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jeudi 12 août 2010

"Justice" ? Qui jouit de la protection des autorités ?

 

MUSTAPHA

Mais une chose nous a réellement frappé: Les requérants d'asile propres, honnêtes, travailleurs, ceux qui ont toujours payé leurs impôts et leur AVS et qui n'ont jamais été un fardeau pour ce pays sont tous tombés sous le coup d'une mesure d'expulsion. 

Et les éléments douteux tels qu'Oeztürk ont en tous temps joui de la protection illimitée des autorités.

 

Connaissez-vous l'histoire des croissants?

 

Client (au garçon): Garçon, siouplait, un café, avec deux croissants.

 

Garçon (aimable et décontracté): Je suis désolé, Monsieur, mais

nous n'avons plus de croissants. Ils sont tous vendus.

 

Client: Mince alors, eh bien, apportez moi donc une tasse de thé, avec deux croissants.

 

Garçon (poli et patient): Monsieur, je viens de vous le dire, nous n'avons plus de croissants. Ils sont tous vendus.

 

Client: Non, mais c'est pas possible, ça. Bon, alors apportez moi une  ovomaltine chaude, avec deux croissants.

 

Garçon (tendu et crispé): Monsieur, je viens de vous le dire deux fois: Nous n'avons plus de croissants.

 

Client: Ouai, mais vous pouvez quand même pas me faire une chose pareille. Bon,  ben, si c'est comme ça, apportez moi une pression, avec  deux croissants.

 

Garçon (hurle, fou de rage): On n'a plus de croissants, vous m'entendez. Plus de croissants, z'avez compris, oui ou non?

 

Deuxième client (à la table voisine, au premier client): Z'avez fini d'embêter ce garçon, vous ? (se tourne vers le garçon): Et vous, Garçon, sachez que j'admire votre retenue et vos bonnes manières parce que si j'étais vous, y a longtemps que j'les lui aurais collés sur l'museau, moi, ses fichus croissants!

 

Cette histoire n'est pas stupide. Elle est de Fernand Raynaud en personne, et Fernand Raynaud est à mes yeux l'un des plus grands philosophes de l'époque contemporaine.

 

A la fin d'octobre 1987 - nous avions repris l'établissement depuis quatre semaines tout juste - je reçus une lettre de l'office cantonal  du travail. Et dans cette lettre, je me trouvais accusé d'avoir employé illégalement un Turc, depuis le 17 juin 1987. Je fus rendu attentif aux sévères règles concernant l'octroi de permis de travail aux étrangers. L'office cantonal du Travail me menaçait de rien moins que de me refuser systématiquement l'octroi de tels permis, en cas de récidive.

 

Je tombai des nues. Nous avions repris tout le personnel aux mêmes conditions que nos prédécesseurs, et j'étais parti du principe que les permis de travail étaient en règle. Je questionnai immédiatement l'employé en question - un garçon de buffet - et il me confirma qu'il n'avait pas de permis de travail.

 

Le même jour, j'écrivis à l'office cantonal du travail et demandai un permis de travail pour l'employé en question. En tant que requérant d'asile, argumentai-je, l'homme était hors contingent. L'octroi d'un permis de travail devait donc être sans autre possible.  Je mentionnai expressément que nous avions repris l'établissement le 23 septembre 1987, et que j'étais parti du principe que les permis de travail pour le personnel étranger étaient tous en ordre. J'assurai l'office du travail de ma bonne volonté et promis d'être plus vigilant à l'avenir. Dix jours plus tard, le permis de travail était là, et je pouvais oublier l'affaire.

 

Pensai-je.

 

Environ une semaine plus tard, je reçus la visite d'un agent de la police cantonale et ce digne fonctionnaire m'informa que plainte pénale avait été déposée contre moi, parce que j'avais employé un étranger illégalement - depuis le 17 juin 1987. Je lui expliquai calmement et longuement - pendant bien vingt minutes - que l'affaire était réglée, que nous avions repris l'affaire en date du 23 septembre seulement et que le permis avait été accordé par l'autorité compétente. Et je lui fis voir le permis de travail. L'homme s'éloigna.

 

Quelques jours plus tard, nous reçûmes de la police des étrangers une lettre avec amende et frais à cause de l'emploi illégal d'un étranger - depuis le 17 juin 1987. Le menace de ne plus accorder de permis de travail en cas de récidive fut renouvelée. Cette menace, mise à exécution, aurait signifié la mort de notre établissement. Cela commençait à bien faire. Je pris le chemin de  Soleure, avec l'intention de rencontrer l'un des fonctionnaires en chef de la police des étrangers.

 

J'avais en main toute la correspondance des autorités à propos de cette affaire. Je passai la porte du bureau situé dans la Cour des Ambassadeurs et fus accueilli par un rouquin en chandail. Je produisis mes papiers et voulus me présenter. Je n'arrivai pas si loin. Le rouquin me poussa dehors dans un bureau vide au bout d'un couloir et m'intima d'attendre. Je m'assis donc sur une chaise et attendis.

 

Après vingt minutes environ, le rouquin réapparu et me demanda si quelqu'un était venu s'occuper de moi. A peine eus-je le temps d'esquisser un geste de dénégation, que déjà il me rabrouait vertement: "Vous pourriez être un peu poli quand on vous cause!" avant de disparaître comme une fusée. Et je demeurai de nouveau seul.

 

Une demi heure plus tard environ, une sorte de nabot d'une cinquantaine d'année pénétra dans la pièce et m'apostropha rudement: "Qu'est-ce que vous fabriquez là, vous? Vous ne pouvez pas attendre dehors dans le couloir, comme tout le monde?" Je sortis en claquant violemment la porte.

 

Ce fut le début d'une correspondance aigre-douce avec les autorités dites compétentes. Un entrepreneur privé, écrivis-je, qui traiterait ses clients de telle manière pourrait déposer son bilan dans les trois mois. Un employé serait sûr d'être viré sur l'heure. Mais un arrogant crétin comme ce Monsieur Mutti pouvait se permettre, en sa qualité de fonctionnaire en chef, de traiter les contribuables comme de la merde. Je leur rappelai le fameux axiome du Chancelier du Reich allemand, Otto, comte de Bismark, selon lequel "il est possible de gouverner un pays avec de mauvaises lois et de bons fonctionnaires, mais la déchéance n'est plus très loin lorsque la situation contraire se produit". Le ton des lettres de l'administration concernée se faisait de plus en plus désespéré, mais pour les fonctionnaires le fait était et demeurait que nous avions employé un étranger illégalement depuis le 17 juin 1987.

 

J'exigeai que l'on me fît un procès. Les destriers du paragraphe ne purent me le  refuser. Et c'est au cours de ce "procès", qui dura bien cinq minutes et au cours duquel je n'eus même pas la possibilité d'ouvrir la bouche qu'il fut admis pour la première fois que nous avions employé un étranger illégalement depuis le 23 septembre 1987. Je fus libéré de toute charge, "car je pouvais assumer que la situation légale de tous les employés était en ordre au moment de la reprise". Les frais de la procédure furent payés par l'Etat.

 

Toute cette chienlit - car c'est bien là le terme adéquat - avait occupé une bonne douzaine de fonctionnaires durant plusieurs mois. En fin de compte vint la révélation. Ce n'est pas que nos fonctionnaires soient réellement stupides, certains d'entre eux ont même une certaine perception des problèmes. C'est simplement qu'il faut quelquefois expliquer le problème suffisamment longtemps et surtout, sur un ton approprié.

 

Au cours de années suivante, nos relations avec ces gens se sont remarquablement améliorées et un climat de confiance réciproque a pu se développer. On aurait donc tort de se résigner trop tôt.

 

Vers le milieu d'octobre 1987, je pris à notre service un requérant d'asile turc. (Que j'aie demandé aux instances compétentes un permis de travail en bonne et due forme ne devrait même pas être mentionné...) Il répondait au nom de Mustapha Oeztürk. Je le vois encore se présenter le jour où il vint me demander du travail: émacié, cradingue, crispé, cheveux jusqu'aux épaules. Ce type me répugnait, sans que je puisse dire pourquoi. Etait ce l'amertume dans les traits du visage, ou était ce le ton pleurnichard avec lequel il me suppliait de lui donner du travail. Maintenant que l'affaire est bien en main, un tel élément n'aurait pas la moindre chance. Mais c'était le tout début, l'affaire était en bonne voie, j'avais besoin de quelqu'un en cuisine. J'acceptai.

 

Je n'avais sûrement pas pris la bonne décision. Pour décrire le type en peu de mots: Mustapha était ce que l'on avait coutume d'appeler dans le village de mon enfance "un fléau de la Création", un quérulent et un minimaliste. En décembre déjà il se  fit porter pâle, pendant deux semaines.

 

Au début de janvier 1988 il alla auprès de Klara et demanda à être muté au buffet. Il souffrait de la solitude et était en proie à des crises de panique l'après midi à la cuisine, selon ses dires. Klara accepta, à la condition qu'il se lave et s'habille convenablement, et surtout qu'il fasse couper ses cheveux. Je ne présentai aucune objection. Le type n'était certainement pas une lumière et je voyais déjà poindre le moment de la séparation. Et c'est ainsi qu'il fut muté au buffet. C'était le 8 janvier 1988. Il devait prendre son service à sept heures du matin.

 

Je descendis vers neuf heures. Klara m'informa alors que notre bonhomme avait d'emblée refusé des instructions légitimes et avait quitté son service d'une minute à l'autre sans donner de raisons. Pour nous, il était donc définitivement hors circuit.

 

Le lendemain, il réapparut - à la cuisine. Mais sa place à la cuisine était évidemment prise. Il était démontré qu'il avait refusé des instructions légitimes et qu'il avait quitté son poste de travail d'une minute à l'autre sans raison valable. Il était démontré qu'il se retrouvait à bricoler à la cuisine, où il n'avait plus rien à faire.

 

Je lui payai donc son salaire et le  congédiai sans délai. Un tel élément n'était pas supportable dans l'établissement.

 

Un peu plus tard, le type déposa plainte contre moi au tribunal des prud'hommes, pour cause de licenciement abusif. Il obtint gain de  cause sur toute la ligne.

 

Dans le quotidien "Der Bund" du 11 novembre 1986 on pouvait lire un article de fond rédigé par l'avocat Rolf P. Steinegger sous le titre:

 

JUSTICE PéNALE BERNOISE

Fossoyeuse de l'Etat de Droit ?

 

"C'est dans l'épreuve de la procédure pénale que l'Etat démontre l'estime qu'il accorde à la personne humaine" (Mark Pieth)

 

Ces derniers temps, un certain nombre de jugements rendus par les instances pénales bernoises on fait l'objet de critiques. Particulièrement visée est la seconde Chambre d'accusation du Tribunal cantonal. Les critiques formulées depuis plusieurs années par un certain nombre d'avocats trouve un écho dans le public en général. On doit espérer qu'une résonance politique parviendra à libérer les impulsions nécessaires à une analyse du malaise.

 

Premièrement, la procédure pénale révisée ignore le droit constitutionnel de chaque accusé à une défense efficace. Deuxièmement, il semble que dans la procédure d'élection des juges les garanties manquent, qui seraient en mesure d'assurer que seuls des candidats capables sont en mesures d'accéder à un tel poste. La possibilité de relever de sa fonction un juge incompétent est à la vérité extrêmement mince.

 

L'Inquisition est prépondérante

 

En ce qui concerne les raisons du malaise lié à la procédure pénale, nous nous référons essentiellement à l'excellent travail du Dr. Mark Pieth "L'Administration des Preuves dans le Droit pénal suisse",  Bâle/Francfort 1984. L'auteur examine dans la cadre national la coopération de l'accusé dans la procédure pénale. Les présentes explications s'appuient étroitement sur le texte de Pieth et reprennent même partiellement ses formulations.

 

L'ancien président du Tribunal cantonal bernois, Prof. Dr. Falb, assimile la procédure pénale bernoise à un système mixte. (Procédure préliminaire de type inquisitoire, procédure principale de type accusatoire). La réalité de la procédure démontre pourtant  que les éléments inquisitoires de la procédure sont largement sur représentés. Que le procès soit un endroit où le pouvoir s'exerce de manière unilatérale, qu'il dégénère en un "procès pathologique" (Où la force prime le Droit), que le défenseur soit cantonné dans un rôle de spectateur et tout au plus toléré comme un accessoire nécessaire bien que dérangeant, tout cela dépend de la (libre) appréciation du juge.

 

Un Concept de Dominance

 

Il est possible de constater avec Pieth que dans la réalité de la procédure bernoise, ce n'est pas la procédure, mais bien plutôt la personne de confiance élue qui est garante de la vérité. Les doutes inhérents à une décision sont rendus supportables par la confiance accordée à une personnalité plutôt que par la tenue d'une procédure formelle. Si des doutes naissent quant à l'intégrité du juge, alors la légitimité de la sentence est remise en question. Le rationalisme qui est à la base de notre procédure pénale est celui de la "raison pratique". On le remarque déjà lors de l'élection des juges: Aucunes connaissances professionnelles ne sont requises, ni aucune expérience des pratiques modernes d'interrogation. Les juges fonctionnent en tant que représentants de la "saine logique humaine", leur légitimité est dérivée de l'élection démocratique (Pieth). Si une sentence peut être jugée "raisonnable" - seul principe de contrôle - elle peut être certaine de survivre à un appel.

 

Quiconque est confronté aux pratiques de la deuxième Cour d'Appel du Tribunal cantonal bernois ne peut se défendre de l'impression que la procédure pénale est le plus souvent réduite à un simple concept de dominance. Combien souvent une simple suspicion est-elle suffisante pour justifier une culpabilité? Quel ton de voix les accusés doivent-ils supporter, qui ont la malchance d'apparaître devant certains juges? Avec quelle facilité des moyens de preuve valables et importants sont-ils refusés, alors qu'ils devraient suffire à établir l'innocence du prévenu ?

 

Attendus insuffisants

 

Combien souvent un accusé doit se rendre compte que son droit d'être entendu se limite au titillement de l'organe auditif du juge? Qu'un juge ne perde pas un seul mot à propos de l'argumentation fondée de la défense et se limite plutôt à un dialogue avec les représentants de l'instruction ou de l'accusation doit apparaître inimaginable au prévenu non habitué à une procédure pénale. Combien minables, contradictoires et prétentieux sont certains attendus de jugements, livrés propres en ordre devant le juge encore avant la  plaidoirie de la défense, et qui sont "arrangés" par le secrétaire dans la perspective d'une révision possible? On se contente simplement de célébrer le pouvoir.

 

Combien blessé dans sa dignité est le prévenu qui se retrouve "honoré" d'une peine complémentaire de quelques mois, simplement parce qu'il a lutté avec tous les moyens légitimes pour défendre son  bon droit? Un Etat anxieux d'obtenir des résultats rationnels ne  pourrait se servir d'une telle procédure que si la vérité était naturellement "donnée", et qu'il s'agissait simplement de la découvrir.

 

Si l'on part cependant du principe qu'il n'existe pas de vérité et de justice objective et omniprésente, mais bien plutôt des "faisceaux  concurrents de vérité et de justice", il devient apparent que seul le principe dialectique - dans la procédure d'enquête se forme la  vérité - peut fournir une garantie de la justesse de la décision du juge. C'est le grand mérite de Pieth que d'avoir démontré avec une clarté convaincante que seul le droit de l'accusé d'exiger la production de preuves (témoins, experts, documents officiels, inspection du site etc...) peut apporter une garantie constitutionnelle à une sentence acceptable: Le droit de l'accusé, même contre la volonté des autorités, de produire les preuves qu'il estime nécessaire à sa défense. La fonction essentielle de la  production de preuve est de contraindre les autorités judiciaires à des prises de position qui peuvent être soumises à un examen standardisé concernant la possibilité de décisions arbitraires. Un tel droit de présenter des preuves n'existe pas dans la procédure pénale actuelle: Le degré d'administration des preuves est laissé à l'appréciation des autorités judiciaires.

 

Préjugé et Erreur judiciaire

 

Selon Pieth, il ressort de l'observation structurelle de la procédure que la cause à juger s'enrichit dans un mouvement concentrique de prévisions factuelles et juridiques, mesures de preuves et prises de positions intermédiaires. Tant l'anticipation du résultat que l'appréciation intermédiaire des moyens de preuve existants sont par conséquent des techniques évidentes et nécessaires. A n'importe quel moment il est possible d'obtenir un résultat intermédiaire. La procédure de preuve a en soi une tendance "naturelle" à devenir une fixation continuelle. Toute procédure est d'entrée une procédure de décision. Le caractère nécessairement subjectif de la décision finale ou intermédiaire fait avancer l'administration des preuves, et représente en même temps un danger certain pour la découverte de la vérité.

 

Si le Droit veut empêcher que le préjugé officiel ne soit élevé sans autre au rang de jugement (jugement hâtif, erreur judiciaire),il est tenu de redresser la barre. Selon Pieth, les correctifs institutionnels (éliminations de fonctions de procédures, procédure  par étapes, principe d'immédiateté)  ne sont pas à la hauteur, alors que des critères matériels types manquent largement (devoir d'investigation, principe de base: dans le doute en faveur d'un complément de preuve, interdiction de l'appréciation anticipée des preuves).

 

L'Arbitraire sous Contrôle

 

Les chances de l'accusé d'influencer le processus d'investigation préliminaire et secret (enquête policière, enquête préliminaire) par le biais  de la présentation de preuves à décharge est extrêmement  mince. On peut constater avec Pieth que la valeur juridique des droits de représentation se limite à une interdiction de déni de justice, alors qu'au début il ne s'agit guère que d'une pétition. Des principes de décisions concrets concernant le dépôt de preuves sont largement manquants. Dans la pratique, des refus de preuves motivés par une appréciation prématurée des preuves existantes, ou plus simplement par des considérations opportunistes jouent un rôle prépondérant. La tenue des autorités d'investigation est soumise, mise à part l'examen de fautes matérielles de droit, à un simple contrôle d'arbitraire. Le but de l'investigation préliminaire, fixée unilatéralement sur les aveux de l'accusé, demeure le déroulement expéditif du procès, et simultanément l'absorption des protestations éventuelles.

 

A nouveau il faut donner raison à Pieth lorsqu'il déclare que la déplacement en direction de la soi-disant "ouverture aux parties' n'a  que peu changé au principe de base: L'accusé et son défenseur sont encore largement dépendants de la bonne volonté des autorités. Il ne peut être question d'une égalité des chances dans le courant de la procédure préliminaire. La procédure bernoise, de même que la procédure d'autres cantons suisses, se base sur une image démodée du défenseur: Il n'est en somme guère plus que le plaideur dans l'antique procédure de l'Inquisition.

 

De l'Immédiateté

 

Au cours de la procédure principale, la pratique est de faire un usage intensif de la possibilité légale de contrôler les dépenses. Selon Pieth, le principe de contrôle doit justifier largement la plausibilité des décisions intermédiaires et définitives des autorités prises sur la base du matériel de preuve. Mais l"évidence", en la qualité concrète des protocoles d'interrogation, est produite exclusivement par les autorités. En fin de compte, la question reste de savoir si la décision finale est justifiée de manière suffisamment crédible.

 

L'immédiateté de la procédure n'est pas un principe universellement admis. Elle est plutôt soumise à des considérations opportunistes. L'idée de base reste la recherche d'un procès aussi lisse, expéditif et bon marché que possible. En cas de conflit, elle est régulièrement sacrifiée aux intérêts de la répression, de la punition et de l'efficacité. Selon Pieth, c'est un phénomène typique du droit suisse de relativiser les principes par le biais d'exceptions au point que ces principes ne sont plus guère que facultatifs.

 

En ce qui concerne le contrôle de l'arbitraire - dans la pratique procédurale bernoise également l'appellation se rapproche fortement du recours en nullité - Pieth constate que la rédaction des attendus de jugement sont tout spécialement conçus po9ur transmettre la conviction de la justesse de la décision: la possibilité que des contradictions puissent être bagatellisées et que des minutes d'audiences puissent être manipulées n'est pas tue. Dans le domaine sensible de la limite de l'arbitraire, le devoir d'explication judiciaire demeure une lex imperfecta.

 

CRITIQUE à L'ELECTION DES JUGES

 

L'élection des juges est une élection purement politique. En plus de l'appartenance politique du candidat entrent en ligne de compte des critères qui n'ont rigoureusement rien à voir avec les qualifications du candidat au poste de juge. Aucune procédure électorale ne contient de garanties institutionnelles visant à vérifier ses aptitudes. Dans les petits districts, c'est en premier lieu la personnalité du candidat qui prime, alors qu'ici également la preuve de ces aptitudes n'est pas fournie. Une enquête concernant les élections au Tribunal cantonal bernois et  menée entre 1975 et 1985 dévoile que le Grand Conseil bernois en tant que corps électoral ne disposait d'aucune information concernant les candidats, en dehors du descriptif du parti politique. Des informations complémentaires, se rapportant à l'élection, demandaient l'élection du candidat étant donné qu'un autre poste lui avait été refusé, ou parce qu'il avait été contraint de céder la place déjà deux fois à d'autres candidats d'autres candidats. Le rôle de la Commission judiciaire du Grand Conseil demeure peu claire dans le cadre des élections des juges au Tribunal cantonal. Des discussions interparti ou interfraction semblent devenir la règle. La "plate forme" électorale actuelle a déjà incité plusieurs députés au Grand Conseil à s'abstenir de voter pour des candidats de leur propre parti: ils ne pouvaient pas prendre une telle responsabilité

 

Jusqu'à la Retraite

 

Après l'élection, il n'existe plus aucune possibilité, à l'exception de mesures disciplinaires, de priver de son mandat un juge incompétent, alors que la question se pose de savoir comment cette compétence peut être contrôlée en principe. Dans le cours des 30 dernières années, une seule répudiation a été enregistrée, en 1969. Il n'a pas été possible de savoir si, dans ce laps de temps, une non-réélection a eu lieu. Les membres du Tribunal cantonal  sont préservés de l'épreuve d'une réélection trop fréquente par le truchement d'un mandat d'une durée particulièrement longue(huit ans  au lieu de quatre). Si une élection complémentaire n'a pas lieu, et si le nouvel arrivant n'est pas confirmé lors de l'élection suivante, un membre du Tribunal cantonal peut sans autre rester en fonction jusqu'à sa retraite.

 

Rolf P. Steinegger

 

LA LISTE DES REFORMES PROPOSEES

 

Ainsi que Pieth le démontre de manière convaincante, il ne s'agit pas de prendre prétexte de cette critique pour chercher à imposer des maximes révolutionnaires, mais bien plutôt de concrétiser les idéaux de l'Etat de Droit libéral dans la réalité de la procédure. Sur le plan cantonal, il faut exiger d'entrée l'interdiction de l'appréciation anticipée des moyens de preuve, interdiction qui n'est même pas contraire aux codes de procédure existants. En principe, un juge ne devrait rendre une décision que lorsque tous les moyens de preuve existants ont été réellement épuisés.

 

La clause de libre appréciation doit être révoquée. La réalisation de l'égalité des moyens exige l'introduction d'un véritable droit à la production de moyens de preuve (à l'exclusion d'une appréciation préalable). Il va de soi qu'il ne peut être question de remplacer le droit de libre appréciation du juge par un droit infini de présenter des preuves.

 

Des Juges Redresseurs de Torts

 

L'auteur attache une importance particulière à la réalisation d'un droit de produire des preuves à l'échelon du Tribunal cantonal. Si l'on ne veut pas ignorer le fait que le jugement erroné n'est  pas une affabulation dans le paysage judiciaire bernois, il est nécessaire de faire un usage plus marqué de la liberté d'informer  l'instance judiciaire supérieure. Au vu de la professionnalisation minime de notre appareil judiciaire ainsi que des possibilités de contrôle restreintes accordées au Tribunal fédéral, l'accusé dépend largement de ces correctifs. Les chambres pénales du Tribunal cantonal bernois laissent depuis des années planer le doute quant  à leur intention de réellement utiliser les compétences légales  dans ce domaine et déjà existantes à ce jour. Elles devraient se faire à l'idée que le législateur ne les a pas créées pour en faire les consommateurs des conserves de preuves abandonnées par les instances subalternes.

 

 

 

 

Du Mode d'Election

 

Il ne peut s'agir ici que d'une esquisse qu'il serait nécessaire de discuter plus à fond. Qu'une dépolitisation de l'élection des juges soit désirable, que la coloration politique du candidat passe après sa compétence, est aussi incontestable qu'est naïve l'idée  que ce but peut être une fois atteint. Dans le cadre de l'élection des juges au Tribunal cantonal, il serait pensable de nommer une commission de juges cantonaux et d'avocats (selon un strict principe de rotation) qui soumettrait au Grand Conseil des propositions de candidatures. Ces propositions pourraient être discutées dans le  cadre de rencontres inter partis dans le cadre des institutions

 

 

C'est ainsi que la base d'appréciation des électeurs pourrait être élargie sans grande dépense. Et si l'on accordait à cet organe une fonction d'arbitrage, il serait alors aisé de rassembler du matériel utile lors d'une réélection. Est également intéressant le système pratiqué aux Etats Unis: Les candidatures à une  élection à la Cour suprême sont en principe soumises à un comité de l'Association du Barreau, et non appuyées sans son approbation.

 

Un Contrepoids à l'Omnipotence

 

La réalité de la procédure boite malheureusement derrière les postulats de l'Etat de Droit libéral. Dans le canton de Berne également, on ne peut se défendre de l'impression que la problématique d'une protection légale insuffisante de l'accusé n'a pas encore été reconnue.

 

Qu'il  soit toujours encore possible de trouver un moyen de rapprocher l'idéal et la réalité de la procédure est dû  à ces nombreux juges de première instances ainsi qu'à ces juges d'instruction qui tentent avec conviction et dévouement de remplir leur devoir de chercher la vérité et de conduire la procédure jusqu'à ce que les doutes raisonnables ne soit plus permis. C'est à eux que nous sommes redevables si notre justice pénale n'est pas devenue depuis longtemps la fossoyeuse de l'Etat de Droit. Et pourtant, leurs efforts ne rendent pas une réforme de la procédure pénale sans objet. L'Etat de Droit requiert impérativement une défense comme contrepoids à une omnipotence patriarcale et étatique."

 

Cet article, lu dans un journal respectable et conservateur, avait fait sur moi une profonde impression. Je n'étais pas un inconnu de la justice de deux cantons et la justice de ces cantons - Berne et Bâle-Campagne -  ne m'était pas inconnue non plus. Mon éducation scolaire n'est pas très grande: six ans d'école primaire, puis quatre ans d'école secondaire dans le canton de Vaud, un apprentissage de cuisinier à Soleure, un cours de service à l'Ecole hôtelière de Lucerne, un cours de cafetier à Lausanne. Je ne dispose d'aucune formation juridique. Tout ce que je sais sur ce sujet, je l'ai appris  sur le tas, au contact avec des juristes.

 

Si l'on change un tant soi peu le titre de l'article ci-dessus, si l'on écrit par exemple: Appareil Judiciaire Suisse: Fossoyeur de l'Etat de Droit ?

 

si l'on étend les faits reprochés à la justice pénale bernoise à l'ensemble de la justice civile et pénale de ce pays

 

alors on ne trouve rien de surprenant à la sentence prononcée par Dr. jur. Urs Bannwart, Président du Tribunal des prud'hommes et Président du Tribunal du district de Soleure-Lebern.

 

Dans les attendus de son jugement, Monsieur le Président a brillamment réussi à transformer l'abandon d'un poste de travail sans raison valable en un licenciement immédiat et abusif. Il est vrai que c'est notre parole contre celle du plaignant, en ce qui concerne le refus d'exécuter des ordres légitimes. Le plaignant n'a jamais contesté avoir quitté son poste de travail au matin du 8 janvier,  sans raison valable. Il suffisait qu'il réapparût le jour suivant à la cuisine - où il n'avait plus rien à faire - et à bricoler quelque chose pour donner un gage de son repentir, de ses regrets et de sa bonne volonté. Qu'il ait été remplacé à la cuisine, que l'établissement ne puisse pas s'accommoder de ses fantaisies, et que finalement ce sont des gens tels que Klara et moi, des commerçants, des artisans, des ouvriers qui doivent travailler dur et produire beaucoup afin d'assurer à Monsieur le Président Bannwart et à ses collègues un train de vie confortable est et demeure, pour reprendre l'expression distinguée de nos juristes distingués, parfaitement irrélevant et immatériel.

 

Le plaignant avait la possibilité de chercher et de trouver du travail ailleurs: A cette époque, 20.000 postes étaient vacants dans l'hôtellerie et la restauration, essentiellement dans les emplois subalternes. Une preuves de ses efforts ne fut jamais exigée,  alors que le contrat collectif de travail prévoit expressément une telle situation.

 

Un tel jugement autorise expressément un employé à venir au travail vêtu comme un vagabond, avec des cheveux sales jusque sur les épaules, et à saboter systématiquement les instructions de son employeur. Comme excuse, on peut toujours invoquer le fait que le pauvre diable "était dépassé par la situation" (sic).

 

Comme de bien entendu, je fis appel devant le Tribunal cantonal. Comme de bien entendu, mon appel fut rejeté. L'affaire repose maintenant devant la Commission européenne des Droits de l'Homme. Elle dort là bas, jusqu'à ce qu'un jour peut être quelqu'un vienne la réveiller.

 

Nous avons depuis lors employé un grand nombre de requérants d'asile, et avons fait la plupart du temps de bonnes expériences. Un type tel qu'Oeztürk n'entrerait plus jamais en ligne de compte. Je l'avais engagé sous la pression des événements et je n'avais pas eu le temps de vérifier ses antécédents. Mais une chose nous a réellement frappé: Les requérants d'asile propres, honnêtes, travailleurs, ceux qui ont toujours payé leurs impôts et leur AVS et qui n'ont jamais été un fardeau pour ce pays sont tous tombés sous le coup d'une mesure d'expulsion. Et les éléments douteux tels qu'Oeztürk ont en tous temps joui de la protection illimitée des autorités.


 1.


COMMENT TOUT A COMMENCE

Toute cette histoire a commencé en octobre 1987, lorsque nous - mon épouse Klara et moi - avons racheté cet établissement.


De dire que "nous avons racheté cet établissement" n'est pas tout à fait exact. En réalité, l'hôtel restaurant de la Gare à Granges SO appartient à une société immobilière, qui ne possède pas d'autre biens immobiliers. Ainsi, nous avons racheté toutes les actions de cette société, propriétaire de l'hôtel restaurant.

Ces explications tout au début de ce récit peuvent paraître passablement compliquées ou même pédantes, mais elles ont leur place dans cette histoire.

L'hôtel-restaurant de la Gare à Granges SO était alors - et demeure à ce jour - un bel établissement confortable, doté de 150 places au rez-de-chaussée, réparties sur quatre salles. Les locaux sont agencés dans un style durable. A l'extérieur, nous disposons d'une belle terrasse avec une place de jeux pour les enfants, et aussi un grill performant. Au sous sol se trouve un bar accueillant. La cuisine, l'économat, les caves sont spacieuses.

Au premier étage se trouve l'appartement, la buanderie et la lingerie, ainsi que quatre chambres d'hôtes. Avec cinq lits, l'hôtel de la Gare était sûrement le plus petit hôtel de Suisse.

La décision de reprendre cet établissement avait été précédée d'une longue recherche d'un établissement adéquat: Partout, dans le Jura, en Suisse Centrale, en Romandie, nous avions tenté notre chance, mais les prix demandés avaient d'emblée rendu toute discussion inutile.

Il n'existe en fait qu'un seul prix, ou valeur, pour un objet immobilier, et c'est la valeur de rendement. Et la valeur de rendement est la valeur, ou prix, qui permet au nouveau propriétaire d'entretenir l'objet de manière adéquate par le biais de l'autofinancement, tout en permettant un standard de vie acceptable.

Un prix plus élevé que la valeur de rendement est payé dans un but spéculatif, ou alors en méconnaissance de la situation.

Dans un cours de cafetier, on nous enseigne que le loyer, ou l'intérêt bancaire varie entre 8 et 15% du chiffre d'affaire, selon la nature de l'établissement: 8 ... 10% pour un restaurant ordinaire, selon l'agencement. 10% est réellement le maximum permissible pour un restaurant. 15% pour un bar, un tea room ou un hôtel garni. Quiconque paie davantage est certain de couler.

Et ainsi, nous avions tenté notre chance et visité beaucoup, beaucoup d'objets: Le Journal des Cafetiers, ainsi que beaucoup d'autres publications sont pleins d'annonces d'établissements à remettre ou à vendre. Cela n'a rien d'étonnant si l'on considère que sur les 26 ou 27.000 établissements publics que compte ce pays, un quart change de mains chaque année. Nous avons visité un grand nombre de ces établissements et chaque fois, nous avons posé d'emblée deux questions: 

"Quel prix demandez-vous pour l'établissement?" et 

"A combien le chiffre d'affaire se monte-t-il?"

Il est tout à fait simple de calculer la valeur de rendement à partir de ces deux paramètres:

Le loyer, ou intérêt hypothécaire, qu'il est possible de payer dans un établissement ordinaire ne doit donc pas dépasser 10%. Un établissement qui déclare, disons, Fr. 1.000.000,- de chiffre d'affaire annuel, permet un intérêt bancaire et un amortissement de Fr. 100.000,- au plus. Si l'on se base sur un taux hypothécaire de 5,25% plus 1% d'amortissement (eh oui, ce fut une fois...), donc 6,25% au total, on arrive à une valeur de Fr. 1.750.000,-.pour un établissement en bon état d'entretien: 19 ou 20 mois de chiffre d'affaire.

Ceci en guise d'exemple. Au moment où ce livre a été écrit. en 1994, les taux hypothécaires étaient nettement plus élevés, mais le principe de la chose reste le même.

Cette calculation est simple, elle est même évidente, mais dans un établissement après l'autre, nous nous trouvions confrontés à des demandes sortant totalement de la réalité: 25, 32, 40 et jusqu'à 45 mois de chiffre d'affaire étaient requis pour entrer en matière. Et ainsi, déjà après le seconde question, on changeait poliment de sujet, on discutait du temps et des pronostics pour le prochaine saison de ski, on payait le café crème et on s'en allait.

Je garde encore en mémoire beaucoup de ces restaurateurs: éreintés des fatigue, quelquefois marqués par la maladie, abrutis et sans illusions, les épouses prématurément vieillies. Certains d'entre eux nous racontaient qu'ils avaient un fils, et qu'ils avaient gardé l'établissement pour lui; il avait fait un apprentissage dans une bonne maison, il était un bon cuisinier, il avait aussi fréquenté l'Ecole hôtelière, et maintenant, il ne voulait plus de cet établissement. Il travaillait maintenant comme comptable dans un commerce de vin - ou s'occupait d'une manière ou d'une autre, comme antiquaire, ou professeur de musique...

Mais malgré tout, c'était un bel établissement, bien situé et jusqu'à tout récemment aussi bien achalandé. Au cours de la dernière Guerre mondiale, l'état major de l'armée était constamment hébergé, même le Général Guisan y avait une fois passé une nuit. Mais maintenant, il fallait du sang jeune, des gens solides et pourvus d'une saine ambition, des gens comme ces deux là, ce Romand avec son allemand aux inflexions teutoniques et cette sympathique Bernoise.

Et je revois le regards pleins de désir et d'espoir, l'espoir que ces deux là viendraient les délivrer de ce fardeau devenu trop lourd, de leurs soucis financiers, de leur traintrain minable, de leur vie ratée.

Comment sommes-nous arrivés à Granges? Ma foi, un peu comme la Vierge est venue à l'Enfant. J'avais répondu à une annonce et demandé des renseignements. Par retour du courrier, toute une documentation m'était parvenue, avec plans et esquisses, une description complète de la maison ainsi que la mention du prix d'achat, si totalement au delà de nos moyens financiers que nous avions immédiatement laissé tomber le sujet.

Après quelques semaines, une lettre du notaire chargé de la vente nous était parvenue, une invitation polie de venir une fois visiter l'endroit. Nous avions donné suite à l'invitation, étions venus à Granges et avions immédiatement pris en charge par deux charmants messieurs. Ils avaient d'entrée indiqué le prix: Un montant à sept chiffres. Nous étions à l'époque locataires d'une boite déglinguée à Hofstetten près de Brienz, dans l'Oberland bernois. Nos moyens financiers étaient ridiculement minces. Et en cette belle après midi de juin 1987 nous nous retrouvions, Klara et moi, en présence de ces deux charmants messieurs et je me demandais alors si le prix demandé correspondait réellement à la valeur de rendement, et si nous pouvions réellement sortir les intérêts bancaires.

La place était là. Les pièces étaient apparemment en ordre. Les structures - les murs, le toit, les sols - également. Le mobilier de jardin était à bout de souffle. Il y avait trop de personnel. La tenue de l'établissement était approximative, on s'en rendait compte en lisant la carte des mets et des boissons. Il était difficile d'estimer l'état des installations, et cela pouvait coûter un saladier. Mais la question cardinale demeurait: Y-a-t-il une place pour moi, y-a-t-il pour Klara et moi une place dans un tel établissement?

Car cette question est vraiment d'une importance existentielle: Il n'est pas possible de mettre n'importe quel couple de restaurateurs à la tête de n'importe quel établissement: Certains préfèrent un style de sportif jeune et décontracté, d'autres un style distingué et exclusif. Certains ne peuvent même pas cuire de l'eau sans qu'elle colle et d'autres voient dans la réalisation d'un buffet de gala le couronnement de leur activité créatrice. Cela ne saurait être un jugement de valeur: chacun finit par prendre son plaisir où il le trouve, et il y a un couvercle pour chaque marmite.

Mais le fait est et demeure: la perte d'une clientèle encore existante constitue un sérieux échec au début d'une nouvelle activité. Il est tout à fait problématique, il n'existe aucune garantie, que la clientèle visée se laissera amadouer. C'est comme ça, une fois pour toutes: Les tenanciers et la clientèle s'accordent ensemble, ou alors tout est raté.

Eh bien! l'heure de la décision était venue. La location d'un établissement public est presque toujours une histoire désolante: Ou bien on reprend une affaire rénovée et dotée d'un loyer astronomique, ou alors on reprend une boite déglinguée et on paie un loyer plus modeste. Dans le premier cas, la faillite est aussi sûre que l'Amen après la messe. Dans le deuxième cas, cela dure un peu plus longtemps jusqu'à la débâcle finale.

Dans le second cas - Klara et moi l'avons expérimenté trois fois -les locataires dépensent des trésors d'énergie et d'ingéniosité. Ils nettoient, débarrassent, retapent, rénovent, réparent à l'envi. Ils le font en partie par générosité, mus par le désir de créer pour eux-mêmes et leur famille une situation saine. Mais ils le font également par pure nécessité, parce que sinon la baraque ne pourrait même pas être ouverte.

On pourrait objecter que le Code suisse des Obligations est pourvu des articles de loi susceptibles de régler cette sorte de situation. Par deux fois - une fois à Erlenbach dans le Simmental et une fois devant le Tribunal du District de Liestal dans la Bâle Campagne - j'ai tenté en tant qu'avocat de ma propre cause de faire usage desdits articles de loi. Le copinage, l'arrogance et l'incompétence crasse exhibés par les autorités dépasseraient largement le cadre de ce livre.

Or donc, nous étions assis dans cette belle salle à manger, Klara et moi, et hésitions encore avant le grand saut. Car c'était vraiment un grand saut: derrière nous une activité frustrante dans une petite boit déglinguée. Sous nos pieds une large admission de nos compétences professionnelles, mais également une base financière extrêmement fragile. Devant nous, un bel établissement diversifié dans sa structure, avec un personnel de huit ou dix personnes et - nous l'espérions du moins - un million de chiffre d'affaire. Oserions nous relever le défi ?

Nous osâmes.

Et alors tout alla très vite. Les deux charmants messieurs s'arrangèrent pour que le contrat fût signé encore avant la fin du mois. A la fin de juin nous résiliâmes notre contrat de bail - nous pouvions le faire, parce que j'avais stipulé lors de la signature du contrat que celui-ci pouvait être résilié dans les trois mois si le chiffre d'affaire tombait au-dessous d'un certain plancher. Le chiffre d'affaire fut réduit par le biais de quelques semaines de vacances supplémentaires. En date du 15 septembre, nous arrivâmes à Granges, flanqués de nos meubles, d'une bonne partie de notre matériel d'exploitation, de nos deux enfants et de deux chats. Le 23 septembre, nous reprîmes l'affaire à notre compte, de sorte que le gérant put être congédié plus tôt. Le contrat de vente entrait en vigueur le 1. octobre 1987.

La reprise d'un établissement public, grand ou petit, est toujours accompagné de la même problématique: Les tenanciers doivent dès le premier jour imposer leur personnalité sur l'établissement, alors qu'ils ne savent pas réellement comment la clientèle réagira à cette personnalité. C'est vraiment une alchimie étrange, en fait la même alchimie que lorsque deux personnes étrangères l'une à l'autre se rencontrent: on salue, on se tend la main, on se trouve sympathique - ou peut être pas. A cela près que lorsqu'il s'agit de la reprise d'un établissement public, de très grosses sommes sont en jeu. Et les tenanciers que ratent leur entrée devront travailler infiniment plus dur pour regagner la confiance et la bonne volonté de la clientèle.

Nous avons soigneusement planifié notre entrée. Nous avons, conjointement avec l'ancienne propriétaire, fait paraître une annonce dans la feuille d'avis locale, une invitation a venir pendre la crémaillère, en musique. Jusqu'à 21 heures nous avons offert à chaque client une consommation gratuite. Et aussi un bon d'une valeur de 10 francs, négociable à une autre date. Le sens et le but de l'opération étant d'inciter les clients à revenir. Autrement les gens viennent à une telle inauguration, s'en mettent plein la vue et on ne les revoit plus jamais. Cette opération était financée par nous-même pour une moitié, et par l'ancienne propriétaire pour l'autre moitié.

Et ils vinrent nombreux, très nombreux.

Une chose doit être dite d'emblée: Dès le début, l'affaire a bien marché, et elle a continué à bien marcher. Mais l'effort initial est énorme, et impossible à surestimer.

Car au début tout - et je dis bien: tout - est nouveau, et les problèmes tombent comme autant d'avalanches: Comment le chauffage fonctionne-t-il, où est le poste de police, le contrôle des habitants?

Qui donc livre les pommes de terre, comment organise-t-on le personnel au mieux, où se trouve l'école pour les enfants?

Quel client est un bon vivant, quel client est un râleur, combien y a t il de cadavres dans la cave à liqueur, pourquoi le compresseur du refroidissement est-il constamment en rideau?

Questions, questions, questions. une kyrielle de problèmes qui tous réclament impérativement une solution immédiate. Notre cuisine est-elle au goût des clients, avons le bon choix de vins, et toujours et toujours: comment les clients apprécient-ils notre effort?

Klara est une grande diplomate. Elle est une hôtesse par vocation, sourit beaucoup, possède une remarquable mémoire des noms - un facteur extrêmement important en pays germanophone - se soucie du moindre détail et réalise de fantastiques arrangements floraux.

De plus, une mère dévouée pour nos deux enfants, et pour moi une amante et une amie, toujours fidèle, à mes côtés même dans les pires moments, modeste et tranquille.

Une telle femme est un cadeau du Ciel.

La suite:

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Sites que vous devriez visiter, merci

Saint Jean-Paul II a comparé le rapport sexuel entre les époux chrétiens à l'adoration eucharistique.

http://desiebenthal.blogspot.com/2011/05/le-rapport-sexuel-est-comparable.html


http://michaeljournal.org

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Un pour tous, tous pour un, IEOUA, LIOBA, Alleluia

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von Siebenthal

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Signification des armoiries:chapelle de Gstaad, St Niklaus. Mettons le dragon qui est en chacun de nous sous 7 verrous. Meaning of the coat of arms: Chapel of Gstaad, St Niklaus. Let the dragon that is in each of us within 7 locks. http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/misericordes-suisses.html

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Archives du blog

Les sept verrous qui bloquent le dragon qui est en chacun d'entre nous.

On triomphe des 7 vices capitaux par l’exercice des 7 vertus opposées.

Ainsi on triomphe :

de l’orgueil par l’humilité,

de l’avarice par la libéralité,

de la luxure par la chasteté,

de la colère par la patience,

de la gourmandise par l’abstinence,

de l’envie par l’amour fraternel,

de la paresse par la diligence et l’ardeur dans le service de Dieu.

Un combat à la fois, un par jour est plus efficace.

Sagesse de la première Alliance...Isaïe 11.1-3

Un rejeton sortira de la souche de Jessé,
un surgeon poussera de ses racines.
Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur,
esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
son inspiration est dans la crainte [piété] du Seigneur.


ll y a sept dons du Saint-Esprit qui nous aident dans ce combat :

1 le don de Sagesse ;

2 d’Intelligence ;

3 de Conseil ;

4 de Force ;

5 de Science ;

6 de Piété ;

7 de Crainte de Dieu.

A quoi servent les 7 dons du Saint-Esprit ?

Les 7 dons du Saint-Esprit servent à nous confirmer dans la Foi, l’Espérance et la Charité ; et à nous rendre prompts aux actes de vertu nécessaires pour acquérir la vie chrétienne et le CIEL.

Qu’est-ce que la Sagesse ?

La Sagesse est un don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres et fragiles, nous contemplons les choses éternelles, c’est-à-dire la Vérité qui est Dieu, en qui nous nous complaisons et que nous aimons comme notre souverain Bien.

Qu’est-ce que l’Intelligence ?

L’Intelligence est un don par lequel nous est facilitée, autant que c’est possible pour un homme mortel, l’intelligence de la Foi et des divins mystères que nous ne pouvons connaître par les lumières naturelles de notre esprit.

Qu’est-ce que le Conseil ?

Le Conseil est un don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain.

Qu’est-ce que la Force ?

La Force est un don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la sainte loi de Dieu et de l’Eglise, en surmontant tous les obstacles et toutes les attaques de nos ennemis.

Qu’est-ce que la Science ?

La Science est un don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et nous connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu.

Qu’est-ce que la Piété ?

La Piété est un don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les Saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain pour l’amour de Dieu.

Qu’est-ce que la Crainte de Dieu ?

La Crainte de Dieu est un don qui nous fait respecter Dieu et craindre d’offenser sa divine Majesté, et qui nous détourne du mal en nous portant au bien dans l'amour.


Les dons du Saint Esprit
(CEC 1830-1831 ; ST I-II 68.1-8)


Les dons sont des habitudes, habitus infus, qui sont en nous et qui nous rendent réceptifs aux motions du Saint-Esprit, pour nous faire mieux agir en faveur du bien commun.

« Les dons sont des habitus qui perfectionnent l’homme pour qu’il suive promptement l’impulsion du Saint-Esprit, de même que les vertus morales disposent les facultés appétitives à obéir à la raison. Or, de même qu’il est naturel pour les facultés appétitives d’être mues par le commandement de la raison ; de même il est naturel pour toutes les facultés humaines d’être mues par l’impulsion de Dieu comme par une puissance supérieure. » ST I-II 68.4

Les sept dons du Saint Esprit
(ST I-II 68.4)


Intelligence : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 8.1-8).
Conseil : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 52.1-4).
Sagesse : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 45.1-6).
Connaissance : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 9.1-4).
Piété : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre (ST II-II 121.1-2).
Force : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent (ST II-II 138.1-2).
Crainte : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits du désir des choses nous concernant (ST II-II 19.1-12).

http://www.lumenc.org/maladies.php

Les conseils du pape François pour se confesser

© POOL-OR/CPP/CIRIC

© POOL-OR/CPP/CIRIC

Dans un petit livret intitulé « Prends soin de ton cœur », offert par le pape François aux pèlerins de la place Saint Pierre après l'Angelus du 22 février, se trouvent différents textes à méditer pendant le carême et un examen de conscience pour se préparer à la confession.

  • Une distribution un peu particulière a eu lieu il y a quelques jours place Saint-Pierre, à Rome. Des bénévoles, parmi lesquels de nombreux sans-abri venus en pèlerinage, ont distribué à la foule réunie pour entendre l'Angelus un petit carnet offert par le pape pour le premier dimanche du carême.
  • Notre cœur doit se convertir au Seigneur, a insisté François lors de l'Angélus. C’est pourquoi, en ce premier dimanche, j’ai pensé vous offrir, à vous qui êtes ici sur la place, un petit livret de poche intitulé "Prends soin de ton cœur". »

Celui-ci rassemble quelques enseignements de Jésus et les contenus essentiels de la foi, comme les sept sacrements, les dons de l'Esprit Saint, les dix commandements, les vertus, les œuvres de miséricorde, etc. On y trouve aussi un examen de conscience dont le pape avait souligné l'importance lors de sa messe quotidienne à la chapelle de la maison Sainte-Marthe le 11 octobre 2014. « Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, reste tout seul ou toute seule et se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si nous ne faisons pas cela, nous ne réussissons pas ni à bien veiller ni à bien protéger notre cœur »

I. Petits rappels sur le sacrement de Confession (ou de Pénitence ou de Réconciliation)

Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entiè­rement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.

Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés person­nels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 23). Ce pouvoir passa des Apôtres à leurs successeurs.


Tout chrétien doit recevoir ce sacrement au moins une fois chaque année. Il comporte :

L’examen des fautes commises.
Le regret de les avoir commises (Contrition).
La résolution sincère de les éviter à l’avenir.
L’accusation des péchés, au moins graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu.
L’absolution donnée par le prêtre au nom de Jésus-Christ.
L’accomplissement de la pénitence qu’il a imposée (Satisfaction).


Le sacrement de pénitence produit notre propre mort au péché et notre résurrection à la vie en Dieu. Il prolonge ainsi notre baptême et nous prépare à l’eucharistie. Il doit laisser dans nos âmes une immense joie, car c’est un sacrement de vie.


II. Quelques conseils pour bien réaliser son examen de conscience

Par une courte prière, demander à Dieu et à Notre-Dame la grâce de bien connaître les péchés dont on est coupable.

S’examiner sur les Commandements de Dieu et de l’Église ; les péchés capitaux ; les devoirs de son état.

Pour aider le plus d’âmes possible, dont les besoins sont très divers, l’examen proposé ci-après est plutôt détaillé. Mais il est rappelé qu’en confession seule l’accusation des péchés mortels est obligatoire. Un péché est mortel quand, sachant pleinement que la matière en était grave, on l’a néanmoins commis avec un entier consentement. C’est alors une rupture d’amour avec Dieu. Et comme l’âme cesse ainsi d’être unie à Dieu - de qui elle tenait sa vie -, elle meurt surna­turellement : le péché a été "mortel" pour elle.

L’examen terminé, demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’une vraie contrition des péchés com­mis et la ferme résolution de les éviter à l’avenir, conditions indispen­sables pour obtenir le pardon de ses péchés.

Pour exciter en soi le regret de ses fautes, réfléchir durant quelques instants :

au redoutable châtiment du purgatoire ou de l’enfer que l’on a mérité ;
aux souffrances et à la mort que Jésus-Christ endura pour l’expiation de nos péchés ;
à la bonté d’un Dieu d’amour et de miséricorde, offensé par le péché qui a produit une rupture profonde, surtout s’il a été mortel.

Puis, réciter lentement l’acte de contrition.

III. Quelques conseils pour recevoir le sacrement lui-même

Avant de rentrer au confessionnal, ou immédiatement en entrant, suivant la coutume, réciter le « Je confesse à Dieu… » LeConfiteor nous remet devant cette réalité du péché et nous fait accomplir le mouvement de « conver­sion » nécessaire, vers Dieu et vers les autres :

Parce que nous nous sommes opposés à l’Amour tout-puissant, en cherchant à réaliser notre bonheur contre Lui ou sans Lui, nous disons : « Je confesse à Dieu tout-puissant » ;

Parce que nous avons porté atteinte à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, en nous séparant de tous ceux qui ont coopéré à cette œuvre, notamment de la Mère du Christ, nous disons : « Je confesse … à la Bienheureuse Marie toujours Vierge » ;

Parce que nous nous sommes opposés à l’œuvre de lutte et de fidélité des anges, l’attente des martyrs, des prophètes de l’Ancien Testament, morts pour que le Règne du Messie se réalise, à l’œuvre des apôtres et des saints qui ont travaillé pour le Christ, nous disons : « Je confesse… à saint Michel (vainqueur du démon), à saint Jean Baptiste (dernier des pro­phètes), aux apôtres (représentés par saint Pierre et saint Paul), et à tous les saints » ;

Enfin, parce que notre péché s’est opposé à toute l’Église et nous sépare des autres membres du Corps Mystique que le prêtre représente, en même temps qu’il tient la place de Jésus Christ, nous disons : « Je confesse… à vous, mon Père… ».


Avant de commencer l’énumération des péchés, préciser : le temps écoulé depuis la dernière confession ; un oubli ou une dissimulation de péché grave dans celle-ci ; une ou plusieurs mauvaises communions (en état de péché grave) ; une omission de la pénitence donnée (volontaire ou non).


Accuser sincèrement tous les péchés mortels que l’on a commis, avec leur nombre et les circonstances qui les ont modifiés (aggravés, allégés), comme par exemple, les péchés commis avec d’autres personnes qu’on a ainsi scandalisées, ou qu’on a entraîné au péché.

L’accusation des péchés véniels n’est pas indispensable car on peut en obtenir le pardon par d’autres moyens que la confession, par exemple la prière, l’aumône, la pénitence… Pourtant, cette accusation est fort conseillée car, par le sacrement de la Confession, on obtient des grâces spéciales pour éviter ces péchés véniels à l’avenir.

Dans le cadre de confessions régulières, on peut dire où l’on en est par rapport à son défaut dominant, ou par rapport à ses résolutions.

Si l’on est troublé ou que l’on a peur, ou tout simplement si on hésite, on peut demander au prêtre de nous interroger, ou de nous renseigner sur la gravité d’un péché.

Terminer par : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux que j’aurais pu avoir oublié et de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande très humblement pardon à Dieu, et à vous mon Père, pénitence et absolution si vous m’en jugez digne ».


Ecouter avec attention le mot d'exhortation du prêtre. Avant l'absolution, bien regretter ses péchés, et réciter à cet effet l'acte de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Votre sainte grâce de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. »


Après la confession, accomplir la pénitence imposée par le confesseur au plus tôt, afin de ne pas l’oublier ; remercier Dieu du pardon obtenu ; renouveler sa résolution d’éviter tout péché à l’avenir, surtout le péché grave.


Examen de conscience détaillé

Avant de commencer cet examen, adresser à Dieu cette prière :

Mon Dieu, je vous supplie, par l’intercession de la Vierge Marie, de m’accorder la grâce de bien connaître tous les péchés dont je suis coupable. Faites qu’ensuite je m’en accuse avec un sincère regret de les avoir commis et une ferme volonté de les éviter à l’avenir et qu’ainsi j’en obtienne le pardon de votre miséricorde infinie. Ainsi soit-il.


Examen sur les commandements de Dieu

1er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… »

Omission de la prière (en particulier le matin et le soir), de la fré­quentation des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie… Communions ou confessions sacrilèges… Manque de respect des sacrements… Manque au jeûne avant la communion (une heure au moins)… Violation du secret de confession… Doutes volontaires contre la foi… Mise en péril de la foi par la lecture de journaux impies, par des fréquentations dangereuses… Respect humain… Manque de confiance en Dieu ou confiance présomptueuse en ses propres forces… Indifférence à l’égard de Dieu… Manque de soumission à la volonté de Dieu… Pratiques superstitieuses, spiritisme… Critiques de la religion… Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique… Négligence dans sa formation chrétienne…


2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »

Emploi inutile du nom de Dieu… Blasphèmes, imprécations, jurons… Serments faux ou inutiles… Irrespect à l’égard des personnes et des choses consacrées à Dieu… Souhaits néfastes à l’égard de soi-même ou d’autrui… Non-accomplissement des vœux émis…


3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »

Omission volontaire ou sans motif de l’assistance à la Messe domini­cale ou des fêtes d’obligation… Retard volontaire ou dissipation durant ces Messes… Travail fait ou ordonné sans nécessité ou permission… Recherches de distractions contraires à la sanctification du dimanche…


4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »

Manque d’amour, d’affection, de respect, d’obéissance, d’assistance à l’égard des parents durant leur vie et de prière à leur intention après leur mort… Peine causée… Souhaits de mal… Disputes d’intérêt en famille… Manque de déférence et de soumission à l’égard des supérieurs…

Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur édu­cation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité, de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…


5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »

Meurtre, tentative de suicide, euthanasie… Avortements, stérilisations… Souhait de mort ou de malheur à l’égard d’autrui… Vengeance, coups, blessures, torts causés à la santé, drogues, alcool, mutilations… Insultes, injures, mépris, faux rapports, haine, violences, refus de pardonner, vengeances… Indifférence à la peine d’autrui… Scan­dales par mauvais exemples, par conseils ou approbation silen­cieuse…


6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »

Pensées ou désirs impurs provoqués en soi ou chez les autres… Conversations, chansons, lectures, spectacles immoraux (TV, Internet…) Flirts… Familiarités coupables… Danses lascives… Touchers indécents… Actions contraires à la chasteté, seul ou avec d’autres : masturbation, relations charnelles en dehors du mariage, homosexualité… Tenues ou attitudes provocantes…

Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles… Relations prématrimoniales… Cohabitation…

Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…


7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »

Vol (quoi ? combien ? circonstances ?), recel, objets trouvés ou empruntés et non rendus… Dommages injustes causés au prochain dans ses biens… Fraudes, manœuvres déloyales dans le travail, les affaires, le commerce, les contrats… Pots-de-vin… Coopération à des injustices… Recel d’objets volés… Négligence dans le paiement des dettes… Salaires insuffisants… Exploitation des faibles… Dommages aux biens collectifs… Désirs de vol ou d’injustices… Non-réparation de dommages causés… Non-restitution… Gaspillage… Travail bâclé…


8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »

Mensonges avec ou sans préjudice pour autrui… Médisances ou calom­nies, faites ou approuvées… Faux témoignages en justice… Accusations injustes… Jugements téméraires… Rapports injustes nuisibles… Violation du secret, confié ou professionnel, des correspondances… Dissimulation, hypocrisie… Tricheries… Promesses non tenues… Refus de rectifier la vérité…


Examen sur les commandements de l’Église

Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).

Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.

Tu te confesseras au moins une fois l’an.

Tu communieras chaque année au Temps pascal.

Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).

Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême). Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).


Examen sur les péchés capitaux

ORGUEIL : Amour-propre désordonné… Complaisance en soi-même… Egoïsme… Ambition démesurée… Vanité mondaine… Présomption… Attitudes hautaines, susceptibilité…

AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …

LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.

ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…

GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…

COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, res­sentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…

PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…


Examen sur les devoirs d’état

N.B. L’examen suivant est très détaillé, et reprend en partie ce qui a déjà été vu auparavant.


Alors qu’il est très important, c’est un domaine qu’on oublie souvent dans l’examen de la conscience. Selon son état de vie et ses responsabilités :


1. Devoirs personnels de chrétiens :

Quelle importance ai-je attaché à ma vie chrétienne, au milieu de toutes mes occupations ? A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?

Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ? Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?

Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Sei­gneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?

Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?

Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?

Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?

Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?

Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?

Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accom­pli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?

Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?

N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?

Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?


2. Devoirs envers le prochain :

Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?

La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les sou­lager ?

Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?

N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?

Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des im­prudences dans le travail, le sport ou sur la route ?

En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, rail­lerie, médisance, calomnie, secrets ré­vélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scan­dale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.


3. Devoirs familiaux :

Enfants :

Ai-je vraiment aimé mes parents, en évitant d’augmenter leurs difficultés, en leur apportant mon concours, en leur manifestant mon affection ?

Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ?

Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?

N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ?

Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?

Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?


Personnes mariées :

Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?

Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?

N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les pro­blèmes de ma famille ?

N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?

N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?

La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?

N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?

Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?

Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?

Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?

Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?

Est-ce que je leur donne le bon exemple ?

Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?

Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?

Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?

Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?


4. Devoirs professionnels :

Enfants :

Ai-je manqué l’école par ma faute ?

Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?

Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?


Adultes :

Ai-je négligé mon travail ?

Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?

Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?

Ai-je pris ma place dans les organisa­tions professionnelles ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en res­pectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?


5. Devoirs civiques :

Ai-je rempli mes devoirs de chrétien dans la société ?

Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les pro­blèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?

Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orienta­tion ? Ai-je su accepter les charges mu­nicipales ou autres en les envisageant comme un service ?

Ai-je choisi mes représentants en fonc­tion de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?

Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?

Examen de conscience pour Adultes

________________________________

Je crois en un Sauveur aimant qui pardonne mes péchés et qui me donne la grâce de devenir un Saint. Par le ministère de ses Prêtres, Jésus–Christ accomplit l’un et l’autre dans le Sacrement de Pénitence.

"Comme le Père M’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie … Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront pardonnés à qui vous les pardonnerez ils seront retenus à qui vous les retiendrez." (Jean XX : 21-23)

"Vos péchés seraient-ils rouges comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaie I : 18)

"Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." ( Matt. IX : 13)

"Les hommes ont reçu de Dieu un pouvoir accordé ni aux Anges,ni aux Archanges. Jamais il n’a dit aux Esprits Célestes « Tout ce que vous lierez et délierez sur la terre sera lié et délié dans le ciel ». Les Princes de ce monde peuvent seulement lier et délier le corps. Le pouvoir du prêtre va plus loin, il atteint l’âme et elle est exorcisée non seulement par le baptême, mais encore plus par le pardon des péchés. Ne rougissons donc pas de confesser nos fautes. Celui qui rougit de découvrir ses péchés à un homme et qui ne se confesse pas, sera couvert de honte au Jour du Jugement en présence de tout l’univers," (St Jean Chrysostome, Traité sur les prêtres, Livre 3)

Prière avant la confession: O Seigneur, accordez-moi la lumière pour que je me voie comme Vous me voyez, et le grâce de regretter vraiment et effectivement mes péchés. O Marie, aidez-moi à faire une bonne confession.

Comment se confesser: D’abord, examinez bien votre conscience, puis dites au prêtre le genre précis de péchés que vous avez commis et dans la mesure du possible, combien de fois vous les avez commis depuis votre dernière bonne confession. Il n’est obligatoire de confesser que les péchés mortels puisqu’on peut obtenir le pardon des péchés véniels par les sacrifices et les actes de charité. Si vous n’avez pas la certitude qu’un péché soit mortel ou véniel, mentionnez votre doute au confesseur. Souvenez-vous aussi que la confession de péchés véniels aide à éviter le péché et à progresser vers le Ciel.

Conditions nécessaires pour qu’un péché soit mortel:

Matière grave
Pleine connaissance
Entier consentement de la volonté.

Considérations préliminaires:

Ai-je parfois omis de confesser un péché grave dans le passé ; ou ai-je volontairement déguisé ou caché un tel péché ?
Nota bene : Cacher des péchés rend invalide la confession .
La confession est secrète, c’est à dire que c’est une faute mortelle pour le prêtre de révéler à qui que ce soit l’objet d’une confession.
Ai-je été coupable d’irrévérence envers ce sacrement en omettant d’examiner ma conscience avec soin?
Ai-je négligé de faire la pénitence donnée par le prêtre?
Ai-je des habitudes de péchés graves à confesser d’abord (par exemple: impureté, ivrognerie, etc.)

Premier Commandement:

Je suis le Seigneur Ton Dieu. Tu n’auras pas des dieux étrangers devant Moi. (y compris les péchés contre la Foi, l’Espérance et la Charité)

L'amour de l'argent est la racine de tous les maux, c'est une idolâtrie...

Ai-je négligé de connaître ma foi selon l’enseignement du catéchisme, par exemple le Symbole des Apôtres, les Dix Commandements, les Sept Sacrements, le Notre Père, etc.?
Ai-je volontairement mis en doute ou renié l’un des enseignements de l’Eglise?
Ai-je pris part à quelque culte non- catholique?
Suis-je membre de quelque organisation religieuse non-catholique, société secrète ou groupe anti-catholique?
Ai-je, en toute connaissance, lu quelque littérature hérétique, blasphématoire ou anti catholique?
Ai-je pratiqué des superstitions (telles que les horoscopes, prédiction d’avenir, spiritisme, etc.)
Ai-je omis des obligations ou pratiques religieuses pour des motifs de respect humain?
Me suis-je recommandé chaque jour à Dieu?
Ai-je été fidèle à mes prières quotidiennes?
Ai-je fait mauvais usage des Sacrements? Les ai-je reçus sans respect (par exemple la Communion dans la main) ou de manière invalide?
Me suis-je moqué de Dieu, de Notre-Dame, des Saints, de l’Eglise, des Sacrements ou d’autres sujets sacrés?
Ai-je été coupable de grande irrévérence dans l’Eglise (par exemple: conversation, comportement ou vêtement)?
Ai-je été indifférent vis-à-vis de ma foi catholique – en croyant qu’on peut se sauver dans n’importe quelle religion, que toutes les religions se valent?
Ai-je présumé de la miséricorde de Dieu en toute circonstance?
Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu?
Ai-je trahi Dieu?
Ai-je donné trop d’importance à quelque créature, activité, objet ou opinion?

Deuxième Commandement:

Tu ne prendras pas en vain le Nom du Seigneur Ton Dieu.

Ai-je blasphémé le Nom de Dieu à tort, inconsidérément ou en matière légère et triviale?
Ai-je murmuré ou gémi contre Dieu (blasphème)?
Ai-je prononcé des malédictions contre moi-même ou les autres, ou toute créature?
Me suis-je emporté contre les autres jusqu’à provoquer des jurons ou des blasphèmes contre Dieu?
Ai-je manqué à un vœu fait à Dieu?

Troisième Commandement:

Souvenez –vous de sanctifier le Sabbat.

Ai-je manqué la Messe le dimanche ou une fête d’obligation?
Ai-je été en retard à la Messe ou l’ai-je écourtée par ma faute?
Ai-je fait manquer la Messe à d’autres ou leur ai-je fait écourter la Messe?
Ai-je été volontairement distrait pendant la Messe ?
Ai-je fait ou commander un travail servile non nécessaire le dimanche ou les jours de fête d’obligation?
Ai-je acheté ou vendu sans nécessité ce jour là?

Quatrième Commandement:

Honore ton père et ta mère.

Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou ai-je négligé ou refusé de les aider dans leurs besoins ?
Ai-je manqué de respect pour des personnes chargées de me commander?
Ai-je calomnié ou insulté des prêtres ou d’autres personnes consacrées à Dieu?
Ai-je manqué de respect vis à vis des personnes âgées?
Ai-je maltraité mon conjoint ou mes enfants?
Ai-je désobéi ou manqué de respect à mon mari?
En ce qui concerne mes enfants:

Ai-je négligé leurs besoins matériels?
Me suis-je soucié de les faire baptiser de bonne heure?1
Ai-je pris soin de leur éducation religieuse personnelle?
Leur ai-je permis de négliger leurs devoirs religieux?
Leur ai-je permis le flirt ou des fréquentations régulières sans perspective du mariage dans un proche avenir?
Ai-je veillé à leurs compagnies?
Ai-je omis de les discipliner quand c’était nécessaire?
Leur ai-je donné un mauvais exemple?
Les ai-je scandalisés par des disputes avec mon conjoint en présence de mes enfants? En jurant ou blasphémant en leur présence?
Ai-je gardé la modestie à la maison?
Leur ai-je permis de porter des vêtements immodestes (mini jupes, pantalons serrés, robes ou pulls trop ajustés, corsages transparents, shorts courts, tenues de bain provocantes, etc.)? 2
Leur ai-je refusé la liberté de se marier ou de suivre une vocation religieuse?

________________________________

1 Les nouveaux nés devraient être baptisés dès que possible. Sauf prescription diocésaines particulières, il semble généralement admis qu’un nouveau-né devrait être baptisé dans l’intervalle de une semaine ou dix jours environ après sa naissance. Beaucoup de catholiques repoussent le baptême à une quinzaine ou un peu plus. L’idée d’administrer le baptême dans les trois jours après la naissance est considérée comme trop stricte. Saint Alphonse, suivant l’opinion commune, pensait qu’un délai non motivé au-delà de dix ou onze jours serait un péché grave. Par rapport à la coutume moderne, connue et non corrigée par les Ordinaires locaux, un délai non motivé au delà d’un mois serait un péché grave. S’il n’y a pas de danger probable pour l’enfant, les parents ne peuvent être convaincus de péché grave en différant le baptême un peu au-delà de trois semaines au plus, mais l’usage de faire baptiser un nouveau-né dans l’intervalle d’environ une semaine ou dix jours après la naissance est fort recommandable et en vérité, une date plus précoce peut être recommandée à juste titre. — H. Davis S.J., Moral and Pastoral Theology, Vol. III, Pg.65, Sheed and Ward, New York, 1935

2 Demander le feuillet LF05 Règles Mariales pour la Modestie dans le vêtement.

Cinquième Commandement:

Tu ne tueras pas.

Ai-je provoqué, désiré ou hâté la mort ou la blessure physique de quelqu’un?
Ai-je entretenu de la haine contre quelqu’un?
Ai-je opprimé quelqu’un?
Ai-je désiré la vengeance?
Ai-je été cause d’inimitié entre d’autres personnes?
Ai-je querellé ou combattu quelqu’un?
Ai-je souhaité du mal à quelqu’un?
Ai-je eu l’intention ou tenté de blesser ou de maltraiter d’autres personnes?
Y a-t-il quelqu’un avec qui je refuse de parler ou contre qui je garde rancune?
Ai-je pris plaisir aux malheurs de quelqu’un?
Ai-je été jaloux ou envieux?
Ai-je pratiqué ou essayé de pratiquer un avortement ou conseillé à quelqu’un de le faire
Ai-je, d’une manière ou d’une autre, mutilé mon corps sans nécessité?
Ai-je eu des pensées de suicide ou des tentatives?
Me suis-je enivré ? Ai-je pris des drogues interdites?
Ai-je trop mangé ou est-ce que je néglige de me nourrir convenablement? (c’est à dire avec des aliments sains)
Ai-je manqué à la correction fraternelle?
Ai-je nuit à l’âme de quelqu’un, surtout aux enfants en scandalisant par le mauvais exemple?
Ai-je nuit à moi-même en exposant mon âme aux tentations volontairement et sans nécessité. (par exemple: mauvaises émissions, mauvaises chansons, plages, etc.)?

Sixième et Neuvième Commandement:

Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.

Ai-je refusé à mon conjoint, à ma conjointe, les droits du mariage?
Ai-je pratiqué le contrôle des naissances (pilules, appareils, retrait)?
Ai-je abusé des droits du mariage de quelque autre manière?
Ai-je commis l’adultère ou la fornication ( pratiques sexuelles prémaritales)?
Ai-je commis un péché contre nature dans le domaine de la pureté (homosexualité ou lesbianisme en pensée, en parole ou en action )?
Ai-je touché ou embrassé quelqu’un de manière impure?
Me suis-je engagé dans des baisers prolongés et passionnés en dehors du mariage ?
Me suis-je engagé dans des affections désordonnées?
Ai-je pratiqué l’impureté solitairement ( masturbation )?
Ai-je entretenu des pensées impures et m’y suis-je complu?
Me suis-je laissé aller à des désirs sensuels pour quelqu’un ou ai-je volontairement désiré voir ou faire quelque chose d’impur?
Me suis-je laissé aller volontairement à quelque plaisir sexuel complet ou incomplet en dehors du mariage?
Ai-je été occasion de péché pour d’autres en portant des vêtements immodestes, trop serrés ou provocants de toute autre manière?
Ai-je agi pour provoquer ou occasionner chez les autres des pensées ou des désirs impurs délibérément ou par légèreté?
Ai-je fait des lectures indécentes ou regardé de mauvais film?
Ai-je regardé des films et des émissions érotiques ou la pornographie par internet ou permis à des enfants de le faire?
Ai-je prononcé des paroles ou raconté des histoires indécentes?
Ai-je écouté volontairement de telles histoires?
Me suis-je vanté de mes péchés ou complu dans les péchés du passé?
Me suis-je trouvé en compagnie impudique?
Ai-je consenti à des regards impudiques?
Ai-je négligé de contrôler mon imagination?
Ai-je prié tout de suite pour bannir de si mauvaises pensées et tentations?
Ai-je évité la paresse, la gourmandise, l’oisiveté et les occasions d’impureté?
Ai-je pris part à des danses immodestes et à des spectacles indécents?
Suis-je resté sans nécessité seul en compagnie de quelqu’un du sexe opposé en dehors du mariage?

Nota bene: Ne pas craindre de dire au prêtre tout péché d’impureté que vous avez pu commettre. Ne pas cacher ou essayer de déguiser de tels péchés. Le prêtre est là pour vous aider et vous pardonner. Rien de ce que vous dites ne le choquera, donc ne craignez pas, quelque puisse être votre honte.

Septième et Dixième Commandement:

Tu ne voleras pas. Tu ne convoitera pas les biens du prochains.

Ai-je volé quelque chose? Quoi ou combien?
Ai-je endommagé le bien des autres?
Ai-je par négligence abîmé le bien des autres?
Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent et des biens d’autrui?
Ai-je triché ou fraudé?
Ai-je participé excessivement à des jeux d’argent?
Ai-je refusé ou négligé de payer mes dettes?
Ai-je acquis un bien notoirement volé?
Ai-je omis de rendre des objets prêtés?
Ai-je trompé mon employeur sur ma journée de travail?
Ai-je triché sur les salaires de mes employés?
Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un en urgente nécessité?
Ai-je omis de restituer en cas de vol, de tricherie ou de fraude?
Ai-je envié à un autre ce qu’il avait?
Ai-je été jaloux du bien d’autrui?
Ai-je été avare?
Ai-je été cupide et avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort? Mon cœur est-il porté vers les possessions terrestres ou les vrais trésors du Ciel ?

Huitième Commandement:

Tu ne porteras pas de faux témoignage envers ton prochain.

Ai-je menti à propos de quelqu’un?
Mes mensonges ont-ils causé un tort matériel ou spirituel?
Ai-je porté des jugements téméraires (c’est à dire cru fermement, sans preuve évidente à la culpabilité de quelqu’un dans un crime ou une faute morale?
Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des fautes vraies mais cachées (délation )?
Ai-je révélé les péchés d’autrui?
Ai-je été coupable de cafardage (c’est à dire d’avoir rapporté quelque chose de défavorable dit par quelqu’un à propos d’un autre de manière à créer l’inimitié entre eux)?
Ai-je encouragé ou prêté l’oreille à la diffusion du scandale concernant mon prochain?
Ai-je prêté de faux serments ou signé de faux documents?
Suis-je critique, négatif ou peu charitable dans ma conversation?
Ai-je flatté les autres?

Les Sept Péchés Capitaux et les Vertus opposées.

Orgueil..............................................Humilité
Avarice............................................Libéralité
Luxure.............................................Chasteté
Colère...............................................Douceur
Gourmandise....................................Tempérance
Jalousie...........................................Amour fraternel
Paresse............................................Effort

Cinq effets de l’Orgueil

La vaine gloiren a. Vantardise b. Dissimulation/Duplicité
Ambition
Mépris des autres
Colère / Vengeance / Ressentiment
Entêtement / Obstination

Neuf manières d’être instrument de péché pour d’autres.

A. Ai-je sciemment été cause de péché ?
B. Ai-je coopéré au péché des autres ?

Le conseil
Le commandement
Le consentement
La provocation
La louange ou la flatterie
La dissimulation
La participation
Le silence
La défense du mal accompli.

Les Quatre Péchés qui crient vengeance au Ciel.

Le meurtre volontaire
La Sodomie ou le Lesbianisme
L’oppression des pauvres
La fraude sur le juste salaire du travailleur.

Les Six Commandements de l’Eglise.

Ai-je entendu la Messe le dimanche et les fêtes d’obligation?
Ai-je pratiqué le jeûne et l’abstinence les jours désignés et ai-je observé le jeûne eucharistique?
Me suis-je confessé au moins une fois l’an?
Ai-je reçu la Sainte Eucharistie au temps de Pâques?
Ai-je contribué au soutien de l’Eglise dans la mesure où je le dois?
Ai-je observé les lois de l’Eglise concernant le mariage (c’est à dire le mariage sans présence d’un prêtre ou mariage avec un parent ou non-catholique)?

Les Cinq Blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie.

Ai-je blasphémé contre l’Immaculée Conception?
Ai-je blasphémé contre la Virginité Perpétuelle de Marie?
Ai-je blasphémé contre la Divine Maternité de Notre Dame ? Ai-je manqué à reconnaître Notre Dame comme Mère de tous les hommes?
Ai-je cherché officiellement à semer dans les cœurs des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine de ce Cœur Immaculé?
L’ai-je outragée directement dans Ses Saintes Images?

Finalement:

Ai-je reçu la Sainte Communion en état de péché mortel? (Sacrilège)

Examen des péchés véniels d’après St Antoine-Marie Claret.

L’âme devrait éviter tous les péchés véniels, spécialement ceux qui ouvrent la voie du péché mortel. Ce n’est pas assez , mon âme, de prendre la ferme résolution de souffrir la mort plutôt que de commettre un péché mortel. Il est nécessaire de former une résolution semblable par rapport au péché véniel. Celui qui ne trouve pas en lui-même cette volonté ne peut trouver la sécurité. Rien ne peut nous donner une certaine sécurité du salut éternel comme une vigilance incessante pour éviter même le moindre péché véniel et un sérieux remarquable en tous points touchant toutes les pratiques de la vie spirituelle - sérieux dans la prière et les rapports avec Dieu, sérieux dans la mortification et le renoncement, sérieux dans l’humilité et l’acceptation du mépris, sérieux dans l’obéissance et le renoncement à sa volonté propre, sérieux dans l’amour de Dieu et du prochain . Celui qui veut atteindre ce sérieux et le garder, doit nécessairement prendre la résolution d’éviter toujours spécialement les péchés véniels

suivants:

Le péché d’admettre en son cœur tout soupçon non fondé, tout jugement injuste contre le prochain.
Le péché d’entrer en conversation sur les défauts d’autrui et de manquer à la charité de toute autre manière même légèrement.
Le péché d’omettre, par paresse, nos pratiques spirituelles ou de les accomplir avec négligence volontaire.
Le péché d’avoir une affection désordonnée pour quelqu’un.
Le péché d’avoir une vaine estime de soi-même ou une vaine satisfaction dans ce qui nous concerne
Le péché de recevoir le Saint Sacrement de manière insouciante, avec des distractions et autres irrévérences et sans préparation sérieuse.
Impatiences, ressentiment, tout manquement à accepter des déceptions comme venant de la Main de Dieu ; car cela met obstacle à la voie des décrets et dispositions de la Divine Providence par rapport à nous-mêmes.
Le péché de se donner occasion de ternir même de loin l’éclat immaculé de la sainte pureté.
La faute de cacher volontairement à ceux qui devraient les connaître, les mauvaises inclinations, les faiblesses et les mortifications, en cherchant à poursuivre la route de la vertu, non sous la direction de l’obéissance, mais en se laissant guider par ses propres caprices.

Nota bene: Ceci s’entend de circonstances où nous pourrions avoir une direction qui mérite d’être recherchée, mais nous préférons suivre nos faibles lumières personnelles).

Prière pour une bonne confession

O mon Dieu, par mes péchés détestables, j’ai crucifié de nouveau Votre Divin Fils et L’ai tourné en dérision. A cause de cela, j’ai mérité Votre Colère et me suis rendu digne des feux de l’Enfer. Combien aussi j’ai été ingrat envers Vous, mon Père Céleste, qui m’avez tiré du néant, m’avez racheté par le Précieux Sang de Votre Fils et m’avez sanctifié par Vos Saints Sacrements et le Saint Esprit. Mais dans Votre Miséricorde, vous m’avez réservé cette confession. Recevez –moi de nouveau comme Votre fils prodigue et accordez-moi de bien me confesser pour que je puisse recommencer à Vous aimer de tout mon cœur et de toute mon âme et par conséquent garder vos commandements et souffrir patiemment toute expiation temporelle qui reste à accomplir. J’espère obtenir de Votre bonté et puissance, la vie éternelle au Paradis. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Note Finale

N’oubliez pas de confesser vos péchés avec regret surnaturel en même temps que ferme résolution de ne plus retomber dans le péché et d’éviter les occasions prochaines de péché. Demandez à votre Confesseur de vous aider en toute difficulté qui entraverait une bonne confession. Accomplissez promptement votre pénitence.

Acte de Contrition

O mon Dieu, je regrette du fond du cœur de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du Ciel et les peines de l’Enfer, mais surtout parce que mes péchés Vous offensent, mon Dieu, qui êtes toute bonté et qui méritez tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre Grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence et d’amender ma vie. Amen.


EXAMEN DE CONSCIENCE POUR ADULTES

Résumé: Il faut rechercher au moins tous les péchés mortels dont on se souvient et qui n’ont pas encore été confessés dans une bonne confession et à un prêtre ayant les pouvoirs pour absoudre. Un péché est mortel s’il y a : gravité de matière, pleine connaissance et plein consentement. Indiquer, dans la mesure du possible, leur espèce et leur nombre (même pour les désirs). Pour cela on demande à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes et on s’examine sur les Dix Commandements et les préceptes de l’Église, sur les péchés capitaux et les devoirs de notre état. Il faudra penser à accuser également les péchés qui ont pu être commis par omission. N.B.: La confession est sacrilège lorsqu’on a volontairement caché des fautes mortelles. COMMANDEMENTS DE DIEU l er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout. » Dieu est-il au centre de ma vie ? Est-il bien pour moi un Père à l’amour duquel je réponds par un amour total et une généreuse obéissance ? Jésus est-il vraiment mon Maître et mon modèle, celui dont je vis par la foi et les sacrements ? Manquements par omission ou négligence dans les prières (matin, soir, dans les tentations) et la réception des sacrements. Tiédeur. Respect humain pour manifester sa foi. Parole ou acte contre la religion. Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Superstitions, spiritisme. Avoir tenté Dieu. Péchés contre la foi : refus d’adhérer à une ou plusieurs vérités révélées. Doutes volontaires. Négligeance dans sa sa propre formation religieuse. Lectures, émissions et spectacles portant atteinte à la foi ou à la morale. Péchés contre l’espérance : manque de confiance en la bonté et la providence de Dieu. Découragement, désespoir. Compter sur ses seules forces. Prétexter de la bonté de Dieu pour pécher. Ne pas désirer le ciel. Péchés contre la charité : indifférence par rapport à Dieu ; absence de prière et de pratique religieuse. Sacrilèges en profanant les choses saintes, en particulier confessions (incomplètes volontairement) et communions sacrilèges (reçues en état de péché mortel). Envers le prochain : refus de voir Dieu dans nos frères; haines, mépris, moqueries ; refus d’assister son prohain dans les graves nécessités. 2e Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect. » Transgresser les serments et vœux faits en son nom. Associer son nom à des serments faux ou inutiles. Blasphémer son nom, celui de la Vierge ou des saints. Prononcer des imprécations contre soi ou contre autrui. 3e Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur. » Avoir manqué à la sainte Messe par sa faute, y être arrivé en retard. Avoir fait ou fait faire “des travaux et des occupations qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur, ou la détente convenable de l’esprit et du corps” (can.1247). Avoir été à des amusements ou réunions dangereuses pour la foi ou les mœurs. 4e Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Enfants de tous âges : Manque d’amour, de respect, d’obéissance (dans les limites de leur autorité), de reconnaissance et d’assistance (matérielle, spirituelle) aux parents. Parents : ne pas témoigner de l’affection à tous ses enfants ; ne pas leur donner l’exemple d’une vie vertueuse et chrétienne. Envers ceux encore sous leur dépendance : Association Notre Dame de Chrétienté manquements dans leur formation humaine et chrétienne (instruction religieuse, choix de l’école); et dans ses devoirs de surveillance, de conseil et de corrections nécessaires. Tous : disputes d’intérêt en famille. Manquements dans l’accomplissement du travail dans le respect dû à l’autorité (dans le métier, la vie collective) ou dans les responsabilités des dirigeants (conditions de travail honnêtes, juste salaire, respect vis-à-vis des employés). Insoumission aux lois civiles justes (impôts, service militaire, devoir civique). 5e Commandement : « Tu ne tueras point. » Meurtre, tentative de suicide, imprudence exposant à tuer ou blesser son prochain (sport à risque, transgression grave et volontaire du code de la route, conduite en état d’ivresse). Colères, disputes, vengeances, refus de pardon, rancunes, envie, jalousie, drogue. Excès dans les boissons, gourmandise. Attitude insultante et scandaleuse. Participation (par action ou par omission), à la stérilisation, à l’avortement, à l’euthanasie, au suicide. Incitation à la violence, à la lutte des classes. Haine raciale ou ethnique. 6e et 9e Commandements : « Tu ne commettras pas d’impureté. Tu n’auras pas le désir impur volontaire. » Pensées, désirs et actes commis seul ou avec d’autres contre la pureté. Conversations et chansons déshonnêtes. Lectures, spectacles (TV, films,...), fréquentation de lieux exposant à l’impureté. Responsabilité dans le péché d’autrui (danse, mode et attitude provocantes). Personnes mariées : Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse. Moyens contraceptifs, ponctuels ou permanents. Refus des droits du conjoint. Adultère (pensées, désirs, actions). Infidélité affective. Liaison extra-matrimoniale. Divorce. “Remariage”. Fiancés : Manifestations de tendresse excessivement sensuelles. Relations pré matrimoniales. Cohabitation. 7e et 10e Commandements : « Tu ne voleras pas. Tu ne désireras pas injustement le bien des autres. » Participation direct ou indirect à des vols, fraudes, injustices. Dettes impayées. Non restitution. Recel d’objets volés. Tort causé dans les ventes, contrats, transactions. Tricheries. Fraudes. Pots de vin. Non-respect des lois sociales justes sur le travail, les assurances... Travail bâclé ; perte de temps. Dépenses excessives, par luxe, vanité, etc. Gaspillage. 8e Commandement : « Tu ne mentiras point. » Mensonges. Faux témoignage. Accusations injustes. Jugements téméraires. Calomnies (personnes ou institutions). Secrets violés. Médisances, ragots. Refus de réparer ou de rectifier COMMANDEMENTS DE L’ÉGLISE 1. Tu sanctifieras les dimanches et fêtes d’obligation (en France : Noël, Pâques, Ascension, La Pentecôte, Assomption, Toussaint) : par l’assistance à la messe et l’abstention d’activités contraires à la sanctification du jour du Seigneur (voir 3e commandement de Dieu). 2. Tu te confesseras au moins une fois l’an. 3. Tu communieras chaque année au Temps pascal (de Pâques à la Pentecôte). 4. Tu jeûneras ou feras abstinence les jours fixés. Jeûne et abstinence: Mercredi des Cendres et Vendredi Saint ; abstinence : tous les vendredis de l’année (les vendredis autres que ceux du Carême, on peut remplacer l’abstinence par une autre pénitence). 5. Tu contribueras selon tes moyens aux dépenses de l’Eglise. Association Notre Dame de Chrétienté DEVOIRS D’ÉTAT 1. Devoirs de chrétien : effort pour tendre à la perfection de la charité ; témoignage de cohérence entre la foi et les œuvres ; fidélité à la vocation reçue de Dieu ; dimension apostolique de sa vie ; approfondissement de sa foi ; aide à l’Eglise ; respect et obéissance à la hiérarchie dans ce qui dépend de son autorité. 2. Devoirs dans la famille : fidélité et don de soi dans le mariage ; générosité dans la procréation et l’éducation des enfants ; amour et entraide ; affection et assistance aux ascendants. 3. Devoirs dans la profession application au travail ; sens de la justice dans les rapports professionnels, dans les contrats. 4. Devoirs dans la cité : participation à la vie de la cité, devoir électoral ; respect des lois justes ; effort pour faire changer les lois injustes (avortement, ...) ; solidarité avec les plus démunis. MAÎTRISE DE SON TEMPÉRAMENT Il faut soumettre à la raison et à la loi de Dieu les passions déréglées par le péché originel et nos propres péchés. On distingue sept tendances qui nous inclinent au mal : - l’orgueil : amour désordonné de soi-même qui engendre l’ambition, la présomption, la vaine gloire, les attitudes hautaines, les vanités mondaines. - l’avarice : attachement désordonné aux richesses qui engendre l’injustice, l’endurcissement du cœur, le défaut de générosité pour faire l’aumône, l’aveuglement de l’esprit. - la luxure : vice contraire, voir 6e et 9e commandements. - L’envie : nous attriste à la vue des qualités ou des succès d’autrui ; engendre la calomnie, la jalousie, les discordes, les actions portant tort à autrui. - la gourmandise : excès dans le manger et le boire (alcoolisme) qui met en danger notre santé et nous fait perdre la possession de nous-mêmes. - la colère : fait perdre le contrôle de soi-même et porte aux injures, querelles, coups... - la paresse : incline à fuir l’effort dans le travail, l’accomplissement des devoirs. Association Notre Dame de Chrétienté

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