important, c’est un domaine qu’on oublie souvent dans l’examen de la conscience. Selon son état de vie et ses responsabilités :
1. Devoirs personnels de chrétiens :
Quelle importance ai-je attaché à ma vie chrétienne, au milieu de toutes mes occupations ? A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?
Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ? Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?
Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Seigneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?
Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?
Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?
Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?
Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?
Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?
Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accompli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?
Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?
N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?
Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?
2. Devoirs envers le prochain :
Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?
La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les soulager ?
Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?
N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?
Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des imprudences dans le travail, le sport ou sur la route ?
En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, raillerie, médisance, calomnie, secrets révélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scandale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.
3. Devoirs familiaux :
Enfants :
Ai-je vraiment aimé mes parents, en évitant d’augmenter leurs difficultés, en leur apportant mon concours, en leur manifestant mon affection ?
Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ?
Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?
N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ?
Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?
Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?
Personnes mariées :
Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?
Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?
N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les problèmes de ma famille ?
N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?
N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?
La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?
N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?
Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?
Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?
Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?
Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?
Est-ce que je leur donne le bon exemple ?
Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?
Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?
Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?
Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?
4. Devoirs professionnels :
Enfants :
Ai-je manqué l’école par ma faute ?
Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?
Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?
Adultes :
Ai-je négligé mon travail ?
Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?
Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?
Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?
Ai-je pris ma place dans les organisations professionnelles ?
Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en respectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?
5. Devoirs civiques :
Ai-je rempli mes devoirs de chrétien dans la société ?
Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les problèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?
Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orientation ? Ai-je su accepter les charges municipales ou autres en les envisageant comme un service ?
Ai-je choisi mes représentants en fonction de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?
Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?
Examen de conscience pour Adultes
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Je crois en un Sauveur aimant qui pardonne mes péchés et qui me donne la grâce de devenir un Saint. Par le ministère de ses Prêtres, Jésus–Christ accomplit l’un et l’autre dans le Sacrement de Pénitence.
"Comme le Père M’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie … Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront pardonnés à qui vous les pardonnerez ils seront retenus à qui vous les retiendrez." (Jean XX : 21-23)
"Vos péchés seraient-ils rouges comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaie I : 18)
"Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." ( Matt. IX : 13)
"Les hommes ont reçu de Dieu un pouvoir accordé ni aux Anges,ni aux Archanges. Jamais il n’a dit aux Esprits Célestes « Tout ce que vous lierez et délierez sur la terre sera lié et délié dans le ciel ». Les Princes de ce monde peuvent seulement lier et délier le corps. Le pouvoir du prêtre va plus loin, il atteint l’âme et elle est exorcisée non seulement par le baptême, mais encore plus par le pardon des péchés. Ne rougissons donc pas de confesser nos fautes. Celui qui rougit de découvrir ses péchés à un homme et qui ne se confesse pas, sera couvert de honte au Jour du Jugement en présence de tout l’univers," (St Jean Chrysostome, Traité sur les prêtres, Livre 3)
Prière avant la confession: O Seigneur, accordez-moi la lumière pour que je me voie comme Vous me voyez, et le grâce de regretter vraiment et effectivement mes péchés. O Marie, aidez-moi à faire une bonne confession.
Comment se confesser: D’abord, examinez bien votre conscience, puis dites au prêtre le genre précis de péchés que vous avez commis et dans la mesure du possible, combien de fois vous les avez commis depuis votre dernière bonne confession. Il n’est obligatoire de confesser que les péchés mortels puisqu’on peut obtenir le pardon des péchés véniels par les sacrifices et les actes de charité. Si vous n’avez pas la certitude qu’un péché soit mortel ou véniel, mentionnez votre doute au confesseur. Souvenez-vous aussi que la confession de péchés véniels aide à éviter le péché et à progresser vers le Ciel.
Conditions nécessaires pour qu’un péché soit mortel:
Matière grave Pleine connaissance Entier consentement de la volonté.
Considérations préliminaires:
Ai-je parfois omis de confesser un péché grave dans le passé ; ou ai-je volontairement déguisé ou caché un tel péché ? Nota bene : Cacher des péchés rend invalide la confession . La confession est secrète, c’est à dire que c’est une faute mortelle pour le prêtre de révéler à qui que ce soit l’objet d’une confession. Ai-je été coupable d’irrévérence envers ce sacrement en omettant d’examiner ma conscience avec soin? Ai-je négligé de faire la pénitence donnée par le prêtre? Ai-je des habitudes de péchés graves à confesser d’abord (par exemple: impureté, ivrognerie, etc.)
Premier Commandement:
Je suis le Seigneur Ton Dieu. Tu n’auras pas des dieux étrangers devant Moi. (y compris les péchés contre la Foi, l’Espérance et la Charité)
L'amour de l'argent est la racine de tous les maux, c'est une idolâtrie...
Ai-je négligé de connaître ma foi selon l’enseignement du catéchisme, par exemple le Symbole des Apôtres, les Dix Commandements, les Sept Sacrements, le Notre Père, etc.? Ai-je volontairement mis en doute ou renié l’un des enseignements de l’Eglise? Ai-je pris part à quelque culte non- catholique? Suis-je membre de quelque organisation religieuse non-catholique, société secrète ou groupe anti-catholique? Ai-je, en toute connaissance, lu quelque littérature hérétique, blasphématoire ou anti catholique? Ai-je pratiqué des superstitions (telles que les horoscopes, prédiction d’avenir, spiritisme, etc.) Ai-je omis des obligations ou pratiques religieuses pour des motifs de respect humain? Me suis-je recommandé chaque jour à Dieu? Ai-je été fidèle à mes prières quotidiennes? Ai-je fait mauvais usage des Sacrements? Les ai-je reçus sans respect (par exemple la Communion dans la main) ou de manière invalide? Me suis-je moqué de Dieu, de Notre-Dame, des Saints, de l’Eglise, des Sacrements ou d’autres sujets sacrés? Ai-je été coupable de grande irrévérence dans l’Eglise (par exemple: conversation, comportement ou vêtement)? Ai-je été indifférent vis-à-vis de ma foi catholique – en croyant qu’on peut se sauver dans n’importe quelle religion, que toutes les religions se valent? Ai-je présumé de la miséricorde de Dieu en toute circonstance? Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu? Ai-je trahi Dieu? Ai-je donné trop d’importance à quelque créature, activité, objet ou opinion?
Deuxième Commandement:
Tu ne prendras pas en vain le Nom du Seigneur Ton Dieu.
Ai-je blasphémé le Nom de Dieu à tort, inconsidérément ou en matière légère et triviale? Ai-je murmuré ou gémi contre Dieu (blasphème)? Ai-je prononcé des malédictions contre moi-même ou les autres, ou toute créature? Me suis-je emporté contre les autres jusqu’à provoquer des jurons ou des blasphèmes contre Dieu? Ai-je manqué à un vœu fait à Dieu?
Troisième Commandement:
Souvenez –vous de sanctifier le Sabbat.
Ai-je manqué la Messe le dimanche ou une fête d’obligation? Ai-je été en retard à la Messe ou l’ai-je écourtée par ma faute? Ai-je fait manquer la Messe à d’autres ou leur ai-je fait écourter la Messe? Ai-je été volontairement distrait pendant la Messe ? Ai-je fait ou commander un travail servile non nécessaire le dimanche ou les jours de fête d’obligation? Ai-je acheté ou vendu sans nécessité ce jour là?
Quatrième Commandement:
Honore ton père et ta mère.
Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou ai-je négligé ou refusé de les aider dans leurs besoins ? Ai-je manqué de respect pour des personnes chargées de me commander? Ai-je calomnié ou insulté des prêtres ou d’autres personnes consacrées à Dieu? Ai-je manqué de respect vis à vis des personnes âgées? Ai-je maltraité mon conjoint ou mes enfants? Ai-je désobéi ou manqué de respect à mon mari? En ce qui concerne mes enfants:
Ai-je négligé leurs besoins matériels? Me suis-je soucié de les faire baptiser de bonne heure?1 Ai-je pris soin de leur éducation religieuse personnelle? Leur ai-je permis de négliger leurs devoirs religieux? Leur ai-je permis le flirt ou des fréquentations régulières sans perspective du mariage dans un proche avenir? Ai-je veillé à leurs compagnies? Ai-je omis de les discipliner quand c’était nécessaire? Leur ai-je donné un mauvais exemple? Les ai-je scandalisés par des disputes avec mon conjoint en présence de mes enfants? En jurant ou blasphémant en leur présence? Ai-je gardé la modestie à la maison? Leur ai-je permis de porter des vêtements immodestes (mini jupes, pantalons serrés, robes ou pulls trop ajustés, corsages transparents, shorts courts, tenues de bain provocantes, etc.)? 2 Leur ai-je refusé la liberté de se marier ou de suivre une vocation religieuse?
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1 Les nouveaux nés devraient être baptisés dès que possible. Sauf prescription diocésaines particulières, il semble généralement admis qu’un nouveau-né devrait être baptisé dans l’intervalle de une semaine ou dix jours environ après sa naissance. Beaucoup de catholiques repoussent le baptême à une quinzaine ou un peu plus. L’idée d’administrer le baptême dans les trois jours après la naissance est considérée comme trop stricte. Saint Alphonse, suivant l’opinion commune, pensait qu’un délai non motivé au-delà de dix ou onze jours serait un péché grave. Par rapport à la coutume moderne, connue et non corrigée par les Ordinaires locaux, un délai non motivé au delà d’un mois serait un péché grave. S’il n’y a pas de danger probable pour l’enfant, les parents ne peuvent être convaincus de péché grave en différant le baptême un peu au-delà de trois semaines au plus, mais l’usage de faire baptiser un nouveau-né dans l’intervalle d’environ une semaine ou dix jours après la naissance est fort recommandable et en vérité, une date plus précoce peut être recommandée à juste titre. — H. Davis S.J., Moral and Pastoral Theology, Vol. III, Pg.65, Sheed and Ward, New York, 1935
2 Demander le feuillet LF05 Règles Mariales pour la Modestie dans le vêtement.
Cinquième Commandement:
Tu ne tueras pas.
Ai-je provoqué, désiré ou hâté la mort ou la blessure physique de quelqu’un? Ai-je entretenu de la haine contre quelqu’un? Ai-je opprimé quelqu’un? Ai-je désiré la vengeance? Ai-je été cause d’inimitié entre d’autres personnes? Ai-je querellé ou combattu quelqu’un? Ai-je souhaité du mal à quelqu’un? Ai-je eu l’intention ou tenté de blesser ou de maltraiter d’autres personnes? Y a-t-il quelqu’un avec qui je refuse de parler ou contre qui je garde rancune? Ai-je pris plaisir aux malheurs de quelqu’un? Ai-je été jaloux ou envieux? Ai-je pratiqué ou essayé de pratiquer un avortement ou conseillé à quelqu’un de le faire Ai-je, d’une manière ou d’une autre, mutilé mon corps sans nécessité? Ai-je eu des pensées de suicide ou des tentatives? Me suis-je enivré ? Ai-je pris des drogues interdites? Ai-je trop mangé ou est-ce que je néglige de me nourrir convenablement? (c’est à dire avec des aliments sains) Ai-je manqué à la correction fraternelle? Ai-je nuit à l’âme de quelqu’un, surtout aux enfants en scandalisant par le mauvais exemple? Ai-je nuit à moi-même en exposant mon âme aux tentations volontairement et sans nécessité. (par exemple: mauvaises émissions, mauvaises chansons, plages, etc.)?
Sixième et Neuvième Commandement:
Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.
Ai-je refusé à mon conjoint, à ma conjointe, les droits du mariage? Ai-je pratiqué le contrôle des naissances (pilules, appareils, retrait)? Ai-je abusé des droits du mariage de quelque autre manière? Ai-je commis l’adultère ou la fornication ( pratiques sexuelles prémaritales)? Ai-je commis un péché contre nature dans le domaine de la pureté (homosexualité ou lesbianisme en pensée, en parole ou en action )? Ai-je touché ou embrassé quelqu’un de manière impure? Me suis-je engagé dans des baisers prolongés et passionnés en dehors du mariage ? Me suis-je engagé dans des affections désordonnées? Ai-je pratiqué l’impureté solitairement ( masturbation )? Ai-je entretenu des pensées impures et m’y suis-je complu? Me suis-je laissé aller à des désirs sensuels pour quelqu’un ou ai-je volontairement désiré voir ou faire quelque chose d’impur? Me suis-je laissé aller volontairement à quelque plaisir sexuel complet ou incomplet en dehors du mariage? Ai-je été occasion de péché pour d’autres en portant des vêtements immodestes, trop serrés ou provocants de toute autre manière? Ai-je agi pour provoquer ou occasionner chez les autres des pensées ou des désirs impurs délibérément ou par légèreté? Ai-je fait des lectures indécentes ou regardé de mauvais film? Ai-je regardé des films et des émissions érotiques ou la pornographie par internet ou permis à des enfants de le faire? Ai-je prononcé des paroles ou raconté des histoires indécentes? Ai-je écouté volontairement de telles histoires? Me suis-je vanté de mes péchés ou complu dans les péchés du passé? Me suis-je trouvé en compagnie impudique? Ai-je consenti à des regards impudiques? Ai-je négligé de contrôler mon imagination? Ai-je prié tout de suite pour bannir de si mauvaises pensées et tentations? Ai-je évité la paresse, la gourmandise, l’oisiveté et les occasions d’impureté? Ai-je pris part à des danses immodestes et à des spectacles indécents? Suis-je resté sans nécessité seul en compagnie de quelqu’un du sexe opposé en dehors du mariage?
Nota bene: Ne pas craindre de dire au prêtre tout péché d’impureté que vous avez pu commettre. Ne pas cacher ou essayer de déguiser de tels péchés. Le prêtre est là pour vous aider et vous pardonner. Rien de ce que vous dites ne le choquera, donc ne craignez pas, quelque puisse être votre honte.
Septième et Dixième Commandement:
Tu ne voleras pas. Tu ne convoitera pas les biens du prochains.
Ai-je volé quelque chose? Quoi ou combien? Ai-je endommagé le bien des autres? Ai-je par négligence abîmé le bien des autres? Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent et des biens d’autrui? Ai-je triché ou fraudé? Ai-je participé excessivement à des jeux d’argent? Ai-je refusé ou négligé de payer mes dettes? Ai-je acquis un bien notoirement volé? Ai-je omis de rendre des objets prêtés? Ai-je trompé mon employeur sur ma journée de travail? Ai-je triché sur les salaires de mes employés? Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un en urgente nécessité? Ai-je omis de restituer en cas de vol, de tricherie ou de fraude? Ai-je envié à un autre ce qu’il avait? Ai-je été jaloux du bien d’autrui? Ai-je été avare? Ai-je été cupide et avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort? Mon cœur est-il porté vers les possessions terrestres ou les vrais trésors du Ciel ?
Huitième Commandement:
Tu ne porteras pas de faux témoignage envers ton prochain.
Ai-je menti à propos de quelqu’un? Mes mensonges ont-ils causé un tort matériel ou spirituel? Ai-je porté des jugements téméraires (c’est à dire cru fermement, sans preuve évidente à la culpabilité de quelqu’un dans un crime ou une faute morale? Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des fautes vraies mais cachées (délation )? Ai-je révélé les péchés d’autrui? Ai-je été coupable de cafardage (c’est à dire d’avoir rapporté quelque chose de défavorable dit par quelqu’un à propos d’un autre de manière à créer l’inimitié entre eux)? Ai-je encouragé ou prêté l’oreille à la diffusion du scandale concernant mon prochain? Ai-je prêté de faux serments ou signé de faux documents? Suis-je critique, négatif ou peu charitable dans ma conversation? Ai-je flatté les autres?
La vaine gloiren a. Vantardise b. Dissimulation/Duplicité Ambition Mépris des autres Colère / Vengeance / Ressentiment Entêtement / Obstination
Neuf manières d’être instrument de péché pour d’autres.
A. Ai-je sciemment été cause de péché ? B. Ai-je coopéré au péché des autres ?
Le conseil Le commandement Le consentement La provocation La louange ou la flatterie La dissimulation La participation Le silence La défense du mal accompli.
Les Quatre Péchés qui crient vengeance au Ciel.
Le meurtre volontaire La Sodomie ou le Lesbianisme L’oppression des pauvres La fraude sur le juste salaire du travailleur.
Les Six Commandements de l’Eglise.
Ai-je entendu la Messe le dimanche et les fêtes d’obligation? Ai-je pratiqué le jeûne et l’abstinence les jours désignés et ai-je observé le jeûne eucharistique? Me suis-je confessé au moins une fois l’an? Ai-je reçu la Sainte Eucharistie au temps de Pâques? Ai-je contribué au soutien de l’Eglise dans la mesure où je le dois? Ai-je observé les lois de l’Eglise concernant le mariage (c’est à dire le mariage sans présence d’un prêtre ou mariage avec un parent ou non-catholique)?
Les Cinq Blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie.
Ai-je blasphémé contre l’Immaculée Conception? Ai-je blasphémé contre la Virginité Perpétuelle de Marie? Ai-je blasphémé contre la Divine Maternité de Notre Dame ? Ai-je manqué à reconnaître Notre Dame comme Mère de tous les hommes? Ai-je cherché officiellement à semer dans les cœurs des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine de ce Cœur Immaculé? L’ai-je outragée directement dans Ses Saintes Images?
Finalement:
Ai-je reçu la Sainte Communion en état de péché mortel? (Sacrilège)
Examen des péchés véniels d’après St Antoine-Marie Claret.
L’âme devrait éviter tous les péchés véniels, spécialement ceux qui ouvrent la voie du péché mortel. Ce n’est pas assez , mon âme, de prendre la ferme résolution de souffrir la mort plutôt que de commettre un péché mortel. Il est nécessaire de former une résolution semblable par rapport au péché véniel. Celui qui ne trouve pas en lui-même cette volonté ne peut trouver la sécurité. Rien ne peut nous donner une certaine sécurité du salut éternel comme une vigilance incessante pour éviter même le moindre péché véniel et un sérieux remarquable en tous points touchant toutes les pratiques de la vie spirituelle - sérieux dans la prière et les rapports avec Dieu, sérieux dans la mortification et le renoncement, sérieux dans l’humilité et l’acceptation du mépris, sérieux dans l’obéissance et le renoncement à sa volonté propre, sérieux dans l’amour de Dieu et du prochain . Celui qui veut atteindre ce sérieux et le garder, doit nécessairement prendre la résolution d’éviter toujours spécialement les péchés véniels
suivants:
Le péché d’admettre en son cœur tout soupçon non fondé, tout jugement injuste contre le prochain. Le péché d’entrer en conversation sur les défauts d’autrui et de manquer à la charité de toute autre manière même légèrement. Le péché d’omettre, par paresse, nos pratiques spirituelles ou de les accomplir avec négligence volontaire. Le péché d’avoir une affection désordonnée pour quelqu’un. Le péché d’avoir une vaine estime de soi-même ou une vaine satisfaction dans ce qui nous concerne Le péché de recevoir le Saint Sacrement de manière insouciante, avec des distractions et autres irrévérences et sans préparation sérieuse. Impatiences, ressentiment, tout manquement à accepter des déceptions comme venant de la Main de Dieu ; car cela met obstacle à la voie des décrets et dispositions de la Divine Providence par rapport à nous-mêmes. Le péché de se donner occasion de ternir même de loin l’éclat immaculé de la sainte pureté. La faute de cacher volontairement à ceux qui devraient les connaître, les mauvaises inclinations, les faiblesses et les mortifications, en cherchant à poursuivre la route de la vertu, non sous la direction de l’obéissance, mais en se laissant guider par ses propres caprices.
Nota bene: Ceci s’entend de circonstances où nous pourrions avoir une direction qui mérite d’être recherchée, mais nous préférons suivre nos faibles lumières personnelles).
Prière pour une bonne confession
O mon Dieu, par mes péchés détestables, j’ai crucifié de nouveau Votre Divin Fils et L’ai tourné en dérision. A cause de cela, j’ai mérité Votre Colère et me suis rendu digne des feux de l’Enfer. Combien aussi j’ai été ingrat envers Vous, mon Père Céleste, qui m’avez tiré du néant, m’avez racheté par le Précieux Sang de Votre Fils et m’avez sanctifié par Vos Saints Sacrements et le Saint Esprit. Mais dans Votre Miséricorde, vous m’avez réservé cette confession. Recevez –moi de nouveau comme Votre fils prodigue et accordez-moi de bien me confesser pour que je puisse recommencer à Vous aimer de tout mon cœur et de toute mon âme et par conséquent garder vos commandements et souffrir patiemment toute expiation temporelle qui reste à accomplir. J’espère obtenir de Votre bonté et puissance, la vie éternelle au Paradis. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.
Note Finale
N’oubliez pas de confesser vos péchés avec regret surnaturel en même temps que ferme résolution de ne plus retomber dans le péché et d’éviter les occasions prochaines de péché. Demandez à votre Confesseur de vous aider en toute difficulté qui entraverait une bonne confession. Accomplissez promptement votre pénitence.
Acte de Contrition
O mon Dieu, je regrette du fond du cœur de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du Ciel et les peines de l’Enfer, mais surtout parce que mes péchés Vous offensent, mon Dieu, qui êtes toute bonté et qui méritez tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre Grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence et d’amender ma vie. Amen.
EXAMEN DE CONSCIENCE POUR ADULTES
Résumé: Il faut rechercher au moins tous les péchés mortels dont on se souvient et qui n’ont pas encore été confessés dans une bonne confession et à un prêtre ayant les pouvoirs pour absoudre. Un péché est mortel s’il y a : gravité de matière, pleine connaissance et plein consentement. Indiquer, dans la mesure du possible, leur espèce et leur nombre (même pour les désirs). Pour cela on demande à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes et on s’examine sur les Dix Commandements et les préceptes de l’Église, sur les péchés capitaux et les devoirs de notre état. Il faudra penser à accuser également les péchés qui ont pu être commis par omission. N.B.: La confession est sacrilège lorsqu’on a volontairement caché des fautes mortelles. COMMANDEMENTS DE DIEU l er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout. » Dieu est-il au centre de ma vie ? Est-il bien pour moi un Père à l’amour duquel je réponds par un amour total et une généreuse obéissance ? Jésus est-il vraiment mon Maître et mon modèle, celui dont je vis par la foi et les sacrements ? Manquements par omission ou négligence dans les prières (matin, soir, dans les tentations) et la réception des sacrements. Tiédeur. Respect humain pour manifester sa foi. Parole ou acte contre la religion. Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Superstitions, spiritisme. Avoir tenté Dieu. Péchés contre la foi : refus d’adhérer à une ou plusieurs vérités révélées. Doutes volontaires. Négligeance dans sa sa propre formation religieuse. Lectures, émissions et spectacles portant atteinte à la foi ou à la morale. Péchés contre l’espérance : manque de confiance en la bonté et la providence de Dieu. Découragement, désespoir. Compter sur ses seules forces. Prétexter de la bonté de Dieu pour pécher. Ne pas désirer le ciel. Péchés contre la charité : indifférence par rapport à Dieu ; absence de prière et de pratique religieuse. Sacrilèges en profanant les choses saintes, en particulier confessions (incomplètes volontairement) et communions sacrilèges (reçues en état de péché mortel). Envers le prochain : refus de voir Dieu dans nos frères; haines, mépris, moqueries ; refus d’assister son prohain dans les graves nécessités. 2e Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect. » Transgresser les serments et vœux faits en son nom. Associer son nom à des serments faux ou inutiles. Blasphémer son nom, celui de la Vierge ou des saints. Prononcer des imprécations contre soi ou contre autrui. 3e Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur. » Avoir manqué à la sainte Messe par sa faute, y être arrivé en retard. Avoir fait ou fait faire “des travaux et des occupations qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur, ou la détente convenable de l’esprit et du corps” (can.1247). Avoir été à des amusements ou réunions dangereuses pour la foi ou les mœurs. 4e Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Enfants de tous âges : Manque d’amour, de respect, d’obéissance (dans les limites de leur autorité), de reconnaissance et d’assistance (matérielle, spirituelle) aux parents. Parents : ne pas témoigner de l’affection à tous ses enfants ; ne pas leur donner l’exemple d’une vie vertueuse et chrétienne. Envers ceux encore sous leur dépendance : Association Notre Dame de Chrétienté manquements dans leur formation humaine et chrétienne (instruction religieuse, choix de l’école); et dans ses devoirs de surveillance, de conseil et de corrections nécessaires. Tous : disputes d’intérêt en famille. Manquements dans l’accomplissement du travail dans le respect dû à l’autorité (dans le métier, la vie collective) ou dans les responsabilités des dirigeants (conditions de travail honnêtes, juste salaire, respect vis-à-vis des employés). Insoumission aux lois civiles justes (impôts, service militaire, devoir civique). 5e Commandement : « Tu ne tueras point. » Meurtre, tentative de suicide, imprudence exposant à tuer ou blesser son prochain (sport à risque, transgression grave et volontaire du code de la route, conduite en état d’ivresse). Colères, disputes, vengeances, refus de pardon, rancunes, envie, jalousie, drogue. Excès dans les boissons, gourmandise. Attitude insultante et scandaleuse. Participation (par action ou par omission), à la stérilisation, à l’avortement, à l’euthanasie, au suicide. Incitation à la violence, à la lutte des classes. Haine raciale ou ethnique. 6e et 9e Commandements : « Tu ne commettras pas d’impureté. Tu n’auras pas le désir impur volontaire. » Pensées, désirs et actes commis seul ou avec d’autres contre la pureté. Conversations et chansons déshonnêtes. Lectures, spectacles (TV, films,...), fréquentation de lieux exposant à l’impureté. Responsabilité dans le péché d’autrui (danse, mode et attitude provocantes). Personnes mariées : Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse. Moyens contraceptifs, ponctuels ou permanents. Refus des droits du conjoint. Adultère (pensées, désirs, actions). Infidélité affective. Liaison extra-matrimoniale. Divorce. “Remariage”. Fiancés : Manifestations de tendresse excessivement sensuelles. Relations pré matrimoniales. Cohabitation. 7e et 10e Commandements : « Tu ne voleras pas. Tu ne désireras pas injustement le bien des autres. » Participation direct ou indirect à des vols, fraudes, injustices. Dettes impayées. Non restitution. Recel d’objets volés. Tort causé dans les ventes, contrats, transactions. Tricheries. Fraudes. Pots de vin. Non-respect des lois sociales justes sur le travail, les assurances... Travail bâclé ; perte de temps. Dépenses excessives, par luxe, vanité, etc. Gaspillage. 8e Commandement : « Tu ne mentiras point. » Mensonges. Faux témoignage. Accusations injustes. Jugements téméraires. Calomnies (personnes ou institutions). Secrets violés. Médisances, ragots. Refus de réparer ou de rectifier COMMANDEMENTS DE L’ÉGLISE 1. Tu sanctifieras les dimanches et fêtes d’obligation (en France : Noël, Pâques, Ascension, La Pentecôte, Assomption, Toussaint) : par l’assistance à la messe et l’abstention d’activités contraires à la sanctification du jour du Seigneur (voir 3e commandement de Dieu). 2. Tu te confesseras au moins une fois l’an. 3. Tu communieras chaque année au Temps pascal (de Pâques à la Pentecôte). 4. Tu jeûneras ou feras abstinence les jours fixés. Jeûne et abstinence: Mercredi des Cendres et Vendredi Saint ; abstinence : tous les vendredis de l’année (les vendredis autres que ceux du Carême, on peut remplacer l’abstinence par une autre pénitence). 5. Tu contribueras selon tes moyens aux dépenses de l’Eglise. Association Notre Dame de Chrétienté DEVOIRS D’ÉTAT 1. Devoirs de chrétien : effort pour tendre à la perfection de la charité ; témoignage de cohérence entre la foi et les œuvres ; fidélité à la vocation reçue de Dieu ; dimension apostolique de sa vie ; approfondissement de sa foi ; aide à l’Eglise ; respect et obéissance à la hiérarchie dans ce qui dépend de son autorité. 2. Devoirs dans la famille : fidélité et don de soi dans le mariage ; générosité dans la procréation et l’éducation des enfants ; amour et entraide ; affection et assistance aux ascendants. 3. Devoirs dans la profession application au travail ; sens de la justice dans les rapports professionnels, dans les contrats. 4. Devoirs dans la cité : participation à la vie de la cité, devoir électoral ; respect des lois justes ; effort pour faire changer les lois injustes (avortement, ...) ; solidarité avec les plus démunis. MAÎTRISE DE SON TEMPÉRAMENT Il faut soumettre à la raison et à la loi de Dieu les passions déréglées par le péché originel et nos propres péchés. On distingue sept tendances qui nous inclinent au mal : - l’orgueil : amour désordonné de soi-même qui engendre l’ambition, la présomption, la vaine gloire, les attitudes hautaines, les vanités mondaines. - l’avarice : attachement désordonné aux richesses qui engendre l’injustice, l’endurcissement du cœur, le défaut de générosité pour faire l’aumône, l’aveuglement de l’esprit. - la luxure : vice contraire, voir 6e et 9e commandements. - L’envie : nous attriste à la vue des qualités ou des succès d’autrui ; engendre la calomnie, la jalousie, les discordes, les actions portant tort à autrui. - la gourmandise : excès dans le manger et le boire (alcoolisme) qui met en danger notre santé et nous fait perdre la possession de nous-mêmes. - la colère : fait perdre le contrôle de soi-même et porte aux injures, querelles, coups... - la paresse : incline à fuir l’effort dans le travail, l’accomplissement des devoirs. Association Notre Dame de Chrétienté
Mit freundlichen Grüssen
Avec mes meilleurs salutations Distinti saluti Kind regards, yours sincerely Saludos cordiales בברכה, בכבוד רב С уважение ขอแสดงความนับถือ 你的真诚的 المخلص
Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE
Mobilisation générale: épargnes, retraites... volées légalement ! Comme à Chypre et en Grèce... Arnaque de la création monétaire du néant, ex nihilo... Grâce à monnaie-pleine, on peut rédiger ensemble un projet de loi d'application ou un contre-projet et reprendre ainsi toutes les meilleures solutions, BNS, RBI, monnaie, crédits, etc...
Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous! à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.
Donner à chaque souverain, le peuple est le souverain en Suisse, sa part des créations monétaires volées actuellement par les banques commerciales. La banque nationale suisse doit devenir une coopérative, et pas une société anonyme, qui distribue à chacun et chacune ce qui lui est dû par un dividende social à tous dès la conception ! Voter oui à l'initiative monnaies pleines, monnaies au pluriel qui respectent notamment les wirs, voir www.wir.ch à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.