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lundi 21 septembre 2015

Prochaine conférence de Gérard Foucher





Prochaine conférence de Gérard Foucher, le 19 octobre à 18h30 à la Villa Rigot à proximité de la place des Nations.

Qui est Gérard Foucher ?


Gérard Foucher défend ardemment, à travers ses publications et ses différents blogs, les valeurs humaines de la liberté, de la non-violence et des droits universels. Son parcours est riche de voyages à travers le monde terrestre, le monde de la finance et le monde du théâtre. Depuis 2008, il s’intéresse particulièrement à l’analyse des causes profondes de la crise économique. Ses recherches l’amènent à devenir un spécialiste de la monnaie et des mécanismes de création et de distribution monétaire.

Il publie, en juillet 2013, le livre “Les Secrets de la Monnaie – Changer la monnaie pour changer le monde“ et parcourt actuellement la France et l’Europe pour en diffuser les conclusions à travers un cycle de conférences-débats et de “conférences gesticulées”. 

Il a également édité un petit livret gratuit, ”15 bonnes raisons de s’intéresser de près à la monnaie”, dont nous recommandons vivement la lecture. 

Vous trouverez toutes ces information et bien d’autres sur son site.

http://www.cai-geneve.org/locations/villa-rigot/

1 15 BONNES RAISONS DE S'INTÉRESSER (de près) À LA MONNAIE de Gérard Foucher 
Février 2014 

Licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0 http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/deed.fr 

Du même auteur : Les secrets de la monnaie - Changer la monnaie pour changer le monde (2012) http://libertybooks.eu Manifeste des économistes déterrés (2013) http://fr.scribd.com/doc/146132103 Contact : gerardfoucher@gmail.com 

2 TABLE DES MATIÈRES 

1. La monnaie, c'est la dette 5 
2. Comment la crise monétaire devient la crise réelle 6 
3. Mais que fait l'État ? 8 
4. L'émission monétaire : une activité privée et subventionnée 9 
5. Nos soldes bancaires ne nous appartiennent pas 14 
6. Un système instable par construction, cause directe de bulles et d'effondrements à répétition 15 
7. Des règles qui engendrent le conflit, la cupidité, et la violence 17 8. L'inflation : calamité pour les uns, aubaine pour les autres 19 
9. L'intérêt, c'est l'impôt 21 
10. Un système qui augmente mécaniquement les inégalités 23 
11. Un système parasitaire à croissance infinie qui doit nécessairement piller son propre environnement 25 
12. Un système qui enrichit les pays riches et appauvrit les pays pauvres 28 
13. Des règles qui altèrent les comportements 30 
14. Un système esclavagiste 34 
15. Un système qui viole les principes éthiques 36 
Bonus. Épisode caché : L'auto-crédit ou le comble du privilège 39 

3 - 15 

BONNES RAISONS DE S'INTÉRESSER (de près) À LA MONNAIE - 

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi... … les agriculteurs cultivent tous les mêmes produits, utilisent tous les mêmes engrais, se consacrent tous à la monoculture intensive ? … les plus grands et les plus beaux immeubles de la planète appartiennent tous aux mêmes compagnies ? … tous autant que nous sommes, même en famille, nous devenons cupides et égoïstes dès qu'il s'agit de parler d'argent ? … tous les pays cherchent à tout prix à devenir ou à rester exportateurs ? … tous les politiciens trépignent d'impatience pour retrouver ou relancer la croissance ? … malgré tous les mouvements altermondialistes, écologistes, toutes les entreprises préfèrent piller les ressources de la Terre plutôt que de perdre des parts de marché ou des bénéfices ? Vous êtes-vous parfois demandé à quoi sont dus tous ces comportements, tous ces excès ? En avez-vous conclu que c'est l'homme qui est mauvais, individualiste par nature ? Si oui, préparez-vous à des surprises. Le texte que vous avez entre les mains est bouleversant, dans tous les sens du terme. Il risque de vous faire de la peine, surtout si vous êtes riche, et de remettre en cause beaucoup de vos certitudes. Et si vous n'êtes pas riche, vous allez enfin comprendre pourquoi. NE PAS LIRE AVEC EXCÈS. CE TEXTE PEUT RUINER VOS CERTITUDES. 4 Épisode 1. La monnaie, c'est la dette La monnaie est créée sous forme de crédit, ce qui revient à dire que la monnaie est créée sous forme de dette. Explication Le crédit et la dette sont les deux faces d'une même opération. Tout dépend du point de vue où l'on se place, c'est-à-dire de la position que l'on occupe dans la relation créancier-débiteur. Si vous êtes le "prêteur" (le créancier), vous avez accordé un crédit ; si vous êtes "l'emprunteur" (le débiteur), vous avez contracté une dette. Quand une banque accorde un crédit, en une seule et même opération une créance est émise et une dette est acceptée. Du point de vue de la banque, le montant du crédit accordé est une créance. Du point de vue du débiteur, le montant de crédit reçu est une dette. Aujourd'hui, et dans le monde entier, la monnaie vient à l'existence à chaque fois qu'un nouveau crédit est émis (c'est-à-dire, pour les débiteurs, à chaque fois qu'une nouvelle dette est acceptée). Dès que ce nouveau crédit est dépensé dans l'économie, il devient de la monnaie "scripturale" qui se met à circuler sur les comptes de tout le monde, passant d'un compte à un autre à chaque vente et à chaque achat. La partie négative de cette création monétaire reste sur les comptes des émetteurs et leur rapporte des intérêts. NB : Nous verrons plus tard (Épisode 5, page 12) que, d'un point de vue comptable, les crédits (qui deviennent monnaie) restent au "passif" des banques qui les ont émis. Pas de dette, pas de monnaie Donc, à chaque fois que quelqu'un, quelque part (gouvernement, entreprise, collectivité locale, particulier...), contracte un crédit auprès d'une banque, de la monnaie nouvelle est créée. Et c'est ce crédit nouveau qui, une fois dépensé dans l'économie, devient la monnaie de tout le monde. 5 Cette monnaie n'existe que sous la forme de chiffres sur des comptes. Ce sont ces chiffres qui permettent de tenir la représentation comptable des myriades de transactions réelles que nous réalisons tous les jours. Cela signifie que, pour que toutes les transactions possibles et souhaitées puissent se faire au jour le jour, il faut au minimum que la masse monétaire indispensable pour les représenter soit présente, que les unités monétaires existent, et que la quantité se maintienne sans diminuer. Or, pour cela, il faut obligatoirement que quelqu'un, quelque part, se soit endetté en amont. Si la masse monétaire diminue, les transactions nécessaires pour que l'économie puisse tourner deviennent plus difficiles à réaliser. On manque de chiffres. En effet, tant que les unités de mesure monétaires (les chiffres) sont en quantité suffisante sur les comptes, toutes les transactions possibles et souhaitées peuvent se réaliser. Par contre, si la quantité de chiffres diminue, ces transactions, qui sont pourtant toujours possibles matériellement, et toujours souhaitées par les agents économiques, ne peuvent plus se réaliser ! Alors, faute de monnaie, faute de chiffres sur les comptes, l'économie se paralyse peu à peu, et l'activité diminue (c'est ce que l'on appelle la déflation : la diminution de la quantité de monnaie dans l'économie). Si l'on veut relancer l'économie, il faut réinjecter de la monnaie. Mais réinjecter de la monnaie ne peut pas se faire sans relancer le crédit. Donc il faut s'endetter ! S'endetter pour se sortir d'une crise de la dette est bien entendu une absurdité. Avec ce système, il est normal que tout le monde soit en permanence au bord du surendettement et de la faillite. Épisode 2. Comment la crise monétaire devient la crise réelle La crise actuelle a commencé par une crise des crédits immobiliers aux USA, puis s'est transformée en une crise du crédit pour les banques commerciales. Mis face à la menace du "risque systémique"*, les États ont alors été contraints de renflouer le secteur bancaire, ce qui a transformé une crise privée en crise publique. 6 *Risque systémique : le risque systémique se déclare si une banque n'arrive plus à faire rentrer les remboursements des crédits qu'elle a distribués et qu'elle est donc en risque de dépôt de bilan. Or, toutes les banques sont liées entre elles par des relations innombrables d'engagement mutuel. Si une banque dépose le bilan, toutes les autres banques risquent d'en faire autant. Si toutes les banques font faillite, 1. toutes les économies (l'argent de côté, l'épargne) des gens disparaissent, et 2. tous les systèmes de paiement dont les banques ont le monopole (cartes bancaires, chéquiers, distributeurs de billets, virements de salaires, RSA, aides sociales, assurances, prélèvements automatiques, abonnements, etc, etc) deviennent inopérants. La menace que tout le système s'écroule constitue donc, comme dit l'économiste Frédéric Lordon, un "chantage cosmique" auquel les États sont absolument contraints de céder. Les pertes potentielles du secteur bancaire privé sont ainsi renflouées par le secteur public, c'est-à-dire par les citoyens. Cette opération montre bien qu'en dernier ressort, ce sont les humains qui sont responsables de la monnaie qu'ils ont émise. Ce qui est dommage, c'est que ce soit certains humains qui soient émetteurs et d'autres qui soient responsables ! Bref, le modèle économique est : "Privatisation des gains et socialisation des pertes", ou plus simplement : "Pile je gagne, face tu perds." En période de récession, les entreprises n'empruntent plus, les particuliers non plus. Tout le monde cherche au contraire à se désendetter, à faire des économies. L'État lui-même cherche à réduire ses dépenses. Au niveau local, ce sont des comportements logiques : on économise, on "fait le gros dos". Mais au niveau global, il y a un gros problème : il n'y a plus de monnaie nouvelle qui arrive ! … Et en plus, la monnaie existante est détruite ! Explication : Par le mécanisme inverse de la création de monnaie par le crédit (voir Épisode 1), il y a "effacement" de monnaie par les remboursements de crédits existants. Car, exactement comme un nouveau crédit crée de la monnaie qui n'existait pas avant, un crédit remboursé détruit de la monnaie qui existait déjà. La monnaie, venue du néant, retourne au néant. Bref, quand les émissions de crédits nouveaux ne compensent plus les remboursements des dettes précédentes, c'est-à-dire quand la création de monnaie ne compense plus la destruction de monnaie, 7 alors la masse monétaire diminue, et par conséquent, certaines des transactions qui auraient pu avoir lieu ne peuvent plus se faire, l'activité faiblit, le chômage augmente, et la crise s'aggrave. Une simple crise monétaire (un manque de chiffres) est devenue une crise de l'économie réelle, une véritable récession. Épisode 3. Mais que fait l'État ? Le seul moyen de freiner la récession, ce serait d'émettre de nouveaux crédits (c'est-à-dire contracter de nouvelles dettes) pour créer de nouvelles unités monétaires, afin que les transactions et l'activité puissent reprendre. Or, pendant une récession, personne ne souhaite emprunter, au contraire, tout le monde fait le gros dos, essaye de diminuer ses charges et dépense le moins possible, faute de monnaie. Donc personne ne crée de monnaie ! Pour jouer ce rôle, il ne reste plus que l'État. La problème, c'est que dans le système actuel, la plupart des États du monde se sont interdit de "frapper monnaie", c'est-à-dire de créer eux-mêmes de la monnaie "ex nihilo" à taux zéro pour la dépenser dans l'économie. Pour réinjecter de la monnaie, les États se sont tous laissé convaincre qu'ils devaient l'emprunter (c'est-à-dire se faire créer de la monnaie par une entité extérieure). Dans le monde entier, c'est le même système. Les États s'obligent tous à "emprunter" leur propre monnaie. Il y a deux modèles : 1 - soit les États font créer leur monnaie par une Banque Centrale. C'est le cas pour tous les États ayant conservé leur monnaie nationale (Japon, Royaume-Uni, USA...) 2 - soit les États s'interdisent le modèle 1, et s'obligent à trouver leur monnaie sur les "marchés financiers" (c'est-à-dire le secteur bancaire et ses filiales). C'est le cas pour tous les États européens. Dans tous les cas, dans le système actuel, la seule solution dont disposent les États pour réduire les ravages de la crise, c'est de s'endetter encore plus pour "acheter" de la monnaie. 8 Réduire les dépenses des États et augmenter les impôts en espérant régler le problème de la dette publique n'a donc aucun sens. Cela ne fait qu'engendrer des conflits sociaux et des révoltes. Les citoyens se doutent bien qu'il ne reverront jamais la couleur de l'argent qu'on les force à payer, ou qu'on ne leur donne plus. C'est une situation absurde, que l'on peut à juste titre déplorer, mais quand ni les entreprises ni les ménages n'ont plus les moyens d'emprunter pour créer l'argent qui leur permettrait de reprendre leurs activités habituelles, il ne reste plus que l'État pour jouer ce rôle. Le déficit public - qui par ailleurs permet à l'État de conserver artificiellement un train de vie élevé en toutes circonstances - est donc aussi un élément essentiel pour réduire l'ampleur du désastre qui frappe les populations ordinaires. Si le déficit public n'existait pas, la crise serait encore plus profonde et plus grave que ce qu'elle est aujourd'hui. NB : Quantitative Easing Quand les États font du "Quantitative Easing", c'est-à-dire autorisent les Banques Centrales à créer des "réserves" pour renflouer les bilans des banques, l'argent ainsi créé ne va jamais dans l'économie réelle. C'est uniquement de la "monnaie de base", une monnaie de compte qui ne sert qu'aux transactions inter-bancaires. Cette monnaie est simplement attribuée aux banques pour "respecter les ratios", c'est-à-dire couvrir les besoins en monnaie centrale correspondant aux crédits qu'elles ont déjà émis, et leur éviter la faillite. C'est ce qui explique que le Quantitative Easing ne crée pas d'inflation des prix à la consommation, et ne relance aucunement l'activité. Il permet seulement au secteur bancaire d'investir massivement cet "argent gratuit" sur les marchés immobiliers et financiers, masquant ainsi les effets destructeurs de la crise. Épisode 4. L'émission monétaire : une activité privée et subventionnée Seule une fraction infime de la monnaie qui circule dans le public (environ 5%) est créée par les Banques Centrales, c'est la monnaie "fiduciaire" constituée par les pièces et les billets. NB1 : Il existe encore une autre sorte de monnaie, la "monnaie de base", constituée par les "réserves" que les banques commerciales conservent sur leur compte à la Banque Centrale (voir Épisode 3, NB : "Quantitative Easing"). Cette monnaie de base ne sort pas du système bancaire. 9 Tout le reste de la monnaie est de la monnaie "bancaire" ou "scripturale". C'est la monnaie qui figure sur les soldes de nos comptes bancaires. Elle est créée et distribuée par les banques commerciales privées (banques ordinaires, ou "banques de second rang") sous forme électronique, puis circule d'un compte bancaire à un autre. Cette monnaie bancaire est émise à chaque fois qu'une banque : - accorde un crédit à un client, - achète pour son propre compte des actifs immobiliers ou financiers (immeubles, actions, obligations, SICAV, produits dérivés, Bons du Trésor, etc...), - effectue des paiements pour son compte propre (loyers, salaires, achats de biens ou services, charges sociales...), - achète des devises étrangères (par exemple à des entreprises exportatrices payées en dollars), - escompte une traite ou un effet pour une entreprise cliente. Pour chacune de ces opérations, la banque crée de la monnaie "ex nihilo", en inscrivant simultanément à l'actif et au passif de son bilan un crédit et une dette. (pour plus de précisions, voir également le dernier chapitre : "Bonus. Dernière minute" page 36) NB2 : Cette création de dette et de crédit simultanés est en réalité l'équivalent de l'opération qui, dans un Système d'Échange Local (un SEL), permet aux deux membres d'un échange de créer les deux montants qui vont mesurer leur transaction. Dans un SEL, les unités de compte sont créées à chaque transaction en fonction de la valeur transmise entre un "vendeur" qui offre quelque chose (une marchandise, un service...), et un "acheteur" qui reçoit cette chose. Le vendeur augmente son solde (il enregistre des chiffres positifs), et l'acheteur diminue son solde (il enregistre des chiffres négatifs). Dans le système monétaire actuel, la banque crée d'abord les deux montants pour elle-même, puis elle met en circulation la partie positive. Il y a en réalité deux opérations successives : création, et mise en circulation. - Opération 1 : La banque crée les deux parties de la transaction. - Opération 2 : Elle en conserve une partie pour elle, et met l'autre en circulation. - Résultat : Les chiffres positifs deviennent de la monnaie ; les chiffres négatifs restent au bilan de la banque, et lui rapportent un intérêt. C'est l'accumulation de ces chiffres que tout le monde appelle "La Dette". 10 Explication : Ce que l'on appelle "La Dette" n'est que la partie négative de la création monétaire. Par le double jeu du crédit bancaire centralisé et des multiples créateurs/emprunteurs, le secteur bancaire s'approprie les engagements individuels des utilisateurs et en tire profit. Si nous tenions encore nos comptabilités réciproques avec des systèmes de crédit mutuel décentralisés (comme c'était le cas avant l'apparition des monnaies d'État monopolistiques, autour de -700 av. JC), nous n'aurions pas oublié que la "monnaie" est seulement un cas particulier de crédit mutuel où la masse négative est occultée et accaparée par un pouvoir central d'émission. Dans un système de crédit mutuel libre et volontaire, vendre c'est comptabiliser des chiffres positifs, acheter c'est comptabiliser des chiffres négatifs. Les deux changements de solde sont égaux et de signe opposé à chaque transaction. Ce système d'enregistrement et de mesure des déséquilibres réciproques permet de connaître en continu sa position personnelle par rapport à la moyenne des autres soldes, qui reste en permanence égale à zéro. Chacun connaît ainsi sa position par rapport à l'équilibre, chacun sait s'il est en positif ou en négatif et de combien. Chaque membre d'un système monétaire équilibré sait ainsi en permanence s'il a beaucoup donné ou beaucoup reçu, et peut en tirer les conséquences. En outre, la somme algébrique des soldes de tous les comptes étant également par définition égale à zéro, tout enrichissement sans contrepartie commerciale se voit immédiatement. Il est donc impossible de "créer" de l'argent en l'absence de transaction réelle. Dans un système centralisé où la création de crédit est devenue un monopole détenu par le cartel État - Banques, et où la partie négative des échanges n'apparaît pas sur les comptes des utilisateurs mais reste au passif des émetteurs, la création de crédit d'une part se confond avec les gains dus à l'échange, faisant passer la création de crédit pour un enrichissement commercial, et d'autre part, permet aux émetteurs de créditer leurs propres comptes et ceux de leurs complices sans que les usagers ne puissent identifier cette fraude en tant que telle. Ce que l'on appelle "la dette" n'est donc que la partie négative et mathématiquement indispensable d'un système de crédit mutuel qui a été accaparée, redéfinie, et rendue payante par un système centralisé, privateur et monopolistique. Ce crédit nouveau, qui n'existait pas auparavant, devient de la monnaie commune dès lors qu'il se retrouve sur le compte du client qui l'a demandé, ou sur le compte du vendeur de l'actif immobilier ou financier acheté par la banque, ou sur le compte du salarié ou du fournisseur de bien ou service payé par la banque, etc. En réalité, la totalité de la monnaie en circulation, y compris les pièces et les billets (la monnaie fiduciaire), nécessite une création de monnaie bancaire en amont, puisque les pièces et les billets ne 11 peuvent être obtenus qu'en les échangeant contre de la monnaie bancaire (scripturale) qui elle-même provient nécessairement d'un crédit émis au préalable. Par conséquent, les banques privées contrôlent de fait la totalité de la masse monétaire. NB3 : En théorie, puisqu'elles en accumulent la contrepartie négative, les banques portent l'entière responsabilité des crédits qu'elles accordent, ce qui devrait les inciter à examiner scrupuleusement la santé financière de leurs clients. En réalité, les banques décident de qui va recevoir du crédit, et pour faire quoi, en fonction de leurs objectifs de rentabilité. Les nécessités sociales ou écologiques ne figurent pas sur la liste des critères décisifs. En conséquence, les projets à long-terme, à haute utilité humaine ou environnementale, mais dont la rentabilité n'est pas immédiate ou calculable, ne peuvent être financés que par les gouvernements sous forme de nouveaux impôts ou d'endettement public. Le privilège de l'émission monétaire : une subvention déguisée au secteur bancaire La monnaie étant donc, dans ce système, une dette détenue par le secteur bancaire, elle est soumise au prélèvement d'un intérêt. Toute la monnaie en circulation est soumise au prélèvement d'un intérêt. Personne ne peut y échapper. L'intérêt est d'abord payé par tous les clients qui ont contracté un crédit auprès d'une banque et qui ce faisant ont assuré l'émission monétaire. Ensuite, tout le monde achète des biens et des services. Or les intérêts que les entreprises sont obligées de payer sur leurs besoins de financements sont intégrés dans les prix. Donc tout le monde paye tout un peu plus cher. Enfin, l'État est obligé lui aussi d'emprunter pour financer ses dépenses, toujours excessives, et les intérêts de ses déficits précédents. Ces coûts constituent une grande partie des impôts obligatoires (l'équivalent en France de la totalité de l’impôt sur le revenu !). Tout le monde est donc obligé de contribuer au paiement des intérêts de ceux qui ont emprunté au départ, entreprises, particuliers ou État. 12 Du simple fait que nous utilisons pour comptabiliser nos flux des unités monétaires payantes, l'ensemble de l'économie (particuliers, entreprises et État) est obligé de payer et de faire payer absolument tout, à un coût supérieur à la réalité commerciale. De ce simple fait, le secteur bancaire reçoit sous la forme de l'intérêt monétaire une rente infinie, éternelle et permanente sur l'ensemble des transactions et des opérations d’échange effectuées par l'ensemble de l'économie publique et privée. On comprend dès lors pourquoi tous les plus beaux immeubles de la terre, et bien d'autres richesses, sont détenus par des banques. Il est vrai qu'une partie de cette rente est redistribuée par le secteur bancaire, sous la forme de paiements : le secteur bancaire par exemple, paye des intérêts aux épargnants qui ont la "chance" d'avoir un peu plus de monnaie que les autres ; il effectue des achats, fait des dépenses ; il se redistribue de l'argent à lui-même sous la forme des rémunérations et des bonus à la hauteur de l'énormité des gains réalisés. Mais d'un point de vue macro-économique, c'est l'économie toute entière qui paye, et le secteur bancaire seul qui encaisse. Or, d'un point de vue mathématique, puisque : 1. toute la partie négative de la monnaie ("La Dette" qui est la contrepartie de la masse monétaire positive en circulation) est soumise à un intérêt permanent, et que 2. il est impossible de laisser diminuer la masse monétaire faute de créer immédiatement un blocage des transactions, et que donc il est indispensable de conserver la partie négative intacte autant que possible, alors, il est impossible de diminuer "La Dette". En conséquence, puisque les intérêts s'additionnent, se composent, s'accumulent pour payer les intérêts précédents d'une dette qui ne peut pas diminuer, alors le niveau d'endettement ne peut que mécaniquement augmenter. Le système monétaire actuel représente donc une véritable subvention progressive, cumulative et perpétuelle au profit d'un secteur bien particulier de l'économie, au détriment de tous les autres. On peut supposer que ces mécanismes mettent un jour l'ensemble du système face à un risque d'écroulement, le jour par exemple où les États et les populations prélevées n'auront plus les moyens matériels de payer un intérêt mathématiquement exponentiel. C’est précisément la situation qui se révèle aujourd'hui. 13 Épisode 5. Nos soldes bancaires ne nous appartiennent pas Les dépôts bancaires (les sommes en positif qui figurent sur nos comptes, c'est-à-dire le total de nos soldes) sont de la monnaie bancaire, pas de la monnaie fiduciaire. Pour être précis, il faudrait dire : "Tel dépôt provient d'un crédit émis par telle banque. Tel autre dépôt provient d'un crédit émis par telle autre banque." Aucun des deux dépôts n'a de contrepartie complète en monnaie fiduciaire (pièces ou billets), et pourtant les deux monnaies (monnaie fiduciaire et monnaie bancaire) se confondent, et portent le même nom, celui de la monnaie officielle. En réalité, la monnaie bancaire n'est qu'un substitut à la monnaie fiduciaire, une simple promesse de la banque de débourser des billets si un client les demande. Mais la promesse est intenable, car les banques n'ont pas, loin de là, l'équivalent de leurs dépôts bancaires en monnaie fiduciaire ou en réserves à la Banque Centrale. Si tout le monde demandait à retirer son argent en liquide, les banques seraient dans l'incapacité de payer. Tout le secteur s'écroulerait faute de liquidités. NB : … Ou alors il faudrait des mois pour que tous les avoirs soient transformés en billets, et que tous les billets soient imprimés... et plus personne ne toucherait d'intérêts ! Les banques ne pourraient pas survivre si nous ne leur faisions pas confiance... Par ailleurs, puisque : 1. La totalité de la monnaie bancaire (la somme de tous les dépôts) est issue d'une création de crédit/dette "ex nihilo" par une double écriture simultanée d'un actif et d'un passif bancaire (voir Épisodes 1 et 4) 2. C'est ce passif bancaire qui est devenu la monnaie positive de nos comptes 3. Les banques sont des entreprises commerciales Cela signifie que : 1. Nous sommes tous collectivement débiteurs (puisqu'il a fallu nous endetter auprès du secteur bancaire pour créer toute la monnaie) et nous ne sommes créditeurs que de nos soldes positifs individuels. 14 2. La monnaie en circulation, c'est en réalité le passif des banques. 3. L'argent que nous croyons posséder n'est en fait qu'une promesse de payer qui figure au bilan d'une entreprise commerciale. Juridiquement, vous êtes autant propriétaire de votre solde bancaire que vous l'êtes d'une traite que vous a signé une entreprise ou d'un avoir que vous a donné un commerçant. Si l'entreprise ou le commerçant ferme boutique, votre papier perd toute valeur. Et comme le secteur bancaire dans son ensemble est une énorme pyramide de dettes et de crédits entremêlés, au moindre défaut, tout s'écroule ! C'est le fameux "risque systémique" (voir Épisode 2). Si une réaction en chaîne se déclenche comme en 2008, les renflouements par les gouvernements sont donc indispensables pour sauver le système... et nos économies ! Épisode 6. Un système instable par construction, cause directe de bulles et d'effondrements à répétition Il existe de nombreuses preuves qui montrent que les mécanismes monétaires actuels engendrent une instabilité structurelle de l'ensemble du système. La crise, la "Grande Récession" qui a commencé en 2008, est loin d'être terminée, mais ce n'est pas un phénomène unique, loin de là. Depuis que des systèmes monétaires (tous identiques et tous basés sur un monopole de l'argent payant) sont en place dans la quasi-totalité des pays du monde, on compte un nombre considérable de crises monétaires similaires. Entre 1970 et 2010, le décompte officiel du Fonds Monétaire International dans ses États membres est le suivant : 145 crises bancaires 208 effondrements monétaires et 72 crises de dette publique Soit un total de 425 crises financières liées directement à l'instabilité intrinsèque des systèmes en place. La multitude des crises, dans des pays aux économies différentes, avec des monnaies différentes, leurs effets contagieux sur les économies nationales des pays concernés, les ravages similaires qu'elles occasionnent sur des populations toutes différentes, démontrent sans l'ombre d'un doute le caractère systémique et 15 structurel du problème : le système monétaire actuel entraîne inévitablement des effondrements financiers à répétition qui dégénèrent inévitablement en désastres humains et sociaux réels. Le modèle est très simple : les banques commerciales créent du crédit et perçoivent des intérêts sur la monnaie ainsi émise. Plus il y a de crédits émis, plus il y a d'intérêts perçus, plus il y a de profit (et plus il y a des débiteurs qui travaillent !). Dans les périodes de croissance, les banques prêtent à tout-va pour profiter du boom. Dans les périodes de dépression, les banques ferment les robinets du crédit pour diminuer leur risque. Les banques créent donc plus de monnaie pendant les périodes de croissance et moins de monnaie pendant les périodes de récession, ce qui amplifie les mouvements à la hausse comme à la baisse, ce qui crée des instabilités violentes dans les marchés financiers et des bulles à répétition dans l'immobilier, les matières premières ou tout autre secteur où l'argent se précipite. Quand les bulles explosent, les actifs cessent de monter et les effets s'inversent : les conséquences pour l'économie réelle sont dramatiques, des gens se retrouvent à la rue, les plus faibles souffrent et meurent. Explication : Le fait que le crédit-monnaie soit injectée, non pas de manière homogène dans l'ensemble de l'économie, mais de manière arbitraire dans des secteurs particuliers, entraîne plusieurs conséquences : 1 - L'accès plus aisé aux financements pour un type de bien donné permet aux acheteurs de ce type de bien de proposer des prix supérieurs pour les acquérir. En conséquence, les vendeurs de ces biens auront tendance à demander des prix supérieurs. Ces deux paramètres ont tendance à faire monter les prix de cette catégorie de biens. 2 - Le fait que les prix d'une certaine catégorie de biens montent incite les émetteurs de crédit à adopter le raisonnement suivant : "Nos débiteurs, s'ils ont des difficultés à nous rembourser, pourront toujours revendre leurs biens avec une plus-value et ainsi, ils pourront nous rembourser facilement. Au pire, s'ils font faillite, il nous suffira de saisir leur bien et de le revendre nous-même avec un profit. Tant que cette situation dure, c'est-à-dire tant que les prix montent, nous pouvons assouplir nos critères de solvabilité." 16 3 - Du point de vue des emprunteurs, le raisonnement est similaire : "Les prix montent, c'est le moment ou jamais d'acheter, prenons un crédit ! Même s'il les mensualités sont trop élevés pour nous, nous pourrons toujours revendre le bien, encaisser la plusvalue, et tout rembourser. Quelle bonne affaire !" Tout cela pousse à la création et au gonflement de la bulle. Puis vient un moment où tout le monde a pris un crédit. Tout le monde a acheté, tout le monde est endetté. Il n'y a plus d'acheteurs, et plus personne ne peut, ni ne veut, prendre de nouveaux crédits. De plus, dans certains cas, le rendement (loyers, dividendes...) des biens achetés ne permet pas d'assurer le paiement des charges de crédit. Arrive donc le moment où certains débiteurs, ne pouvant pas payer leurs mensualités, ou cherchant simplement à encaisser leur plusvalue, commencent à vendre. C'est le signal du renversement. Comme il n'y a presque pas d'acheteurs, les vendeurs sont très vite obligés de brader. Les prix s'effondrent. Tous les indicateurs qui montaient (nombre d'acheteurs, prix de vente, nombre de transactions, émission de crédit...) s'inversent. Tout se met à chuter. Y compris l'activité, et donc l'emploi. La bulle a explosé. La crise est en marche. Il va falloir solder tous ces crédits peu à peu, et donc, se serrer la ceinture pendant des années, ce qui ne fera que diminuer encore la quantité de monnaie dans l'économie, et donc diminuer l'activité, augmenter le chômage, et aggraver la récession. L'euphorie a cédé la place à la dépression. Épisode 7. Des règles qui engendrent le conflit, la cupidité, et la violence Dans un système où la monnaie ne peut être créée qu'avec de la dette payante, il faut en permanence des nouveaux crédits pour payer les intérêts des crédits précédents. Il n'y aura donc jamais assez de monnaie dans l'économie pour payer à la fois la dette et les intérêts en cours. On peut dire que pour parvenir à payer la dette et les intérêts de la dette, il faut : - soit emprunter encore plus pour payer les intérêts de la dette ("rouler la dette" : c'est ce que font les gouvernements) 17 - soit piller l'économie et la planète pour trouver assez de monnaie pour rembourser les crédits et les intérêts en cours. Comme tout le monde a besoin de monnaie, tout le monde cherche à vendre et à exporter (d'où la concurrence aveugle entre pays, entre entreprises, entre personnes) - soit réussir à gagner plus que les autres pour payer ses propres intérêts et ses propres impôts (d'où la concurrence féroce entre tous, pour les rares emplois, pour les emplacements commerciaux, pour les "bonnes places" : d'où la corruption, les passe-droits et les pots-devin). Ça peut marcher pour certains (c'est la "sélection naturelle" !). Les autres resteront sur le carreau. - soit que de nouveaux emprunteurs arrivent pour créer la monnaie qui permettra de payer les intérêts des crédits précédents (d'où la nécessité de croissance). Quoi qu'il en soit, ce système crée une insuffisance permanente et structurelle de monnaie qui ne peut pas engendrer autre chose que des comportements de survie individuelle, de manque, de concurrence féroce et de rapacité. L'Être humain étant une espèce dont la qualité principale est l'adaptabilité, on peut facilement comprendre, et de nombreuses études scientifiques le prouvent (voir Épisode 13, page 29), que des règles du jeu reposant sur le manque et l'inégalité engendrent des comportements offensifs, égoïstes et usurpatoires. Dans un tel monde, c'est toi ou moi. Si je ne parviens pas à prendre ce qu'il me faut pour satisfaire à mes engagements, c'est toi qui me prendra tout ! Quand on parle d'argent, c'est du sérieux. Le fait de mesurer les échanges avec un outil monétaire toujours plus rare et privateur brise les liens que le crédit mutuel ancien, toujours disponible et facile à créer, perpétuait et renforçait (voir Épisode 4, NB2, page 9). Désormais, même en famille, les rapports sont altérés, et l'expression "régler ses comptes" prend tout son sens. Les mécanismes actuels de la distribution monétaire ont aussi des effets à long-terme : en favorisant l'accumulation exponentielle des revenus que procure la possession de monnaie, ils créent avec le temps des lignées entières de privilégiés. En face, ce sont donc des populations entières de nouveaux entrants (les plus jeunes, les plus dynamiques et les plus créatifs d'entre nous !) qui se retrouvent totalement défavorisées. Les malchanceux se retrouvent dès leur naissance face à un jeu où toutes les meilleures cartes ont déjà été distribuées, où les investissements vont aux dinosaures du passé et non au projets de l'avenir, où tous les meilleurs postes, les meilleurs créneaux, les meilleurs terrains 18 sont déjà occupés, et où les projets qui pourraient changer les choses ne peuvent pas être financés. Ces circonstances s’aggravent à chaque instant, comme dans un jeu de Monopoly infernal où certains recevraient le double ou le triple des autres et auraient en main plusieurs dés contre un seul, un monde où les perdants sont tenus de se soumettre aux gagnants pour obtenir les moyens de survivre, gâchant ainsi leur inestimable temps de vie à perpétuer le monde d'hier, alors qu'ils pourraient donner vie au monde de demain. Inutile d'espérer que la lassitude ne finisse pas par céder la place à la colère, et la colère à la violence. Malgré les innombrables mécanismes de redistribution et d'assistanat que les États, croyant bien faire, ont mis en place, les inégalités ne font que se renforcer. Cet échec patent des politiques sociales démontre à lui seul que les mécanismes monétaires sont bien plus puissants que toutes les redistributions. NB : A contrario, on peut supposer que si l'on parvenait un jour à remplacer le système arbitraire et prédateur que nous subissons actuellement par un système honnête, équitable et équilibré, la société dans son ensemble connaîtrait un soulagement inouï et un boom de prospérité sans précédent. Il y a même fort à parier que des économies tellement considérables seraient soudain réalisées à des niveaux tellement nombreux, que l'on s'apercevrait probablement que la plupart des impôts, taxes et charges sociales redistributives que l'on croyait indispensables dans l'ancien système se révèlent en réalité totalement superflus. Épisode 8. L'inflation : calamité pour les uns, aubaine pour les autres Le système de la création de crédit par les banques commerciales représente une production continue de monnaie. Quand l'afflux de monnaie nouvelle se produit dans un secteur de l'économie où l'offre ne peut pas s'ajuster immédiatement à ce nouveau pouvoir d'achat, "l'inflation" monétaire, c'est-à-dire le gonflement de la masse monétaire locale, peut être la cause d'une "inflation" des prix, c'est-à-dire de leur augmentation. Les prix montent là où il y a une injection de monnaie supplémentaire. 19 NB : "Surproduction de monnaie" signifie que la croissance de la masse monétaire est supérieure à la croissance de la production de biens et de services. Un décalage entre la monnaie et la production peut ainsi générer une augmentation des prix à la consommation et/ou une augmentation des prix des actifs (immobiliers ou financiers). Cet excès de monnaie peut résulter d'un excès de création de crédit au profit des gouvernements, des entreprises ou des particuliers, mais aussi d'une spéculation financière excessive au profit des fonds d'investissements ou des banques elles-mêmes quand elles financent les effets de levier de leurs propres opérations mobilières ou immobilières. (Voir Épisode "Bonus", page 38). Ce type d'opérations peut faire varier les prix des matières premières, des produits agricoles, etc. Mais le problème n'est pas seulement dans le fait que les prix montent. Il est aussi dans le fait que tout le monde n'est pas à égalité face à cette augmentation. Par exemple, l'augmentation des prix des produits de première nécessité, de l'énergie, des loyers, des appartements ou des maisons, quand elle se produit, entraîne une perte de pouvoir d'achat pour les citoyens dont le revenu reste fixe, par exemple les salariés, les retraités... Leur seule défense, et le seul moyen de maintenir leur pouvoir d'achat, serait d'augmenter leurs revenus (exprimés en unités monétaires). Malheureusement, la faculté d'obtenir une augmentation de revenu pour compenser la perte de pouvoir d'achat varie considérablement d'une personne à une autre et d'un secteur à un autre. L'augmentation des prix est subie de plein fouet par ceux qui ne possèdent pas le pouvoir de négociation suffisant ou l'accès aux capitaux qui leur permettrait d'obtenir une augmentation proportionnelle de leurs revenus. Pour d'autres, le problème ne se pose pas. Il suffit d'être du bon côté. L'augmentation du prix des actifs n'est pas un problème pour ceux qui les possèdent, bien au contraire ! Dès le moment de l'achat et de la demande de crédit, les inégalités sont là. Plus les garanties (hypothèques, capitaux existants, actifs financiers, immobiliers...) que l'on peut apporter sont importantes, plus l'accès au crédit est facile (et moins cher !). Les détenteurs de richesses existantes possèdent donc un accès tout à fait privilégié à la monnaie nouvelle. Cet état de fait à deux aspects : 1. L'accès aisé au crédit permet à une certaine catégorie de la population d'acquérir des biens avant tout le monde, et sans souci de financement. 2. Cet accès aisé permet à ces privilégiés d'investir de la monnaie nouvelle les premiers dans certains biens précis, ce qui causera pour les suivants une hausse des prix de ces mêmes biens dans le futur. 20 Autrement dit, certains peuvent acheter au meilleur prix des biens dont le prix futur sera plus élevé, alors qu'ils causent eux-mêmes cette plus-value, générant ainsi les bénéfices de leur revente future ! L'augmentation des prix se diffuse ainsi dans la société, et ceux qui sont "le plus près du robinet" sont avantagés : ils gagneront tôt ou tard l'argent perdu par les suivants. Tout au long des cycles provoqués par le système monétaire (voir Épisode 6, page 14) et selon les hasards de la fortune, certaines catégories de citoyens ont ainsi la chance, non pas de subir l'inflation qu'ils provoquent eux-mêmes, mais au contraire d'en profiter. Épisode 9. L'intérêt, c'est l'impôt On pourrait penser que l’impôt, autrefois ponction douloureuse au bénéfice d’une caste régnante, n'est plus aujourd'hui qu'une juste contribution volontaire exigée par des institutions démocratiques œuvrant pour le bien-être des populations. Ce serait faire l'impasse sur l'objectif essentiel de l'impôt, hier comme aujourd'hui : forcer la circulation de la monnaie étatique. Pour entamer cette réflexion, on peut d'abord se poser la question suivante : "À quoi peut bien servir l'impôt pour un Prince qui s'est octroyé le droit régalien de "frapper monnaie", quand on sait qu'il possède le privilège et les moyens d'en créer autant qu'il veut ?" … et constater que la réponse ne vient pas naturellement. En réalité, le but est à la fois d'utiliser la monnaie comme un moyen de soustraire des ressources et du travail aux populations sans produire soi-même rien d'autre que des rondelles métalliques ou des morceaux de papier sans valeur. Et en second lieu d'obliger les dites populations à accepter ce marché de dupes. La monnaie du Prince, rendue obligatoire et intrinsèquement précieuse par la fiscalité, devient ainsi l'outil rêvé de l'oisiveté. Ce système de redistribution de valeurs bien réelles du bas vers le haut au moyen d'un objet sans valeur permet tout : le luxe, l'entretien des inutiles, des courtisans et des complices, et le financement des forces de coercition indispensables à l'édification et au maintien de la structure de domination. La puissance d'intimidation que procure le monopole de la violence "légitime", soutenu par l'arsenal judiciaire, constitue l'instrument de menace idéal pour assurer la perception de l'impôt, et imposer ainsi la circulation et la rareté de la monnaie monopolistique, source de puissance et d'enrichissement infini. 21 L'impôt est donc, non pas une contribution volontaire, mais tout au contraire la plus subtile des extorsions. NB1 : Il est intéressant de constater à quel point les citoyens, dans les démocraties industrielles modernes, essayent de minimiser cet aspect des choses. La réalité de cette situation d'oppression leur échappe complètement. C'est devenu de la "violence symbolique", une violence dont les victimes ont tellement pris l'habitude qu'elles n'en sont plus conscientes. Mais il faut aller plus loin : Depuis que l'unité d'échange et de compte n'est plus émise par l'État sous forme de monnaie souveraine, mais créée par le secteur bancaire sous forme de crédit payant (voir Épisodes 1 et 4, pages 4 et 8), la prédation s'est amplifiée : à l'impôt, qui par nature doit être redistribué en dépenses d'État futures, sont venus s'ajouter les intérêts monétaires, qui s'accumulent dans des poches privées. Les intérêts monétaires en effet, ne sont pas voués à alimenter l'État, mais à rémunérer les émetteurs de la monnaie privée. Ce prélèvement est néanmoins assimilé à l'impôt, payable par l'impôt, et tout aussi obligatoire que l'impôt. Il est calculé comme un pourcentage sur la totalité de la monnaiedette qu'il a fallu créer à chaque étape de financement de chaque activité. La liste est longue. En effet, il y a besoin de monnaie pour tout. Par exemple, pour financer et rémunérer : - la conception, la fabrication, la distribution et l'empaquetage de chaque produit ; - la recherche, l'extraction, le raffinage, le transport, le conditionnement, la livraison de chaque élément de matière première nécessaire pour fabriquer chaque produit ; - l'étude, la commercialisation, la conception, le contrôle, la vérification, l'administration de chaque service, de chaque fonction, de chaque activité privée ou publique nécessaire pour le bon déroulement des flux innombrables sans lesquels des sociétés marchandes aussi complexes que les nôtres ne peuvent pas fonctionner. Sur chacune de ces opérations, un pourcentage est perçu et reversé aux émetteurs de la monnaie-dette. Cette ponction privée sur l'ensemble de l’activité nationale représente un coût supplémentaire colossal que les entreprises font passer dans les prix, et que l'État fait payer par la fiscalité. En moyenne, on peut évaluer que 50 % des prix de nos biens et services sont soumis au prélèvement de l'intérêt monétaire. (Margritt Kennedy, 1996). 22 Autrement dit, si les mécanismes de création monétaire actuels n'existaient pas, nous serions deux fois plus riches, ou nous pourrions travailler deux fois moins. Nous sommes donc bien là en présence d'une alliance quasi symbiotique entre deux entités complémentaires et synergiques : d'une part le secteur financier qui accapare le système monétaire et son pouvoir de monétisation infini, et d'autre part, le secteur politique qui dispose du monopole de la violence physique, instrument-clé de leur association et de leur succès partagé. NB2 : Cette analyse expliquerait par ailleurs la nécessité pour les gouvernements de procéder à des manœuvres de redistribution, non pas pour assurer un rôle hypothétique de généreuse Providence, mais plus prosaïquement pour nourrir de quelques miettes les hôtes qu'ils sont en train de spolier, et éviter que les plus faibles ne se révoltent face aux ponctions de leur parasitisme... NB3 : En France, le service de la dette représente plus de 37% de la totalité de l'impôt. C'est le poste le plus élevé du budget de l'État, surpassant celui de l'enseignement et celui de la défense. NB4 : Le montant exact des intérêts qui sont inclus dans chaque prix que nous payons varie également en fonction du rapport coût du capital / coût de la main-d'œuvre. Dans certains cas, le capital immobilisé est relativement faible, par exemple dans les activités de commerce ou de service. Dans d'autres cas, par exemple dans l'industrie lourde ou les infrastructures (matières premières, fourniture d'eau et d'énergie, moyens de communication, logement...), les coûts d'immobilisation du capital sont beaucoup plus élevés. C'est peut-être ce qui explique en partie que les États et le secteur bancaire aient souvent mis en place des positions monopolistiques conjointes dans ces secteurs. Épisode 10. Un système qui augmente mécaniquement les inégalités Quand les banques ordinaires créent de la monnaie en accordant des crédits à des clients, elles créditent les comptes de ces clients qui dépensent alors leur nouvelle monnaie. Cette monnaie une fois dépensée, revient sous forme de dépôts sur les comptes d'autres clients, qui eux, sont alors créditeurs. Le bilan personnel des clients créditeurs est positif : ils possèdent plus qu'ils ne doivent. Le bilan personnel des clients débiteurs est négatif : ils doivent plus qu'ils ne possèdent. 23 Si les comptes où reviennent les dépôts créditeurs sont des comptes rémunérés, alors on peut dire que les banques reversent aux clients créditeurs une partie des intérêts qu'elles font payer aux clients débiteurs. Le problème, c'est que les comptes débiteurs et les comptes créditeurs ne sont pas distribués équitablement dans la société. Or, les débiteurs payent des intérêts, et les créditeurs perçoivent des intérêts. En règle générale, ce sont plutôt les pauvres qui ont moins de monnaie que les riches. Et les pauvres sont beaucoup plus nombreux que les riches. Et au niveau international, ce sont les pays pauvres qui sont endettés et les pays riches qui font des prêts. En réalité, l'essentiel des dépôts est détenu par une infime portion de la population mondiale, qui reçoit donc les intérêts que payent tous les autres. C'est la racine de la fracture entre les 1% et les 99%. Le système de la monnaie à intérêt génère donc un transfert permanent de monnaie de la "France d'en bas" vers la "France d'en haut", de tout le monde vers les plus riches, et du Tiers-Monde vers l'Occident. En gros, les pauvres payent les riches ! Les inégalités ne peuvent donc aller qu'en s'accentuant. Par ailleurs, le système est lui-même exponentiel par construction. En effet, le montant des intérêts vient s'ajouter au capital et rapporte à son tour des intérêts. C'est le phénomène des "intérêts composés", qui permet une croissance exponentielle des actifs monétaires. (voir également Épisode 4, page 12 et Épisode 11, page 24) Ces mécanismes constituent un avantage considérable pour les créditeurs, et pour le secteur bancaire qui encaisse en permanence le différentiel entre les taux perçus et les taux versés sur l'ensemble de la masse monétaire. Toutefois, l'argent ne "fait pas des petits" tout seul. Les actifs monétaires ou financiers ne sont pas par eux-mêmes générateurs de richesses. La plus-value produite par les intérêts ne peut provenir que du travail et de la créativité du labeur humain. L'humain est ainsi soumis à la pression continuelle de l'intérêt qui le force à augmenter sans cesse sa productivité, sa profitabilité, sa rentabilité, à diminuer sans cesse ses coûts, ses dépenses, ses acquis, à réfléchir et à travailler toujours plus pour faire mieux, plus vite, plus rentable. Tout le monde est victime de ce système et doit s'y adapter : individus, entreprises, États. 24 La monnaie n'est que le symbole, la représentation comptable des valeurs réelles qui s'échangent. Pour que l'argent "fasse des petits", il faut forcément de la valeur nouvelle quelque part, il faut donc forcément que quelqu'un, quelque part, passe des heures de sa vie à produire et à travailler pour le possesseur de monnaie. Nos SICAV, nos assurances-vie, nos livrets de caisse d'épargne, ne sont en réalité que des menaces de saisie potentielles pour quelqu'un d'autre... Alors que chacun, à son niveau, ne fait que se défendre contre un système prédateur et mettre sa famille à l'abri, le résultat au niveau global est que nous assistons à une concentration sans cesse croissante de capital, et que des sommes d'argent de plus en plus grandes sont concentrées dans les mains d'individus de moins en moins nombreux. Les exigences du paiement des intérêts composés que l'argent doit fournir à l'argent sont sans limite. La croissance exponentielle n'attend pas, ne pardonne pas. C'est une machine à transformer le travail et la créativité humaine en revenu financier. C'est une machine folle capable de tuer pour assouvir son appétit infini. Épisode 11. Parasitisme, croissance et destruction Quand un client rembourse un crédit, la banque annule la dette correspondante, et ainsi, efface la quantité de monnaie correspondante. Cette quantité de monnaie disparaît de l'économie, et par conséquent, la masse monétaire disponible pour représenter les échanges diminue. Autrement dit : le total des unités monétaires disponibles pour comptabiliser les transactions communes devient inférieur à ce qu'il était quand le crédit circulait. Mais les débiteurs restants ont toujours besoin de plus de monnaie que ce qu'ils ont reçu, puisqu'ils doivent payer leurs intérêts en plus de leur crédit. Même si les débiteurs prennent de nouveaux crédits pour payer leurs anciens intérêts, les intérêts de ces nouveaux crédits s'ajoutent aux anciens intérêts ! Ils ont donc dans tous les cas besoin de revenus supplémentaires pour payer leurs intérêts, et donc ils doivent obligatoirement réaliser de nouveaux profits ! Or l'économie dans son ensemble ne peut pas faire de profits s'il n'y a pas sans arrêt une augmentation de la quantité de monnaie. C'est la source du besoin impératif de croissance qui est la caractéristique principale de nos économies monétaires. 25 La croissance de la quantité de monnaie de crédit en circulation exerce une pression à la hausse sur l’activité réelle, et la croissance de l'activité réelle exerce une pression à la hausse pour que la quantité de monnaie continue à augmenter. La conséquence, c'est qu'une telle économie ne peut fonctionner qu'à la manière d'une pyramide de Ponzi, ou d'un système de vente à la boule de neige. S'il n'y a pas sans arrêt des nouveaux arrivants pour créer la monnaie qui permettra aux anciens de payer les intérêts d'avant, le système s'écroule. Ce système ne peut pas fonctionner sans croissance, et il tend vers l'implosion dès que la croissance diminue. Nous avons tendance à croire qu'il n'existe qu'un seul type de croissance : la croissance naturelle dont nous avons l'exemple quotidien dans la réalité. La croissance par exemple d'une forêt dont les arbres grandissent puis arrivent à leur taille adulte, la croissance d'un être vivant, qui commence fort puis se stabilise, d'un fruit qui grossit puis arrive à maturité. Il existe aussi la croissance linéaire, par exemple celle d'une industrie ou d'un système de production, dont la productivité ou le rendement augmentent à peu près régulièrement avec le temps. Tout cela nous donne l'impression que rien ne se multiplie vraiment, que les choses, tout au plus, s'additionnent. Mais souvenons-nous du célèbre film d'animation "Fantasia", de Walt Disney, et de la fameuse séquence de "l'Apprenti Sorcier" où, voulant nettoyer le plus efficacement possible l'atelier de son maître en l'absence de celui-ci, le jeune Mickey décide, par un sort magique, de multiplier les balais et les seaux d'eau, qui se mettent à se reproduire tout seuls : deux, puis quatre, puis huit, puis seize, puis trente-deux, puis soixante-quatre !... En quelques minutes, la situation devient incontrôlable, et si ce n'était grâce au retour du Maître qui stoppe d'un seul geste cette folie, la terre entière aurait fini par être recouverte de balais et de seaux frénétiques ! Cette histoire montre bien la nature, et les dangers, de la croissance exponentielle. Dans le monde vivant, la croissance exponentielle s'achève en général avec la mort de l'organisme infecté et de son hôte. Elle est par définition très rare dans la nature, sauf dans les maladies les plus graves : cancers, tumeurs, leucémie. Dans le monde immatériel par contre, la progression exponentielle est fréquente. On la trouve dans le monde des mathématiques, et dans le monde de l'information. Sur Internet, le phénomène du "buzz" est un exemple de progression exponentielle des idées. 26 Le système des intérêts composés, qui a pour projet de faire payer des frais exponentiels par la croissance forcée d'une économie réelle, est mathématiquement insoutenable. Il y a là une contradiction irréductible entre le monde de la matière et le monde des idées. Il faut forcément piller l'un pour satisfaire l'autre. On pourrait dire, finalement, que le système des intérêts composés est en quelque sorte une tumeur parasitaire vouée à envahir notre société et à détruire l'équilibre de notre planète. Un cancer, selon Wikipedia, est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée. Le système monétaire actuel est, littéralement, le cancer de notre monde. NB1 : À 4% par an, un capital de 100.000€ double en 17 ans, il quadruple en 35 ans, il dépasse 1.000.000€ à la 58ème année. Et à l'année 80, les 100.000€ de départ sont devenus 2.397.179€ ! En année 1, il y a 4.000€ d'intérêts à payer. Au bout de 80 ans, on approche 100.000€ par an ! Quand les intérêts dépassent le principal, pas étonnant que le système explose. Pour les êtres humains que nous sommes, il est très difficile de percevoir la réalité de la progression exponentielle, surtout quand les prédations les plus graves (la spoliation par la dette d'une entière génération de jeunes arrivant dans la vie) ne commencent à apparaître que quand les premiers entrants ont presque tous disparu. La nouvelle génération, victime d'un système impossible à détecter et obligée de payer des sommes impossibles à trouver, étouffée dans ses désirs de création de valeurs nouvelles par un crédit inaccessible, ne pourra que se résigner, partir, ou réagir par la violence et tenter de détruire les privilèges des anciens et de leurs lignées. La plupart des révolutions, des révoltes et des soulèvements viennent de là. NB2 : Dans les anciennes civilisations, par exemple en Mésopotamie (3.000 avant J.C.) et en Égypte (1.000 avant J.C.), un "Jubilée" annulait les dettes tous les 49 ans (7 périodes de 7 ans). Ce n'était certainement pas par hasard... Au niveau de l'économie réelle, la nécessité mathématique exige de la réalité objective des résultats impossibles à atteindre. Inconscients de la contradiction, les agents économiques (les citoyens, les entreprises, les collectivités, les États) jouent le jeu et essayent néanmoins de les obtenir. Malheureusement, une croissance matérielle exponentielle requiert des ressources infinies. 27 En toute logique, la croissance de l'économie réelle, forcée par la nécessité de croissance du système monétaire, entraîne obligatoirement une surexploitation des ressources naturelles et un pillage systématique des ressources, des biens, des terres. Les agriculteurs doivent emprunter toujours plus pour acheter les plus grosses machines et les engrais les plus violents pour produire toujours plus, les entreprises doivent rechercher la rentabilité à tout prix, augmenter sans cesse leurs profits et diminuer leurs coûts, les multinationales ne seront jamais assez grosses et devront piller la terre jusqu'à la dernière goutte de pétrole, jusqu'au dernier caillou de minerai... Tous les humains sont soumis à toutes ces pressions et se retrouvent contraints de produire toujours plus à l'infini en se battant contre eux-mêmes et contre leur environnement. Tous ces comportements, parfaitement logiques au niveau individuel pour nourrir sans espoir un système insatiable, ont des conséquences dramatiques pour chaque être humain, pour notre milieu naturel, pour le futur de la planète, pour l'avenir de nos enfants. L'endettement perpétuel entraîne une prédation obligatoire vis-à- vis de la Nature et des humains. Il appauvrit l'ensemble de l'Humanité. Ce système monétaire est donc totalement incompatible avec un développement durable, et incompatible avec la réalité du monde matériel. Épisode 12. Un système qui enrichit les pays riches et appauvrit les pays pauvres Le monopole du crédit payant émis et distribué par le secteur bancaire s'impose aussi au niveau mondial, et altère profondément les relations internationales. Il y a plusieurs échelons dans la finance : Les agences bancaires des petites villes louent la monnaie au niveau local. Les agences des grandes villes et des capitales financent les grandes entreprises et les dépenses nationales. … Mais il y a mieux : l'idéal du métier, c'est de financer des pays tout entiers d'un coup. 28 C'est l'activité principale de deux organismes mondiaux : le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Le premier reçoit les garanties financières des États les plus puissants du monde, et avec ces garanties, la seconde va pouvoir créer des milliards de dollars ! Le système fonctionne ainsi : Les "experts" économistes et analystes du FMI approchent un pays pauvre qui dispose de ressources "intéressantes" : des ressources dont les pays riches, les pays occidentaux, ont particulièrement besoin : pétrole, gaz, uranium, coltan, bauxite... Les experts exhibent des études, des plans, et expliquent aux dirigeants de ce pays pauvre qu'ils sont assis sur une mine de richesses, mais que le problème, c'est qu'ils n'ont absolument rien pour en organiser l'exploitation : ni argent, ni savoir-faire, ni entreprises. On explique alors aux dirigeants que c'est le "développement" de leur pays qui est en jeu, et que pour extraire toutes ces richesses et les vendre (c'est-à-dire pour enrichir leurs populations et par la même occasion s'enrichir eux-mêmes), ils vont avoir besoin d'équipements, d'infrastructures : des mines, des ponts, des routes, des ports et des pipelines, des usines et des machines. Mais malheureusement tout cela coûte très cher, et ils n'ont personne pour les construire. Heureusement, les pays riches ont de l'argent, des dollars, et ils sont prêts à les "prêter" !... À partir de là, la procédure est exactement la même que celle par laquelle une banque crée un crédit ex nihilo pour un particulier qui s'endette pour acheter sa maison : inscription simultanée au bilan de la Banque Mondiale d'un actif (la reconnaissance de dette du pays) et d'un passif (l'argent qui va servir de "prêt"). Résultat : tout un pays s'endette, c'est-à-dire s'oblige à trouver l'argent pour rembourser le principal, et à vendre son travail ou ses ressources pour payer les intérêts. Mais il y un hic, un petit plus qui fait toute la différence. Les pays pauvres n'ont aucune entreprise pour effectuer les travaux. Personne sur place ne sait comment faire pour extraire le coltan, transporter le pétrole, transformer l'uranium...Alors une simple clause est ajoutée au contrat de "prêt". Une clause par laquelle le pays pauvre s'engage à faire réaliser tous ses nouveaux équipements... par les seules entreprises qui disposent des moyens et des compétences nécessaires pour ce faire : les entreprises occidentales. D'un point de vue strictement monétaire, c'est une opération en or pour l'Occident : 29 1. le montant du "prêt" en dollars crée ex nihilo par les pays occidentaux n'a rien coûté à ceux-ci 2. le montant du "prêt" revient intégralement dans le PIB des pays occidentaux, en paiement d'exportations de biens et de services (en effet, les entreprises occidentales vont réaliser des travaux et livrer des équipements dans un pays étranger, il s'agit donc bien d'une exportation), ce qui améliore la balance des paiements occidentale 3. la dette associée à la création de cette monnaie nouvelle reste due par le pays pauvre ; par contre la monnaie elle-même vient s'ajouter, nette de tout intérêt, à la masse monétaire en dollar, ce qui permet aux pays qui l'ont reçue en paiement (les pays riches) de disposer de montants nouveaux de monnaie libre de dette pour réaliser leurs propres transactions internes et permettre de l'activité nouvelle, créatrice d'emploi 4. les intérêts de la dette sont impossibles à payer par les pays pauvres dans une monnaie étrangère qu'ils ne peuvent pas créer euxmêmes (le dollar), ce qui les oblige, soit à emprunter indéfiniment pour payer les intérêts et donc à rester constamment débiteurs, soit à brader leurs ressources dès qu'elles seront mises en exploitation. Dans un cas comme dans l'autre, les pays occidentaux sont largement gagnants. Pour ces pays pauvres, la mise en place d'une dette perpétuelle dans leurs comptes publics, et souvent l'installation sur leur territoire de troupes occidentales afin d'en sécuriser le paiement, jouent le même rôle que l'impôt et la menace fiscale pour les populations occidentales. En résumé, nous sommes là encore en présence d'un très efficace système d'exploitation destiné à perpétuer la domination des plus puissants sur les plus faibles. Épisode 13. Des règles qui altèrent les comportements Nous avons vu que les règles qui régissent le système monétaire existant sont historiquement le fruit d'une volonté déterminée de la part de certains humains d'exploiter leurs semblables. Nous avons vu également que ces règles créent mécaniquement des inégalités grandissantes entre exploiteurs et exploités. Mais se pourrait-il que des effets dans le sens opposé soient observables ? que ce ne soient pas seulement des désirs égoïstes qui aient engendré ces règles iniques, mais que des règles iniques engendrent tout autant des comportements égoïstes ? 30 Si la réponse est positive, cela voudrait dire que nous sommes en présence d'un système auto-résilient d'une force exceptionnelle, et cela expliquerait en partie sa résistance dans le temps et son développement dans l'espace économique, malgré tous les inconvénients et les déséquilibres qu'il impose. Paul Piff est un scientifique distingué, spécialiste des études socio- économiques. Il analyse les effets de l'enrichissement et du statut social sur les comportements des individus. Il travaille à l'Université de Californie à Berkeley et passe son temps à étudier dans quelle mesure les hiérarchies et les inégalités fondent et transforment les relations sociales entre les individus et les groupes d'individus. Il a démontré par de nombreuses investigations scientifiques que les différences, avantages ou désavantages économiques qui distinguent certains individus ou groupes d'individus (ce que l'ancien monde décrivait parfois sous le nom de "Classes Sociales") sont à la base de leurs processus d'interaction et de certains de leurs choix de comportements (moral ou immoral, altruiste ou égoïste, coopératif ou individualiste, etc.). Au cours de son programme de recherche expérimental, il a par exemple découvert qu'une augmentation de la richesse et du statut social d'un individu provoque chez celui-ci, d'une part une amplification de l'auto-satisfaction et de l'égocentrisme, et d'autre part une diminution de la compassion, de l'altruisme et du sens de l'éthique. L'une de ces expériences met en présence deux sujets et un jeu de Monopoly. Le jeu est le jeu classique, avec les avenues, les gares, et les hôtels à construire et à louer. Mais il y a un truc : les règles sont modifiées de telle sorte que l'un des deux joueurs ait toutes les chances de gagner, alors que l'autre sera inévitablement le perdant : 1. le premier joueur, appelons-le A, reçoit 2.000 au début et 200 à chaque tour. L'autre, B, reçoit la moitié. 2. A joue avec deux dés, et donc parcourt le circuit deux fois plus vite que B, qui lui n'a reçu qu'un dé. 3. A reçoit le pion en forme de Rolls-Royce, alors que B joue en déplaçant la vieille godasse... 4. Et puis on met, à égale distance des deux joueurs, sur la table, un bol de bretzels ! Et la partie commence... Les scientifiques ont placé des appareils pour prendre des mesures diverses : 31 - le volume sonore des voix et de la frappe des pions quand les joueurs les déplacent sur la table de jeu - la dimension physique des joueurs, pour déterminer s'ils ont tendance à s'étirer, à se grandir, ou à se contracter - l'éthique des comportements, l'équilibre ou le déséquilibre des interactions. Dès le début du jeu, A prend de l'avance. Mais il ne réagit pour l'instant à cette inégalité flagrante que par des sourires gênés. Il semble à la fois regretter cette situation embarrassante et l'accepter, au nom de l'expérience scientifique. Alors qu'il réussit coup gagnant sur coup gagnant, achète tout ce qui se présente et collecte de plus en plus de loyers, il semble peu à peu oublier son inconfort. Il étire ses jambes, prend plus de place, tend les bras au-dessus de sa tête en signe de victoire, parle plus fort. À chaque fois qu'il joue, il frappe sa Rolls Royce de plus en plus fort sur la piste de jeu, finissant souvent par un bruit retentissant et vainqueur. De son côté, B rétrécit. Il semble s'ennuyer et ne guère prendre de plaisir. Il parle peu et ne fait pas de bruit. A par contre, s'amuse bien. Parfois, jugeant probablement que B, son adversaire, est trop lent, il saisit lui-même la petite godasse pour jouer les coups à sa place. Plus le jeu avance, plus il est efficace. Il ne croise plus le regard de B. Tandis qu'il encaisse l'argent du perdant, il reste froid et impassible. … Et il mange deux fois plus de bretzels ! Les résultats de cette expérience, qui s'est déroulée sur une centaine de sujets sur une période d'un an, sont probants. Paul Piff les résume ainsi : "Si l'on met quelqu'un dans un jeu et dans un rôle où il dispose de plus de privilèges et de pouvoir, il a tendance à adopter des comportements similaires à ceux qui disposent effectivement de plus de pouvoir, de plus d'argent et d'un statut social plus élevé." Une autre expérience intitulée : "Une position sociale plus élevée est un prédicteur de comportements moins éthiques" semble corroborer ces résultats. Par des études de terrain, des questionnaires, des jeux et des études en laboratoire, ces travaux ont montré que le fait de disposer de hauts ou très hauts revenus a tendance à rendre les individus plus égocentriques, plus détachés et moins compatissants que les autres. 32 Une de ces études consiste par exemple à étudier les réactions des automobilistes par rapport à un piéton se trouvant sur le trottoir et sur le point de traverser la rue à un passage clouté. Un observateur placé en amont du trafic classe les voitures en approche sur une échelle de 1 à 5 selon leur cylindrée, leur état, et leur année de construction (qui figure sur la plaque minéralogique), puis un autre placé au niveau du passage clouté comptabilise les conducteurs qui s'arrêtent et ceux qui passent sans ralentir. Les résultats, ici aussi, sont probants. Sur 152 véhicules mesurés lors de l'expérimentation, tous les conducteurs de véhicules de catégorie 1 (vieilles voitures de petite cylindrée en mauvais état) se sont arrêtés pour laisser passer le piéton. Pour les catégories 4 et 5 (grosses et très grosses cylindrées récentes), 45% sont passés sans ralentir. D'autres études analysent les relations à la triche, au secret, à l'accaparement. Tous les résultats concordent : les comportements éthiques se dégradent au fur et à mesure de l'amélioration de la situation socio-économique perçue. Et bien d'autres études, par d'autres chercheurs, confirment ces résultats. Ceci dit, il convient d’être prudent. Ces recherches ne démontrent absolument pas qu'il faille accuser qui que ce soit de quoi que ce soit, bien au contraire. Il y a des imbéciles et des gens bien partout, et les plus fortunés d'entre nous produisent indéniablement des richesses considérables, qui profitent largement au bien-être et à la prospérité de millions de gens. Ces recherches étudient les effets statistiques de l'enrichissement, du succès et du statut social sur les comportements individuels, elles ignorent totalement les seuils de déclenchement à partir desquels ces comportements se produisent. Ces études ne tentent de répondre qu'à une seule question : Quand un être humain se trouve dans une situation de pouvoir économique, de privilège ou de statut social élevé, son organisation mentale se modifie-t-elle, et si oui, dans quelle mesure et dans quelle direction ? Dans un monde où les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres, où le 1/5ème le plus riche de la population a vu ses revenus augmenter de 45% en 30 ans et le 1/5ème le plus pauvre a vu les siens diminuer de 11%, c'est assurément une question qui mérite réflexion. 33 Épisode 14. Un système esclavagiste Une situation d'esclavage s'établit dès lors que deux conditions sont réunies : 1. un être humain dispose d'un droit de vie ou de mort sur un autre être humain, alors nommé "esclave" 2. l'esclave ne peut pas s'échapper sous peine de mort. NB1 : On peut déduire de ces deux éléments que l'esclavage est l'état d'un individu sur lequel s'exercent les attributs du droit de propriété. (voir également NB2 ci-dessous) Nous allons démontrer que les deux conditions ci-dessus existent aujourd'hui, alors même que l'instrument de l'esclavage n'est pas le fouet ni le fusil, mais la monnaie. Les "maîtres" étant les détenteurs du pouvoir monétaire, les "esclaves" étant tous les autres. Peut-on se soustraire à ce système pour éviter d'en devenir victime ? Il faudrait pour cela pouvoir disposer du temps de vie et des moyens nécessaires pour satisfaire les besoins vitaux : nourriture, sécurité, abri, et cela sans avoir besoin de recourir à la monnaie. Pour les moyens, il faudrait donc pouvoir cultiver son propre jardin, se regrouper pour se protéger et pour construire ses propres habitations… Mais pour cela, il faudrait pouvoir trouver des terrains libres et des ressources libres dont personne ne serait encore propriétaire, ce qui est impossible compte-tenu des règles régissant le droit de propriété et de la quasi-universalité de leur application. Cette situation met les candidats à l'émancipation dans l'obligation de disposer de monnaie pour acquérir les lieux et les moyens de vivre sans monnaie, ce qui est une contradiction irréductible. Par ailleurs, le temps de vie qui serait nécessaire pour faire tout cela est lui-même accaparé par la nécessité vitale de trouver de la monnaie pour satisfaire les besoins vitaux. Sans monnaie, pas de vêtements, pas de toit, pas d'eau, pas de nourriture. Sans monnaie, on meurt. Or, pour l'immense majorité des humains, il n'est pas possible, ou strictement interdit, de créer la monnaie indispensable pour vivre. Seuls certains humains, après en avoir revendiqué et obtenu le monopole par la Loi, disposent de ce privilège. 34 Pour la plupart des humains, il faut donc, pour avoir le droit de rester en vie, se soumettre à ceux qui produisent de la monnaie, c'est-à-dire à ceux qui ont le pouvoir d'en créer. Conclusion : Étant donné que : d'une part le système monétaire actuel confie le pouvoir exclusif de créer la monnaie à certains humains et pas à d'autres, et que d'autre part le fait de disposer ou non de monnaie détermine la possibilité, ou non, d'accéder aux moyens d'assurer les besoins vitaux, alors : 1. Le pouvoir de créer la monnaie est un pouvoir de donner la vie ou de la refuser, ce qui est précisément la définition de l'esclavage (voir plus haut). 2. Les humains ne disposant pas du pouvoir de créer la monnaie ne peuvent pas s'échapper de ce système sans risquer de perdre leur propre vie. Donc à la question : "Le système monétaire actuel est-il un système esclavagiste ?", nous pouvons répondre : "Oui." NB2 : Selon les travaux de Franz Oppenheimer sur les origines des États et ceux de David Graeber sur les origines de la dette, l'esclavage tout court, puis l'esclavage monétaire, sont nés de la conquête. Les populations autochtones des régions conquises furent d'abord méthodiquement massacrées, ce qui facilitait pour les colonisateurs l'occupation des terres. Puis les conquérants ont compris qu'il était beaucoup plus rentable d'épargner les populations locales afin de les exploiter. L'idée de NE PAS TUER les perdants a donné naissance à la notion de "dette de vie", c'est-à-dire une dette infinie qui ne pouvait se solder que par le droit de propriété acquis par le nouveau maître sur l'humain soumis, devenu ainsi esclave. De fait, le pouvoir de laisser en vie est bien l'exercice d'un droit de vie ou de mort. C'est la définition de l'esclavage retenue ici. Plus tard, la monnaie, rendue obligatoire par l'impôt et la menace de mort en cas de non-paiement, s'est substituée à la menace de mort directe. (Toutefois, même aujourd'hui, la menace de mort est toujours bien présente, quoique mieux dissimulée. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer ce qui arriverait à un contribuable si, face à un huissier et à un officier de police venus saisir ses biens pour le paiement d'une dette fiscale, il menaçait de se défendre par la force.) 35 Épisode 15. Un système qui viole les principes éthiques Un principe éthique répond à la question : "Que faire pour bien faire, dans le respect de soi-même et des autres ?". Il est destiné à permettre de reconnaître ce qui est bien, et à adopter les comportements correspondants. Les principes éthiques sont donc des règles qu'il serait possible et souhaitable d'universaliser, afin que le plus grand nombre possible d'êtres humains puissent les comprendre, les adopter librement et les appliquer avec responsabilité afin de décider quels sont les meilleurs comportements possibles, entre eux et envers ce qui les entoure. Les valeurs éthiques sont les valeurs les plus rationnelles et les plus fondamentales auxquelles les humains peuvent se référer pour établir et faciliter les relations entre membres d'une société, et les rapports entre les générations. Pour qu'une société puisse fonctionner de la manière la plus juste et la plus fluide possible à long-terme, il est préférable et logique que les valeurs qu'elle partage puissent être appliquées de manière réciproque entre tous, c'est-à-dire puissent s'appliquer et être appliquées à chacun et par chacun quelle que soit son origine, son sexe, son âge ou sa situation sociale. À ce titre, les valeurs fondamentales les plus adaptées sont celles qui s'expriment par l'absence de nuisance, comme la Non-Violence, l'Équité, la Justice ou la Paix. NB : Nous pourrions ajouter à cette courte liste les valeurs que la France a défendues au cours de son histoire populaire et révolutionnaire : la Liberté et l'Égalité, qui sont les sources vives de la Fraternité, et qui sont le reflet en positif de l'absence de nuisance. Nous avons pu observer tout au long de ces 15 épisodes que le système monétaire que nous utilisons actuellement est la cause directe : - de la plupart des violences et des contraintes répétées subies par certaines catégories de population, en particulier les plus démunis qui doivent en grande partie assumer les coûts de location de la monnaie privée actuelle, et les plus jeunes qui doivent faire face à une accumulation de richesse à laquelle ils n'ont pas pu prendre part. - des injustices graves constatées entre deux parties nonsymétriques de la population : l'une qui dispose du monopole du contrôle et de la distribution arbitraire des unités monétaires permettant l'accès aux richesses et aux ressources, l'autre qui est ainsi obligée de se soumettre à elle pour obtenir les moyens minimums de survie. 36 - des crises de l'économie réelle, qui mettent des populations entières en situation de survie et de rivalité, et qui bouleversent périodiquement l'ordre économique de la planète tout entière - des conflits générationnels, sociaux et internationaux que ces violences et injustices répétées déclenchent de manière cyclique et inévitable. Nous avons également montré que le système monétaire et financier actuel récompense les stratégies de pouvoir, de violence et de division et qu'il favorise les comportements égoïstes et insensibles. En conséquence, on peut conclure que le système monétaire et financier actuel est une cause majeure de corruption des valeurs éthiques indispensables pour maintenir l'équilibre économique et humain d'une société moderne, et des valeurs de notre pays. Si, au sein d'une société, les valeurs économiques ne sont pas alignées sur les valeurs éthiques, ou si les valeurs économiques sont en contradiction avec les valeurs éthiques, ou si, pire encore, les valeurs économiques ont tendance à détruire et à annihiler les valeurs éthiques et à les remplacer par des valeurs opposées, alors cette société se retrouve inévitablement face à des contradictions insolubles, qui ne peuvent que dégénérer en crises sociales violentes, en troubles civils, en conflits armés. Le système monétaire est en quelque sorte le "code source" de l'économie. La monnaie joue un rôle central dans la distribution des moyens permettant de rester en vie. C'est le code monétaire qui fait fonctionner le logiciel économique, qui lui-même commande les comportements sociaux et la forme de la société dans son ensemble. Dans le cas du système actuel, toute valeur qui ne contribue pas au maintien du logiciel existant passe au second plan face aux nécessités que celui-ci impose. Toute valeur qui ne favorise pas la croissance immédiate du profit monétaire est impitoyablement exclue du champ des possibles. Tout ce qui est durable, tout ce qui est juste, tout ce qui est équitable, les règles monétaires existantes interdisent de le mettre en œuvre. Pire encore : obligeant tous ses membres à se soumettre à ses règles, ce système ne leur permet même pas de disposer du temps qu'ils pourraient consacrer à inventer les chemins nouveaux pour s'en libérer. 37 Conclusion : Le système monétaire que nous venons de décrire possède des règles de fonctionnement très particulières, nuisibles à la plupart, et qui ne favorisent ni la Liberté, ni l'Égalité, ni la Fraternité, ni les valeurs humaines les plus essentielles. C'est peut-être la cupidité humaine qui a créé ces règles iniques, mais on peut également penser que ce sont ces règles iniques qui ont poussé tout le monde à la cupidité. Si l'on ne peut pas changer la cupidité, peut-être pouvons-nous au moins changer les règles. Espérons que les êtres humains, dont la nature profonde reste précisément de s'adapter aux circonstances, abandonneront rapidement leurs réflexes destructeurs et individualistes dans un monde où les règles du jeu seront redevenues plus stables, plus équilibrées et plus justes. La crise actuelle, dont aucun élément de résolution n'a été mis en place pour l'instant, ne va pas manquer de s'étendre. Ce faisant, elle va provoquer encore plus de tensions sociales, de violence et de souffrance. Et pourtant, paradoxalement, en forçant une grande partie d'entre nous à la stagnation économique, cette crise va nous permettre de prendre enfin le temps de la réflexion. Puissions-nous profiter de ce désœuvrement forcé pour nous rencontrer, nous connaître et nous reconnaître, pour inventer ensemble les outils nouveaux de notre action personnelle et collective, et pour prendre le temps d'imaginer et de créer le monde futur que nous souhaitons pour nos enfants et que nous portons dans nos cœurs. 38 Bonus. Épisode caché L'auto-crédit ou le comble du privilège "Il n'y a pas de limite au montant de monnaie bancaire que les banques peuvent créer, pourvu qu'elles marchent toutes d'un même pas." J.-M. Keynes D'abord un court extrait de l'un des textes les plus importants de l'économie moderne, le célèbre "Traité sur la monnaie" de John Maynard Keynes (1930) : "Il existe deux manières pour une banque de créer des créances envers elle-même afin de mettre au monde de la monnaie, c'est- à-dire ce que nous appellerons ici des dépôts. D'abord, elle peut créer des dépôts en faveur d'un déposant individuel en contrepartie d'une valeur reçue sous la forme soit de monnaie fiduciaire, soit de tout autre titre (un chèque par exemple) autorisant le transfert d'un dépôt dans une banque (une autre banque ou elle-même). Un membre du public présente du liquide ou un chèque, et obtient en retour un droit à une créance en liquide (un dépôt) qu'il peut exercer ou transférer à quelqu'un d'autre." NB1 : Keynes décrit ici le processus de création de monnaie bancaire que nous avons décrit dans l'Épisode 1 : un client remet un titre (un billet de banque, un chèque, un accord de prêt, une traite) et en échange, la banque lui crédite son compte. "Mais il y a une seconde façon pour la banque de créer une créance envers elle-même. Elle peut elle-même acheter un actif, c'est-à-dire augmenter ses investissements, et les payer, en première instance du moins, en établissant une créance envers elle-même. Dans les deux cas, la banque crée les dépôts ; car seule la banque elle-même peut autoriser la création d'un dépôt dans ses livres." 39 Ensuite, un extrait d'un livre de cours destiné aux élèves de premier cycle de Sciences économiques et d'Administration Économique et Sociale : "Économie monétaire et financière, Cours, Méthode, Exercices corrigés", de J.-L. Bailly, G. Caire, A. Figgliuzzi et V. Lelièvre, (2006) Éditions Bréal (page 58) : "[Le] processus de création a lieu également quand la banque [...] achète un actif réel (un immeuble par exemple), ou un actif financier (action, obligation, titre de créance négociable privé ou public). Acquis par la banque, ces biens immobiliers ou ces titres financiers sont inscrits à son actif, et en contrepartie le compte courant du vendeur est crédité au passif de la banque de la contre-valeur." Il semblerait donc que les banques puissent : - d'une part, créer de la monnaie nouvelle pour des clients qui lui remettent des titres en gage (leurs propres richesses ou leurs propres engagements de payer – voir Épisodes 1 et 2) - d'autre part, créer de la monnaie nouvelle en s’accordant des crédits à elles-mêmes. Ce procédé leur permettrait, entre autres, d'auto-financer leurs propres investissements, c'est-à-dire d'acheter par exemple des biens immobiliers, mais aussi pourquoi pas de financer leurs achats de valeurs mobilières, leurs acquisitions de contrats à terme, de produits dérivés, etc, etc. Certains spécialistes confirment que les banques peuvent ainsi, c'est l'expression consacrée, "monétiser leurs dépenses". NB2 : On peut se demander si ce nouveau pouvoir d'achat, créé tout aussi "ex nihilo" que le reste, constitue pour la banque un "crédit" envers elle-même (qu'elle devra se "rembourser" par la suite) ou un "don". Mais la question est toute théorique. En effet, rien n'empêche la banque de conserver son crédit ad vitam æternam. Il y a en effet peu de chances qu'en cas de "nonpaiement", elle s'envoie à elle-même les huissiers pour récupérer ce qui lui appartient déjà ! Et d'un point de vue comptable, rien n'empêche une entreprise de conserver indéfiniment dans ses livres une dette dont elle serait elle-même le créancier. Dans les faits, il s'agit donc bien d'un "auto-crédit". La banque devra donc théoriquement se "rembourser", par exemple en recueillant des recettes puis en détruisant la monnaie correspondante, comme si elle se payait à elle-même les mensualités qu'elle se doit. (voir Épisode 2, page 5) 40 Ces opérations peuvent sembler absurdes et constituer le comble de la langue de bois pour justifier des pratiques douteuses. Mais on peut analyser la situation en comprenant que la banque joue un rôle double : elle est d'une part émettrice de crédit, et d'autre part emprunteuse. Le petit plus, c'est que les intérêts, soit n’entrent jamais en ligne de compte, soit s'annulent. Même s'ils figurent dans la comptabilité interne de la banque, l'argent concerné ne sort pas du bilan. S'ils existent, les paiements d'intérêts payés par la banque en tant qu'emprunteuse vont s'accumuler au compte de la banque en tant qu'émettrice du crédit. C'est dans tous les cas une particularité qui permet au secteur bancaire de disposer d'un accès au PTZ (Prêt à Taux Zéro) en permanence, et donc d'un avantage non-négligeable sur tout le reste de la population. Résumé : Le métier de la banque est de créer de la monnaie pour la louer à tous les agents non-bancaires (État, collectivités, entreprises, particuliers). Les banques sont aussi des entreprises, qui ont parfois besoin d'emprunter. Lorsque le cas se présente, elles se créent de l'argent gratuit. Les détails : Une banque n'a pas de compte bancaire qui lui soit propre. Elle crée de la monnaie quand elle paye ses dépenses, et elle détruit de la monnaie quand elle reçoit ses recettes. Quand la banque achète un bien immobilier ou un titre financier, elle inscrit le bien ou le titre à son actif, débite son compte "Trésorerie" de la valeur monétaire correspondante, et inscrit au passif la contrevaleur. C'est ce passif qui devient la monnaie que le vendeur reçoit. On peut dire que la banque crée de la monnaie pour payer ses dépenses et ses achats. Mais il vaut mieux dire : elle "monétise sa trésorerie", c'est moins clair. Dans le cas d'un achat immobilier pour elle-même, la valeur du bien est inscrite à l'actif, tandis que le paiement au vendeur est créé au passif. La banque crée donc simultanément un actif et un passif de valeurs identiques. Le bilan reste équilibré. Dans le cas des salaires qu'elle verse à son personnel, la banque crée seulement un passif, qui devient la monnaie que reçoivent les employés. Puisqu'il n'y a pas d'acquisition de biens, l'actif ne peut pas être augmenté. La banque doit donc compter sur ses rentrées futures pour détruire de la monnaie et rééquilibrer son bilan, en diminuant peu à peu son passif à la hauteur de la monnaie créée en amont pour payer ses salariés. 41 NB3 : On peut dire que les salariés travaillent pour recevoir de l'argent créé ex nihilo, argent qu'il devront ensuite créer à leur tour sous forme de valeur ajoutée afin que la banque puisse le détruire et conserver l'équilibre de ses comptes (plus un bénéfice). Dans le cas des achats d'actifs financiers, les choses sont beaucoup moins claires. Il faut examiner le "Bulletin Mensuel" de la BCE, qui est disponible tous les mois sur le site www.banque-france.fr Dans les "Statistiques de la zone Euro", à la page S6, on trouve le bilan consolidé de l'Eurosystème, qui comporte une ligne "Autres Actifs". Pour Janvier 2014 par exemple, ces "autres actifs" se montaient à 245 milliards d'euros, soit plus de 10% du total de l'actif de l’Eurosystème. Pour l'ensemble des banques commerciales et institutions financières de toute l'Europe, c'est encore plus étonnant. Il faut aller au tableau 2.2 de la page S11 pour trouver le bilan consolidé des I.F.M. (Institutions Financières et Monétaires) et examiner la colonne 11, intitulée là aussi "Autres actifs". Le total de ces "Autres actifs" est ici de 4.228 milliards, soit près de 17% du total de l'actif consolidé. De quoi sont constitués ces 4.228 milliards ? Rien ne le précise. On ne peut qu'essayer de deviner. 1 er indice : une petite note en bas de la page S11 nous dit : " En décembre 2010, une modification a été apportée aux modalités d’enregistrement des produits dérivés dans un État membre, ce qui a entraîné un accroissement de cette position". Autrement dit, il se peut qu'un changement dans les modes d'enregistrement ait modifié les résultats... 2 ème indice : en pourcentage du total des bilans, on constate que les montants des crédits accordés aux agents non-bancaires (États, ménages et entreprises) n'ont guère augmenté ces dernières années, ce qui signifie qu'il n'y a pas eu de création monétaire de ce côté-là. Et pourtant les bilans n'ont pas diminué, loin de là ! Alors d'où vient cette monnaie, et où a-t-elle été s'investir ? 42 Hypothèse : Il se pourrait bien qu'un certain nombre d'investissements pour compte propre aient été réalisés (produits dérivés, immobilier, actifs monétaires et financiers ?...) et qu'ils soient comptabilisés dans cette ligne "Autres actifs" du bilan consolidé des IFM. Ceci dit, il est impossible (pour le public non bancaire) 1. de le savoir avec certitude et 2. d'en avoir le détail. Ces actifs sont-ils acquis par "création monétaire" ? Il semble bien que la banque crée de la monnaie scripturale (ou monnaie secondaire) à chaque fois qu'elle acquiert un bien immobilier ou des titres financiers. Théoriquement, ces actifs sont ensuite "remboursés" avec les profits. Mais pour acquérir des actifs et en tirer profit, en particulier des actifs financiers, l'accès au crédit est un élément déterminant. Car c'est bien au niveau des profits potentiels permis par l'accès au crédit que la situation peut s'analyser. En ce qui concerne les marchés très particuliers des produits dérivés (futures, options, CDS, swaps, warrants, etc.), les profits sont réalisés sur la valeur réelle des actifs "sous-jacents" (indices d'actions, d'obligations, matières premières, devises...), et non pas sur la somme marginale qu'il suffit de déposer en garantie pour avoir le droit de "jouer" sur les dérivés. Il suffit en effet, par la magie de "l'effet de levier", de financer le dépôt de garantie - en général un pourcentage de la valeur de l'actif réel (entre 10 et 1%) - pour pouvoir spéculer sur des montants 10 à 100 fois supérieurs. Mais la monnaie créée qui figure sur les comptes des "market makers" est bien égale au montant total. Sur ces marchés, l'accès au crédit est donc un élément déterminant des profits. De plus, des techniques extrêmement sophistiquées (algorithmes, neural networks, High Frequency Trading, etc.) sont utilisées pour s'assurer que les opérations de trading restent profitables quels que soient les mouvements du marché, à la hausse comme à la baisse. Ces techniques ne sont accessibles que pour les acteurs les plus puissants, c'est-à-dire ceux qui disposent de budgets quasiment illimités. Là encore, l'accès au crédit, la proximité physique des centres d’exécution des ordres, et la taille des transactions, favorisent les institutions les plus importantes. 43 Et c'est probablement là que les plus grosses banques profitent le plus outrageusement de la création de monnaie ex nihilo dont elles se partagent le privilège. Il est même possible que ce soit ainsi que se créent les montagnes de spéculation que nous constatons dans les faits. Ce sont probablement ces phénomènes que Keynes le visionnaire pressentait quand il écrivait en 1930 : "Il n'y a pas de limite au montant de monnaie bancaire que les banques peuvent créer, pourvu qu'elles marchent toutes d'un même pas." En conclusion de ce chapitre inédit, il semble donc que le sujet de la création de monnaie pour opérations en compte propre reste l'un des plus grands tabous du secteur bancaire actuel, sur lequel règne une sorte de "silence de cimetière". Les informations que nous avons présentées ci-dessus demandent à être vérifiées et confirmées par des spécialistes. Malheureusement, les dits spécialistes - professeurs, chercheurs, directeurs de banques - ne semblent pas encore disposés à creuser le sujet trop profondément. Car en vérité, si ces informations se vérifient, elles peuvent se révéler accablantes : elles signifient que les banques profiteraient ainsi d'un avantage colossal dans toutes les transactions concernant des actifs, et seraient à la source des gigantesques mouvements de spéculation que nous constatons dans la réalité. Ce serait alors un élément essentiel de plus pour motiver des réformes profondes des institutions et des règles financières, tout autant qu'une incitation majeure pour entamer enfin des réflexions et des actions citoyennes de première nécessité. 44 15 BONNES RAISONS DE S'INTÉRESSER (de près) À LA MONNAIE de Gérard Foucher Février 2014 Licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0 http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/deed.fr Du même auteur : Les secrets de la monnaie - Changer la monnaie pour changer le monde (2012) http://libertybooks.eu Manifeste des économistes déterrés (2013) http://fr.scribd.com/doc/146132103 Contact : gerardfoucher@gmail.com 45

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Saint Jean-Paul II a comparé le rapport sexuel entre les époux chrétiens à l'adoration eucharistique.

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Sagesse de la première Alliance...Isaïe 11.1-3

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son inspiration est dans la crainte [piété] du Seigneur.


ll y a sept dons du Saint-Esprit qui nous aident dans ce combat :

1 le don de Sagesse ;

2 d’Intelligence ;

3 de Conseil ;

4 de Force ;

5 de Science ;

6 de Piété ;

7 de Crainte de Dieu.

A quoi servent les 7 dons du Saint-Esprit ?

Les 7 dons du Saint-Esprit servent à nous confirmer dans la Foi, l’Espérance et la Charité ; et à nous rendre prompts aux actes de vertu nécessaires pour acquérir la vie chrétienne et le CIEL.

Qu’est-ce que la Sagesse ?

La Sagesse est un don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres et fragiles, nous contemplons les choses éternelles, c’est-à-dire la Vérité qui est Dieu, en qui nous nous complaisons et que nous aimons comme notre souverain Bien.

Qu’est-ce que l’Intelligence ?

L’Intelligence est un don par lequel nous est facilitée, autant que c’est possible pour un homme mortel, l’intelligence de la Foi et des divins mystères que nous ne pouvons connaître par les lumières naturelles de notre esprit.

Qu’est-ce que le Conseil ?

Le Conseil est un don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain.

Qu’est-ce que la Force ?

La Force est un don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la sainte loi de Dieu et de l’Eglise, en surmontant tous les obstacles et toutes les attaques de nos ennemis.

Qu’est-ce que la Science ?

La Science est un don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et nous connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu.

Qu’est-ce que la Piété ?

La Piété est un don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les Saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain pour l’amour de Dieu.

Qu’est-ce que la Crainte de Dieu ?

La Crainte de Dieu est un don qui nous fait respecter Dieu et craindre d’offenser sa divine Majesté, et qui nous détourne du mal en nous portant au bien dans l'amour.


Les dons du Saint Esprit
(CEC 1830-1831 ; ST I-II 68.1-8)


Les dons sont des habitudes, habitus infus, qui sont en nous et qui nous rendent réceptifs aux motions du Saint-Esprit, pour nous faire mieux agir en faveur du bien commun.

« Les dons sont des habitus qui perfectionnent l’homme pour qu’il suive promptement l’impulsion du Saint-Esprit, de même que les vertus morales disposent les facultés appétitives à obéir à la raison. Or, de même qu’il est naturel pour les facultés appétitives d’être mues par le commandement de la raison ; de même il est naturel pour toutes les facultés humaines d’être mues par l’impulsion de Dieu comme par une puissance supérieure. » ST I-II 68.4

Les sept dons du Saint Esprit
(ST I-II 68.4)


Intelligence : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 8.1-8).
Conseil : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 52.1-4).
Sagesse : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 45.1-6).
Connaissance : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 9.1-4).
Piété : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre (ST II-II 121.1-2).
Force : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent (ST II-II 138.1-2).
Crainte : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits du désir des choses nous concernant (ST II-II 19.1-12).

http://www.lumenc.org/maladies.php

Les conseils du pape François pour se confesser

© POOL-OR/CPP/CIRIC

© POOL-OR/CPP/CIRIC

Dans un petit livret intitulé « Prends soin de ton cœur », offert par le pape François aux pèlerins de la place Saint Pierre après l'Angelus du 22 février, se trouvent différents textes à méditer pendant le carême et un examen de conscience pour se préparer à la confession.

  • Une distribution un peu particulière a eu lieu il y a quelques jours place Saint-Pierre, à Rome. Des bénévoles, parmi lesquels de nombreux sans-abri venus en pèlerinage, ont distribué à la foule réunie pour entendre l'Angelus un petit carnet offert par le pape pour le premier dimanche du carême.
  • Notre cœur doit se convertir au Seigneur, a insisté François lors de l'Angélus. C’est pourquoi, en ce premier dimanche, j’ai pensé vous offrir, à vous qui êtes ici sur la place, un petit livret de poche intitulé "Prends soin de ton cœur". »

Celui-ci rassemble quelques enseignements de Jésus et les contenus essentiels de la foi, comme les sept sacrements, les dons de l'Esprit Saint, les dix commandements, les vertus, les œuvres de miséricorde, etc. On y trouve aussi un examen de conscience dont le pape avait souligné l'importance lors de sa messe quotidienne à la chapelle de la maison Sainte-Marthe le 11 octobre 2014. « Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, reste tout seul ou toute seule et se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si nous ne faisons pas cela, nous ne réussissons pas ni à bien veiller ni à bien protéger notre cœur »

I. Petits rappels sur le sacrement de Confession (ou de Pénitence ou de Réconciliation)

Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entiè­rement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.

Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés person­nels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 23). Ce pouvoir passa des Apôtres à leurs successeurs.


Tout chrétien doit recevoir ce sacrement au moins une fois chaque année. Il comporte :

L’examen des fautes commises.
Le regret de les avoir commises (Contrition).
La résolution sincère de les éviter à l’avenir.
L’accusation des péchés, au moins graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu.
L’absolution donnée par le prêtre au nom de Jésus-Christ.
L’accomplissement de la pénitence qu’il a imposée (Satisfaction).


Le sacrement de pénitence produit notre propre mort au péché et notre résurrection à la vie en Dieu. Il prolonge ainsi notre baptême et nous prépare à l’eucharistie. Il doit laisser dans nos âmes une immense joie, car c’est un sacrement de vie.


II. Quelques conseils pour bien réaliser son examen de conscience

Par une courte prière, demander à Dieu et à Notre-Dame la grâce de bien connaître les péchés dont on est coupable.

S’examiner sur les Commandements de Dieu et de l’Église ; les péchés capitaux ; les devoirs de son état.

Pour aider le plus d’âmes possible, dont les besoins sont très divers, l’examen proposé ci-après est plutôt détaillé. Mais il est rappelé qu’en confession seule l’accusation des péchés mortels est obligatoire. Un péché est mortel quand, sachant pleinement que la matière en était grave, on l’a néanmoins commis avec un entier consentement. C’est alors une rupture d’amour avec Dieu. Et comme l’âme cesse ainsi d’être unie à Dieu - de qui elle tenait sa vie -, elle meurt surna­turellement : le péché a été "mortel" pour elle.

L’examen terminé, demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’une vraie contrition des péchés com­mis et la ferme résolution de les éviter à l’avenir, conditions indispen­sables pour obtenir le pardon de ses péchés.

Pour exciter en soi le regret de ses fautes, réfléchir durant quelques instants :

au redoutable châtiment du purgatoire ou de l’enfer que l’on a mérité ;
aux souffrances et à la mort que Jésus-Christ endura pour l’expiation de nos péchés ;
à la bonté d’un Dieu d’amour et de miséricorde, offensé par le péché qui a produit une rupture profonde, surtout s’il a été mortel.

Puis, réciter lentement l’acte de contrition.

III. Quelques conseils pour recevoir le sacrement lui-même

Avant de rentrer au confessionnal, ou immédiatement en entrant, suivant la coutume, réciter le « Je confesse à Dieu… » LeConfiteor nous remet devant cette réalité du péché et nous fait accomplir le mouvement de « conver­sion » nécessaire, vers Dieu et vers les autres :

Parce que nous nous sommes opposés à l’Amour tout-puissant, en cherchant à réaliser notre bonheur contre Lui ou sans Lui, nous disons : « Je confesse à Dieu tout-puissant » ;

Parce que nous avons porté atteinte à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, en nous séparant de tous ceux qui ont coopéré à cette œuvre, notamment de la Mère du Christ, nous disons : « Je confesse … à la Bienheureuse Marie toujours Vierge » ;

Parce que nous nous sommes opposés à l’œuvre de lutte et de fidélité des anges, l’attente des martyrs, des prophètes de l’Ancien Testament, morts pour que le Règne du Messie se réalise, à l’œuvre des apôtres et des saints qui ont travaillé pour le Christ, nous disons : « Je confesse… à saint Michel (vainqueur du démon), à saint Jean Baptiste (dernier des pro­phètes), aux apôtres (représentés par saint Pierre et saint Paul), et à tous les saints » ;

Enfin, parce que notre péché s’est opposé à toute l’Église et nous sépare des autres membres du Corps Mystique que le prêtre représente, en même temps qu’il tient la place de Jésus Christ, nous disons : « Je confesse… à vous, mon Père… ».


Avant de commencer l’énumération des péchés, préciser : le temps écoulé depuis la dernière confession ; un oubli ou une dissimulation de péché grave dans celle-ci ; une ou plusieurs mauvaises communions (en état de péché grave) ; une omission de la pénitence donnée (volontaire ou non).


Accuser sincèrement tous les péchés mortels que l’on a commis, avec leur nombre et les circonstances qui les ont modifiés (aggravés, allégés), comme par exemple, les péchés commis avec d’autres personnes qu’on a ainsi scandalisées, ou qu’on a entraîné au péché.

L’accusation des péchés véniels n’est pas indispensable car on peut en obtenir le pardon par d’autres moyens que la confession, par exemple la prière, l’aumône, la pénitence… Pourtant, cette accusation est fort conseillée car, par le sacrement de la Confession, on obtient des grâces spéciales pour éviter ces péchés véniels à l’avenir.

Dans le cadre de confessions régulières, on peut dire où l’on en est par rapport à son défaut dominant, ou par rapport à ses résolutions.

Si l’on est troublé ou que l’on a peur, ou tout simplement si on hésite, on peut demander au prêtre de nous interroger, ou de nous renseigner sur la gravité d’un péché.

Terminer par : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux que j’aurais pu avoir oublié et de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande très humblement pardon à Dieu, et à vous mon Père, pénitence et absolution si vous m’en jugez digne ».


Ecouter avec attention le mot d'exhortation du prêtre. Avant l'absolution, bien regretter ses péchés, et réciter à cet effet l'acte de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Votre sainte grâce de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. »


Après la confession, accomplir la pénitence imposée par le confesseur au plus tôt, afin de ne pas l’oublier ; remercier Dieu du pardon obtenu ; renouveler sa résolution d’éviter tout péché à l’avenir, surtout le péché grave.


Examen de conscience détaillé

Avant de commencer cet examen, adresser à Dieu cette prière :

Mon Dieu, je vous supplie, par l’intercession de la Vierge Marie, de m’accorder la grâce de bien connaître tous les péchés dont je suis coupable. Faites qu’ensuite je m’en accuse avec un sincère regret de les avoir commis et une ferme volonté de les éviter à l’avenir et qu’ainsi j’en obtienne le pardon de votre miséricorde infinie. Ainsi soit-il.


Examen sur les commandements de Dieu

1er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… »

Omission de la prière (en particulier le matin et le soir), de la fré­quentation des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie… Communions ou confessions sacrilèges… Manque de respect des sacrements… Manque au jeûne avant la communion (une heure au moins)… Violation du secret de confession… Doutes volontaires contre la foi… Mise en péril de la foi par la lecture de journaux impies, par des fréquentations dangereuses… Respect humain… Manque de confiance en Dieu ou confiance présomptueuse en ses propres forces… Indifférence à l’égard de Dieu… Manque de soumission à la volonté de Dieu… Pratiques superstitieuses, spiritisme… Critiques de la religion… Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique… Négligence dans sa formation chrétienne…


2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »

Emploi inutile du nom de Dieu… Blasphèmes, imprécations, jurons… Serments faux ou inutiles… Irrespect à l’égard des personnes et des choses consacrées à Dieu… Souhaits néfastes à l’égard de soi-même ou d’autrui… Non-accomplissement des vœux émis…


3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »

Omission volontaire ou sans motif de l’assistance à la Messe domini­cale ou des fêtes d’obligation… Retard volontaire ou dissipation durant ces Messes… Travail fait ou ordonné sans nécessité ou permission… Recherches de distractions contraires à la sanctification du dimanche…


4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »

Manque d’amour, d’affection, de respect, d’obéissance, d’assistance à l’égard des parents durant leur vie et de prière à leur intention après leur mort… Peine causée… Souhaits de mal… Disputes d’intérêt en famille… Manque de déférence et de soumission à l’égard des supérieurs…

Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur édu­cation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité, de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…


5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »

Meurtre, tentative de suicide, euthanasie… Avortements, stérilisations… Souhait de mort ou de malheur à l’égard d’autrui… Vengeance, coups, blessures, torts causés à la santé, drogues, alcool, mutilations… Insultes, injures, mépris, faux rapports, haine, violences, refus de pardonner, vengeances… Indifférence à la peine d’autrui… Scan­dales par mauvais exemples, par conseils ou approbation silen­cieuse…


6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »

Pensées ou désirs impurs provoqués en soi ou chez les autres… Conversations, chansons, lectures, spectacles immoraux (TV, Internet…) Flirts… Familiarités coupables… Danses lascives… Touchers indécents… Actions contraires à la chasteté, seul ou avec d’autres : masturbation, relations charnelles en dehors du mariage, homosexualité… Tenues ou attitudes provocantes…

Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles… Relations prématrimoniales… Cohabitation…

Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…


7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »

Vol (quoi ? combien ? circonstances ?), recel, objets trouvés ou empruntés et non rendus… Dommages injustes causés au prochain dans ses biens… Fraudes, manœuvres déloyales dans le travail, les affaires, le commerce, les contrats… Pots-de-vin… Coopération à des injustices… Recel d’objets volés… Négligence dans le paiement des dettes… Salaires insuffisants… Exploitation des faibles… Dommages aux biens collectifs… Désirs de vol ou d’injustices… Non-réparation de dommages causés… Non-restitution… Gaspillage… Travail bâclé…


8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »

Mensonges avec ou sans préjudice pour autrui… Médisances ou calom­nies, faites ou approuvées… Faux témoignages en justice… Accusations injustes… Jugements téméraires… Rapports injustes nuisibles… Violation du secret, confié ou professionnel, des correspondances… Dissimulation, hypocrisie… Tricheries… Promesses non tenues… Refus de rectifier la vérité…


Examen sur les commandements de l’Église

Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).

Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.

Tu te confesseras au moins une fois l’an.

Tu communieras chaque année au Temps pascal.

Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).

Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême). Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).


Examen sur les péchés capitaux

ORGUEIL : Amour-propre désordonné… Complaisance en soi-même… Egoïsme… Ambition démesurée… Vanité mondaine… Présomption… Attitudes hautaines, susceptibilité…

AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …

LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.

ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…

GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…

COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, res­sentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…

PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…


Examen sur les devoirs d’état

N.B. L’examen suivant est très détaillé, et reprend en partie ce qui a déjà été vu auparavant.


Alors qu’il est très important, c’est un domaine qu’on oublie souvent dans l’examen de la conscience. Selon son état de vie et ses responsabilités :


1. Devoirs personnels de chrétiens :

Quelle importance ai-je attaché à ma vie chrétienne, au milieu de toutes mes occupations ? A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?

Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ? Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?

Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Sei­gneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?

Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?

Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?

Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?

Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?

Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?

Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accom­pli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?

Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?

N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?

Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?


2. Devoirs envers le prochain :

Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?

La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les sou­lager ?

Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?

N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?

Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des im­prudences dans le travail, le sport ou sur la route ?

En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, rail­lerie, médisance, calomnie, secrets ré­vélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scan­dale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.


3. Devoirs familiaux :

Enfants :

Ai-je vraiment aimé mes parents, en évitant d’augmenter leurs difficultés, en leur apportant mon concours, en leur manifestant mon affection ?

Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ?

Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?

N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ?

Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?

Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?


Personnes mariées :

Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?

Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?

N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les pro­blèmes de ma famille ?

N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?

N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?

La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?

N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?

Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?

Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?

Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?

Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?

Est-ce que je leur donne le bon exemple ?

Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?

Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?

Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?

Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?


4. Devoirs professionnels :

Enfants :

Ai-je manqué l’école par ma faute ?

Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?

Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?


Adultes :

Ai-je négligé mon travail ?

Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?

Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?

Ai-je pris ma place dans les organisa­tions professionnelles ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en res­pectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?


5. Devoirs civiques :

Ai-je rempli mes devoirs de chrétien dans la société ?

Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les pro­blèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?

Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orienta­tion ? Ai-je su accepter les charges mu­nicipales ou autres en les envisageant comme un service ?

Ai-je choisi mes représentants en fonc­tion de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?

Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?

Examen de conscience pour Adultes

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Je crois en un Sauveur aimant qui pardonne mes péchés et qui me donne la grâce de devenir un Saint. Par le ministère de ses Prêtres, Jésus–Christ accomplit l’un et l’autre dans le Sacrement de Pénitence.

"Comme le Père M’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie … Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront pardonnés à qui vous les pardonnerez ils seront retenus à qui vous les retiendrez." (Jean XX : 21-23)

"Vos péchés seraient-ils rouges comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaie I : 18)

"Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." ( Matt. IX : 13)

"Les hommes ont reçu de Dieu un pouvoir accordé ni aux Anges,ni aux Archanges. Jamais il n’a dit aux Esprits Célestes « Tout ce que vous lierez et délierez sur la terre sera lié et délié dans le ciel ». Les Princes de ce monde peuvent seulement lier et délier le corps. Le pouvoir du prêtre va plus loin, il atteint l’âme et elle est exorcisée non seulement par le baptême, mais encore plus par le pardon des péchés. Ne rougissons donc pas de confesser nos fautes. Celui qui rougit de découvrir ses péchés à un homme et qui ne se confesse pas, sera couvert de honte au Jour du Jugement en présence de tout l’univers," (St Jean Chrysostome, Traité sur les prêtres, Livre 3)

Prière avant la confession: O Seigneur, accordez-moi la lumière pour que je me voie comme Vous me voyez, et le grâce de regretter vraiment et effectivement mes péchés. O Marie, aidez-moi à faire une bonne confession.

Comment se confesser: D’abord, examinez bien votre conscience, puis dites au prêtre le genre précis de péchés que vous avez commis et dans la mesure du possible, combien de fois vous les avez commis depuis votre dernière bonne confession. Il n’est obligatoire de confesser que les péchés mortels puisqu’on peut obtenir le pardon des péchés véniels par les sacrifices et les actes de charité. Si vous n’avez pas la certitude qu’un péché soit mortel ou véniel, mentionnez votre doute au confesseur. Souvenez-vous aussi que la confession de péchés véniels aide à éviter le péché et à progresser vers le Ciel.

Conditions nécessaires pour qu’un péché soit mortel:

Matière grave
Pleine connaissance
Entier consentement de la volonté.

Considérations préliminaires:

Ai-je parfois omis de confesser un péché grave dans le passé ; ou ai-je volontairement déguisé ou caché un tel péché ?
Nota bene : Cacher des péchés rend invalide la confession .
La confession est secrète, c’est à dire que c’est une faute mortelle pour le prêtre de révéler à qui que ce soit l’objet d’une confession.
Ai-je été coupable d’irrévérence envers ce sacrement en omettant d’examiner ma conscience avec soin?
Ai-je négligé de faire la pénitence donnée par le prêtre?
Ai-je des habitudes de péchés graves à confesser d’abord (par exemple: impureté, ivrognerie, etc.)

Premier Commandement:

Je suis le Seigneur Ton Dieu. Tu n’auras pas des dieux étrangers devant Moi. (y compris les péchés contre la Foi, l’Espérance et la Charité)

L'amour de l'argent est la racine de tous les maux, c'est une idolâtrie...

Ai-je négligé de connaître ma foi selon l’enseignement du catéchisme, par exemple le Symbole des Apôtres, les Dix Commandements, les Sept Sacrements, le Notre Père, etc.?
Ai-je volontairement mis en doute ou renié l’un des enseignements de l’Eglise?
Ai-je pris part à quelque culte non- catholique?
Suis-je membre de quelque organisation religieuse non-catholique, société secrète ou groupe anti-catholique?
Ai-je, en toute connaissance, lu quelque littérature hérétique, blasphématoire ou anti catholique?
Ai-je pratiqué des superstitions (telles que les horoscopes, prédiction d’avenir, spiritisme, etc.)
Ai-je omis des obligations ou pratiques religieuses pour des motifs de respect humain?
Me suis-je recommandé chaque jour à Dieu?
Ai-je été fidèle à mes prières quotidiennes?
Ai-je fait mauvais usage des Sacrements? Les ai-je reçus sans respect (par exemple la Communion dans la main) ou de manière invalide?
Me suis-je moqué de Dieu, de Notre-Dame, des Saints, de l’Eglise, des Sacrements ou d’autres sujets sacrés?
Ai-je été coupable de grande irrévérence dans l’Eglise (par exemple: conversation, comportement ou vêtement)?
Ai-je été indifférent vis-à-vis de ma foi catholique – en croyant qu’on peut se sauver dans n’importe quelle religion, que toutes les religions se valent?
Ai-je présumé de la miséricorde de Dieu en toute circonstance?
Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu?
Ai-je trahi Dieu?
Ai-je donné trop d’importance à quelque créature, activité, objet ou opinion?

Deuxième Commandement:

Tu ne prendras pas en vain le Nom du Seigneur Ton Dieu.

Ai-je blasphémé le Nom de Dieu à tort, inconsidérément ou en matière légère et triviale?
Ai-je murmuré ou gémi contre Dieu (blasphème)?
Ai-je prononcé des malédictions contre moi-même ou les autres, ou toute créature?
Me suis-je emporté contre les autres jusqu’à provoquer des jurons ou des blasphèmes contre Dieu?
Ai-je manqué à un vœu fait à Dieu?

Troisième Commandement:

Souvenez –vous de sanctifier le Sabbat.

Ai-je manqué la Messe le dimanche ou une fête d’obligation?
Ai-je été en retard à la Messe ou l’ai-je écourtée par ma faute?
Ai-je fait manquer la Messe à d’autres ou leur ai-je fait écourter la Messe?
Ai-je été volontairement distrait pendant la Messe ?
Ai-je fait ou commander un travail servile non nécessaire le dimanche ou les jours de fête d’obligation?
Ai-je acheté ou vendu sans nécessité ce jour là?

Quatrième Commandement:

Honore ton père et ta mère.

Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou ai-je négligé ou refusé de les aider dans leurs besoins ?
Ai-je manqué de respect pour des personnes chargées de me commander?
Ai-je calomnié ou insulté des prêtres ou d’autres personnes consacrées à Dieu?
Ai-je manqué de respect vis à vis des personnes âgées?
Ai-je maltraité mon conjoint ou mes enfants?
Ai-je désobéi ou manqué de respect à mon mari?
En ce qui concerne mes enfants:

Ai-je négligé leurs besoins matériels?
Me suis-je soucié de les faire baptiser de bonne heure?1
Ai-je pris soin de leur éducation religieuse personnelle?
Leur ai-je permis de négliger leurs devoirs religieux?
Leur ai-je permis le flirt ou des fréquentations régulières sans perspective du mariage dans un proche avenir?
Ai-je veillé à leurs compagnies?
Ai-je omis de les discipliner quand c’était nécessaire?
Leur ai-je donné un mauvais exemple?
Les ai-je scandalisés par des disputes avec mon conjoint en présence de mes enfants? En jurant ou blasphémant en leur présence?
Ai-je gardé la modestie à la maison?
Leur ai-je permis de porter des vêtements immodestes (mini jupes, pantalons serrés, robes ou pulls trop ajustés, corsages transparents, shorts courts, tenues de bain provocantes, etc.)? 2
Leur ai-je refusé la liberté de se marier ou de suivre une vocation religieuse?

________________________________

1 Les nouveaux nés devraient être baptisés dès que possible. Sauf prescription diocésaines particulières, il semble généralement admis qu’un nouveau-né devrait être baptisé dans l’intervalle de une semaine ou dix jours environ après sa naissance. Beaucoup de catholiques repoussent le baptême à une quinzaine ou un peu plus. L’idée d’administrer le baptême dans les trois jours après la naissance est considérée comme trop stricte. Saint Alphonse, suivant l’opinion commune, pensait qu’un délai non motivé au-delà de dix ou onze jours serait un péché grave. Par rapport à la coutume moderne, connue et non corrigée par les Ordinaires locaux, un délai non motivé au delà d’un mois serait un péché grave. S’il n’y a pas de danger probable pour l’enfant, les parents ne peuvent être convaincus de péché grave en différant le baptême un peu au-delà de trois semaines au plus, mais l’usage de faire baptiser un nouveau-né dans l’intervalle d’environ une semaine ou dix jours après la naissance est fort recommandable et en vérité, une date plus précoce peut être recommandée à juste titre. — H. Davis S.J., Moral and Pastoral Theology, Vol. III, Pg.65, Sheed and Ward, New York, 1935

2 Demander le feuillet LF05 Règles Mariales pour la Modestie dans le vêtement.

Cinquième Commandement:

Tu ne tueras pas.

Ai-je provoqué, désiré ou hâté la mort ou la blessure physique de quelqu’un?
Ai-je entretenu de la haine contre quelqu’un?
Ai-je opprimé quelqu’un?
Ai-je désiré la vengeance?
Ai-je été cause d’inimitié entre d’autres personnes?
Ai-je querellé ou combattu quelqu’un?
Ai-je souhaité du mal à quelqu’un?
Ai-je eu l’intention ou tenté de blesser ou de maltraiter d’autres personnes?
Y a-t-il quelqu’un avec qui je refuse de parler ou contre qui je garde rancune?
Ai-je pris plaisir aux malheurs de quelqu’un?
Ai-je été jaloux ou envieux?
Ai-je pratiqué ou essayé de pratiquer un avortement ou conseillé à quelqu’un de le faire
Ai-je, d’une manière ou d’une autre, mutilé mon corps sans nécessité?
Ai-je eu des pensées de suicide ou des tentatives?
Me suis-je enivré ? Ai-je pris des drogues interdites?
Ai-je trop mangé ou est-ce que je néglige de me nourrir convenablement? (c’est à dire avec des aliments sains)
Ai-je manqué à la correction fraternelle?
Ai-je nuit à l’âme de quelqu’un, surtout aux enfants en scandalisant par le mauvais exemple?
Ai-je nuit à moi-même en exposant mon âme aux tentations volontairement et sans nécessité. (par exemple: mauvaises émissions, mauvaises chansons, plages, etc.)?

Sixième et Neuvième Commandement:

Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.

Ai-je refusé à mon conjoint, à ma conjointe, les droits du mariage?
Ai-je pratiqué le contrôle des naissances (pilules, appareils, retrait)?
Ai-je abusé des droits du mariage de quelque autre manière?
Ai-je commis l’adultère ou la fornication ( pratiques sexuelles prémaritales)?
Ai-je commis un péché contre nature dans le domaine de la pureté (homosexualité ou lesbianisme en pensée, en parole ou en action )?
Ai-je touché ou embrassé quelqu’un de manière impure?
Me suis-je engagé dans des baisers prolongés et passionnés en dehors du mariage ?
Me suis-je engagé dans des affections désordonnées?
Ai-je pratiqué l’impureté solitairement ( masturbation )?
Ai-je entretenu des pensées impures et m’y suis-je complu?
Me suis-je laissé aller à des désirs sensuels pour quelqu’un ou ai-je volontairement désiré voir ou faire quelque chose d’impur?
Me suis-je laissé aller volontairement à quelque plaisir sexuel complet ou incomplet en dehors du mariage?
Ai-je été occasion de péché pour d’autres en portant des vêtements immodestes, trop serrés ou provocants de toute autre manière?
Ai-je agi pour provoquer ou occasionner chez les autres des pensées ou des désirs impurs délibérément ou par légèreté?
Ai-je fait des lectures indécentes ou regardé de mauvais film?
Ai-je regardé des films et des émissions érotiques ou la pornographie par internet ou permis à des enfants de le faire?
Ai-je prononcé des paroles ou raconté des histoires indécentes?
Ai-je écouté volontairement de telles histoires?
Me suis-je vanté de mes péchés ou complu dans les péchés du passé?
Me suis-je trouvé en compagnie impudique?
Ai-je consenti à des regards impudiques?
Ai-je négligé de contrôler mon imagination?
Ai-je prié tout de suite pour bannir de si mauvaises pensées et tentations?
Ai-je évité la paresse, la gourmandise, l’oisiveté et les occasions d’impureté?
Ai-je pris part à des danses immodestes et à des spectacles indécents?
Suis-je resté sans nécessité seul en compagnie de quelqu’un du sexe opposé en dehors du mariage?

Nota bene: Ne pas craindre de dire au prêtre tout péché d’impureté que vous avez pu commettre. Ne pas cacher ou essayer de déguiser de tels péchés. Le prêtre est là pour vous aider et vous pardonner. Rien de ce que vous dites ne le choquera, donc ne craignez pas, quelque puisse être votre honte.

Septième et Dixième Commandement:

Tu ne voleras pas. Tu ne convoitera pas les biens du prochains.

Ai-je volé quelque chose? Quoi ou combien?
Ai-je endommagé le bien des autres?
Ai-je par négligence abîmé le bien des autres?
Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent et des biens d’autrui?
Ai-je triché ou fraudé?
Ai-je participé excessivement à des jeux d’argent?
Ai-je refusé ou négligé de payer mes dettes?
Ai-je acquis un bien notoirement volé?
Ai-je omis de rendre des objets prêtés?
Ai-je trompé mon employeur sur ma journée de travail?
Ai-je triché sur les salaires de mes employés?
Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un en urgente nécessité?
Ai-je omis de restituer en cas de vol, de tricherie ou de fraude?
Ai-je envié à un autre ce qu’il avait?
Ai-je été jaloux du bien d’autrui?
Ai-je été avare?
Ai-je été cupide et avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort? Mon cœur est-il porté vers les possessions terrestres ou les vrais trésors du Ciel ?

Huitième Commandement:

Tu ne porteras pas de faux témoignage envers ton prochain.

Ai-je menti à propos de quelqu’un?
Mes mensonges ont-ils causé un tort matériel ou spirituel?
Ai-je porté des jugements téméraires (c’est à dire cru fermement, sans preuve évidente à la culpabilité de quelqu’un dans un crime ou une faute morale?
Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des fautes vraies mais cachées (délation )?
Ai-je révélé les péchés d’autrui?
Ai-je été coupable de cafardage (c’est à dire d’avoir rapporté quelque chose de défavorable dit par quelqu’un à propos d’un autre de manière à créer l’inimitié entre eux)?
Ai-je encouragé ou prêté l’oreille à la diffusion du scandale concernant mon prochain?
Ai-je prêté de faux serments ou signé de faux documents?
Suis-je critique, négatif ou peu charitable dans ma conversation?
Ai-je flatté les autres?

Les Sept Péchés Capitaux et les Vertus opposées.

Orgueil..............................................Humilité
Avarice............................................Libéralité
Luxure.............................................Chasteté
Colère...............................................Douceur
Gourmandise....................................Tempérance
Jalousie...........................................Amour fraternel
Paresse............................................Effort

Cinq effets de l’Orgueil

La vaine gloiren a. Vantardise b. Dissimulation/Duplicité
Ambition
Mépris des autres
Colère / Vengeance / Ressentiment
Entêtement / Obstination

Neuf manières d’être instrument de péché pour d’autres.

A. Ai-je sciemment été cause de péché ?
B. Ai-je coopéré au péché des autres ?

Le conseil
Le commandement
Le consentement
La provocation
La louange ou la flatterie
La dissimulation
La participation
Le silence
La défense du mal accompli.

Les Quatre Péchés qui crient vengeance au Ciel.

Le meurtre volontaire
La Sodomie ou le Lesbianisme
L’oppression des pauvres
La fraude sur le juste salaire du travailleur.

Les Six Commandements de l’Eglise.

Ai-je entendu la Messe le dimanche et les fêtes d’obligation?
Ai-je pratiqué le jeûne et l’abstinence les jours désignés et ai-je observé le jeûne eucharistique?
Me suis-je confessé au moins une fois l’an?
Ai-je reçu la Sainte Eucharistie au temps de Pâques?
Ai-je contribué au soutien de l’Eglise dans la mesure où je le dois?
Ai-je observé les lois de l’Eglise concernant le mariage (c’est à dire le mariage sans présence d’un prêtre ou mariage avec un parent ou non-catholique)?

Les Cinq Blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie.

Ai-je blasphémé contre l’Immaculée Conception?
Ai-je blasphémé contre la Virginité Perpétuelle de Marie?
Ai-je blasphémé contre la Divine Maternité de Notre Dame ? Ai-je manqué à reconnaître Notre Dame comme Mère de tous les hommes?
Ai-je cherché officiellement à semer dans les cœurs des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine de ce Cœur Immaculé?
L’ai-je outragée directement dans Ses Saintes Images?

Finalement:

Ai-je reçu la Sainte Communion en état de péché mortel? (Sacrilège)

Examen des péchés véniels d’après St Antoine-Marie Claret.

L’âme devrait éviter tous les péchés véniels, spécialement ceux qui ouvrent la voie du péché mortel. Ce n’est pas assez , mon âme, de prendre la ferme résolution de souffrir la mort plutôt que de commettre un péché mortel. Il est nécessaire de former une résolution semblable par rapport au péché véniel. Celui qui ne trouve pas en lui-même cette volonté ne peut trouver la sécurité. Rien ne peut nous donner une certaine sécurité du salut éternel comme une vigilance incessante pour éviter même le moindre péché véniel et un sérieux remarquable en tous points touchant toutes les pratiques de la vie spirituelle - sérieux dans la prière et les rapports avec Dieu, sérieux dans la mortification et le renoncement, sérieux dans l’humilité et l’acceptation du mépris, sérieux dans l’obéissance et le renoncement à sa volonté propre, sérieux dans l’amour de Dieu et du prochain . Celui qui veut atteindre ce sérieux et le garder, doit nécessairement prendre la résolution d’éviter toujours spécialement les péchés véniels

suivants:

Le péché d’admettre en son cœur tout soupçon non fondé, tout jugement injuste contre le prochain.
Le péché d’entrer en conversation sur les défauts d’autrui et de manquer à la charité de toute autre manière même légèrement.
Le péché d’omettre, par paresse, nos pratiques spirituelles ou de les accomplir avec négligence volontaire.
Le péché d’avoir une affection désordonnée pour quelqu’un.
Le péché d’avoir une vaine estime de soi-même ou une vaine satisfaction dans ce qui nous concerne
Le péché de recevoir le Saint Sacrement de manière insouciante, avec des distractions et autres irrévérences et sans préparation sérieuse.
Impatiences, ressentiment, tout manquement à accepter des déceptions comme venant de la Main de Dieu ; car cela met obstacle à la voie des décrets et dispositions de la Divine Providence par rapport à nous-mêmes.
Le péché de se donner occasion de ternir même de loin l’éclat immaculé de la sainte pureté.
La faute de cacher volontairement à ceux qui devraient les connaître, les mauvaises inclinations, les faiblesses et les mortifications, en cherchant à poursuivre la route de la vertu, non sous la direction de l’obéissance, mais en se laissant guider par ses propres caprices.

Nota bene: Ceci s’entend de circonstances où nous pourrions avoir une direction qui mérite d’être recherchée, mais nous préférons suivre nos faibles lumières personnelles).

Prière pour une bonne confession

O mon Dieu, par mes péchés détestables, j’ai crucifié de nouveau Votre Divin Fils et L’ai tourné en dérision. A cause de cela, j’ai mérité Votre Colère et me suis rendu digne des feux de l’Enfer. Combien aussi j’ai été ingrat envers Vous, mon Père Céleste, qui m’avez tiré du néant, m’avez racheté par le Précieux Sang de Votre Fils et m’avez sanctifié par Vos Saints Sacrements et le Saint Esprit. Mais dans Votre Miséricorde, vous m’avez réservé cette confession. Recevez –moi de nouveau comme Votre fils prodigue et accordez-moi de bien me confesser pour que je puisse recommencer à Vous aimer de tout mon cœur et de toute mon âme et par conséquent garder vos commandements et souffrir patiemment toute expiation temporelle qui reste à accomplir. J’espère obtenir de Votre bonté et puissance, la vie éternelle au Paradis. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Note Finale

N’oubliez pas de confesser vos péchés avec regret surnaturel en même temps que ferme résolution de ne plus retomber dans le péché et d’éviter les occasions prochaines de péché. Demandez à votre Confesseur de vous aider en toute difficulté qui entraverait une bonne confession. Accomplissez promptement votre pénitence.

Acte de Contrition

O mon Dieu, je regrette du fond du cœur de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du Ciel et les peines de l’Enfer, mais surtout parce que mes péchés Vous offensent, mon Dieu, qui êtes toute bonté et qui méritez tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre Grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence et d’amender ma vie. Amen.


EXAMEN DE CONSCIENCE POUR ADULTES

Résumé: Il faut rechercher au moins tous les péchés mortels dont on se souvient et qui n’ont pas encore été confessés dans une bonne confession et à un prêtre ayant les pouvoirs pour absoudre. Un péché est mortel s’il y a : gravité de matière, pleine connaissance et plein consentement. Indiquer, dans la mesure du possible, leur espèce et leur nombre (même pour les désirs). Pour cela on demande à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes et on s’examine sur les Dix Commandements et les préceptes de l’Église, sur les péchés capitaux et les devoirs de notre état. Il faudra penser à accuser également les péchés qui ont pu être commis par omission. N.B.: La confession est sacrilège lorsqu’on a volontairement caché des fautes mortelles. COMMANDEMENTS DE DIEU l er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout. » Dieu est-il au centre de ma vie ? Est-il bien pour moi un Père à l’amour duquel je réponds par un amour total et une généreuse obéissance ? Jésus est-il vraiment mon Maître et mon modèle, celui dont je vis par la foi et les sacrements ? Manquements par omission ou négligence dans les prières (matin, soir, dans les tentations) et la réception des sacrements. Tiédeur. Respect humain pour manifester sa foi. Parole ou acte contre la religion. Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Superstitions, spiritisme. Avoir tenté Dieu. Péchés contre la foi : refus d’adhérer à une ou plusieurs vérités révélées. Doutes volontaires. Négligeance dans sa sa propre formation religieuse. Lectures, émissions et spectacles portant atteinte à la foi ou à la morale. Péchés contre l’espérance : manque de confiance en la bonté et la providence de Dieu. Découragement, désespoir. Compter sur ses seules forces. Prétexter de la bonté de Dieu pour pécher. Ne pas désirer le ciel. Péchés contre la charité : indifférence par rapport à Dieu ; absence de prière et de pratique religieuse. Sacrilèges en profanant les choses saintes, en particulier confessions (incomplètes volontairement) et communions sacrilèges (reçues en état de péché mortel). Envers le prochain : refus de voir Dieu dans nos frères; haines, mépris, moqueries ; refus d’assister son prohain dans les graves nécessités. 2e Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect. » Transgresser les serments et vœux faits en son nom. Associer son nom à des serments faux ou inutiles. Blasphémer son nom, celui de la Vierge ou des saints. Prononcer des imprécations contre soi ou contre autrui. 3e Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur. » Avoir manqué à la sainte Messe par sa faute, y être arrivé en retard. Avoir fait ou fait faire “des travaux et des occupations qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur, ou la détente convenable de l’esprit et du corps” (can.1247). Avoir été à des amusements ou réunions dangereuses pour la foi ou les mœurs. 4e Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Enfants de tous âges : Manque d’amour, de respect, d’obéissance (dans les limites de leur autorité), de reconnaissance et d’assistance (matérielle, spirituelle) aux parents. Parents : ne pas témoigner de l’affection à tous ses enfants ; ne pas leur donner l’exemple d’une vie vertueuse et chrétienne. Envers ceux encore sous leur dépendance : Association Notre Dame de Chrétienté manquements dans leur formation humaine et chrétienne (instruction religieuse, choix de l’école); et dans ses devoirs de surveillance, de conseil et de corrections nécessaires. Tous : disputes d’intérêt en famille. Manquements dans l’accomplissement du travail dans le respect dû à l’autorité (dans le métier, la vie collective) ou dans les responsabilités des dirigeants (conditions de travail honnêtes, juste salaire, respect vis-à-vis des employés). Insoumission aux lois civiles justes (impôts, service militaire, devoir civique). 5e Commandement : « Tu ne tueras point. » Meurtre, tentative de suicide, imprudence exposant à tuer ou blesser son prochain (sport à risque, transgression grave et volontaire du code de la route, conduite en état d’ivresse). Colères, disputes, vengeances, refus de pardon, rancunes, envie, jalousie, drogue. Excès dans les boissons, gourmandise. Attitude insultante et scandaleuse. Participation (par action ou par omission), à la stérilisation, à l’avortement, à l’euthanasie, au suicide. Incitation à la violence, à la lutte des classes. Haine raciale ou ethnique. 6e et 9e Commandements : « Tu ne commettras pas d’impureté. Tu n’auras pas le désir impur volontaire. » Pensées, désirs et actes commis seul ou avec d’autres contre la pureté. Conversations et chansons déshonnêtes. Lectures, spectacles (TV, films,...), fréquentation de lieux exposant à l’impureté. Responsabilité dans le péché d’autrui (danse, mode et attitude provocantes). Personnes mariées : Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse. Moyens contraceptifs, ponctuels ou permanents. Refus des droits du conjoint. Adultère (pensées, désirs, actions). Infidélité affective. Liaison extra-matrimoniale. Divorce. “Remariage”. Fiancés : Manifestations de tendresse excessivement sensuelles. Relations pré matrimoniales. Cohabitation. 7e et 10e Commandements : « Tu ne voleras pas. Tu ne désireras pas injustement le bien des autres. » Participation direct ou indirect à des vols, fraudes, injustices. Dettes impayées. Non restitution. Recel d’objets volés. Tort causé dans les ventes, contrats, transactions. Tricheries. Fraudes. Pots de vin. Non-respect des lois sociales justes sur le travail, les assurances... Travail bâclé ; perte de temps. Dépenses excessives, par luxe, vanité, etc. Gaspillage. 8e Commandement : « Tu ne mentiras point. » Mensonges. Faux témoignage. Accusations injustes. Jugements téméraires. Calomnies (personnes ou institutions). Secrets violés. Médisances, ragots. Refus de réparer ou de rectifier COMMANDEMENTS DE L’ÉGLISE 1. Tu sanctifieras les dimanches et fêtes d’obligation (en France : Noël, Pâques, Ascension, La Pentecôte, Assomption, Toussaint) : par l’assistance à la messe et l’abstention d’activités contraires à la sanctification du jour du Seigneur (voir 3e commandement de Dieu). 2. Tu te confesseras au moins une fois l’an. 3. Tu communieras chaque année au Temps pascal (de Pâques à la Pentecôte). 4. Tu jeûneras ou feras abstinence les jours fixés. Jeûne et abstinence: Mercredi des Cendres et Vendredi Saint ; abstinence : tous les vendredis de l’année (les vendredis autres que ceux du Carême, on peut remplacer l’abstinence par une autre pénitence). 5. Tu contribueras selon tes moyens aux dépenses de l’Eglise. Association Notre Dame de Chrétienté DEVOIRS D’ÉTAT 1. Devoirs de chrétien : effort pour tendre à la perfection de la charité ; témoignage de cohérence entre la foi et les œuvres ; fidélité à la vocation reçue de Dieu ; dimension apostolique de sa vie ; approfondissement de sa foi ; aide à l’Eglise ; respect et obéissance à la hiérarchie dans ce qui dépend de son autorité. 2. Devoirs dans la famille : fidélité et don de soi dans le mariage ; générosité dans la procréation et l’éducation des enfants ; amour et entraide ; affection et assistance aux ascendants. 3. Devoirs dans la profession application au travail ; sens de la justice dans les rapports professionnels, dans les contrats. 4. Devoirs dans la cité : participation à la vie de la cité, devoir électoral ; respect des lois justes ; effort pour faire changer les lois injustes (avortement, ...) ; solidarité avec les plus démunis. MAÎTRISE DE SON TEMPÉRAMENT Il faut soumettre à la raison et à la loi de Dieu les passions déréglées par le péché originel et nos propres péchés. On distingue sept tendances qui nous inclinent au mal : - l’orgueil : amour désordonné de soi-même qui engendre l’ambition, la présomption, la vaine gloire, les attitudes hautaines, les vanités mondaines. - l’avarice : attachement désordonné aux richesses qui engendre l’injustice, l’endurcissement du cœur, le défaut de générosité pour faire l’aumône, l’aveuglement de l’esprit. - la luxure : vice contraire, voir 6e et 9e commandements. - L’envie : nous attriste à la vue des qualités ou des succès d’autrui ; engendre la calomnie, la jalousie, les discordes, les actions portant tort à autrui. - la gourmandise : excès dans le manger et le boire (alcoolisme) qui met en danger notre santé et nous fait perdre la possession de nous-mêmes. - la colère : fait perdre le contrôle de soi-même et porte aux injures, querelles, coups... - la paresse : incline à fuir l’effort dans le travail, l’accomplissement des devoirs. Association Notre Dame de Chrétienté

Mit freundlichen Grüssen

Avec mes meilleurs salutations
Distinti saluti
Kind regards, yours sincerely
Saludos cordiales
בברכה, בכבוד רב
С уважение
ขอแสดงความนับถือ
你的真诚的
المخلص

Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE

Tél: international ++ 41 21 616 88 88

Mobilisation générale: épargnes, retraites... volées légalement ! Comme à Chypre et en Grèce... Arnaque de la création monétaire du néant, ex nihilo... Grâce à monnaie-pleine, on peut rédiger ensemble un projet de loi d'application ou un contre-projet et reprendre ainsi toutes les meilleures solutions, BNS, RBI, monnaie, crédits, etc...

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Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

Invitations 2017
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