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Vidéo à voir, le début de débats fondamentaux.
Le plein emploi classique est impossible vu les robots, machines et ordinateurs !
Comment distribuer cette abondance de produits ?
Comment éviter les conflits sociaux et distribuer les biens ?
Comment créer et distribuer la monnaie nécessaire pour balancer cette avalanche de produits robotisés ?
Comment taxer les robots ? |
Débat: un revenu de base de 2500 francs pour tous ?
RTS.ch Un revenu de base de 2500 francs pour tous, c'est l'idée de l'initiative populaire qui vient d'être lancée. Le but est de permettre à l'ensemble de la ...
http://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0 Avertissement:
Ce revenu ou dividende ne vient pas des impôts ou des salaires mais de
la création monétaire actuellement monopolisée par les banques à 99 %. C'est une juste redistribution de ce qui nous est volé (sic) par un système sournois et rusé en bout de course et en faillite partout.
http://desiebenthal.blogspot.com/2010/10/disparition-de-maurice-allais.html
« Un revenu, c'est comme l'air sous les ailes de l'oiseau ! ». C'est
ainsi que commence le film. Est-ce que ce revenu devrait être
inconditionnel pour chacun ? Est-ce possible, un droit civique
économique ? Le film est captivant, il fait réfléchir, il
touche et met le doigt sur ce qui est raisonnable. Il permet de voir la
situation de la société et le devoir de l'argent sous un jour nouveau.
Un thème d'une actualité brûlante: « C’est un petit film
intelligent sur l’état de notre monde. Une tentative d’explication du
fonctionnement du revenu de base, qui le financerait et ce qu’il
pourrait changer. » Mikael Krogerus, brand eins http://desiebenthal.blogspot.com/2010/07/dividende-universel-par-les-robots.html Dividende universel par les robots libérateurs.
www.youtube.com
« Un revenu, c'est comme l'air sous les ailes de l'oiseau ! ». C'est ainsi que commence le film. Est-ce que ce
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Etude de 9 théologiens:
http://www.michaeljournal.org/annexA.htm
REPONSE AUX OBJECTIONS
Les objections formulées à l'encontre d'un revenu inconditionnel
sont nombreuses. On peut les regrouper ainsi :
- Un revenu sans travail est contraire
à notre éthique
- Une allocation identique pour
tous est inéquitable
- Cette réforme risque de
générer des comportements irrationnels
- Elle est susceptible de dérégler
l'économie
- Sa mise en œuvre sera délicate
- Il existe d'autres moyens plus
efficaces pour parvenir au résultat souhaité
Efforçons nous d'y répondre.
I - UN REVENU SANS TRAVAIL EST CONTRAIRE A NOTRE
ETHIQUE
Un revenu inconditionnel distribué
à tous, sans l'exigence du moindre travail, s'oppose à notre
culture et à nos principes moraux. N'est il pas écrit :
tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.
Ce qui était vrai aux temps les plus reculés de notre histoire
ne l'est plus totalement aujourd'hui car, depuis, la nature et la place
du travail ont fortement évolué dans notre société.
- Dores et déjà une fraction croissante du revenu des
ménages se forme indépendamment de toute participation
à l'effort productif, puisque la part des prestations sociales
ne cesse de s'accroître dans le PIB, passant de moins de 12% en
1949 à 30% en 1998.
- A plus long terme, avec le développement des nouvelles technologies,
les gains de productivité les plus spectaculaires sont encore
devant nous. Dès lors le temps de travail ne représentera
plus qu'une faible partie de notre temps de vie. Il deviendra alors
impossible de continuer à défendre la thèse de
lier au seul travail et au revenu du capital toute distribution de ressource.
- En outre, on ne peut plus faire du travail le seul facteur d'intégration
sociale dans une société où le travail est très
inégalement réparti, où le temps consacré
aux activités non marchandes prend une place grandissante et
où, en raison d'une compétition économique exacerbée,
la volonté de travailler n'assure pas aux moins favorisés
une prise suffisante sur le marché du travail.
- On tend aussi à oublier que tout citoyen, qu'il travaille
ou non, est toute sa vie un acteur économique comme producteur
et/ou consommateur. Or, si le libéralisme met en avant l'initiative,
le sens des responsabilités, il tend à ignorer l'unité
du corps social dont chaque individu est l'une des composantes, obligeant
ainsi les plus démunis à se déclarer pauvres, alors
qu'il est dégradant d'avoir à quémander.
- Le produit de notre travail n'est pas le fruit de notre seul mérite.
Il est aussi le fruit du savoir né du travail des générations
antérieures, qui conditionne l'ensemble des connaissances, le
capital matériel et social accumulé, le niveau même
des salaires, et encore les infrastructures et la culture même
dans laquelle nous vivons. C'est cet ensemble qui est à l'origine
de l'efficacité des efforts individuels et caractérise
le niveau de vie d'un pays. Ces fruits appartiennent donc à tous,
qu'ils travaillent ou non, et la justice sociale impose que chacun en
perçoive une part égale.
- La multiplication des échanges, la mondialisation de la circulation
des biens et des hommes génèrent de nouvelles formes
de richesses dont il est difficile d'identifier les auteurs et donc
de déterminer la part leur revenant en propre. En outre, la
révolution informationnelle dématérialise le travail
et produit des synergies multiples et en réseaux. A qui appartient
le produit de ce travail ? Qui peut en revendiquer la propriété
de bout en bout ? Personne en propre. Dans ce contexte, le travail individuel
est comme dissout, mais ses effets sont multipliés dans des proportions
non mesurables.
- La dignité de l'homme n'est pas liée au seul travail.
Elle est aussi fonction du rôle social de la personne partagé
en quatre activités : le travail de production, la participation
à la vie collective et associative, la vie familiale et la vie
relationnelle.
Ces phénomènes existaient déjà en proportion
moindre jusqu'ici; leur amplification soudaine nous les rend in-contournables.
Ils nous imposent, aujourd'hui, de trouver d'autres formes d'intégration
sociale que le travail, et de matérialiser la contrepartie revenant
à chacun de la reconnaissance du capital collectif.
Seul le travail est générateur
de richesses. Sans travail, quel que soit le capital mis en œuvre,
rien ne se crée. Seul le travail justifie donc une rémunération.
Cette affirmation s'inscrit dans la continuité de la pensée
marxiste. Si, effectivement, point de création de riches-ses sans
travail son efficacité dépend, aussi, du capital mis en
œuvre et, de plus en plus, du capital social collectif hérité
des générations antérieures. Sinon, pourquoi à
égalité de travail le pouvoir d'achat d'une africaine diffère
de celui d'une européenne ? Simplement parce que le produit de
notre effort n'est pas le fruit de notre seul travail.
Ce projet s'inscrit dans l'aspiration à
la fin du travail
Absolument pas, d'autant qu'un travail librement négocié
est davantage porteur de liberté que d'aliénation. Constatons
cependant que le cycle bien rythmé : études, emploi quasi
garanti à durée indéterminée, puis retraite,
que nous avons connu, tend à disparaître. En effet, les entreprises
ont davantage besoin de capital humain flexible, variable et toujours
renouvelé pour s'adapter à une demande mouvante. Il faudra
donc apprendre plusieurs métiers dans sa vie pour dynamiser en
permanence ses compétences. C'est ainsi que, quel que soit le niveau
de l'activité économique, le travail, comme on le constate
déjà aujourd'hui, deviendra de plus en plus intermittent,
voire précaire, et les périodes d'emploi alterneront avec
des phases d'inactivité ou de formation. Il faut donc rompre le
lien trop strict emploi revenu, qui aliène l'homme au salariat
et l'enferme dans ses contradictions : de-voir travailler de façon
quasi continue, alors qu'il devra en permanence affronter le changement.
De toute façon, la régularité d'un revenu déconnecté
du travail est des plus utile pour celui dont le travail est mal rémunéré
et peu assuré.
Le revenu inconditionnel accorde des droits
sans rien exiger en retour
Le revenu inconditionnel est un dû de la collectivité à
chacun de ses membres. Cela étant, rien n'interdit de l'as-sortir
d'un service civique. En effet, malgré le progrès technique,
il restera probablement dans nos sociétés une barre incompressible
de travail non épanouissant, voire primaire, sale et servile. Si
ces travaux sont indispensables à la collectivité, qu'ils
soient assurés par tous, sur un temps donné, à définir
comme une contribution sociale.
II - UN REVENU INCONDITIONNEL IDENTIQUE POUR TOUS
EST INEQUITABLE
Distribuer une somme identique au riche et
au pauvre est contraire à la justice
- Le revenu inconditionnel, de par sa nature, est indépendant
de toutes conditions de ressources. En cela, il établit une égalité
entre tous et diminue la distance sociale entre les citoyens. Il apporte
ainsi à chacun le témoignage concret de son appartenance
à la communauté; l'égalité parfaite entre
le droit des femmes et celui des hommes devient réalité.
- Toutefois, le revenu inconditionnel, viendra s'ajouter aux autres
revenus; de la sorte, une partie substantielle du revenu supplémentaire
ainsi alloué aux riches sera reprise par l'impôt. Si donc
le revenu brut distribué est le même pour tous, le revenu
inconditionnel après impôt est d'autant plus élevé
que les autres revenus sont moindres.
- Cette égalité de traitement dispense l’État de discussions
sans fin sur le choix des bénéficiaires; en outre, par
sa simplicité elle élimine toute bureaucratie, allégeant
ainsi les charges de la collectivité (voir infra).
- Pour autant, ce revenu indifférencié ne dispense pas
la collectivité de la prise en compte de besoins spécifiques,
incapacités physiques ou autres par exemple, mais dorénavant
moins nombreux puisque la plupart seront assumés par le revenu
inconditionnel. En outre, notons que certains besoins élémentaires,
mal satisfaits au niveau de l'individu isolé, peuvent être
plus facilement couverts au sein du ménage, de la famille ou
à plusieurs. D'où l'intérêt en certaines
circonstances de se regrouper pour bénéficier au mieux
de l'apport du revenu inconditionnel.
Distribuer à tous une somme aussi
modique ne peut permettre aux plus démunis de vivre dignement.
C'est exact, mais allouer une somme relativement modique croissant avec
l'augmentation du PIB :
- est financièrement réaliste, donc immédiatement
réalisable (cf. plan de financement) et sûr à long
terme. -promettre trop, tout de suite, amène à différer
indéfiniment toute réforme-
- lève la plupart des objections sur la démotivation au
travail
- par là même, exclut des comportements irresponsables
- n'interdit nullement toute évolution ultérieure en fonction
des circonstances
- en outre, l'assurance chômage maintenue, complète le dispositif
En dehors de toute recherche d'équité,
ne serait-il pas plus efficace de reporter sur les plus nécessiteux
l'allocation versée aux riches ?
Opérer une distinction entre les riches et les pauvres nous ramène
à une logique d'assistanat, avec tous les inconvénients
inhérents à un tel système : ressources à
justifier, contrôles à exercer, opacité, surenchères,
lourdeur bureaucratique. En outre, et surtout, c'est rompre avec le postulat
de l'égale appartenance de chacun à la communauté
du seul fait de son existence. Pour autant, le revenu net distribué
après impôt n'est pas le même pour tous puisqu'il s'ajoute
aux revenus imposables. Dès lors, la partie reprise par l'impôt
progressif vous pénalisera d'autant plus que votre revenu est
plus élevé.
Pourquoi distribuer une somme identique à
tous et en reprendre une partie par l'impôt, au lieu de répartir
directement la somme nette revenant à chacun ?
- Par souci de simplicité. Les allocations ainsi distribuées
dispensent l'administration de toute enquête préalable,
de tout justificatif et de tout contrôle, à l'exception
de la fourniture d'un acte de naissance et d'un acte de décès.
Sans déclaration spéciale, les allocations sont ensuite
automatiquement rajoutées au revenu imposable de chacun des bénéficiaires.
- Pour des raisons de transparence aussi. Comme le revenu ainsi distribué
se substitue à la multiplicité des ai-des allouées
à la personne, la collectivité connaît parfaitement
le mode de redistribution de ses ressources; de plus, cette façon
d'opérer limite les passe-droits et les avantages particuliers.
III - LA DISTRIBUTION D'UN REVENU INCONDITIONNEL
RISQUE DE GENERER DES COMPORTEMENTS IRRESPONSABLES
Le revenu inconditionnel peut conduire à
des comportements imprévisibles
Cette objection serait fondée si le revenu inconditionnel était
instauré d'un seul coup mais, tant pour des raisons financières
qu'économiques et psychologiques, son instauration sera progressive.
Au vu des comportements, il sera donc toujours possible de s'adapter aux
circonstances et de s'assurer que le niveau du revenu distribué
n'a pas atteint le seuil à partir duquel l'incitation à
travailler n'est plus suffisante.
Le revenu inconditionnel va inciter à
la paresse et déresponsabiliser l'individu.
- Quel que soit son mode de calcul, le montant du revenu inconditionnel
reste modeste. Il assure seulement à son bénéficiaire
la possibilité de ne pas vivre dans la misère. Il sera
donc tout naturellement incité à travailler pour augmenter
ses revenus et jouir d'un meilleur train de vie.
- En outre, le revenu inconditionnel doit évoluer avec le Produit
Intérieur Brut, à la hausse comme à la baisse.
Ainsi, automatiquement régulé, si d'aventure chacun voulait
se contenter du revenu inconditionnel, sans cher-cher à multiplier
les richesses par son activité, le PIB diminuerait et avec lui
le montant du revenu incondi-tionnel. Cette baisse pénaliserait
en premier ceux qui, refusant de participer à l'effort collectif,
se seraient contentés de ce seul revenu.
- Comme ce revenu se cumule avec tout autre revenu , il évite
l'effet de seuil de la protection sociale selon le-quel, en dessous
d'un certain niveau de revenu, il vaut mieux ne pas travailler ou bien
travailler sans être dé-claré pour ne pas perdre
le bénéfice de son assistance, inconvénient de
l'impôt négatif et de la plupart des au-tres formules d'assistance
(voir infra).
- Ce revenu élémentaire inconditionnel assure à
l'homme une nouvelle liberté et lui permet de ne plus consa-crer
la totalité de son temps à gagner sa vie. Il peut ainsi
retrouver du temps à donner au sens de son exis-tence. Il permet
d'investir en l'homme, dans sa richesse , son potentiel et son capital.
En cela, il favorise aussi l'usage du temps libre. C'est ainsi que le
besoin d'agir, d'oeuvrer, d'être apprécié des autres
ne dépendra plus, principalement, du travail.
- Par sa permanence, il permet à chacun de raisonner à
long terme et de former des projets. A cet égard les nombreux
témoignages recueillis, en particuliers auprès des familles
d'ATD Quart Monde sont formels. Par là même il stimule
l'initiative et la créativité, car le voltigeur prend
d'autant plus de risques qu'il dispose d'un filet de sécurité.
Quoiqu'il en soit, dans une société ayant atteint le niveau
de notre richesse, la plus élémen-aire justice exige
que tout individu appartenant à la communauté dispose,
en toutes circonstances, d'un minimum de revenu.
Certains bénéficiaires du revenu
inconditionnel ne sauront pas utiliser leur temps libre.
Cette objection concerne tout autant la réduction du temps de
travail, phénomène historique, que l'instauration du revenu
inconditionnel. D'ailleurs, elle avait déjà été
avancée lors de la mise en place des congés payés.
Elle traduit un mépris inacceptable vis à vis de l'homme,
supposé incapable de gérer son temps. Cette crainte peut
être fondée si l'éducation se limite à l'unique
enseignement d'un savoir faire, au détriment d'un savoir être,
et si l'on apprend pas aussi comment occuper intelligemment et efficacement
son temps libre. On a encore trop souvent tendance à confondre
temps libre et oisiveté, alors qu'un temps libre bien employé
est générateur d'une activité formatrice et enrichissante,
tant pour soi même que pour ses proches et la collectivité.
Un revenu inconditionnel favorisera les profiteurs
Les profiteurs sont surtout heureux lorsqu'ils peuvent frauder, d'autant
que le sentiment d'enfreindre un interdit est toujours stimulant. Dans
le cas du Revenu inconditionnel il n'y aura plus d'interdit. On choisit
de travailler ou pas. Mais comme simultanément on remet à
l'honneur des valeurs un peu oubliées comme l'attention et l'aide
aux autres ils serait bien surprenant qu'un grand nombre d'inactifs ne
s'y intéressent pas, car il leur faut un espace de sécurité
pour qu'elles puissent s'exercer. Cet espace le revenu inconditionnel
le donne : il est le don de tous à tous.
Ne sera-t-il pas mal supporté à
la longue par ceux qui, en raison du prélèvement opéré
par l'impôt, risquent de vouloir en alléger la charge ?
Pour lever cette objection, il faut raisonner dans une perspective globale,
à long terme, et prendre conscience que, dorénavant, le
revenu distribué à chacun comprendra, nécessairement,
une part croissante prélevée sur la richesse collective
: pour le versement d'un revenu inconditionnel d'une part, pour l'allégement
des charges salariales d'autre part.
En effet, n'oublions pas que, dès aujourd'hui, pour maintenir
la compétitivité économique des travaux peu qualifiés,
une partie des charges sur salaires, autrefois imputée aux entreprises,
est maintenant financée par la collectivité. Or, lorsque
dans un avenir plus ou moins proche on aura diminué de moitié
le nombre d'heures de travail, le coût horaire de l'heure travaillée
va doubler pour un salaire mensuel supposé équivalent à
celui d'aujourd'hui. Aucun inconvénient pour les activités
mécanisables, mais qu'en sera-t-il des activités pour lesquelles
l'homme demeure indispensable, en particulier celles où prédominent
le contact humain ? Leur coût doublant, elles risquent progressivement
de sortir du secteur marchand, voire de disparaître - c'est ce qui
se passe actuellement - alors qu'elles sont si nécessaires à
la qualité de notre vie. C'est pourquoi la collectivité
devra en alléger le coût en en prenant une partie à
sa charge ( réduction progressive des charges sur salaires voire,
à terme, paiement direct d'une fraction du salaire). C'est ainsi
qu'une part croissante du PIB sera inévitablement redistribuée
sans que , pour autant, les taux de prélèvement soient augmentés,
car cette part sera la contrepartie de la production des robots, gain
collectif dont une part revient à chacun. Ainsi, nul ne verra ses
revenus diminuer et tous disposeront de davantage de temps libre et d'une
meilleure qualité de vie.
En fait, c'est précisément sur longue période que
l'on appréciera les bienfaits du système, tant par son incidence
sur le maintien d'activités si nécessaire à notre
bien être que pour le sentiment de solidarité communautaire
positive, transversal aux classes sociales, qu'il suscite. Dès
lors, sa remise en cause serait irrémédiablement perçue
comme une régression économique et sociale. Là est
la pédagogie qu'il conviendra de développer dans l'opinion.
La société verra-t-elle coexister
durablement sans violence une population bien intégrée et
une autre ne disposant pour vivre que du revenu inconditionnel ?
Le revenu inconditionnel ne répond pas en soi au problème
du chômage, car il s'inscrit dans une toute autre perspective.
Il ne dispense pas chacun de chercher à travailler pour améliorer
son train de vie. De même, il ne dis-pense pas la société
de favoriser l'emploi par une judicieuse réduction de la durée
du travail allant de pair avec une croissance économique mieux
maîtrisée. Contrairement à certaines affirmations,
le revenu inconditionnel ne se substitue pas au revenu du travail; il
vient seulement, en complément, pour assurer à chacun un
minimum de sécurité.
IV - LA DISTRIBUTION D'UN REVENU INCONDITIONNEL RISQUE
DE DÉRÉGLER L’ÉCONOMIE
Le revenu inconditionnel va entraîner
dans les pays riches une immigration non maîtrisable
Non, car tout citoyen n'a droit qu'au revenu de son pays d'origine. S'agissant
des immigrés, il revient donc au pouvoir politique, par des accords
nationaux ou multinationaux, de définir à partir de quand
ils accéderont à la communauté nationale. Précisons
que le revenu inconditionnel est un système de valeur universelle,
applicable dans tous les pays, ou groupe de pays, chacun au niveau de
sa richesse nationale (voir infra).
Le revenu inconditionnel va déstabiliser
les structures économiques
Chaque individu, même lorsqu'il n'exerce pas une activité
rémunérée, représente un potentiel d'échange,
créateur de richesse. Ne pas le reconnaître et ne pas le
concrétiser par le versement d'un revenu prive la collectivité
d'un gain collectif. Loin de déstabiliser l'économie, le
revenu inconditionnel permet, notamment, d'alléger le coût
du travail; et, par sa permanence et sa régularité, il atténue
les variations conjoncturelles. En outre, son apport est particulièrement
important dans les régions économiquement les plus touchées
: chaque habitant des campagnes et des banlieues reçoit ainsi une
potentialité d'échange et d'initiative non négligeable,
évitant les effets antisociaux et anti-économiques de la
course à la mendicité financière. Il trouve ainsi
un prolongement heureux dans l'aménagement du territoire, les personnes
les plus touchées par la crise et vivant dans des banlieues surpeuplées
ayant alors avantage à retourner à la campagne, où
la vie continuera à y être moins chère.
Ce projet est un saut dans l'inconnu
Absolument pas puisque, en Alaska, la distribution d'un revenu inconditionnel
est bien une réalité depuis plusieurs années. C'est
ainsi que ce pays distribue à tous ses habitants le produit de
sa rente pétrolière, avec les revenus des placements financiers
qui y sont attachés. Depuis, l'exode de la population est arrêtée
et le taux de croissance de l'économie de l'Alaska est supérieur
à la moyenne américaine. Il serait donc bien dommage de
l'oublier et de ne pas profiter des enseignements de cette enrichissante
application .
Le revenu inconditionnel développe
l'assistanat
Évidemment non puisque chacun le touche et reçoit une somme identique.
En cela il se distingue fondamentale-ment de l'impôt négatif,
du RMI et des diverses aides à la personne qui s'inscrivent précisément
dans la logique de l'assistanat, générateur de gaspillage
et de fraude. Le revenu inconditionnel, librement complété
par des revenus d'activité et sans retenue sur ceux-ci, n'incite
donc pas à frauder et personne ne trouve avantage à se maintenir
dans une situation d'assistance. C'est précisément l'inconditionnalité
qui freine l'extension indéfini de l'assistanat.
Le revenu inconditionnel risque d'entraîner
la suppression des minima sociaux
La proposition d'allocation d'un revenu inconditionnel est totalement
indépendante en soi des autres modes de rémunération.
Le lien suggéré par l'école libérale découle
d'une idéologie qui nous est étrangère. En revanche,
l'attribution d'un revenu inconditionnel permettra de compenser, tout
au moins pour les salaires les plus bas, la baisse relative des rémunérations
mensuelles, liée à une réduction voulue ou subie
des horaires. En conséquence, loin d'entraîner une baisse
du niveau de vie des moins favorisés elle devrait, bien au contraire,
contribuer à son maintien.
V - LA MISE EN ŒUVRE SERA DÉLICATE
Ce projet généreux n'est pas
finançable
Le niveau du revenu inconditionnel est fonction de la richesse du pays
ou du groupe de pays qui l'adopte (progressivement en Europe, par exemple).
Une part se trouve déjà financée par les économies
réalisées sur les allocations auxquelles il se substitue.
En outre, sa mise en œuvre doit être progressive et s'échelonner
sur un minimum de 5 années et même bien davantage, le revenu
inconditionnel distribué augmentant chaque année. Sa charge
sera donc progressive et le revenu supplémentaire ainsi distribué
va concourir à l'augmentation du PIB, augmentation d'autant plus
aisée qu'avec un taux de chômage élevé il existe
un important réservoir de main d'œuvre, qu'il suffit de former
pour l'adapter aux nouvelles offres d'emploi.. On redistribuera davantage
mais à partir de plus de richesses. De la sorte, le poids de la
charge restera proportionné à la richesse collective. Au
démarrage, pour amorcer le financement, rien n'interdit de recourir
à des moyens novateurs, compatibles avec le niveau d'activité,
la situation de l'emploi, l'état des finances. Par exemple : emprunt
auprès des banques à durée illimitée et à
taux faible, émission de monnaie au bénéfice direct
des citoyens, taxes sur les mouvements de capitaux, aménagements
fiscaux sans augmentation du prélèvement global, etc.
Pour la France, en 1996, le coût total pour la nation serait de
l'ordre de I800 à 2.000 milliards de F, selon le niveau et le
mode d'allocation proposés. Après prise en compte des économies
sur les prestations auxquelles le revenu garanti se substituerait ( la
quasi totalité à l'exception des aides pour incapacités
physiques ou mentales) , soit environ 1.500 milliards ( l'économie
ainsi réalisée étant d'autant plus grande que le
revenu inconditionnel est plus élevée), il reste à
financer environ 500 à 600 milliards, soit un peu plus de 6,% du
PIB. Après imputation des économies sur les frais de gestion
du système existant, de l'ordre de 100 milliards, il ne subsiste
plus qu'un solde négatif de 4 à 50000 milliards. Au rythme
annuel de progression de 2,5% à 3% du PIB, sa crois-sance sur 10
ans, durée probable de mise en œuvre de la réforme,
permet d'assurer le financement requis sans augmentation du taux de prélèvement
des impôts.
La période de mise en œuvre,
progressive et transitoire, va entraîner des difficultés
de gestion et un fort accroissement des charges administratives
En partie seulement, car elle ne générera temporairement
qu'une charge supplémentaire réduite. Effectivement, durant
la période de transition on devra maintenir deux organisations
en parallèle, l'existante et la nouvelle; mais, n'oublions pas
que la distribution du revenu inconditionnel, entièrement automatisable,
n'entraîne en soi que des coûts réduits. En admettant
une période transitoire de n années, plusieurs modalités
sont envisageables:
- Par exemple, les allocations existantes sont calculées à
raison de n-1/nème la 1ère année, n -2/nème
la suivante et ainsi de suite et ne sont distribuées que pour
la partie excédant le revenu inconditionnel, le nouveau régime
ne devant conduire à aucune perte de revenu.
- Ou bien, on estime plus simple de supprimer totalement une première
série d'allocations dès la 1ère année, une
autre série la seconde année et ainsi de suite.
De toutes façons, à la fin de la période de transition
la plupart des allocations actuellement versées auront été
supprimées et ce, d'autant plus, que le montant du revenu inconditionnel
sera plus élevé.
On va donc devoir licencier la majeure partie
du personnel chargé de distribuer et de contrôler toutes
les allocations auxquelles le revenu inconditionnel se substitue.
L'affectation optimale des moyens se pose à toute organisation,
qu'elle soit publique ou privée. C'est ainsi que si la collectivité
doit assurer avec une bonne qualité toutes les fonctions dont elle
a la charge, elle doit aussi utiliser au mieux ses ressources et supprimer
toute bureaucratie inutile. Alors que certains services sont pléthoriques,
d'autres manquent de moyens. Il faut donc opérer les transferts
nécessaires et pouvoir former à de nouveaux métiers,
avec le niveau de compétence requis, de nombreux agents, sans avoir
à les licencier. En l'espèce, les personnes dégagées
par la mise en œuvre du revenu inconditionnel seront donc volontairement
reconverties vers d'autres fonctions à choisir. Les économies
réalisées sur certaines administrations permettront donc
de financer des services nouveaux et d'améliorer la qualité
des services existants, au plus grand bénéfice des usagers.
VI - IL EXISTE D'AUTRES MOYENS PLUS EFFICACES POUR
PARVENIR AU RÉSULTAT SOUHAITE
Pour assurer un revenu de base, l'impôt
négatif est tout aussi performant et présente l'immense
avantage de ne pas heurter nos bases culturelles et nos mentalités.
Toute réforme réellement novatrice choque a priori, mais
il faut en mesurer la portée à long terme.
- L'impôt négatif, a priori séduisant, présente
le grave inconvénient d'inciter au travail non déclaré.
En effet, pour les individus aux revenus inférieurs au seuil
de référence, il n'est pas intéressant de déclarer
des ressources supplémentaires qui, de fait, seront taxées
à 100 %, puisqu'elles leur feront perdre le bénéfice
de leur allocation. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'expérimentation
de l'impôt négatif a dû être abandonnée
dans l’État des États Unis où il avait été testé.
En revanche, le revenu d'existence, distribué à tous sans
aucune justification de ressources, s'affranchit de cet inconvénient
majeur dès lors qu'il est entièrement cumulable avec les
autres revenus.
- L'impôt négatif, en opérant une distinction entre
les riches et les pauvres, reste dans la logique de l'assistanat.
- En outre, il ne contribue ni à une meilleure transparence dans
la redistribution des richesses, ni à l'allégement des
diverses charges administratives de traitement, puisqu'il ne fait que
corriger l'insuffisance de l'en-semble des allocations distribuées.
Pour faciliter l'intégration économique
du plus grand nombre ne serait-il pas préférable de substituer
au revenu inconditionnel des "droits de tirage sociaux". C'est
ainsi que chacun bénéficierait d'un capital temps rémunéré
et/ou de formation, utilisable à son gré tout au long de
sa vie, lui permettant de maintenir ses compétences ou de prendre
des congés sabbatiques.
Ce projet et celui du revenu inconditionnel ne sont pas antinomiques.
Des "droits de tirages sociaux" ne sont qu'une forme particulière
d'allocation universelle, mais cette fois l'usage en est défini
a priori. Ne vaut-il pas mieux laisser le citoyen libre d'exercer ses
propres choix, en lui versant un revenu inconditionnel qu'il peut utiliser
à sa guise ? C'est étendre son champ de liberté et,
par là même, le responsabiliser davantage. Bien entendu,
le versement du revenu inconditionnel ne dispense pas l’État d'instruire
ses citoyens et, en collaboration avec les entreprises, de leur assurer
une formation permanente. Cela est déjà réalisé
en partie aujourd'hui mais devrait et pourrait être grandement amélioré.
Ce projet utopiste ne va pas dans le sens
des propositions de lutte contre la précarité
Effectivement ce projet novateur s'éloigne de la pensée
dominante du moment qui privilégie l'assistanat. Il préfère
agir sur les causes de la précarité que la soulager. C'est
pourquoi le droit à un revenu inconditionnel progresse dans les
esprits.
- En France l'idée en a été exprimée pour
la première fois par Thomas Payne, en 1792 devant la Convention,
mais la révolution bourgeoise ne s'y est pas arrêtée.
Dès 1930, les fédéralistes européens, sous
l'impulsion d'Alexandre Marc, défendent le minimum social garanti.
Plus récemment, pour citer quelques noms, les économistes
Henri Guitton et Yoland Bresson proposent le revenu d'existence, C-H Douglas et Louis Even le dividende pour tous et une vraie démocratie économique, Jean
Marc Ferry le revenu de citoyenneté, René Passet le revenu
minimum garanti, Philippe Van Parijs l'allocation universelle; plus
récemment André Gorz et Ignacio Ramonet se sont rangés
à l'idée d'une allocation inconditionnelle.
- En Europe, un réseau européen est constitué :
Le Basic Income European network (BIEN) animé par Philippe Van
Parijs . Tous les deux ans le BIEN organise un congrès international
au profit de ses correspondants européens et étrangers.
- L'Alaska, rappelons le, distribue déjà un revenu inconditionnel.
- En Europe, l'Irlande prépare un projet de loi en ce sens et
d'autres pays s'interrogent, le Brésil, la Finlande, les Pays
Bas par exemple. Sans aller jusqu'à la généralisation
d'une allocation universelle, on chemine bien dans cette voie. C'est
ainsi que la politique agricole commune se réoriente vers le
versement d'allocations aux agriculteurs, au lieu des subventions à
la production. De même, l'on cherche à généraliser
la couverture maladie et l'on avance le droit au logement, en complément
au droit à la formation. La prochaine étape, plus ou moins
proche, peut donc être le droit à un revenu inconditionnel.
EN CONCLUSION
En soi, le revenu inconditionnel ne présuppose aucune idéologie.
L'idéologie libérale aussi bien que sociale démocrate
peut se construire sur la base de cette proposition. Elle vient nous rappeler
non seulement que nous appartenons au même corps social, mais aussi,
qu'à ce titre, nous formons une entité à considérer
dans sa globalité, quels que soient les individus qui la composent,
leurs situations personnelles et leur âge. En cela le revenu inconditionnel
est un facteur de paix sociale.
Attribué sous contrôle à chaque citoyen des pays
en voie de développement, le revenu inconditionnel, même
très faible par tête, pourrait modifier radicalement notre
assistance à ces pays, jusqu'ici confisquée par quelques
profiteurs. Elle changerait du tout au tout les données de la
lutte contre la misère dans le monde.
Évidemment, le revenu inconditionnel, à lui seul, ne peut prétendre
guérir tous les maux dont souffre la société. Pour
autant, il n'en constitue pas moins un des fondements essentiels des réformes
à entreprendre.
Un revenu de base de 2500 francs pour tous, c'est
l'idée de l'initiative populaire qui vient d'être lancée. Le but est de
permettre à l'ensemble de la population de vivre dignement. Payer les
gens à ne rien faire ou augmenter la qualité de vie? Une véritable
remise en question de notre système économique et social. Débat avec
Elisabeth di Zuzio, secrétaire du Réseau BIEN-CH, et Paul Dembinski,
économiste, directeur de l'Observatoire de la finance.
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