Dina habillée de blanc au centre gauche pour nous, cheveux longs, à la droite de celle qui a l'écharpe jaune:
Dina A. RAZAFIMAHATRATRA le 16/06/2005 : 19:23
Pour une société plus juste et plus chrétienne,
Pour lutter contre la pauvreté.
Notes de plusieurs conférences sur le crédit social
Recueillies par Dina A. RAZAFIMAHATRATRA
Institut Louis Even, Rougemont, Québec
Du 17 mars au 31 mars 2005
Pourquoi le crédit social ?
Pour régler le problème de la pauvreté
Il
y a beaucoup de bonnes choses au pays, mais le droit à ces choses, la
permission de les obtenir, manque à bien des personnes et des familles
qui en ont besoin. Manque-t-il autre chose que l'argent? Qu'est-ce qui
manque, à part du pouvoir d'achat faire les produits passer des magasins
aux maisons?
L'argent naît quelque part
Mais où commence l'argent, l'argent qui nous manque pour avoir les biens qui ne manquent pas?
La
première idée qu'on entretient, sans trop s'en rendre compte, c'est
qu'il y a une quantité stable d'argent, et qu'on ne peut pas changer ça:
Comme si c'était le soleil ou la pluie ou la température ! Idée fausse:
s'il y a de l'argent, c'est qu'il est fait quelque part. S'il n'y en a
pas plus, c'est que ceux qui le font n'en font pas plus.
Deuxième
idée: quand on se pose la question, on pense que c'est le gouvernement
qui fait l'argent. C'est encore faux. Le gouvernement aujourd'hui ne
fait pas d'argent et se plaint continuellement de n'en avoir pas. S'il
en faisait, il ne se croiserait pas les bras dix ans en face du manque
d'argent. (Et on n’aurait pas une dette nationale de plus de 500
milliards $ au Canada.) Le gouvernement taxe et emprunte, mais ne fait
pas l'argent.
Notre niveau de vie, dans un pays où l'argent manque,
est réglé non pas par les choses, mais par l'argent dont on dispose
pour acheter les choses. Ceux qui règlent le niveau de l'argent règlent
donc notre niveau de vie. «Ceux qui contrôlent l'argent et le crédit
sont devenus les maîtres de nos vies... sans leur permission nul ne peut
plus respirer.» (Pie XI, encyclique Quadragesimo anno.)
Deux sortes d'argent
L’argent,
c'est tout ce qui sert à payer, à acheter; ce qui est accepté par tout
le monde dans un pays en échange de choses ou de services.
La
matière dont l'argent est fait n'a pas d'importance. L'argent a déjà été
des coquillages, du cuir, du bois, du fer, de l'argent blanc, de l'or,
du cuivre, du papier, etc.
Actuellement, on a deux sortes d'argent
au Canada: de l'argent de poche, fait en métal et en papier; de l'argent
de livre, fait en chiffres. L'argent de poche est le moins important;
l'argent de livre est le plus important.
L'argent de livre, c'est le
compte de banque. Toutes les affaires marchent par des comptes de
banque. L'argent de poche circule ou s'arrête selon la marche des
affaires. Mais les affaires ne dépendent pas de l'argent de poche; elles
sont activées par les comptes de banque des hommes d'affaires.
Avec un compte de banque, on paie et on achète sans se servir d'argent de métal ou de papier. On achète avec des chiffres.
J'ai
un compte de banque de 40 000 $. J'achète une auto de 10 000 $. Je
paie par un chèque. Le marchand endosse et dépose le chèque à sa banque.
Le banquier touche deux comptes: d'abord celui du marchand, qu'il
augmente de 10 000 $; puis le mien, qu'il diminue de 10 000 $. Le
marchand avait 500 000 $; il a maintenant 510 000 $ écrit dans son
compte de banque. Moi, j'avais 40 000 $, il y a maintenant 30 000 $
écrit dans mon compte de banque.
L'argent de papier n'a pas bougé
pour cela dans le pays. J'ai passé des chiffres au marchand. J'ai payé
avec des chiffres. Plus des neuf dixièmes des affaires se règlent comme
cela (au Canada). C'est l'argent de chiffres qui est l'argent moderne;
c'est le plus abondant, dix fois autant que l'autre; le plus noble,
celui qui donne des ailes à l'autre; le plus sûr, celui que personne ne
peut voler..
Epargne et emprunt
L'argent de chiffres, comme
l'autre, a un commencement. Puisque l'argent de chiffres est un compte
de banque, il commence lorsqu'un compte de banque commence sans que
l'argent diminue nulle part, ni dans un autre compte de banque ni dans
aucune poche.
On fait, ou on grossit, un compte de banque de deux
manières: l'épargne et l'emprunt. II y a d'autres sous-manières, elles
peuvent se classer sous l'emprunt.
Le compte d'épargne est une
transformation d'argent. Je porte de l'argent de poche au banquier; il
augmente mon compte d'autant. Je n'ai plus l'argent de poche, j'ai de
l'argent de chiffres à ma disposition. Je puis réobtenir de l'argent de
poche, mais en diminuant mon argent de chiffres d'autant. Simple
transformation.
Mais nous cherchons ici à savoir où commence
l'argent. Le compte d'épargne, simple transformation, ne nous intéresse
donc pas pour le moment.
Le compte d'emprunt est le compte avancé par
le banquier à un emprunteur. Je veux établir une manufacture nouvelle.
Il ne me manque que de l'argent. Je vais à une banque et j'emprunte 100
000 $ sur garantie. Le banquier me fait signer les garanties, la
promesse de rembourser avec intérêt. Puis il me prête 100 000 $.
Va-t-il
me passer 100 000 $ en papier? Je ne veux pas. Trop dangereux
d'abord. Puis, je suis un homme d'affaires qui achète en bien des places
différentes et éloignées, au moyen de chèques. C'est un compte de
banque de 100 000 $ que je veux et qui fera mieux mon affaire.
Le
banquier va donc m'avancer un compte de 100 000 $. Il va placer dans
mon compte 100 000 $, comme si je les avais apportés à la banque. Mais
je ne les ai pas apportés, je suis venu les chercher.
Est-ce un compte d'épargne, fait par moi? Non, c'est un compte d'emprunt bâti par le banquier lui-même, pour moi.
Le fabricant d'argent
Ce
compte de 100 000 $ n'est pas fait par moi, mais par le banquier.
Comment l'a-t-il fait? L'argent de la banque a-t-il diminué lorsque le
banquier m'a prêté 100 000 $? Questionnons le banquier:
— Monsieur le banquier, avez-vous moins d'argent dans votre tiroir après m'avoir prêté 100 000 $?
— Mon tiroir n'est pas touché.
— Les comptes des autres ont-ils diminué?
— Ils sont exactement les mêmes.
— Qu'est-ce qui a diminué dans la banque?
— Rien n'a diminué.
— Pourtant mon compte de banque a augmenté. D'où vient cet argent que vous me prêtez?
— Il vient de nulle part.
— Où était-il quand je suis entré à la banque?
— Il n'existait pas.
— Et maintenant qu'il est dans mon compte, il existe. Alors, il vient de venir au monde?
— Certainement.
— Qui l'a mis au monde, et comment?
— C'est moi, avec ma plume et une goutte d'encre, lorsque j'ai écrit 100 000 $ à votre crédit, à votre demande.
— Alors, vous faites l'argent?
— La banque fait l'argent de chiffres, l'argent moderne, qui fait marcher l'autre en faisant marcher les affaires.
Le
banquier fabrique l'argent, l'argent de chiffres, lorsqu'il prête des
comptes aux emprunteurs, particuliers ou gouvernements. Lorsque je sors
de la banque, il y a dans le pays une nouvelle base à chèques qui n'y
était pas auparavant. Le total des comptes de banque du pays y est
augmenté de 100 000 $. Avec cet argent nouveau, je paie des ouvriers,
du matériel, des machines, j'érige ma manufacture. Qui donc fait
l'argent nouveau? – Le banquier.
Le destructeur d'argent
Le
banquier, et le banquier seul, fait cette sorte d'argent: l'argent
d'écriture, l'argent dont dépend la marche des affaires. Mais il ne
donne pas l'argent qu'il fait. Il le prête. Il le prête pour un certain
temps, après quoi il faut le lui rapporter. Il faut rembourser.
Le
banquier réclame de l'intérêt sur cet argent qu'il fait. Dans mon cas,
il est probable qu'il va me demander immédiatement 10 000 $ d'intérêt.
Il va les retenir sur le prêt, et je sortirai de la banque avec un
compte net de 90 000 $, ayant signé la promesse de rapporter 100 000
$ dans un an.
En construisant mon usine, je vais payer des hommes et des choses, et vider sur le pays mon compte de banque de 90 000 $.
Mais
d'ici un an, il faut que je fasse des profits, que je vende plus cher
que je paie, de façon à pouvoir, avec mes ventes, me bâtir un autre
compte de banque d'au moins 100 000 $.
Au bout de l'année, je vais
rembourser, en tirant un chèque sur mon compte accumulé de 100 000 $.
Le banquier va me débiter de 100 000 $, donc m'enlever ce 100 000 $
que j'ai retiré du pays, et il ne le mettra au compte de personne.
Personne ne pourra plus tirer de chèque sur ce 100 000 $. C'est de
l'argent mort.
L'emprunt fait naître l'argent. Le remboursement fait
mourir l'argent. Le banquier met l'argent au monde lorsqu'il prête. Le
banquier met l'argent dans le cercueil lorsqu'on lui rembourse. Le
banquier est donc aussi un destructeur d'argent.
Et le système est
tel que le remboursement doit dépasser l'emprunt; le chiffre des décès
doit dépasser le chiffre des naissances; la destruction doit dépasser la
fabrication.
Cela paraît impossible, et c'est collectivement
impossible. Si je réussis, un autre fait banqueroute; parce que, tous
ensemble, nous ne sommes pas capables de rapporter plus d'argent qu'il
en a été fait. Le banquier fait le capital, rien que le capital.
Personne ne fait l'intérêt, puisque personne autre ne fait l'argent.
Mais le banquier demande quand même capital et intérêt. Un tel système
ne peut tenir que moyennant un flot continuel et croissant d'emprunts.
D'où un régime de dettes et la consolidation du pouvoir dominateur de la
banque.
La dette publique
Le gouvernement ne fait pas d'argent.
Lorsqu'il ne peut plus taxer ni emprunter des particuliers, par rareté
d'argent, il emprunte des banques. L'opération se passe exactement comme
avec moi. La garantie, c'est tout le pays. La promesse de rembourser,
c'est la débenture. Le prêt d'argent, c'est un compte fait par une plume
et de l'encre.
Et la population du pays se trouve collectivement
endettée pour de la production que, collectivement, elle a faite
elle-même! C'est le cas pour la production de guerre. C'est le cas aussi
pour la production de paix: routes, ponts, aqueducs, écoles, églises,
etc.
Le vice monétaire
La situation se résume à cette chose
inconcevable. Tout l'argent qui est en circulation n'y est venu que par
la banque. Même l'argent de métal ou de papier ne vient en circulation
que s'il est libéré par la banque.
Or la banque ne met l'argent en
circulation qu'en le prêtant et en le grevant d'un intérêt. Ce qui veut
dire que tout l'argent en circulation est venu de la banque et doit
retourner à la banque quelque jour, mais y retourner grossi d'un
intérêt.
La banque reste propriétaire de l'argent. Nous n'en sommes
que les locataires. S'il y en a qui gardent l'argent plus longtemps, ou
même toujours, d'autres sont nécessairement incapables de remplir leurs
engagements de remboursements.
Multiplicité des banqueroutes de
particuliers et de compagnies, hypothèques sur hypothèques, et
croissance continuelle des dettes publiques, sont le fruit naturel d'un
tel système.
Déchéance et abjection
Cette manière de faire
l'argent du pays, en endettant gouvernements et particuliers, établit
une véritable dictature sur les gouvernements comme sur les
particuliers.
Le gouvernement souverain est devenu un signataire de
dettes envers un petit groupe de profiteurs. Le ministre, qui représente
des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, signe des dettes
impayables. Le banquier, qui représente une clique intéressée à profiter
et à dominer, manufacture l'argent du pays.
C'est un aspect frappant
de la déchéance du pouvoir dont parle le Pape Pie XI: les gouvernements
sont déchus de leurs nobles fonctions et sont devenus les valets des
intérêts privés.
Quant aux individus, l'argent rare développe chez
eux la mentalité de loups. En face de l'abondance, c'est à qui obtiendra
le signe trop rare qui donne droit à l'abondance. D'où concurrence,
dictatures patronales, chicanes domestiques, etc. Un petit nombre mange
les autres; le grand nombre gémit, plusieurs dans une abjection
déshonorante.
Contrôle social de l'argent
C'est saint Louis, roi
de France, qui disait: Le premier devoir d'un roi est de frapper
l'argent lorsqu'il en manque pour la bonne vie économique de ses sujets.
L'argent
de chiffres est une bonne invention moderne, qu'il faut garder. Mais au
lieu d'avoir leur origine sous une plume privée, à l'état de dette, les
chiffres qui servent d'argent doivent naître sous la plume d'un
organisme monétaire national, à l'état d'argent serviteur.
On doit
cesser de souffrir de privations lorsqu'il y a tout ce qu'il faut dans
le pays pour placer l'aisance dans chaque foyer. L'argent doit venir
d'après la capacité de produire du pays et d'après les désirs des
consommateurs vis-à-vis de biens utiles possibles.
C'est donc
l'ensemble des producteurs et l'ensemble des consommateurs, toute la
société, qui, en produisant les biens en face des besoins, détermine la
quantité d'argent nouveau qu'un organisme agissant au nom de la société
doit ajouter de temps en temps, à mesure des développements du pays. Le
peuple retrouverait ainsi son droit de vivre, sa pleine vie humaine, en
rapport avec les ressources du pays et les grandes possibilités modernes
de production.
A qui l'argent neuf?
L'argent doit donc être mis au monde à mesure que le rythme de la production et les besoins de la distribution l'exigent.
Mais
à qui appartient cet argent neuf en venant au monde? — Cet argent
appartient aux citoyens eux-mêmes. Pas au gouvernement, qui n'est pas le
propriétaire du pays, mais seulement le gardien du bien commun. Pas non
plus aux comptables de l'organisme monétaire national: comme les juges,
ils remplissent une fonction sociale et sont payés statutairement par
la société pour leurs services.
A quels citoyens? — A tous. Ce n'est
pas un salaire. C'est une injection d'argent nouveau dans le public,
pour permettre au public consommateur de se procurer des produits faits
ou facilement réalisables, qui n'attendent qu'un pouvoir d'achat
suffisant pour les mettre en mouvement.
Il n'y a pas d'autre moyen,
en toute justice, de mettre cet argent nouveau en circulation qu'en le
distribuant également entre tous les citoyens sans exception. C'est en
même temps le meilleur moyen de rendre l'argent effectif, puisque cette
distribution le répartit dans tout le pays.
Chaque fois qu'il faut
augmenter l'argent du pays, chaque homme, femme, enfant, vieillard,
bébé, aurait ainsi sa part de la nouvelle étape de progrès qui rend de
l'argent neuf nécessaire.
Ce n'est pas un salaire pour du travail
accompli, c'est un dividende à chacun, pour sa part d'un capital commun.
S'il y a des propriétés privées, il y a aussi des biens communs, que
tous possèdent au même titre.
Résultat: l'ordre rétabli
Quel
serait, d'après nous, l'effet de cette réforme financière du Crédit
Social? D'une façon générale, d'abord, ce serait le rétablissement de
l'ordre dans le secteur de l'argent, par-là dans l'économique, avec
échos dans la politique et le social.
Les biens seraient faits pour
servir les besoins. L'argent cesserait d'être la fin déterminante de
l'industrie. (Et on n'aurait plus besoin de créer des besoins
artificiels pour vendre des produits inutiles, réduisant ainsi le
gaspillage des ressources et la pollution.)
Le moyen d'obtenir cette
réforme du Crédit Social est évidemment la formation d'une opinion
publique éclairée assez forte pour le réclamer effectivement. Il ne
s'agit donc pas d'une campagne électorale, mais d'une campagne
d'éducation.
Cette diffusion de l'étude parmi les masses réclame le
dévouement de nombreux apôtres, qui n'ont pas peur de l'abnégation et du
sacrifice. Et c'est encore dans l'ordre. Le désordre actuel est le
résultat d'égoïsmes de toutes sortes, de l'atrophie du sens social. Il
faut que tout cela soit expié et corrigé. Comme le Pape Jean-Paul II
l'écrivait dans son encyclique Solicitudo rei socialis (n. 38): «Ces
attitudes et ces ‘structures de péché’ (la soif de l'argent et du
pouvoir) ne peuvent être vaincues — bien entendu avec l'aide de la grâce
divine — que par une attitude diamétralement opposée: se dépenser pour
le bien du prochain.»
"Faire de l'argent une chose vivante qui donne naissance à d'autre argent, c'est anti-naturel. L'argent ne fait pas de petits."
"Ce
n'est pas le banquier qui donne à l'argent sa valeur, mais la
production du pays. Au lieu d'avoir un argent émis par les banques, un
crédit bancaire, on aurait un argent créé par la société, un crédit
social."
"S'il y a de l'argent, c'est qu'il est fait quelque part.
S'il n'y en a pas plus, c'est que ceux qui le font n'en font pas plus."
"L’argent,
c'est tout ce qui sert à payer, à acheter; ce qui est accepté par tout
le monde dans un pays en échange de choses ou de services."
"Le
compte d'épargne est une transformation d'argent tandis que le compte de
prêt se créé comme suit : Le banquier va placer dans mon compte 100 000
$, comme si je les avais apportés à la banque. Mais je ne les ai pas
apportés, je suis venu les chercher."
"Le banquier fabrique l'argent,
l'argent de chiffres, lorsqu'il prête des comptes aux emprunteurs,
particuliers ou gouvernements."
"L'emprunt fait naître l'argent. Le
remboursement fait mourir l'argent. Le banquier met l'argent au monde
lorsqu'il prête. Le banquier met l'argent dans le cercueil lorsqu'on lui
rembourse. Le banquier est donc aussi un destructeur d'argent. Et le
système est tel que le remboursement doit dépasser l'emprunt; le chiffre
des décès doit dépasser le chiffre des naissances; la destruction doit
dépasser la fabrication."
"Le prêt d'argent, c'est un compte fait par une plume et de l'encre."
"Ce
qui veut dire que tout l'argent en circulation est venu de la banque et
doit retourner à la banque quelque jour, mais y retourner grossi d'un
intérêt."
"Cette manière de faire l'argent du pays, en endettant
gouvernements et particuliers, établit une véritable dictature sur les
gouvernements comme sur les particuliers."
"C'est donc l'ensemble des
producteurs et l'ensemble des consommateurs, toute la société, qui, en
produisant les biens en face des besoins, détermine la quantité d'argent
nouveau qu'un organisme agissant au nom de la société doit ajouter de
temps en temps, à mesure des développements du pays."
"L'argent
nouveau appartient à tous : Chaque fois qu'il faut augmenter l'argent du
pays, chaque homme, femme, enfant, vieillard, bébé, aurait ainsi sa
part de la nouvelle étape de progrès qui rend de l'argent neuf
nécessaire."
"C'est un dividende à chacun, pour sa part d'un capital commun."
D'après
des passages que nous jugeons importants dans la première partie, on
peut appliquer le crédit social comme solution à la pauvreté face à
cette abondance accrue que nous vivons à Madagascar.
En réalité,
qu'est-ce qu'on doit faire pour créer son argent sur place, pour faire
des échanges, sans s'endetter auprès des banquiers.
Étant donné que
l’argent, c'est tout ce qui sert à payer, à acheter; ce qui est accepté
par tout le monde dans un pays ( dans une société, dans une localité, ou
une association, ou une communauté) en échange de choses ou de
services, c'est donc l'ensemble des producteurs et l'ensemble des
consommateurs, toute la société, qui, en produisant les biens en face
des besoins, qui détermine la quantité d'argent nouveau qu'un organisme
agissant au nom de la société doit ajouter de temps en temps, à mesure
des développements de la société.
Ce moyen de paiement appartient à
tous : Chaque fois qu'il faut augmenter sa quantité dans la société,
chaque homme, femme, enfant, vieillard, bébé, aurait ainsi sa part de la
nouvelle étape de progrès qui rend du moyen de paiement neuf nécessaire
: c'est un dividende à chacun, pour sa part d'un capital commun, c'est
le crédit social.
Comme la banque crée de l'argent par une simple
écriture, l'organisme agissant au nom de la société, qui va gérer le
crédit social, peut faire autant, pour le bien de tous. Et il fait
encore mieux que la banque car il ne demande aucun intérêt pour l'argent
créé, mais participe pleinement au résultat, que ce soit une perte ou
un avantage. La distribution des profits doit être réalisée de la façon
la plus juste, ainsi que la participation aux pertes.
Après des
études préalables, et des essais sur place, nous proposons les étapes
suivantes pour la mise en place de cet organisme local, gestionnaire des
crédits sociaux, qui devrait représenter la société locale, pour gérer
leur moyen de paiement.
1- Réunion des membres
Cette étape est
très importante parce qu'elle déterminera les membres de la société, de
l'association, entre qui, le nouveau moyen de paiement est accepté pour
faciliter les échanges de biens et services.
Il faut tenir une
réunion dans un intervalle régulier (par mois) pour accorder des
nouveaux crédits, des dividendes à chaque membre, du plus âgé jusqu'à
l'enfant conçu, et pour suivre l'évolution des activités entreprises.
2- Prières
Il
faut toujours commencer chaque réunion par la prière, une façon de se
remettre et de se confier à Dieu, pour lui remercier de toute
l'abondance qu'il nous a comblée ( Psaume 32, 10b), et aussi pour avoir
la faculté de prendre la bonne décision. (Psaume 32,8)
L'acte de
créer un argent local est un acte de confiance (crédit veut dire
confiance). Il faut faire confiance aux membres de la société qui
doivent accepter ce moyen de paiement pour faciliter l'échange entre
eux.
D'autre part, c'est aussi un acte de foi, parce qu'il faut que
tous les enfants de Dieu puissent profiter des biens qu'Il leur a donnés
en abondance. Et notre système actuel, comme tout le monde peut le
constater aisément, ne permettait et ne permettra pas de profiter à
tous, ces abondances accordées à tout un chacun par le bon Dieu.
(Jacques 1,6 / Hébreux 4, 16).
Commencer la réunion par un chapelet, au moins une dizaine.
“Mon fils Dominique, ne vous étonnez pas de ne pas réussir en vos prédications !
Car, vous labourez un sol qui n'a pas été arrosé par la pluie…
Sachez
que, quand Dieu voulut renouveler le monde, Il envoya d'abord la pluie
de la Salutation Angélique, et c'est ainsi que le monde fut racheté…
Exhortez donc les hommes, dans vos sermons, à réciter mon Psautier (Ave
Maria), et vous en recueillerez de grands fruits pour les âmes.” Paroles
de la Sainte Vierge à Saint Dominique, en 1214
3- La réunion.
Explication du crédit social : Cela doit être adapté au niveau des auditeurs.
Le
crédit social, qui est l'argent social, argent émis par la société
consiste donc en une création monétaire locale. Il faut tenir compte de
la situation locale, des problèmes rencontrés par les gens de la
communauté, des vrais besoins de la population en terme de développement
et aussi tenir compte des richesses qu'on peut exploiter dans la
société. Par cela fixer le dividende qui est une injection d'argent
nouveau, par simple écriture, dans le public, pour permettre au public
consommateur de se procurer des produits faits ou facilement
réalisables, qui n'attendent qu'un pouvoir d'achat suffisant pour les
mettre en mouvement.
Le dividende n'est pas un salaire, mais une
redistribution à titre de co-héritiers des richesses que le Bon Dieu
nous a donné. Un versement périodique pour toute âme vivante dès sa
conception.
3- La fiche individuelle
Préparer au préalable
les fiches individuelles à utiliser dans toutes les transactions, qui se
présentent de la façon la plus simple comme suit :
Nom et Prénoms Numéro :
SPÉCIALITÉ Signature
Adresse
Date Raison Sorties Numéro Signature Entrées
Daty Antony Mivoaka Laharana Sonia Miditra
Date : la date où la transaction a eu lieu.
Raison : C'est la raison de la transaction.
Ex.: achat de 5 kg de riz ou service de coiffure, salaire, dividende reçu,...
Sorties : (ou entrées) Écrire dans cette colonne le montant du service ou du produit acheté ou vendu.
Ex. : Pour l'achat de 5 kg de riz à 700 AR le kilo, mettre 3 500 dans
la colonne sortie, pour le service de coiffure payé de 2 000 AR, écrire
ce montant dans la colonne des sorties, pour 20 000 AR de salaire reçu,
écrire le montant dans la colonne entrée puisqu'il s'agit d'une rentrée
d'argent…
Numéro : Chacun doit avoir son propre numéro par rapport à
l'organisme qui va gérer l'injection monétaire. Par convention, on va
mettre le numéro 0001 pour l'organisme et chacun prend
2,3,4,….1001…jusqu'à ce que tout le monde aie son propre numéro. Dans la
colonne numéro, mettre celui de la partie inverse, c'est-à-dire, le
numéro de celui à qui vous avez acheté le riz ou de celui à qui vous
avez payé pour la coiffure ou celui de qui vous avez reçu votre salaire
ou de l'organisme qui vous a accordé le dividende.
Signature : C'est la signature de la partie inverse.
4- Exercice pratique
Faire
différentes transactions pour se familiariser avec le nouveau moyen de
paiement. A commencer par l'écriture du dividende dans chaque fiche.
Nom et Prénom : RAKOTO Paul Numero : 068
SPÉCIALITÉ : Instituteur, riziculteur,… Signature
Adresse : lot ABC123, vohitsara Rakotopaul
Date Raison Sorties Numéro Signature Entrées
Daty Antony Mivoaka Laharana Sonia Miditra
03/04 05 Dividende ----------------- 001 Signature de l'organisme 10 000
03/04 05 achat 5kg de riz 3 500 112 Signature du vendeur ------------------
03/04 05 Coiffure 2 000 54 Signature du coiffeur ------------------
03/04 05 Salaire mars 2005 ------------------ 10 Signature de l'employeur 20 000
On croise la signature après chaque transaction, pour éviter toute fraude.
Remarquer
qu'une sortie d'argent constatée dans une fiche doit être notée comme
rentrée dans celle de la partie inverse, et vice-versa.
Noter aussi
que c'est exactement comme ça que fonctionnent les banquiers quand ils
accordent un prêt bancaire à son client. Il n'utilise pas les dépôts de
ses clients mais ils écrivent tout simplement dans la colonne entrée du
compte de l'emprunteur la somme que celui-ci demande. Ils accordent un
carnet de chèque à l'emprunteur pour que celui-ci s'en serve pour ses
achats. Ce qui reçoit ce chèque le verse à sa banque et le banquier
écrit dans la colonne entrée de son compte le montant mentionné dans le
chèque. A chaque fois donc que l'emprunteur fait des achats, sa banque
écrit dans sa colonne sortie le montant des achats qu'il a fait.
Le
système de crédit social marche avec plus de sécurité : si quelqu'un
perd sa fiche, il n'a qu'à déclarer la perte auprès des responsables car
aucune autre personne ne peut se servir de sa fiche, qui porte son nom
et sa signature. Voir aussi la petite histoire dans l'île des
naufragés.
5- Élire les membres de l'organisme pour gérer le crédit social
On
peut donner un nom quelconque à l'association. Les gens d'Anjozoro a
choisi "Fikambanan'ny Rozery sy Asa". L'Évêque des Philippines a choisi
comme nom "Love Bank". Je pense que le nom "Tsinjo Aina" reflète bien
toutes les activités du crédit social à Madagascar.
Faire donc une
élection pour les membres de bureau : Président(e) avec deux vices
Président (e)s, un(e) trésorier(e), un(e) Secrétaire, deux auditeurs (
commissaires aux comptes ou encore vérificateur). Ces personnes vont
jouer le rôle des banquiers pour l'administration de l'organisme. Les
membres fixent comment les payer, leurs horaires, … Pour celles
d'Anjozoro et des Philippines, ces membres sont encore pour le moment
des bénévoles.
Ces membres de bureau décident sur le montant du
dividende à accorder et la fréquence du dividende. Il fixe le prix de
base si ce n'est pas encore bien établi. par exemple le prix d'un
travailleur par jour, …
Par contre, le partage des profits est fixer
par tous les membres. Par exemple, à la fin de chaque compte, il y aura
des personnes qui ont beaucoup d'argent à leur disposition que d'autres.
Celles-là peuvent prêter ses surplus à d'autre qui en a besoin, sans
intérêt, mais ils peuvent fixer au début comment partager le bénéfice
s'il y en a.
6- Sélection des projets d'investissement de base
Et
maintenant, vous avez créé votre banque du crédit social. Tout le monde
en profitera en acceptant la valeur du nouveau moyen de paiement entre
les membres. Il faut entretenir la banque, et la prière est très
importante parmi les entretiens possibles. Les membres de bureau
veillent au bon fonctionnement du système, en donnant plus de dynamique
encore à l'organisme. Il faut pour cela choisir des activités
productives pour lancer le système, et ce en tenant compte des capacités
de la région et des spécialités des membres. C'est en tenant compte du
niveau de cette production que les membres de bureau vont décider la
manipulation du dividende car c'est la production qui donne valeur à
l'argent. A quoi bon avoir de l'argent s'il n'y a pas de quoi acheter
avec, et vice versa, l'abondance est signe de pauvreté si on n'a pas
d'argent pour déplacer les produits. Cette dernière est notre cas
actuel!
A suivre!
Mbola hitohy