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dimanche 21 février 2016

Gabriel Garcia-Moreno, Président catholique de l'Equateur

Gabriel Garcia-Moreno,
Président catholique de l'Equateur



Gabriel GARCIA-MORENO (1821-1875)
PRESIDENT CATHOLIQUE de la REPUBIQUE DE L'EQUATEUR

Gabriel GARCIA-MORENO naquit la veille de Noël de l’an 1821, à Guayaquil, port principal de l’Equateur. Il était le huitième et dernier enfant d’une famille jadis opulente que les révolutions successives avaient réduit à la pauvreté.
C’était un enfant peureux que tout épouvanté : l’orage, les ténèbres, la vue d’un cadavre… Son père réussit partiellement à le guérir de ses terreurs en l’obligeant tout jeune encore à en affronter les causes, dans une ville livrée aux horreurs, violences et dangers quotidiens. Il surmonta si bien ce handicap que, plus tard, il abordera les situations les plus dramatiques avec un sang froid et un courage devant lesquels ses pires ennemis durent s’incliner.
Un charitable religieux ayant remarqué l’intelligence et les dons exceptionnels de cet enfant pauvre, s’intéressa à lui. Il commença son éducation puis le confia à deux dames sans fortune qui l’accueillirent chez elles, à Quito, la capitale du pays, afin qu’il put y poursuivre ses études à l’université. Il avait quinze ans et trouvait chez ces dames un foyer où le logement et la nourriture lui étaient offerts généreusement. Le jeune garçon reconnaissant, mena sous leur toit une vie austère, toute consacrée au travail, obtenant de si brillants résultats qu’ils attirèrent sur lui l’attention générale.
D’une piété profonde, le jeune homme songea un moment à se consacrer à Dieu, mais il comprit vite qu’il était fait pour le combat. En attendant, l’étude était pour lui une véritable passion et son unique distraction, chaque matière nouvelle le reposant de la précédente. Il apprit ainsi les langues : le français, l’anglais, l’italien, qu’il parlait avec aisance. De toutes les disciplines abordées, ses préférences allaient vers les mathématiques et la chimie. Cette passion pour l’étude lui faisait limiter par trop son temps de sommeil et il fit une grave névrose qui lui imposa un long temps de repos.
A la faveur de ces loisirs forcés, il fit la connaissance des salons qui s’ouvrirent tout grands devant ce beau jeune homme de 20 ans au visage régulier éclairé de grands yeux noirs, doué d’esprit et de qualités de cœur. Le renom de ses succès universitaires éclatants l’avait précédé. Recherché, fêté, flatté, il se prit à aimer les mondanités. Lorsqu’il en eût conscience, pour couper court à la tentation, il se rasa la tête et s’enferma à nouveau avec ses livres. Au bout de six semaines il reparut, mais il avait perdu définitivement le goût des frivolités. A 23 ans, le métier d’avocat ne le retint pas et il s’orienta vers la politique.
On était en 1839 et le général Florès avait été élu premier président de la jeune république équatorienne pour un mandat de 4 ans. La situation lui plut et il tourna donc la constitution afin de prolonger de huit ans des pouvoirs quasi absolus, appliquant une politique anticléricale et absolument arbitraire aboutissant à une révolution qui le chassa du pays. Garcia-Moreno qui s’était engagé dans la lutte n’eut pas longtemps à se réjouir de ce succès car son successeur,  Roca, profita de sa situation pour s’enrichir au détriment de ses administrés. Indigné, Garcia-Moreno fonda le journal « Le Fouet » pour dénoncer tous les scandales du gouvernement. Or, trois mois n’étaient pas écoulés que la menace d’une invasion espagnole conduite par Florès interrompit la publication, remplacée par « Le Vengeur » destiné à informer le pays du danger, y intéresser anglais et américains qui s’interposèrent, évitant un conflit.
                                                 
            Les luttes d’influences ne tardèrent pas à se manifester à Guayaquil, la mettant à feu et à sang. Roca désemparé, fit appel à Garcia-Moreno. Malgré qu’il fut malade à ce moment, il n’hésita pas à arriver pour trouver une foule en délire à laquelle il sut si bien s’imposer que huit jours lui suffirent pour ramener l’ordre et le calme. Il refusa toute rétribution afin de garder les mains libres, sachant qu’il lui faudrait attaquer ce gouvernement corrompu sans tarder. Il avait 26 ans.
            Le journal « Le Fouet » fut remplacé par « Le Diable » dont la virulence ne corrigea pas les maîtres du jour et eut peu d’impact sur le peuple. Voyant ses efforts à sauver le pays inutiles, Garcia-Moreno quitta l’Equateur et pendant six mois, parcourut l’Angleterre, la France et l’Allemagne, tirant comme conclusion à ses observations qu’une nation sans religion oscille entre l’anarchie et la dictature. Il s’était promis de renoncer désormais à la politique, mais les circonstances en décidèrent autrement avec la rencontre qu’il fit de religieux jésuites expulsés de la Nouvelle Grenade sous régime maçonnique intolérant. Garcia-Moreno retrouvant sa pugnacité proposa aux exilés de les mener à Quito d’où leur Ordre avait été chassé depuis près d’un siècle et où leur enseignement serait bien utile. Cette initiative était audacieuse or, la Convention accueillit les religieux avec chaleur et la ville, avec enthousiasme.
            La franc-maçonnerie ne tarda pas à partir en guerre contre ces jésuites. Garcia-Moreno les défendit, sachant qu’après eux, c’était l’Eglise qu’ils viseraient, puis les prêtres, et enfin, tous les catholiques. Son énergique intervention ramena un calme momentané car, en 1851, un coup d’état porta à la présidence, Urbina, l’homme de toutes les traîtrises, inaugurant son mandat par la terreur et l’expulsion des jésuites.

            Garcia-Moreno entama donc une campagne de presse virulente contre le dictateur avec « La Nation » dont le premier numéro lui attira les menaces du nouveau président auxquelles Garcia-Moreno répondit :

            - « J’avais déjà de nombreux motifs de poursuivre mon action ; j’en ai maintenant un de plus, celui de ne pas me déshonorer en cédant à des menaces. »

La parution du n°2 lui valut un arrêté d’expulsion mais, échappant à ses gardiens, il rentra secrètement à Quito. Faute de moyens, il dût cependant s’expatrier. Quelques semaines plus tard, les électeurs de Guayaquil  le nommaient sénateur et, à l’ouverture du congrès, il était présent. Bien que son nouveau titre l’ait rendu inviolable, Urbina se plaçant au-dessus des lois le fit déporter au Pérou, sur la plage déserte de Payta où il demeura 18 mois avec pour toute compagnie la lecture et l’étude. A la fin de cette période, il partit pour Paris, s’installa au quartier latin d’où il approfondit ses connaissances en chimie. Il avait 33 ans et les circonstances le ramenaient à une ardente pratique religieuse qu’il ne devait plus abandonner.
            En Equateur cependant, le mandat d’Urbina dont celui-ci avait profité pour persécuter l’Eglise, opprimer le peuple et dilapider l’argent des contribuables, se terminait. Dès son accession, son successeur, Roblez, rouvrit le pays aux exilés et, en 1856, après deux ans passés à Paris, Garcia-Moreno rentrait en Equateur où, à peine arrivé, il fut nommé recteur de l’université de Quito. Son activité et ses compétences lui permirent de créer une faculté des sciences où il donnait lui-même les cours de chimie tout en réorganisant l’enseignement.
                                                                                 
                                                                                
            La politique pour Garcia-Moreno finissait toujours par reprendre ses droits et, en raison de l’approche des élections, il lançait « l’Union Nationale » pour tenter de regrouper les opposants au gouvernement. Malgré la majorité obtenue par l’opposition, on vit Urbina venir épauler Roblez. Selon son habitude, Garcia-Moreno refusa de se dérober et, entouré des tueurs qui n’attendaient qu’un signe pour agir, sans le moindre mouvement d’émotion, Garcia-Moreno parla avec une telle force et une telle éloquence que les « tauras » (assassins) déconcertés, sortirent en tremblant alors que lui-même était ramené chez lui en triomphe.
            La situation n’en fut pas pour autant clarifiée, Urbina et Roblez s’étant attribué tous les pouvoirs. Une période de violence inouïe obligea Garcia-Moreno à se réfugier précipitamment au Pérou laissant derrière lui un pays en effervescence, proclamant la déchéance de Roblez et un gouvernement provisoire dont lui-même était nommé le chef. Accourant, il lança un nouveau journal dont le titre annonçait le but : « A bas les tyrans » ; mais ces tyrans disposaient d’une armée et non le gouvernement provisoire.
            C'est alors que Franco, gouverneur de Guayaquil, éliminait le président en poste et, pour se donner une apparence de légalité, se présenta seul aux électeurs, obtenant 161 voix alors que 160 voix allaient spontanément à Garcia-Moreno qui ne s’était pourtant pas présenté, l’infime majorité obtenue par Franco se situant uniquement dans sa province et non dans le pays.
            Garcia-Moreno le voyant pactiser avec l’ennemi péruvien, s’occupa de recruter et de former une armée, de créer et de diriger une fabrique d’armes et de poudre, d’administrer les affaires et de tenter une activité prodigieuse et toujours sous la menace d’un assassinat. Un jour, d’ailleurs, il fut assailli par une troupe soudoyée par Franco pour l’éliminer. Poursuivi à travers les défilés montagneux, dans la forêt tropicale, cet homme extraordinaire franchit des escarpements réputés impraticables avec une rapidité qui découragea ses poursuivants. Arrivé enfin à Riobamba parmi des troupes fidèles, il éprouvait un urgent besoin de repos et dormait d’un profond sommeil lorsqu’il fut brutalement tiré par une révolte de la garnison. Un officier vint insolemment lui réclamer sa démission :
- « Jamais ! » répondit-il et devant l’attitude menaçante de son interlocuteur :
          
- « Vous pouvez briser ma vie, mais aucun d’entre vous n’est assez fort pour briser ma volonté ! » 

Les insurgés le jetèrent donc en prison.
            Un ami lui envoya son serviteur, lui conseillant de s’évader par la fenêtre, un cheval scellé étant tenu à sa disposition :

            - « Dites à votre maître, répondit-il, que je sortirai par la porte comme j’y suis entré. »

Et il tint parole.
Au garde préposé à sa surveillance, il demanda :
« A qui as-tu fait serment de fidélité ? »
« Au chef de l’Etat. »
« Eh bien, le chef légitime de l’Etat, c’est moi. Tes officiers sont des parjures. N’as-tu pas honte de leur prêter main forte et de trahir ainsi ton Dieu et ton pays ? »

Le  soldat effrayé, tombant à genoux, demanda grâce.

« Je te ferai grâce si tu veux m’obéir et faire ton devoir. »

Quelques instants après, le prisonnier libéré galopait, bride abattue, retrouver 14 fidèles avec lesquels il retournait à la caserne de Riobamba où les mutins étaient ivres ou endormis. Leurs meneurs appréhendés furent immédiatement jugés sur la place publique. Constatant cependant la disparition de plusieurs compagnies, avec sa mince escorte renforcée de quelques braves, la nuit suivante, il se lançait à la poursuite des fuyards qu’il neutralisa dans le désordre et la confusion causés par la surprise de sa venue, nul n’ayant imaginé le si petit nombre des assaillants. Ainsi, grâce à son audace, à son sang froid et à un courage invincible, il avait, une fois encore, rétabli l’ordre.
            Le nouveau chef du gouvernement allait avoir besoin de son inébranlable énergie car, en novembre 1859, Franco venait d’ouvrir les frontières du pays à 6 000 péruviens auxquels il était prêt à céder une partie du pays en échange de leur aide contre Garcia-Moreno.
            La situation était si grave que celui-ci en fut effrayé, songeant même, un moment, à solliciter le protectorat de la France. La démarche n’ayant pas abouti, il prépara le pays à la défense. Par son énergie et un sens aigu de la stratégie, Garcia-Moreno, contournant des forces largement supérieures, les mit en fuite ne laissant plus que Guayaquil à Franco, lequel proposait le démembrement du pays au Pérou, toujours en échange de son aide militaire.
            La position de Guayaquil paraissait imprenable or, Garcia-Moreno simulant une attaque d’un côté, fit passer de nuit son armée entière avec ses canons, par des marais inextricables, réputés impénétrables. La surprise totale assura la victoire aux assaillants et Franco s’enfuit sur un navire péruvien. C’était le 24 septembre 1860, en la fête de N.D. de la Merci. Le pays était sauvé contre toute attente et Garcia-Moreno plaça l’armée sous la protection de N.D. de la Merci, le gouvernement et elle, devant désormais fêter solennellement cet anniversaire.
            Depuis 15 ans, Garcia-Moreno combattait sans relâche contre les factions qui déchiraient le pays. A 39 ans, il en était devenu le chef incontesté ; il fut élu à l’unanimité président de la République. Tout était à faire maintenant dans un pays dévasté et ruiné. Sa première décision fut de refuser la moitié du traitement qui lui était attribué, l’autre moitié étant réservée intégralement aux bonnes œuvres, vivant lui-même sur ses modestes revenus personnels.   
            L’armée dût se plier à une stricte discipline, inconnue jusqu’alors. Sans attendre, un concordat fut conclu avec Rome, consacrant l’indépendance de l’Eglise. La religion catholique devenait la religion de l’Etat à l’exclusion de toute autre, lui donnant toute autorité dans le secteur de l’enseignement. A ce stade, les sociétés secrètes se déchaînèrent contre le nouveau président, orchestrées par la presse américaine.
            De  l’étranger, Urbina intriguait pour renverser le pouvoir, trouvant, en Nouvelle Grenade, l’appui du président Mosquera, ennemi acharné de l’Eglise, qui rêvait de conquérir l’Equateur et le Venezuela à son profit. Le 15 août, il annonça son intention de remplacer « l’oppression théocratique » par les doctrines radicales.
            Il fallait donc recourir à nouveau à la force, mais l’armée était divisée. Trahie par des officiers, elle fut défaite et, cette fois encore, Garcia-Moreno se trouvait dans une situation angoissante. Dans une proclamation au peuple, il lui rendit courage et, contre toute attente, une nouvelle armée put s’opposer aux ambitions de Mosquera qui, en dépit de toutes ses tentatives, dût renoncer à s’emparer de l’Equateur.
            La guerre était terminée mais Garcia-Moreno, toujours en difficulté avec des éléments hostiles, envoya sa démission. Tout le pays, y compris ses adversaires effrayés, l’assurèrende leur adhésion à toute sa politique pour éviter de le voir abandonner la direction du pays qui sembla donc s’acheminer enfin vers le calme. Voyant l’échec de leurs entreprises de déstabilisation, les francs-maçons ne virent plus que la solution de l’assassinat. Ils trouvèrent des traîtres : le général Maldonado et l’aide de camp de Garcia-Moreno qui, averti à la dernière minute, échappa à la mort.
               Urbina, pendant ce temps, avait conclu un accord avec le Pérou, introduisant une troupe de pirates dans une province de l’Equateur pendant que des vaisseaux péruviens débarquaient des troupes sur différents points de la côte. Dans ce moment critique, le général Maldonado qui s’était enfui, fut pris. Garcia-Moreno le fit immédiatement fusiller sur la grande place, intimidant par cette mesure les partisans d’Urbina. Les péruviens se retiraient ; les tentatives du Pérou avaient échoué. Le pays était à nouveau sauvé grâce à l’extraordinaire force de caractère de Garcia-Moreno dont l’autorité se trouvait renforcée. Il n’était cependant pas au bout de ses peines car les révolutionnaires furieux, arraisonnèrent par surprise l’unique bateau de guerre de l’Equateur.  
               Garcia-Moreno, à ce moment-là était malade et au repos forcé. Cependant, à l’annonce de cette nouvelle, il partit immédiatement en pleine nuit pour Quito, en dépit de ses difficultés de santé. De Quito, il prit la direction de Guayaquil qu’il atteignit en trois jours, à marche forcée, à travers une région montagneuse, inextricable, dépourvue de voie de communication. Il arriva en pleine nuit, surprenant un conseil municipal urbiniste hostile. Le voyant, un employé affolé, fit irruption dans la salle du conseil en criant : « Garcia-Moreno ». La foudre n’aurait pas produit plus d’effet sur cette assemblée qui s’enfuit précipitamment s’enfermer chacun chez soi. Telle était l’aura de cet homme que, seul et désarmé, son nom suffisait à mettre ses ennemis en fuite. Le calme était revenu comme par enchantement dans la ville.
               Puis on vit ce que peut faire la volonté et l’esprit de décision d’un homme d’une telle valeur : louant « le Talca », un vapeur anglais, Garcia-Moreno l’arma puis, au capitaine qui refusait de remplacer le drapeau anglais par celui de l’Equateur, il le ramena à l’obéissance en lui disant avec un regard terrible :

              « Je vais vous faire fusiller sur le champ et votre drapeau vous servira de linceul ! »

Précédé d’un petit vapeur qui servait d’éclaireur au « Talca », Garcia-Moreno partit pour une nouvelle expédition maritime d’une hardiesse folle, avec seulement 250 soldats déterminés, dont nul ne pensait qu’il reviendrait vivant.
               Le lendemain, le « Talca » retrouvait les trois vaisseaux ennemis dont les capitaines dînaient joyeusement. La goélette fondit comme l’éclair sur le premier qui sombra sous le choc. Le reste de la flotte, prise au dépourvu tombait entre les mains de Garcia-Moreno. C’était une déconfiture totale de l’adversaire et, dès lors, Urbina cessa de s’attaquer à une personnalité de cette trempe.
               Parti de Quito assez gravement malade, Garcia-Moreno y revenait guéri pour y être reçu en triomphe ; mais il désirait abandonner un pouvoir épuisant, maintenant qu’il avait écarté successivement de l’Equateur tous ses ennemis. Il nomma Carion pour le remplacer. Le nouveau président manquant d’énergie, laissa l’opposition reprendre pied dans le pays dont Garcia-Moreno avait été éloigné avec une mission diplomatique au Chili. Ses ennemis pensaient qu’on pourrait lui interdire son retour et trouver, sur place, des tueurs à gages. De fait, débarquant à Lima, Viteri, parent d’Urbina tira sur lui à bout portant, le blessant légèrement. Garcia-Moreno, avec sa rapidité de réaction habituelle, s’élançant sur lui, déviait la troisième balle. La franc-maçonnerie acquitta immédiatement son agresseur, cherchant par contre le moyen de le condamner sans cependant y parvenir.
Sa mission accomplie et le pouvoir ne l’ayant pas enrichi, l’ex-président dût travailler, rejoignant son frère dans une branche commerciale, à Guayaquil. Le mandat de Carion fut un échec complet. Garcia-Moreno réussit à le convaincre de se démettre en faveur du scrupuleux Espinosa qui fut tout aussi incapable de diriger fermement le pays. Attristé de ne pouvoir trouver un homme énergique, Garcia-Moreno se retira à la campagne où sa santé avait bien besoin de se rétablir que tant de luttes avaient ébranlé. Veuf de sa première femme, il avait épousé l’une de ses nièces, Mariana de Alcazar qui vivait dans l’angoisse en raison des menaces permanentes qui pesaient sur son mari. Le ménage s’était retiré dans la province d’Harra, loin de la vie publique, dans une propriété agricole que Garcia-Moreno avait résolu d’exploiter lui-même.
               Après un an de retraite, il refusa de se présenter à l’élection présidentielle ainsi qu’on le pressait de le faire. Cet homme exceptionnel s’estimait incapable de gouverner convenablement son pays mais lorsqu’un partisan d’Urbina se présenta, il sortit subitement de son isolement pour lui barrer la route. Le résultat fut immédiat : le candidat adverse se retira devant cet homme si fort. Les révolutionnaires ourdirent une nouvelle fois de le faire assassiner…
               A Guayaquil, la situation était redevenue explosive. Garcia-Moreno y partait sans délai avec une poignée d’amis, mais c’est seul qu’il se présentait, de nuit à la caserne .

« Qui vive » ! cria la sentinelle.
« Garcia-Moreno. »
Le soldat qui l’avait acclamé bien des fois se troubla, lui demandant ce qu’il voulait à pareille heure.

               - « Je veux sauver la religion et la patrie. Tu me connais ; laisses-moi passer. »
Et la sentinelle de crier :

               - « Vive Garcia-Moreno » !

En un instant, toute la caserne retentissait du même cri, répercuté quelques heures après dans toute la ville.
Les projets d’Urbina étaient déjoués et Garcia-Moreno recevait le titre de président intérimaire, annonçant en même temps qu’une fois l’ordre rétabli, il quitterait le pouvoir. Ni les pressions, ni supplications ne le firent revenir sur cette décision. Son beau-frère, Manuel Ascabuti fut ainsi élu à  la présidence à titre provisoire, avec une convention nouvelle, élaborée par Garcia-Moreno, commençant ainsi :
« Au nom de la Sainte Trinité, au nom de Dieu, Auteur, Conservateur et Législateur de l’univers… »

L’Eglise recevait la protection officielle du pouvoir temporel. L’Etat se proclamait catholique, seule religion du pays, tout membre d’une société secrète était déchu de ses droits de citoyen. La pression populaire en faveur de Garcia-Moreno fut si forte et unanime que, malgré son opposition, il fut contraint d’accepter sa nomination à la présidence. Le 30 juillet 1869, il prêtait donc serment, y ajoutant :

              « Si je tiens parole, que Dieu soit mon aide et ma défense ! Sinon, que Dieu et la patrie soient mes juges. »  
            
               L’insurrection muselée n’avait plus que le poignard pour agir. Un complot fut découvert dont les protagonistes furent condamnés à mort. L’un deux, Cornejo, vint supplier Garcia-Moreno avec tant de pleurs et de cris, qu’ému par sa jeunesse et un repentir apparent si violent que le nouveau président le gracia. Or, à peine libéré, il passa la frontière, se répandant en pamphlets odieux contre lui. Instruit par ces faits, à une occasion suivante, Garcia-Moreno répondit par une sévère leçon aux pétitions en faveur des conjurés : 

« Quand on reste sourd aux cris des victimes, on perd le droit d’invoquer la clémence en faveur des assassins. »
                                                                                                                                       
Dès ce moment, un calme, inconnu du pays depuis tant d’années s’y établit, permettant enfin à Garcia-Moreno la réalisation de son vaste et ambitieux programme. Il put également mettre en application le souhait de sainte Thérèse qui disait :

Oh ! Si  les chefs d’Etat faisaient une demi-heure d’oraison chaque jour, que la face de la terre serait renouvelée » !

C’est bien ce qu’il fit : en dépit d’un programme de travail quotidien accablant qui aurait pu occuper plusieurs personnes, il se réservait une demi-heure chaque matin pour réfléchir sur ses devoirs, méditer le plus souvent sur un passage de l’Evangile, puis il entendait la messe. De même, il visitait chaque jour les malades de l’hôpital de la ville où il se trouvait, se préoccupant des soins qu’ils recevaient et de leur nourriture. A un malade qui trouvait à redire sur l’ordinaire, il fit la réponse suivante :

« Mon ami, je ne suis pas si bien servi que vous, moi, le président de la République. »

Il resta, effectivement, sa vie durant, d’une sobriété extrême, s’abstenant habituellement de vin.
Un jour, trouvant de nombreux malades couchés par terre sur des nattes, il s’en étonnait auprès du gouverneur de la province qui l’accompagnait, lequel invoqua le manque de ressources :
« Cela ne vous empêche pas de dormir confortablement, vous qui êtes bien portant, alors que ceux-ci qui souffrent doivent coucher par terre. »

               Le gouverneur promit que le nécessaire serait fait dans quelques semaines.
« Dans quelques semaines ! s’écria Garcia-Moreno. Ils n’ont pas le temps d’attendre. Vous coucherez ici, ce soir, à côté d’eux, sur une natte et il en sera ainsi jusqu’à ce que vous ayez procuré un lit à chacun d’eux. »

               Avant la fin du jour, le gouverneur avait résolu le problème.
               Au début de sa première présidence, sa femme essaya de le persuader d’offrir un grand banquet aux diplomates et aux ministres. Il prétexta de la modicité de ses ressources.
« Qu’à cela ne tienne. Voici 500 piastres sur ma fortune personnelle. Allez donc et faites dignement les choses. »
A son retour, elle lui demanda si la somme avait suffi ?
« Parfaitement, répondit-il en riant. Je l’ai portée à l’hôpital où l’on a fait un magnifique festin en notre honneur. J’ai pensé qu’un bon dîner ferait plus de bien aux malades qu’aux diplomates. »
Un autre jour, on le vit arriver à l’improviste chez les lépreux, s’asseoir à leur table pour juger lui-même de quelle manière ils étaient servis. Jugeant l’ordinaire insuffisant, il le fit améliorer. Autant on le vit intraitable sur des sanctions qui lui paraissaient nécessaires, autant les humbles trouvaient toujours en lui un défenseur. Un jour, une pauvre veuve vint en pleurant, se plaindre qu’un homme riche lui avait extorqué 10 000 piastres.
« Donnez 10 000 piastres à cette femme », dit-il à son trésorier"
« Et qui les remboursera » ? demanda ce dernier."
« Le voleur. Inscrivez la somme à son compte. »
Il se préoccupa du sort des indiens, spoliés par des usuriers auxquels il faisait confisquer la chose prise, avant de les expulser du pays. La charité de cet homme s’étendait à tous les secteurs dont les prisonniers n’étaient pas exclus. En tout, il agissait en parfait chrétien, disant :
« Puisque nous avons le bonheur d’être catholiques, soyons-le logiquement et franchement, dans la vie publique comme dans la vie privée. 
En six ans, Garcia-Moreno transforma l’Equateur de fond en comble.
Il commença par rendre l’école gratuite et obligatoire dans le primaire avec des enseignants catholiques. Il fit venir de France des jésuites qu’il chargea d’ouvrir des collèges pour les garçons des classes favorisées ; les dames du Sacré-Cœur étant chargées d’une tâche similaire pour les filles. A Quito, une école professionnelle formait des ouvriers qualifiés. Une faculté des sciences s’ouvrit à Quito ainsi qu’une faculté de médecine, une académie des Beaux-Arts, un observatoire pour les études astronomiques.
Le président réussit à donner à ce peuple inculte, le goût de l’étude.
Sur le plan du réseau routier, à son arrivée, l’Equateur était un véritable chaos de montagnes et de précipices entrecoupés de torrents, au milieu d’une végétation tropicale luxuriante et inextricable sans la moindre route or, après 10 ans d’efforts, d’énormes ponts et viaducs permettaient l’inauguration d’une route nationale reliant Quito à Guayaquil et à la mer. Quatre autres grandes voies de communication au nord et au sud, ouvraient au pays de riches perspectives au commerce et à la libre circulation.
Garcia-Moreno avait trouvé le trésor vide et un pays aux abois. Or, des travaux considérables dans tous les secteurs, loin d’avoir endetté le  pays, grâce à une gestion méticuleuse, prudente et équilibrée, ennemie acharnée du gaspillage, était devenu florissant. Garcia-Moreno avait élevé le traitement des agents de l’Etat d’un tiers, sauf le sien, diminué de moitié. Le commerce connaissait  une merveilleuse extension ; les revenus de l’Etat avaient doublé en trois ans.
Conscient de l’influence salutaire de la religion, Garcia-Moreno encourageait son extension, nommait des aumôniers dans les casernes pour l’instruction des soldats, envoyait des missionnaires chez les indiens, demandait que des curés s’installent dans les villes et les campagnes.
Il surveillait étroitement le fonctionnement des services publics, n’hésitant pas à réprimer les abus ou complaisances coupables. Une si haute moralité s’instaura dans tout le pays que la prison neuve resta inoccupée. Il n’avait pas fallu plus de six ans, durée d’un mandat pour que la valeur exceptionnelle d’un tel homme obtint tous ces résultats. Tout le peuple le vénérait, conscient de l’immense travail accompli.
En 1873 avait eu lieu la consécration officielle de cette jeune république au Sacré-Cœur dont la conséquence immédiate fut la condamnation à mort du président par la franc-maçonnerie des loges d’Allemagne dans ses assemblées secrètes, décision chaleureusement accueillie par les loges d’Amérique. Lima avait réuni des franc-maçons du Pérou, du Chili, de la Colombie et de l’Equateur qui n’avaient pu empêcher son élection. Une campagne de presse calomnieuse de leur fait n’ayant pas obtenu de meilleurs résultats, l’assassinat fut choisi, n’étant un secret pour personne. Garcia-Moreno en était informé de différents côtés. Sans s’émouvoir, il répondait :
"Je crains Dieu mais Dieu seul », rajoutant :
« Je pardonne de bon cœur à mes ennemis. Je leur ferai du bien si je les connaissais et si j’en avais l’occasion. »
Il ajoutait encore qu’il était content d’être détesté et calomnié à cause de Dieu et le serait plus encore s’il lui était accordé la grâce de verser son sang pour Celui qui, étant Dieu, avait voulu verser le sien pour nous sur la croix .Le pressentiment du drame l’emplissait cependant d’une profonde tristesse. A un ami en partance  pour l’Europe, il lui disait en l’embrassant :
« Nous ne nous reverrons plus, je le sens, c’est notre dernier adieu », puis se détournant pour cacher ses larmes, il répéta :
« Adieu, nous ne nous reverrons plus. »
Quelques mois plus tard, il confirmait ses pressentiments à ce même ami auquel il écrivait :
« Je vais être assassiné. Je suis heureux de mourir pour ma foi. Nous nous reverrons au ciel. »
Son mandat venait d’être renouvelé pour six autres. Le 5 août 1875, il fut pressé de prendre des précautions :
« Les ennemis de Dieu et de l’Eglise peuvent me tuer, répondait-il. Dieu ne meurt pas. »
Le soir même, on le prévint que l’attenta était programmé pour le lendemain. Il ne modifia rien de son programme quotidien très chargé puis, passa une partie de la nuit en prières.
Le lendemain, 6 août, était à la fois le jour de la Transfiguration et premier vendredi du mois. Dès  six heures du matin, selon son habitude, il se dirigeait vers l’église saint Dominique pour assister à la messe et recevoir la sainte communion. Les groupes des conjurés l’épiaient sur la place, mais ils n’osèrent rien faire à ce moment. A 13 heures, passant devant la cathédrale, Garcia-Moreno y entra pour une adoration avant de se rendre au palais du gouvernement. Comme il s’y attardait, l’un des conjurés vint lui dire qu’on désirait lui parler au palais pour une affaire pressante ; il sortit donc. Arrivé à l’entrée du palais, Rayo qui le suivait le frappa d’un énorme coutelas, suivi aussitôt des coups portés par ses comparses, armes blanches et révolver. Rayo acheva le moribond en criant :
« Meurs, bourreau de la liberté ! »
" Dieu ne meurt pas ! » furent les dernières paroles de Garcia-Moreno.
La foule accourue, avait  entouré Rayo, lui faisant payer immédiatement son crime. Ses poches étaient bourrées des chèques du Pérou. La franc-maçonnerie s’était montré généreuse, comptant qu’une révolution renverserait le gouvernement abhorré pour acclamer les « libérateurs ». IL n’en fut rien et tout le peuple vint de tout le pays, rendre un dernier hommage au vénéré martyr. Beaucoup pleurait amèrement, disant :
« Nous avons perdu notre père. Il a donné son sang pour nous. »
Une heure avant de tomber sous les coups des tueurs, voici le message que Garcia-Moreno avait rédigé :

« J’achève dans quelques jours la période du mandat qui m’a été confié en 1869. La république a joui de six années de repos et, durant ces six années, elle a marché résolument dans la voie du progrès sous la protection visible de la Providence. Bien plus grands eussent été les résultats obtenus si j’avais possédé pour la gouverner les qualités qui me manquent malheureusement ou, si pour faire le bien, il suffisait de le désirer avec ardeur.
« Si j’ai commis des fautes, je vous en demande pardon mille et mille fois, et ce pardon, je le demande avec des larmes très sincères, à mes compatriotes, les priant de croire que ma volonté n’a jamais cessé de poursuivre leur bien. Si, au contraire, vous croyez que j’ai réussi en quelque chose, attribuez-en d’abord le mérite à Dieu et à l’Immaculée, dispensatrice de tous les trésors de sa miséricorde, puis à vous-même, au peuple, à l’armée et à tous ceux qui, dans les différentes branches du gouvernement, m’ont aidé avec tant d’intelligence et de fidélité, à remplir mes difficiles fonctions. »

Ces lignes reflétaient bien la hauteur humaine, morale et spirituelles de cet homme exceptionnel, et de façon providentielle laissait un témoignage de son passage et un message exemplaire aux générations qui allaient se succéder.
L’Equateur fit ériger une statue de marbre le représentant, sur son mausolée où fut gravée l’expression de l’amour et de la reconnaissance du pays. 

G.T. - Toulouse, d’après le R.P. BERTHE

Un mausolée est à Guayaquil et un autre à Quito

L’avertissement du président équatorien

« L’Europe endettée reproduit nos erreurs »

Lors d’une conférence à la Sorbonne le 6 novembre dernier, le président équatorien Rafael Correa a interpellé ses homologues européens sur leur gestion de la crise de la dette. Celle-ci serait caractérisée par une seule obsession : garantir les intérêts de la finance. Il livre ici une synthèse de sa réflexion.
Nous, Latino-Américains, sommes experts en crises. Non parce que nous serions plus intelligents que les autres, mais parce que nous les avons toutes subies. Et nous les avons terriblement mal gérées, car nous n’avions qu’une seule priorité : défendre les intérêts du capital, quitte à plonger la région dans une longue crise de la dette. Aujourd’hui, nous observons avec préoccupation l’Europe prendre à son tour le même chemin.
Dans les années 1970, les pays latino-américains sont entrés dans une situation d’endettement extérieur intensif. L’histoire officielle affirme que cette situation a résulté des politiques menées par des gouvernements « irresponsables » et des déséquilibres accumulés en raison du modèle de développement adopté par le sous-continent après la guerre : la création d’une industrie susceptible de produire localement les produits importés, ou « industrialisation par substitution des importations ».
Cet endettement intensif a, dans les faits, été promu — et même imposé — par les organismes financiers internationaux. Leur prétendue logique voulait que, grâce au financement de projets à haute rentabilité, qui abondaient à l’époque dans les pays du tiers-monde, on parviendrait au développement, tandis que le rendement de ces investissements permettrait de rembourser les dettes contractées.
Cela dura jusqu’au 13 août 1982, quand le Mexique se déclara dans l’incapacité de rembourser les échéances. Dès lors, toute l’Amérique latine dut souffrir de la suspension des prêts internationaux, en même temps que de l’augmentation brutale des taux d’intérêt de sa dette. Des emprunts qui avaient été contractés à 4 % ou 6 %, mais avec des taux variables, ont soudain atteint 20 %. Mark Twain disait : « Un banquier est quelqu’un qui vous prête un parapluie quand il fait grand soleil et qui vous le reprend dès qu’il commence à pleuvoir… »
Ainsi a débuté notre crise de la dette. Durant la décennie 1980, l’Amérique latine a opéré vers ses créanciers un transfert de ressources net de 195 milliards de dollars (près de 554 milliards de dollars en valeur actuelle). Dans le même temps, la dette extérieure de la région passait pourtant de 223 milliards de dollars en 1980 à… 443 milliards de dollars en 1991 ! Non pas à cause de nouveaux crédits, mais du fait du refinancement et de l’accumulation des intérêts.
De fait, le sous-continent a vu s’achever la décennie 1980 avec les mêmes niveaux de revenu par habitant qu’au milieu des années 1970. On parle d’une « décennie perdue » pour le développement. En réalité, perdue, c’est toute une génération qui le fut.
Bien que les responsabilités aient été partagées, les pays dominants, les bureaucraties internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID), ainsi que les banques privées internationales, bien entendu, ont résumé la difficulté à un problème de surendettement des Etats (overborrowing). Jamais ils n’ont assumé leur propre responsabilité dans l’octroi déraisonnable de crédits (overlending), sa contrepartie.
Les sévères crises budgétaires et d’endettement extérieur générées par le transfert net de ressources de l’Amérique latine vers ses créanciers ont conduit bon nombre de pays de la région à rédiger des « lettres d’intention » dictées par le FMI. Ces accords contraignants permettaient d’obtenir des prêts de la part de cet organisme, ainsi que sa caution dans la renégociation des dettes bilatérales avec les pays créanciers, réunis au sein du Club de Paris.

Carence de dirigeants et d’idées

Les programmes d’ajustement structurel et de stabilisation ont imposé les recettes de toujours : austérité budgétaire, augmentation du prix des services publics, privatisations, etc. Autant de mesures à travers lesquelles on ne cherchait pas à sortir au plus vite de la crise, ni à doper la croissance ou l’emploi, mais à garantir le remboursement des créances des banques privées. En fin de compte, les pays concernés étaient toujours endettés, non plus auprès de ces établissements, mais auprès des organismes financiers internationaux, lesquels protégeaient les intérêts des banques.
Au début des années 1980, un nouveau modèle de développement a commencé à s’imposer en Amérique latine et dans le monde : le néolibéralisme. Ce nouveau consensus sur la stratégie de développement a été surnommé « consensus de Washington », ses principaux concepteurs et promoteurs étant les organismes financiers multilatéraux dont le siège était à Washington. Selon la logique en vogue, la crise en Amérique latine était due à une intervention excessive de l’Etat dans l’économie, à l’absence d’un système adéquat de prix libres et à l’éloignement des marchés internationaux — étant entendu que ces caractéristiques découlaient du modèle latino-américain d’industrialisation par substitution des importations.
Conséquence d’une campagne de marketing idéologique sans précédent maquillée en recherche scientifique, ainsi que des pressions directes exercées par le FMI et la Banque mondiale, la région est passée d’un extrême à l’autre : de la méfiance envers le marché et de la confiance excessive en l’Etat au libre-échange, à la dérégulation et aux privatisations.
La crise n’a pas été seulement économique ; elle a résulté d’une carence de dirigeants et d’idées. Nous avons eu peur de penser par nous-mêmes et nous avons accepté de façon aussi passive qu’absurde les diktats étrangers.
La description de la crise qu’a traversée l’Equateur (lire « Equateur, 1998 ») sera sans doute familière à bien des Européens. L’Union européenne souffre d’un endettement produit et aggravé par le fondamentalisme néolibéral. Tout en respectant la souveraineté et l’indépendance de chaque région du monde, nous sommes surpris de constater que l’Europe, pourtant si éclairée, répète en tout point les erreurs commises hier par l’Amérique latine.
Les banques européennes ont prêté à la Grèce en prétendant ne pas voir que son déficit budgétaire était près de trois fois supérieur à celui déclaré par l’Etat. Se pose à nouveau le problème d’un surendettement dont on omet d’évoquer la contrepartie : l’excès de crédit. Comme si le capital financier n’avait jamais la moindre part de responsabilité.
De 2010 à 2012, le chômage a atteint des niveaux alarmants en Europe. Entre 2009 et 2012, le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne ont réduit leurs dépenses budgétaires de 6,4 % en moyenne, nuisant ainsi gravement aux services de santé et d’éducation. On justifie cette politique par une pénurie de ressources ; mais des sommes considérables ont été dégagées pour renflouer le secteur financier. Au Portugal, en Grèce et en Irlande, les montants de ce sauvetage bancaire dépassent le total des salaires annuels.
Tandis que la crise frappe durement les peuples européens, on continue de leur imposer les recettes qui ont échoué partout dans le monde.
Prenons l’exemple de Chypre. Comme toujours, le problème commence avec la déréglementation du secteur financier. En 2012, sa mauvaise gestion devient intenable. Les banques chypriotes, la Banque de Chypre et la Laiki Bank en particulier, avaient octroyé à la Grèce des prêts privés pour un montant supérieur au produit intérieur brut (PIB) chypriote. En avril 2013, la « troïka » — FMI, Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne — propose un « sauvetage » de 10 milliards d’euros. Elle le conditionne à un programme d’ajustement qui inclut la réduction du secteur public, la suppression du système de retraite par répartition pour les nouveaux fonctionnaires, la privatisation des entreprises publiques stratégiques, des mesures d’ajustement budgétaire jusqu’à 2018, la limitation des dépenses sociales et la création d’un « fonds de sauvetage financier » dont l’objectif est de soutenir les banques et de résoudre leurs problèmes, en plus du gel des dépôts supérieurs à 100 000 euros.
Nul ne doute que des réformes soient nécessaires, ni qu’il faille corriger de graves erreurs, y compris originelles : l’Union européenne a intégré des pays avec des différentiels de productivité très importants que les salaires nationaux ne reflétaient pas. Reste que, pour l’essentiel, les politiques menées ne cherchent pas à sortir de la crise au moindre coût pour les citoyens européens, mais à garantir le paiement de la dette aux banques privées.
Nous avons évoqué des pays endettés. Qu’en est-il des particuliers incapables de rembourser leurs créances ? Prenons le cas de l’Espagne. Le manque de régulation et l’accès trop facile à l’argent des banques espagnoles ont généré une immense quantité de crédits hypothécaires, lesquels ont galvanisé la spéculation immobilière. Les banques elles-mêmes cherchaient les clients, estimaient le prix de leur logement et leur prêtaient toujours davantage pour l’achat d’une voiture, de mobilier, d’électroménager, etc.
Quand éclate la bulle immobilière, l’emprunteur de bonne foi ne peut plus rembourser son emprunt : il n’a plus d’emploi. On lui prend son logement, mais celui-ci vaut beaucoup moins que quand il l’a acheté. Sa famille se retrouve à la rue et endettée à vie. En 2012, on a recensé chaque jour plus de deux cents expulsions, ce qui explique une grande partie des suicides en Espagne…
Une question se pose : pourquoi ne recourt-on pas à des remèdes qui semblent évidents, et pourquoi répète-t-on toujours le scénario du pire ? Parce que le problème n’est pas technique, mais politique. Il est déterminé par un rapport de forces. Qui dirige nos sociétés ? Les humains ou le capital ?
Le tort le plus grand qu’on ait fait à l’économie, c’est de l’avoir soustraite à sa nature originelle d’économie politique. On nous a fait croire que tout était technique ; on a déguisé l’idéologie en science, et, en nous encourageant à faire abstraction des rapports de forces au sein d’une société, on nous a tous placés au service des pouvoirs dominants, de ce que j’appelle l’« empire du capital ».
La stratégie de l’endettement intensif qui a engendré la crise de la dette latino-américaine ne visait pas à aider nos pays à se développer. Elle obéissait à l’urgence de placer les excès d’argent qui inondaient les marchés financiers du « premier monde », les pétrodollars que les pays arabes producteurs de pétrole avaient placés dans les banques des pays développés. Ces liquidités provenaient de la hausse des prix du pétrole consécutive à la guerre d’octobre 1973, ces prix ayant été maintenus à des niveaux élevés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Entre 1975 et 1980, les dépôts dans les banques internationales sont passés de 82 milliards de dollars à 440 milliards (1 226 milliards de dollars actuels).
Devant la nécessité de placer des quantités d’argent si importantes, le tiers-monde a suscité l’intérêt. Ainsi a-t-on commencé, à partir de 1975, à voir défiler les banquiers internationaux désireux de placer toutes sortes de crédits — y compris pour financer les dépenses courantes et l’acquisition d’armes par les dictatures militaires qui gouvernaient de nombreux Etats. Ces banquiers zélés, qui n’étaient jamais venus dans la région, même en touristes, ont également apporté de grosses valises de pots-de-vin destinées à des fonctionnaires afin de leur faire accepter de nouveaux prêts, quel qu’en fût le prétexte. Dans le même temps, les organismes financiers internationaux et les agences de développement ont continué de vendre l’idée selon laquelle la solution, c’était de s’endetter.

Une idéologie déguisée en science

Si l’indépendance des banques centrales sert, dans les faits, à garantir la continuité du système quel que soit le verdict des urnes, elle a été imposée comme une nécessité « technique » au début des années 1990, justifiée par de prétendues études empiriques démontrant qu’un tel dispositif générait de meilleures performances macroéconomiques. Selon ces « recherches », les banques centrales indépendantes pouvaient agir de façon « technique », loin des pressions politiques pernicieuses. Avec un argument aussi absurde, il faudrait également rendre autonome le ministère des finances, puisque la politique budgétaire devrait, elle aussi, être purement « technique ». Comme l’a suggéré Ronald Coase, lauréat du prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, les résultats de ces études s’expliquaient : on avait torturé les données jusqu’à ce qu’elles disent ce qu’on voulait leur faire dire.
Dans la période qui a précédé la crise, les banques centrales autonomes se sont consacrées exclusivement à maintenir la stabilité monétaire, c’est-à-dire à contrôler l’inflation, en dépit du fait que des banques centrales avaient joué un rôle fondamental dans le développement de pays comme le Japon ou la Corée du Sud. Jusque dans les années 1970, l’objectif fondamental de la Réserve fédérale américaine était de favoriser la création d’emplois et la croissance économique ; c’est seulement avec les pressions inflationnistes du début des années 1970 que l’objectif de promouvoir la stabilité des prix a été ajouté au lot.
La priorité donnée à la stabilisation des prix signifie également, en pratique, l’abandon des politiques visant à maintenir le plein emploi des ressources dans l’économie. Au point qu’au lieu d’atténuer les épisodes de récession et de chômage, la politique budgétaire, en comprimant sans cesse les dépenses, les aggrave.
Les banques centrales dites « indépendantes » qui se soucient uniquement de stabilité monétaire font partie du problème, pas de la solution. Elles sont l’un des facteurs qui empêchent l’Europe de sortir de la crise plus rapidement.
Les capacités européennes sont pourtant intactes. Vous disposez de tout : le talent humain, les ressources productives, la technologie. Je crois qu’il faut tirer de cela des conclusions fortes : il s’agit ici d’un problème de coordination sociale, c’est-à-dire de politique économique de la demande, ou comme on voudra l’appeler. En revanche, les relations de pouvoir à l’intérieur de vos pays et au niveau international sont toutes favorables au capital, notamment financier, raison pour laquelle les politiques appliquées sont contraires à ce qui serait socialement souhaitable.
Matraqués par la prétendue science économique et par les bureaucraties internationales, nombre de citoyens sont convaincus qu’« il n’y a pas d’alternative ». Ils se trompent.
Rafael Correa
Président de la République de l’Equateur, docteur en économie. Auteur de l’ouvrage Equateur. De la république bananière à la non-république, Utopia, Paris, 2013.

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On triomphe des 7 vices capitaux par l’exercice des 7 vertus opposées.

Ainsi on triomphe :

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Un combat à la fois, un par jour est plus efficace.

Sagesse de la première Alliance...Isaïe 11.1-3

Un rejeton sortira de la souche de Jessé,
un surgeon poussera de ses racines.
Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur,
esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
son inspiration est dans la crainte [piété] du Seigneur.


ll y a sept dons du Saint-Esprit qui nous aident dans ce combat :

1 le don de Sagesse ;

2 d’Intelligence ;

3 de Conseil ;

4 de Force ;

5 de Science ;

6 de Piété ;

7 de Crainte de Dieu.

A quoi servent les 7 dons du Saint-Esprit ?

Les 7 dons du Saint-Esprit servent à nous confirmer dans la Foi, l’Espérance et la Charité ; et à nous rendre prompts aux actes de vertu nécessaires pour acquérir la vie chrétienne et le CIEL.

Qu’est-ce que la Sagesse ?

La Sagesse est un don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres et fragiles, nous contemplons les choses éternelles, c’est-à-dire la Vérité qui est Dieu, en qui nous nous complaisons et que nous aimons comme notre souverain Bien.

Qu’est-ce que l’Intelligence ?

L’Intelligence est un don par lequel nous est facilitée, autant que c’est possible pour un homme mortel, l’intelligence de la Foi et des divins mystères que nous ne pouvons connaître par les lumières naturelles de notre esprit.

Qu’est-ce que le Conseil ?

Le Conseil est un don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain.

Qu’est-ce que la Force ?

La Force est un don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la sainte loi de Dieu et de l’Eglise, en surmontant tous les obstacles et toutes les attaques de nos ennemis.

Qu’est-ce que la Science ?

La Science est un don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et nous connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu.

Qu’est-ce que la Piété ?

La Piété est un don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les Saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain pour l’amour de Dieu.

Qu’est-ce que la Crainte de Dieu ?

La Crainte de Dieu est un don qui nous fait respecter Dieu et craindre d’offenser sa divine Majesté, et qui nous détourne du mal en nous portant au bien dans l'amour.


Les dons du Saint Esprit
(CEC 1830-1831 ; ST I-II 68.1-8)


Les dons sont des habitudes, habitus infus, qui sont en nous et qui nous rendent réceptifs aux motions du Saint-Esprit, pour nous faire mieux agir en faveur du bien commun.

« Les dons sont des habitus qui perfectionnent l’homme pour qu’il suive promptement l’impulsion du Saint-Esprit, de même que les vertus morales disposent les facultés appétitives à obéir à la raison. Or, de même qu’il est naturel pour les facultés appétitives d’être mues par le commandement de la raison ; de même il est naturel pour toutes les facultés humaines d’être mues par l’impulsion de Dieu comme par une puissance supérieure. » ST I-II 68.4

Les sept dons du Saint Esprit
(ST I-II 68.4)


Intelligence : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 8.1-8).
Conseil : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 52.1-4).
Sagesse : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 45.1-6).
Connaissance : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 9.1-4).
Piété : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre (ST II-II 121.1-2).
Force : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent (ST II-II 138.1-2).
Crainte : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits du désir des choses nous concernant (ST II-II 19.1-12).

http://www.lumenc.org/maladies.php

Les conseils du pape François pour se confesser

© POOL-OR/CPP/CIRIC

© POOL-OR/CPP/CIRIC

Dans un petit livret intitulé « Prends soin de ton cœur », offert par le pape François aux pèlerins de la place Saint Pierre après l'Angelus du 22 février, se trouvent différents textes à méditer pendant le carême et un examen de conscience pour se préparer à la confession.

  • Une distribution un peu particulière a eu lieu il y a quelques jours place Saint-Pierre, à Rome. Des bénévoles, parmi lesquels de nombreux sans-abri venus en pèlerinage, ont distribué à la foule réunie pour entendre l'Angelus un petit carnet offert par le pape pour le premier dimanche du carême.
  • Notre cœur doit se convertir au Seigneur, a insisté François lors de l'Angélus. C’est pourquoi, en ce premier dimanche, j’ai pensé vous offrir, à vous qui êtes ici sur la place, un petit livret de poche intitulé "Prends soin de ton cœur". »

Celui-ci rassemble quelques enseignements de Jésus et les contenus essentiels de la foi, comme les sept sacrements, les dons de l'Esprit Saint, les dix commandements, les vertus, les œuvres de miséricorde, etc. On y trouve aussi un examen de conscience dont le pape avait souligné l'importance lors de sa messe quotidienne à la chapelle de la maison Sainte-Marthe le 11 octobre 2014. « Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, reste tout seul ou toute seule et se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si nous ne faisons pas cela, nous ne réussissons pas ni à bien veiller ni à bien protéger notre cœur »

I. Petits rappels sur le sacrement de Confession (ou de Pénitence ou de Réconciliation)

Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entiè­rement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.

Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés person­nels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 23). Ce pouvoir passa des Apôtres à leurs successeurs.


Tout chrétien doit recevoir ce sacrement au moins une fois chaque année. Il comporte :

L’examen des fautes commises.
Le regret de les avoir commises (Contrition).
La résolution sincère de les éviter à l’avenir.
L’accusation des péchés, au moins graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu.
L’absolution donnée par le prêtre au nom de Jésus-Christ.
L’accomplissement de la pénitence qu’il a imposée (Satisfaction).


Le sacrement de pénitence produit notre propre mort au péché et notre résurrection à la vie en Dieu. Il prolonge ainsi notre baptême et nous prépare à l’eucharistie. Il doit laisser dans nos âmes une immense joie, car c’est un sacrement de vie.


II. Quelques conseils pour bien réaliser son examen de conscience

Par une courte prière, demander à Dieu et à Notre-Dame la grâce de bien connaître les péchés dont on est coupable.

S’examiner sur les Commandements de Dieu et de l’Église ; les péchés capitaux ; les devoirs de son état.

Pour aider le plus d’âmes possible, dont les besoins sont très divers, l’examen proposé ci-après est plutôt détaillé. Mais il est rappelé qu’en confession seule l’accusation des péchés mortels est obligatoire. Un péché est mortel quand, sachant pleinement que la matière en était grave, on l’a néanmoins commis avec un entier consentement. C’est alors une rupture d’amour avec Dieu. Et comme l’âme cesse ainsi d’être unie à Dieu - de qui elle tenait sa vie -, elle meurt surna­turellement : le péché a été "mortel" pour elle.

L’examen terminé, demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’une vraie contrition des péchés com­mis et la ferme résolution de les éviter à l’avenir, conditions indispen­sables pour obtenir le pardon de ses péchés.

Pour exciter en soi le regret de ses fautes, réfléchir durant quelques instants :

au redoutable châtiment du purgatoire ou de l’enfer que l’on a mérité ;
aux souffrances et à la mort que Jésus-Christ endura pour l’expiation de nos péchés ;
à la bonté d’un Dieu d’amour et de miséricorde, offensé par le péché qui a produit une rupture profonde, surtout s’il a été mortel.

Puis, réciter lentement l’acte de contrition.

III. Quelques conseils pour recevoir le sacrement lui-même

Avant de rentrer au confessionnal, ou immédiatement en entrant, suivant la coutume, réciter le « Je confesse à Dieu… » LeConfiteor nous remet devant cette réalité du péché et nous fait accomplir le mouvement de « conver­sion » nécessaire, vers Dieu et vers les autres :

Parce que nous nous sommes opposés à l’Amour tout-puissant, en cherchant à réaliser notre bonheur contre Lui ou sans Lui, nous disons : « Je confesse à Dieu tout-puissant » ;

Parce que nous avons porté atteinte à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, en nous séparant de tous ceux qui ont coopéré à cette œuvre, notamment de la Mère du Christ, nous disons : « Je confesse … à la Bienheureuse Marie toujours Vierge » ;

Parce que nous nous sommes opposés à l’œuvre de lutte et de fidélité des anges, l’attente des martyrs, des prophètes de l’Ancien Testament, morts pour que le Règne du Messie se réalise, à l’œuvre des apôtres et des saints qui ont travaillé pour le Christ, nous disons : « Je confesse… à saint Michel (vainqueur du démon), à saint Jean Baptiste (dernier des pro­phètes), aux apôtres (représentés par saint Pierre et saint Paul), et à tous les saints » ;

Enfin, parce que notre péché s’est opposé à toute l’Église et nous sépare des autres membres du Corps Mystique que le prêtre représente, en même temps qu’il tient la place de Jésus Christ, nous disons : « Je confesse… à vous, mon Père… ».


Avant de commencer l’énumération des péchés, préciser : le temps écoulé depuis la dernière confession ; un oubli ou une dissimulation de péché grave dans celle-ci ; une ou plusieurs mauvaises communions (en état de péché grave) ; une omission de la pénitence donnée (volontaire ou non).


Accuser sincèrement tous les péchés mortels que l’on a commis, avec leur nombre et les circonstances qui les ont modifiés (aggravés, allégés), comme par exemple, les péchés commis avec d’autres personnes qu’on a ainsi scandalisées, ou qu’on a entraîné au péché.

L’accusation des péchés véniels n’est pas indispensable car on peut en obtenir le pardon par d’autres moyens que la confession, par exemple la prière, l’aumône, la pénitence… Pourtant, cette accusation est fort conseillée car, par le sacrement de la Confession, on obtient des grâces spéciales pour éviter ces péchés véniels à l’avenir.

Dans le cadre de confessions régulières, on peut dire où l’on en est par rapport à son défaut dominant, ou par rapport à ses résolutions.

Si l’on est troublé ou que l’on a peur, ou tout simplement si on hésite, on peut demander au prêtre de nous interroger, ou de nous renseigner sur la gravité d’un péché.

Terminer par : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux que j’aurais pu avoir oublié et de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande très humblement pardon à Dieu, et à vous mon Père, pénitence et absolution si vous m’en jugez digne ».


Ecouter avec attention le mot d'exhortation du prêtre. Avant l'absolution, bien regretter ses péchés, et réciter à cet effet l'acte de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Votre sainte grâce de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. »


Après la confession, accomplir la pénitence imposée par le confesseur au plus tôt, afin de ne pas l’oublier ; remercier Dieu du pardon obtenu ; renouveler sa résolution d’éviter tout péché à l’avenir, surtout le péché grave.


Examen de conscience détaillé

Avant de commencer cet examen, adresser à Dieu cette prière :

Mon Dieu, je vous supplie, par l’intercession de la Vierge Marie, de m’accorder la grâce de bien connaître tous les péchés dont je suis coupable. Faites qu’ensuite je m’en accuse avec un sincère regret de les avoir commis et une ferme volonté de les éviter à l’avenir et qu’ainsi j’en obtienne le pardon de votre miséricorde infinie. Ainsi soit-il.


Examen sur les commandements de Dieu

1er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… »

Omission de la prière (en particulier le matin et le soir), de la fré­quentation des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie… Communions ou confessions sacrilèges… Manque de respect des sacrements… Manque au jeûne avant la communion (une heure au moins)… Violation du secret de confession… Doutes volontaires contre la foi… Mise en péril de la foi par la lecture de journaux impies, par des fréquentations dangereuses… Respect humain… Manque de confiance en Dieu ou confiance présomptueuse en ses propres forces… Indifférence à l’égard de Dieu… Manque de soumission à la volonté de Dieu… Pratiques superstitieuses, spiritisme… Critiques de la religion… Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique… Négligence dans sa formation chrétienne…


2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »

Emploi inutile du nom de Dieu… Blasphèmes, imprécations, jurons… Serments faux ou inutiles… Irrespect à l’égard des personnes et des choses consacrées à Dieu… Souhaits néfastes à l’égard de soi-même ou d’autrui… Non-accomplissement des vœux émis…


3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »

Omission volontaire ou sans motif de l’assistance à la Messe domini­cale ou des fêtes d’obligation… Retard volontaire ou dissipation durant ces Messes… Travail fait ou ordonné sans nécessité ou permission… Recherches de distractions contraires à la sanctification du dimanche…


4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »

Manque d’amour, d’affection, de respect, d’obéissance, d’assistance à l’égard des parents durant leur vie et de prière à leur intention après leur mort… Peine causée… Souhaits de mal… Disputes d’intérêt en famille… Manque de déférence et de soumission à l’égard des supérieurs…

Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur édu­cation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité, de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…


5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »

Meurtre, tentative de suicide, euthanasie… Avortements, stérilisations… Souhait de mort ou de malheur à l’égard d’autrui… Vengeance, coups, blessures, torts causés à la santé, drogues, alcool, mutilations… Insultes, injures, mépris, faux rapports, haine, violences, refus de pardonner, vengeances… Indifférence à la peine d’autrui… Scan­dales par mauvais exemples, par conseils ou approbation silen­cieuse…


6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »

Pensées ou désirs impurs provoqués en soi ou chez les autres… Conversations, chansons, lectures, spectacles immoraux (TV, Internet…) Flirts… Familiarités coupables… Danses lascives… Touchers indécents… Actions contraires à la chasteté, seul ou avec d’autres : masturbation, relations charnelles en dehors du mariage, homosexualité… Tenues ou attitudes provocantes…

Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles… Relations prématrimoniales… Cohabitation…

Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…


7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »

Vol (quoi ? combien ? circonstances ?), recel, objets trouvés ou empruntés et non rendus… Dommages injustes causés au prochain dans ses biens… Fraudes, manœuvres déloyales dans le travail, les affaires, le commerce, les contrats… Pots-de-vin… Coopération à des injustices… Recel d’objets volés… Négligence dans le paiement des dettes… Salaires insuffisants… Exploitation des faibles… Dommages aux biens collectifs… Désirs de vol ou d’injustices… Non-réparation de dommages causés… Non-restitution… Gaspillage… Travail bâclé…


8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »

Mensonges avec ou sans préjudice pour autrui… Médisances ou calom­nies, faites ou approuvées… Faux témoignages en justice… Accusations injustes… Jugements téméraires… Rapports injustes nuisibles… Violation du secret, confié ou professionnel, des correspondances… Dissimulation, hypocrisie… Tricheries… Promesses non tenues… Refus de rectifier la vérité…


Examen sur les commandements de l’Église

Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).

Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.

Tu te confesseras au moins une fois l’an.

Tu communieras chaque année au Temps pascal.

Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).

Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême). Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).


Examen sur les péchés capitaux

ORGUEIL : Amour-propre désordonné… Complaisance en soi-même… Egoïsme… Ambition démesurée… Vanité mondaine… Présomption… Attitudes hautaines, susceptibilité…

AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …

LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.

ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…

GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…

COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, res­sentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…

PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…


Examen sur les devoirs d’état

N.B. L’examen suivant est très détaillé, et reprend en partie ce qui a déjà été vu auparavant.


Alors qu’il est très important, c’est un domaine qu’on oublie souvent dans l’examen de la conscience. Selon son état de vie et ses responsabilités :


1. Devoirs personnels de chrétiens :

Quelle importance ai-je attaché à ma vie chrétienne, au milieu de toutes mes occupations ? A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?

Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ? Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?

Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Sei­gneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?

Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?

Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?

Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?

Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?

Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?

Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accom­pli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?

Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?

N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?

Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?


2. Devoirs envers le prochain :

Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?

La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les sou­lager ?

Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?

N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?

Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des im­prudences dans le travail, le sport ou sur la route ?

En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, rail­lerie, médisance, calomnie, secrets ré­vélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scan­dale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.


3. Devoirs familiaux :

Enfants :

Ai-je vraiment aimé mes parents, en évitant d’augmenter leurs difficultés, en leur apportant mon concours, en leur manifestant mon affection ?

Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ?

Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?

N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ?

Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?

Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?


Personnes mariées :

Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?

Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?

N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les pro­blèmes de ma famille ?

N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?

N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?

La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?

N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?

Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?

Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?

Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?

Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?

Est-ce que je leur donne le bon exemple ?

Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?

Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?

Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?

Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?


4. Devoirs professionnels :

Enfants :

Ai-je manqué l’école par ma faute ?

Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?

Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?


Adultes :

Ai-je négligé mon travail ?

Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?

Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?

Ai-je pris ma place dans les organisa­tions professionnelles ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en res­pectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?


5. Devoirs civiques :

Ai-je rempli mes devoirs de chrétien dans la société ?

Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les pro­blèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?

Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orienta­tion ? Ai-je su accepter les charges mu­nicipales ou autres en les envisageant comme un service ?

Ai-je choisi mes représentants en fonc­tion de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?

Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?

Examen de conscience pour Adultes

________________________________

Je crois en un Sauveur aimant qui pardonne mes péchés et qui me donne la grâce de devenir un Saint. Par le ministère de ses Prêtres, Jésus–Christ accomplit l’un et l’autre dans le Sacrement de Pénitence.

"Comme le Père M’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie … Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront pardonnés à qui vous les pardonnerez ils seront retenus à qui vous les retiendrez." (Jean XX : 21-23)

"Vos péchés seraient-ils rouges comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaie I : 18)

"Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." ( Matt. IX : 13)

"Les hommes ont reçu de Dieu un pouvoir accordé ni aux Anges,ni aux Archanges. Jamais il n’a dit aux Esprits Célestes « Tout ce que vous lierez et délierez sur la terre sera lié et délié dans le ciel ». Les Princes de ce monde peuvent seulement lier et délier le corps. Le pouvoir du prêtre va plus loin, il atteint l’âme et elle est exorcisée non seulement par le baptême, mais encore plus par le pardon des péchés. Ne rougissons donc pas de confesser nos fautes. Celui qui rougit de découvrir ses péchés à un homme et qui ne se confesse pas, sera couvert de honte au Jour du Jugement en présence de tout l’univers," (St Jean Chrysostome, Traité sur les prêtres, Livre 3)

Prière avant la confession: O Seigneur, accordez-moi la lumière pour que je me voie comme Vous me voyez, et le grâce de regretter vraiment et effectivement mes péchés. O Marie, aidez-moi à faire une bonne confession.

Comment se confesser: D’abord, examinez bien votre conscience, puis dites au prêtre le genre précis de péchés que vous avez commis et dans la mesure du possible, combien de fois vous les avez commis depuis votre dernière bonne confession. Il n’est obligatoire de confesser que les péchés mortels puisqu’on peut obtenir le pardon des péchés véniels par les sacrifices et les actes de charité. Si vous n’avez pas la certitude qu’un péché soit mortel ou véniel, mentionnez votre doute au confesseur. Souvenez-vous aussi que la confession de péchés véniels aide à éviter le péché et à progresser vers le Ciel.

Conditions nécessaires pour qu’un péché soit mortel:

Matière grave
Pleine connaissance
Entier consentement de la volonté.

Considérations préliminaires:

Ai-je parfois omis de confesser un péché grave dans le passé ; ou ai-je volontairement déguisé ou caché un tel péché ?
Nota bene : Cacher des péchés rend invalide la confession .
La confession est secrète, c’est à dire que c’est une faute mortelle pour le prêtre de révéler à qui que ce soit l’objet d’une confession.
Ai-je été coupable d’irrévérence envers ce sacrement en omettant d’examiner ma conscience avec soin?
Ai-je négligé de faire la pénitence donnée par le prêtre?
Ai-je des habitudes de péchés graves à confesser d’abord (par exemple: impureté, ivrognerie, etc.)

Premier Commandement:

Je suis le Seigneur Ton Dieu. Tu n’auras pas des dieux étrangers devant Moi. (y compris les péchés contre la Foi, l’Espérance et la Charité)

L'amour de l'argent est la racine de tous les maux, c'est une idolâtrie...

Ai-je négligé de connaître ma foi selon l’enseignement du catéchisme, par exemple le Symbole des Apôtres, les Dix Commandements, les Sept Sacrements, le Notre Père, etc.?
Ai-je volontairement mis en doute ou renié l’un des enseignements de l’Eglise?
Ai-je pris part à quelque culte non- catholique?
Suis-je membre de quelque organisation religieuse non-catholique, société secrète ou groupe anti-catholique?
Ai-je, en toute connaissance, lu quelque littérature hérétique, blasphématoire ou anti catholique?
Ai-je pratiqué des superstitions (telles que les horoscopes, prédiction d’avenir, spiritisme, etc.)
Ai-je omis des obligations ou pratiques religieuses pour des motifs de respect humain?
Me suis-je recommandé chaque jour à Dieu?
Ai-je été fidèle à mes prières quotidiennes?
Ai-je fait mauvais usage des Sacrements? Les ai-je reçus sans respect (par exemple la Communion dans la main) ou de manière invalide?
Me suis-je moqué de Dieu, de Notre-Dame, des Saints, de l’Eglise, des Sacrements ou d’autres sujets sacrés?
Ai-je été coupable de grande irrévérence dans l’Eglise (par exemple: conversation, comportement ou vêtement)?
Ai-je été indifférent vis-à-vis de ma foi catholique – en croyant qu’on peut se sauver dans n’importe quelle religion, que toutes les religions se valent?
Ai-je présumé de la miséricorde de Dieu en toute circonstance?
Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu?
Ai-je trahi Dieu?
Ai-je donné trop d’importance à quelque créature, activité, objet ou opinion?

Deuxième Commandement:

Tu ne prendras pas en vain le Nom du Seigneur Ton Dieu.

Ai-je blasphémé le Nom de Dieu à tort, inconsidérément ou en matière légère et triviale?
Ai-je murmuré ou gémi contre Dieu (blasphème)?
Ai-je prononcé des malédictions contre moi-même ou les autres, ou toute créature?
Me suis-je emporté contre les autres jusqu’à provoquer des jurons ou des blasphèmes contre Dieu?
Ai-je manqué à un vœu fait à Dieu?

Troisième Commandement:

Souvenez –vous de sanctifier le Sabbat.

Ai-je manqué la Messe le dimanche ou une fête d’obligation?
Ai-je été en retard à la Messe ou l’ai-je écourtée par ma faute?
Ai-je fait manquer la Messe à d’autres ou leur ai-je fait écourter la Messe?
Ai-je été volontairement distrait pendant la Messe ?
Ai-je fait ou commander un travail servile non nécessaire le dimanche ou les jours de fête d’obligation?
Ai-je acheté ou vendu sans nécessité ce jour là?

Quatrième Commandement:

Honore ton père et ta mère.

Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou ai-je négligé ou refusé de les aider dans leurs besoins ?
Ai-je manqué de respect pour des personnes chargées de me commander?
Ai-je calomnié ou insulté des prêtres ou d’autres personnes consacrées à Dieu?
Ai-je manqué de respect vis à vis des personnes âgées?
Ai-je maltraité mon conjoint ou mes enfants?
Ai-je désobéi ou manqué de respect à mon mari?
En ce qui concerne mes enfants:

Ai-je négligé leurs besoins matériels?
Me suis-je soucié de les faire baptiser de bonne heure?1
Ai-je pris soin de leur éducation religieuse personnelle?
Leur ai-je permis de négliger leurs devoirs religieux?
Leur ai-je permis le flirt ou des fréquentations régulières sans perspective du mariage dans un proche avenir?
Ai-je veillé à leurs compagnies?
Ai-je omis de les discipliner quand c’était nécessaire?
Leur ai-je donné un mauvais exemple?
Les ai-je scandalisés par des disputes avec mon conjoint en présence de mes enfants? En jurant ou blasphémant en leur présence?
Ai-je gardé la modestie à la maison?
Leur ai-je permis de porter des vêtements immodestes (mini jupes, pantalons serrés, robes ou pulls trop ajustés, corsages transparents, shorts courts, tenues de bain provocantes, etc.)? 2
Leur ai-je refusé la liberté de se marier ou de suivre une vocation religieuse?

________________________________

1 Les nouveaux nés devraient être baptisés dès que possible. Sauf prescription diocésaines particulières, il semble généralement admis qu’un nouveau-né devrait être baptisé dans l’intervalle de une semaine ou dix jours environ après sa naissance. Beaucoup de catholiques repoussent le baptême à une quinzaine ou un peu plus. L’idée d’administrer le baptême dans les trois jours après la naissance est considérée comme trop stricte. Saint Alphonse, suivant l’opinion commune, pensait qu’un délai non motivé au-delà de dix ou onze jours serait un péché grave. Par rapport à la coutume moderne, connue et non corrigée par les Ordinaires locaux, un délai non motivé au delà d’un mois serait un péché grave. S’il n’y a pas de danger probable pour l’enfant, les parents ne peuvent être convaincus de péché grave en différant le baptême un peu au-delà de trois semaines au plus, mais l’usage de faire baptiser un nouveau-né dans l’intervalle d’environ une semaine ou dix jours après la naissance est fort recommandable et en vérité, une date plus précoce peut être recommandée à juste titre. — H. Davis S.J., Moral and Pastoral Theology, Vol. III, Pg.65, Sheed and Ward, New York, 1935

2 Demander le feuillet LF05 Règles Mariales pour la Modestie dans le vêtement.

Cinquième Commandement:

Tu ne tueras pas.

Ai-je provoqué, désiré ou hâté la mort ou la blessure physique de quelqu’un?
Ai-je entretenu de la haine contre quelqu’un?
Ai-je opprimé quelqu’un?
Ai-je désiré la vengeance?
Ai-je été cause d’inimitié entre d’autres personnes?
Ai-je querellé ou combattu quelqu’un?
Ai-je souhaité du mal à quelqu’un?
Ai-je eu l’intention ou tenté de blesser ou de maltraiter d’autres personnes?
Y a-t-il quelqu’un avec qui je refuse de parler ou contre qui je garde rancune?
Ai-je pris plaisir aux malheurs de quelqu’un?
Ai-je été jaloux ou envieux?
Ai-je pratiqué ou essayé de pratiquer un avortement ou conseillé à quelqu’un de le faire
Ai-je, d’une manière ou d’une autre, mutilé mon corps sans nécessité?
Ai-je eu des pensées de suicide ou des tentatives?
Me suis-je enivré ? Ai-je pris des drogues interdites?
Ai-je trop mangé ou est-ce que je néglige de me nourrir convenablement? (c’est à dire avec des aliments sains)
Ai-je manqué à la correction fraternelle?
Ai-je nuit à l’âme de quelqu’un, surtout aux enfants en scandalisant par le mauvais exemple?
Ai-je nuit à moi-même en exposant mon âme aux tentations volontairement et sans nécessité. (par exemple: mauvaises émissions, mauvaises chansons, plages, etc.)?

Sixième et Neuvième Commandement:

Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.

Ai-je refusé à mon conjoint, à ma conjointe, les droits du mariage?
Ai-je pratiqué le contrôle des naissances (pilules, appareils, retrait)?
Ai-je abusé des droits du mariage de quelque autre manière?
Ai-je commis l’adultère ou la fornication ( pratiques sexuelles prémaritales)?
Ai-je commis un péché contre nature dans le domaine de la pureté (homosexualité ou lesbianisme en pensée, en parole ou en action )?
Ai-je touché ou embrassé quelqu’un de manière impure?
Me suis-je engagé dans des baisers prolongés et passionnés en dehors du mariage ?
Me suis-je engagé dans des affections désordonnées?
Ai-je pratiqué l’impureté solitairement ( masturbation )?
Ai-je entretenu des pensées impures et m’y suis-je complu?
Me suis-je laissé aller à des désirs sensuels pour quelqu’un ou ai-je volontairement désiré voir ou faire quelque chose d’impur?
Me suis-je laissé aller volontairement à quelque plaisir sexuel complet ou incomplet en dehors du mariage?
Ai-je été occasion de péché pour d’autres en portant des vêtements immodestes, trop serrés ou provocants de toute autre manière?
Ai-je agi pour provoquer ou occasionner chez les autres des pensées ou des désirs impurs délibérément ou par légèreté?
Ai-je fait des lectures indécentes ou regardé de mauvais film?
Ai-je regardé des films et des émissions érotiques ou la pornographie par internet ou permis à des enfants de le faire?
Ai-je prononcé des paroles ou raconté des histoires indécentes?
Ai-je écouté volontairement de telles histoires?
Me suis-je vanté de mes péchés ou complu dans les péchés du passé?
Me suis-je trouvé en compagnie impudique?
Ai-je consenti à des regards impudiques?
Ai-je négligé de contrôler mon imagination?
Ai-je prié tout de suite pour bannir de si mauvaises pensées et tentations?
Ai-je évité la paresse, la gourmandise, l’oisiveté et les occasions d’impureté?
Ai-je pris part à des danses immodestes et à des spectacles indécents?
Suis-je resté sans nécessité seul en compagnie de quelqu’un du sexe opposé en dehors du mariage?

Nota bene: Ne pas craindre de dire au prêtre tout péché d’impureté que vous avez pu commettre. Ne pas cacher ou essayer de déguiser de tels péchés. Le prêtre est là pour vous aider et vous pardonner. Rien de ce que vous dites ne le choquera, donc ne craignez pas, quelque puisse être votre honte.

Septième et Dixième Commandement:

Tu ne voleras pas. Tu ne convoitera pas les biens du prochains.

Ai-je volé quelque chose? Quoi ou combien?
Ai-je endommagé le bien des autres?
Ai-je par négligence abîmé le bien des autres?
Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent et des biens d’autrui?
Ai-je triché ou fraudé?
Ai-je participé excessivement à des jeux d’argent?
Ai-je refusé ou négligé de payer mes dettes?
Ai-je acquis un bien notoirement volé?
Ai-je omis de rendre des objets prêtés?
Ai-je trompé mon employeur sur ma journée de travail?
Ai-je triché sur les salaires de mes employés?
Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un en urgente nécessité?
Ai-je omis de restituer en cas de vol, de tricherie ou de fraude?
Ai-je envié à un autre ce qu’il avait?
Ai-je été jaloux du bien d’autrui?
Ai-je été avare?
Ai-je été cupide et avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort? Mon cœur est-il porté vers les possessions terrestres ou les vrais trésors du Ciel ?

Huitième Commandement:

Tu ne porteras pas de faux témoignage envers ton prochain.

Ai-je menti à propos de quelqu’un?
Mes mensonges ont-ils causé un tort matériel ou spirituel?
Ai-je porté des jugements téméraires (c’est à dire cru fermement, sans preuve évidente à la culpabilité de quelqu’un dans un crime ou une faute morale?
Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des fautes vraies mais cachées (délation )?
Ai-je révélé les péchés d’autrui?
Ai-je été coupable de cafardage (c’est à dire d’avoir rapporté quelque chose de défavorable dit par quelqu’un à propos d’un autre de manière à créer l’inimitié entre eux)?
Ai-je encouragé ou prêté l’oreille à la diffusion du scandale concernant mon prochain?
Ai-je prêté de faux serments ou signé de faux documents?
Suis-je critique, négatif ou peu charitable dans ma conversation?
Ai-je flatté les autres?

Les Sept Péchés Capitaux et les Vertus opposées.

Orgueil..............................................Humilité
Avarice............................................Libéralité
Luxure.............................................Chasteté
Colère...............................................Douceur
Gourmandise....................................Tempérance
Jalousie...........................................Amour fraternel
Paresse............................................Effort

Cinq effets de l’Orgueil

La vaine gloiren a. Vantardise b. Dissimulation/Duplicité
Ambition
Mépris des autres
Colère / Vengeance / Ressentiment
Entêtement / Obstination

Neuf manières d’être instrument de péché pour d’autres.

A. Ai-je sciemment été cause de péché ?
B. Ai-je coopéré au péché des autres ?

Le conseil
Le commandement
Le consentement
La provocation
La louange ou la flatterie
La dissimulation
La participation
Le silence
La défense du mal accompli.

Les Quatre Péchés qui crient vengeance au Ciel.

Le meurtre volontaire
La Sodomie ou le Lesbianisme
L’oppression des pauvres
La fraude sur le juste salaire du travailleur.

Les Six Commandements de l’Eglise.

Ai-je entendu la Messe le dimanche et les fêtes d’obligation?
Ai-je pratiqué le jeûne et l’abstinence les jours désignés et ai-je observé le jeûne eucharistique?
Me suis-je confessé au moins une fois l’an?
Ai-je reçu la Sainte Eucharistie au temps de Pâques?
Ai-je contribué au soutien de l’Eglise dans la mesure où je le dois?
Ai-je observé les lois de l’Eglise concernant le mariage (c’est à dire le mariage sans présence d’un prêtre ou mariage avec un parent ou non-catholique)?

Les Cinq Blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie.

Ai-je blasphémé contre l’Immaculée Conception?
Ai-je blasphémé contre la Virginité Perpétuelle de Marie?
Ai-je blasphémé contre la Divine Maternité de Notre Dame ? Ai-je manqué à reconnaître Notre Dame comme Mère de tous les hommes?
Ai-je cherché officiellement à semer dans les cœurs des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine de ce Cœur Immaculé?
L’ai-je outragée directement dans Ses Saintes Images?

Finalement:

Ai-je reçu la Sainte Communion en état de péché mortel? (Sacrilège)

Examen des péchés véniels d’après St Antoine-Marie Claret.

L’âme devrait éviter tous les péchés véniels, spécialement ceux qui ouvrent la voie du péché mortel. Ce n’est pas assez , mon âme, de prendre la ferme résolution de souffrir la mort plutôt que de commettre un péché mortel. Il est nécessaire de former une résolution semblable par rapport au péché véniel. Celui qui ne trouve pas en lui-même cette volonté ne peut trouver la sécurité. Rien ne peut nous donner une certaine sécurité du salut éternel comme une vigilance incessante pour éviter même le moindre péché véniel et un sérieux remarquable en tous points touchant toutes les pratiques de la vie spirituelle - sérieux dans la prière et les rapports avec Dieu, sérieux dans la mortification et le renoncement, sérieux dans l’humilité et l’acceptation du mépris, sérieux dans l’obéissance et le renoncement à sa volonté propre, sérieux dans l’amour de Dieu et du prochain . Celui qui veut atteindre ce sérieux et le garder, doit nécessairement prendre la résolution d’éviter toujours spécialement les péchés véniels

suivants:

Le péché d’admettre en son cœur tout soupçon non fondé, tout jugement injuste contre le prochain.
Le péché d’entrer en conversation sur les défauts d’autrui et de manquer à la charité de toute autre manière même légèrement.
Le péché d’omettre, par paresse, nos pratiques spirituelles ou de les accomplir avec négligence volontaire.
Le péché d’avoir une affection désordonnée pour quelqu’un.
Le péché d’avoir une vaine estime de soi-même ou une vaine satisfaction dans ce qui nous concerne
Le péché de recevoir le Saint Sacrement de manière insouciante, avec des distractions et autres irrévérences et sans préparation sérieuse.
Impatiences, ressentiment, tout manquement à accepter des déceptions comme venant de la Main de Dieu ; car cela met obstacle à la voie des décrets et dispositions de la Divine Providence par rapport à nous-mêmes.
Le péché de se donner occasion de ternir même de loin l’éclat immaculé de la sainte pureté.
La faute de cacher volontairement à ceux qui devraient les connaître, les mauvaises inclinations, les faiblesses et les mortifications, en cherchant à poursuivre la route de la vertu, non sous la direction de l’obéissance, mais en se laissant guider par ses propres caprices.

Nota bene: Ceci s’entend de circonstances où nous pourrions avoir une direction qui mérite d’être recherchée, mais nous préférons suivre nos faibles lumières personnelles).

Prière pour une bonne confession

O mon Dieu, par mes péchés détestables, j’ai crucifié de nouveau Votre Divin Fils et L’ai tourné en dérision. A cause de cela, j’ai mérité Votre Colère et me suis rendu digne des feux de l’Enfer. Combien aussi j’ai été ingrat envers Vous, mon Père Céleste, qui m’avez tiré du néant, m’avez racheté par le Précieux Sang de Votre Fils et m’avez sanctifié par Vos Saints Sacrements et le Saint Esprit. Mais dans Votre Miséricorde, vous m’avez réservé cette confession. Recevez –moi de nouveau comme Votre fils prodigue et accordez-moi de bien me confesser pour que je puisse recommencer à Vous aimer de tout mon cœur et de toute mon âme et par conséquent garder vos commandements et souffrir patiemment toute expiation temporelle qui reste à accomplir. J’espère obtenir de Votre bonté et puissance, la vie éternelle au Paradis. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Note Finale

N’oubliez pas de confesser vos péchés avec regret surnaturel en même temps que ferme résolution de ne plus retomber dans le péché et d’éviter les occasions prochaines de péché. Demandez à votre Confesseur de vous aider en toute difficulté qui entraverait une bonne confession. Accomplissez promptement votre pénitence.

Acte de Contrition

O mon Dieu, je regrette du fond du cœur de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du Ciel et les peines de l’Enfer, mais surtout parce que mes péchés Vous offensent, mon Dieu, qui êtes toute bonté et qui méritez tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre Grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence et d’amender ma vie. Amen.


EXAMEN DE CONSCIENCE POUR ADULTES

Résumé: Il faut rechercher au moins tous les péchés mortels dont on se souvient et qui n’ont pas encore été confessés dans une bonne confession et à un prêtre ayant les pouvoirs pour absoudre. Un péché est mortel s’il y a : gravité de matière, pleine connaissance et plein consentement. Indiquer, dans la mesure du possible, leur espèce et leur nombre (même pour les désirs). Pour cela on demande à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes et on s’examine sur les Dix Commandements et les préceptes de l’Église, sur les péchés capitaux et les devoirs de notre état. Il faudra penser à accuser également les péchés qui ont pu être commis par omission. N.B.: La confession est sacrilège lorsqu’on a volontairement caché des fautes mortelles. COMMANDEMENTS DE DIEU l er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout. » Dieu est-il au centre de ma vie ? Est-il bien pour moi un Père à l’amour duquel je réponds par un amour total et une généreuse obéissance ? Jésus est-il vraiment mon Maître et mon modèle, celui dont je vis par la foi et les sacrements ? Manquements par omission ou négligence dans les prières (matin, soir, dans les tentations) et la réception des sacrements. Tiédeur. Respect humain pour manifester sa foi. Parole ou acte contre la religion. Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Superstitions, spiritisme. Avoir tenté Dieu. Péchés contre la foi : refus d’adhérer à une ou plusieurs vérités révélées. Doutes volontaires. Négligeance dans sa sa propre formation religieuse. Lectures, émissions et spectacles portant atteinte à la foi ou à la morale. Péchés contre l’espérance : manque de confiance en la bonté et la providence de Dieu. Découragement, désespoir. Compter sur ses seules forces. Prétexter de la bonté de Dieu pour pécher. Ne pas désirer le ciel. Péchés contre la charité : indifférence par rapport à Dieu ; absence de prière et de pratique religieuse. Sacrilèges en profanant les choses saintes, en particulier confessions (incomplètes volontairement) et communions sacrilèges (reçues en état de péché mortel). Envers le prochain : refus de voir Dieu dans nos frères; haines, mépris, moqueries ; refus d’assister son prohain dans les graves nécessités. 2e Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect. » Transgresser les serments et vœux faits en son nom. Associer son nom à des serments faux ou inutiles. Blasphémer son nom, celui de la Vierge ou des saints. Prononcer des imprécations contre soi ou contre autrui. 3e Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur. » Avoir manqué à la sainte Messe par sa faute, y être arrivé en retard. Avoir fait ou fait faire “des travaux et des occupations qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur, ou la détente convenable de l’esprit et du corps” (can.1247). Avoir été à des amusements ou réunions dangereuses pour la foi ou les mœurs. 4e Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Enfants de tous âges : Manque d’amour, de respect, d’obéissance (dans les limites de leur autorité), de reconnaissance et d’assistance (matérielle, spirituelle) aux parents. Parents : ne pas témoigner de l’affection à tous ses enfants ; ne pas leur donner l’exemple d’une vie vertueuse et chrétienne. Envers ceux encore sous leur dépendance : Association Notre Dame de Chrétienté manquements dans leur formation humaine et chrétienne (instruction religieuse, choix de l’école); et dans ses devoirs de surveillance, de conseil et de corrections nécessaires. Tous : disputes d’intérêt en famille. Manquements dans l’accomplissement du travail dans le respect dû à l’autorité (dans le métier, la vie collective) ou dans les responsabilités des dirigeants (conditions de travail honnêtes, juste salaire, respect vis-à-vis des employés). Insoumission aux lois civiles justes (impôts, service militaire, devoir civique). 5e Commandement : « Tu ne tueras point. » Meurtre, tentative de suicide, imprudence exposant à tuer ou blesser son prochain (sport à risque, transgression grave et volontaire du code de la route, conduite en état d’ivresse). Colères, disputes, vengeances, refus de pardon, rancunes, envie, jalousie, drogue. Excès dans les boissons, gourmandise. Attitude insultante et scandaleuse. Participation (par action ou par omission), à la stérilisation, à l’avortement, à l’euthanasie, au suicide. Incitation à la violence, à la lutte des classes. Haine raciale ou ethnique. 6e et 9e Commandements : « Tu ne commettras pas d’impureté. Tu n’auras pas le désir impur volontaire. » Pensées, désirs et actes commis seul ou avec d’autres contre la pureté. Conversations et chansons déshonnêtes. Lectures, spectacles (TV, films,...), fréquentation de lieux exposant à l’impureté. Responsabilité dans le péché d’autrui (danse, mode et attitude provocantes). Personnes mariées : Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse. Moyens contraceptifs, ponctuels ou permanents. Refus des droits du conjoint. Adultère (pensées, désirs, actions). Infidélité affective. Liaison extra-matrimoniale. Divorce. “Remariage”. Fiancés : Manifestations de tendresse excessivement sensuelles. Relations pré matrimoniales. Cohabitation. 7e et 10e Commandements : « Tu ne voleras pas. Tu ne désireras pas injustement le bien des autres. » Participation direct ou indirect à des vols, fraudes, injustices. Dettes impayées. Non restitution. Recel d’objets volés. Tort causé dans les ventes, contrats, transactions. Tricheries. Fraudes. Pots de vin. Non-respect des lois sociales justes sur le travail, les assurances... Travail bâclé ; perte de temps. Dépenses excessives, par luxe, vanité, etc. Gaspillage. 8e Commandement : « Tu ne mentiras point. » Mensonges. Faux témoignage. Accusations injustes. Jugements téméraires. Calomnies (personnes ou institutions). Secrets violés. Médisances, ragots. Refus de réparer ou de rectifier COMMANDEMENTS DE L’ÉGLISE 1. Tu sanctifieras les dimanches et fêtes d’obligation (en France : Noël, Pâques, Ascension, La Pentecôte, Assomption, Toussaint) : par l’assistance à la messe et l’abstention d’activités contraires à la sanctification du jour du Seigneur (voir 3e commandement de Dieu). 2. Tu te confesseras au moins une fois l’an. 3. Tu communieras chaque année au Temps pascal (de Pâques à la Pentecôte). 4. Tu jeûneras ou feras abstinence les jours fixés. Jeûne et abstinence: Mercredi des Cendres et Vendredi Saint ; abstinence : tous les vendredis de l’année (les vendredis autres que ceux du Carême, on peut remplacer l’abstinence par une autre pénitence). 5. Tu contribueras selon tes moyens aux dépenses de l’Eglise. Association Notre Dame de Chrétienté DEVOIRS D’ÉTAT 1. Devoirs de chrétien : effort pour tendre à la perfection de la charité ; témoignage de cohérence entre la foi et les œuvres ; fidélité à la vocation reçue de Dieu ; dimension apostolique de sa vie ; approfondissement de sa foi ; aide à l’Eglise ; respect et obéissance à la hiérarchie dans ce qui dépend de son autorité. 2. Devoirs dans la famille : fidélité et don de soi dans le mariage ; générosité dans la procréation et l’éducation des enfants ; amour et entraide ; affection et assistance aux ascendants. 3. Devoirs dans la profession application au travail ; sens de la justice dans les rapports professionnels, dans les contrats. 4. Devoirs dans la cité : participation à la vie de la cité, devoir électoral ; respect des lois justes ; effort pour faire changer les lois injustes (avortement, ...) ; solidarité avec les plus démunis. MAÎTRISE DE SON TEMPÉRAMENT Il faut soumettre à la raison et à la loi de Dieu les passions déréglées par le péché originel et nos propres péchés. On distingue sept tendances qui nous inclinent au mal : - l’orgueil : amour désordonné de soi-même qui engendre l’ambition, la présomption, la vaine gloire, les attitudes hautaines, les vanités mondaines. - l’avarice : attachement désordonné aux richesses qui engendre l’injustice, l’endurcissement du cœur, le défaut de générosité pour faire l’aumône, l’aveuglement de l’esprit. - la luxure : vice contraire, voir 6e et 9e commandements. - L’envie : nous attriste à la vue des qualités ou des succès d’autrui ; engendre la calomnie, la jalousie, les discordes, les actions portant tort à autrui. - la gourmandise : excès dans le manger et le boire (alcoolisme) qui met en danger notre santé et nous fait perdre la possession de nous-mêmes. - la colère : fait perdre le contrôle de soi-même et porte aux injures, querelles, coups... - la paresse : incline à fuir l’effort dans le travail, l’accomplissement des devoirs. Association Notre Dame de Chrétienté

Mit freundlichen Grüssen

Avec mes meilleurs salutations
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Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE

Tél: international ++ 41 21 616 88 88

Mobilisation générale: épargnes, retraites... volées légalement ! Comme à Chypre et en Grèce... Arnaque de la création monétaire du néant, ex nihilo... Grâce à monnaie-pleine, on peut rédiger ensemble un projet de loi d'application ou un contre-projet et reprendre ainsi toutes les meilleures solutions, BNS, RBI, monnaie, crédits, etc...

http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/swiss-positive-money-social-credit.html

Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

Invitations 2017
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