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lundi 22 septembre 2008

UN SYSTÈME FINANCIER AU SERVICE DE L'HOMME


QUE PEUT LA SCIENCE ÉCONOMIQUE
POUR L'APPLICATION DU CRÉDIT SOCIAL?
Mémoire présenté à la conférence
UN SYSTÈME FINANCIER AU SERVICE DE L'HOMME

à Zakopane
POLOGNE
en DÉCEMBRE 2003
© Diane Boucher, 2003



RÉSUMÉ

C.H. Douglas affirme qu'un défaut dans le système des prix cause un rétrécissement accéléré du pouvoir d'achat et qu'il est impossible de corriger ce défaut dans un système financier où la monnaie est un bien fabriqué et commercé en vue du profit.  Selon lui, la correction exige un système financier où le pouvoir d'achat de la monnaie est ajustable par la manipulation directe du niveau des prix et la distribution générale d'un dividende sur la capacité de production nationale.  Or, ce diagnostic et cette solution ont été ignorés ou rejetés par les économistes de toutes tendances. Par l'apport de méthodes de modélisation et de simulation appropriées, la science économique peut  contribuer à mettre en lumière les particularités de la théorie du crédit social en vue de faciliter sa compréhension et son acceptation et ainsi rendre possible son application.

Table des matières
Page

Résumé    2
Table des matières     3
Introduction    4

1.    Le paradigme     5
    1.1    Le crédit réel est l'estimé exact de la capacité de livrer des biens et services aux
        consommateurs     5
    1.2    Le crédit financier doit être le reflet du crédit réel    7
    1.3    Le vrai coût de la production est la consommation    8

2.    Le diagnostic     10
    2.1    La déficience du pouvoir d'achat en face des prix     10
    2.2    La cause réelle de la déficience du pouvoir d'achat     11
    2.3    Les causes financières de la déficience du pouvoir d'achat     13
    2.4    Les objections au théorème A+B     17
    2.5    L'échec du paradigme bancaire    18

3.    La solution        20
    3.1    Les politiques essentielles    20
    3.2    Les politiques subsidiaires    24

Conclusion     26

Bibliographie    28


Annexe A    Modèle 1:  Une économie de cueilleurs de fruits et de céréales     30
        Modèle 2:  Une économie agricole avec augmentation de la production    32
        Modèle 3:  Une économie agricole avec diminution de la main-d'oeuvre    34
Annexe B    Les variables des modèles    36
Annexe C    Les trois propositions du crédit social    38
 






INTRODUCTION


Les économistes ont longtemps regardé la théorie de la valeur comme la question centrale de leur discipline.  Qu'est-ce qui détermine les prix auxquels les biens et services sont échangés les uns pour les autres?  Et la monnaie est un embarras pour la théorie de la valeur, un embarras d'autant plus sérieux que c'est la monnaie fiduciaire qui est considérée, cette monnaie qui n'a aucun actif en contrepartie et dont toute la valeur vient du "fiat" qui en fait de la monnaie.
Alors, qu'est-ce qui explique ce paradoxe de la consommation et de la production qui fait qu'au plan physique la consommation est inférieure à la production, sinon aucune croissance ne serait observée, alors qu'au plan monétaire la consommation est supérieure à la production, puisqu'on observe l'inflation des prix (Douglas 1931)?  Et comment échapper à ce paradoxe?
Comme beaucoup d'autres systèmes de la nature, l'économie est un système ouvert où coule un flux d'énergie constitué par les biens et les services, auquel est couplé un flux monétaire qui coule en sens inverse (De Rosnay 1975).  Le flux d'énergie et le flux de monnaie s'équilibrent et se régulent par l'intermédiaire d'un système de prix et de valeurs.  Ou du moins ils sont supposés le faire. Et il est difficile d'expliquer pourquoi ils n'y réussissent qu'imparfaitement.  Car les systèmes sociaux, et notamment le système économique, sont très complexes, beaucoup plus complexes que les systèmes physiques, parce qu'ils sont dynamiques et non linéaires et que ce sont des systèmes à rétroaction (Forrester 1985 et 1987).
Pour mieux représenter et comprendre ces systèmes, une méthode de modélisation et de simulation des systèmes a été mise au point à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology à la fin des années 50 par Jay Wright Forrester, un ingénieur américain dont la contribution à la recherche sur les servomécanismes et à la conception des ordinateurs digitaux a été considérable  (Forrester 1961).  Cette méthode permet la représentation adéquate du modèle mental de tout phénomène dynamique (Forrester 1985 et 1987).  Je fonde sur elle beaucoup d'espoir pour parvenir à représenter précisément et correctement le modèle mental de cette théorie économique connue sous le nom de"crédit social", qui a été élaborée en 1917 par Clifford Hugh Douglas, un ingénieur écossais.  Une théorie qui a fait couler beaucoup d'encre et a suscité bien des discussions dans les hauts-lieux de l'enseignement de l'économique en Grande-Bretagne et dans les pays du Commonwealth, mais qui pourtant demeure ignorée par les historiens de l'économique (Dehem 1984).
 



CHAPITRE 1


Le paradigme


"Le destin de toute vérité est d'être ridiculisée
 avant d'être reconnue."

Albert Schweitzer


Il importe, au premier chef, de présenter les nombreux éléments qui sont autant de prémisses dans les raisonnements qui sous-tendent le diagnostic et la solution de la théorie économique du crédit social.
Selon C.H. Douglas lui-même, l'ensemble de ses vues économiques repose sur certaines propositions fondamentales dont les trois plus importantes sont les suivantes (Douglas 1931b):
-    le crédit financier prétend être, mais n'est pas, le reflet du crédit réel;
-    le crédit réel est un estimé exact de la capacité d'une communauté de livrer les biens et services en quantité, au moment et à l'endroit voulus;
-    le coût de la production est la consommation.
1.1    Le crédit réel est l'estimé exact de la capacité de livrer des biens et services aux consommateurs
Le concept de crédit réel, chez Douglas, est un estimé de la capacité  des structures productives d'une communauté de répondre à la demande des consommateurs —ce que Douglas appelle la capacité de livrer les biens et services aux consommateurs— où la justesse de l'estimé relève d'une croyance appuyée sur la connaissance, d'où l'emploi du terme crédit  (Douglas 1920b et 1931b).
Le crédit réel comporte deux aspects.  Le premier aspect est la capacité de produire des biens et services de consommation et le second aspect est la demande effective pour des biens et services de consommation.
a)    La capacité de produire
La capacité de produire des biens et services de consommation dépend de ce que Douglas appelle le capital réel, c'est-à-dire non seulement les moyens physiques que sont les équipements industriels, commerciaux et administratifs, les équipements de transport, les sources d'énergie et les outils au sens large, mais aussi les moyens cognitifs tels les technologies, les procédés et le savoir en général, de même que l'organisation au sens d'organisation industrielle et d'organisation sociale (Douglas 1922a et 1924a).
À cette définition du capital réel, Douglas ajoute —et c'est là un élément fondamental de sa vision économique— que la capacité de produire des biens et services de consommation comprend aussi les biens intermédiaires, qu'il appelle aussi les semi-manufacturés, qui sont consommés dans le processus de production, mais qui ne se retrouvent pas nécessairement dans le produit final présenté au consommateur:  énergie appliquée, matériaux incluant les chutes et rejets, biens semi-finis incluant les rejets, biens finis rejetés ou détruits, etc. (Douglas 1920a).
Cette définition élargie de la capacité de produire comprend donc les stocks de couverture aux diverses étapes de production et distribution et les biens finis en transit dans le système de distribution, les uns et les autres étant nécessaires pour répondre au délai de production et distribution.  Au niveau de la production, ce sont particulièrement les biens intermédiaires en stock, qui doivent avoir été produits en avance, étant donné que le pain qu'on est en train de cuire ne peut être fait de la farine du grain qu'on est en train de moudre (Douglas 1931a).
b)    La demande effective
La demande effective des consommateurs est une production désirée par les consommateurs, c'est-à-dire une production composée de biens et services de consommation répondant en quantité et en qualité à leurs besoins:  nourriture, vêtement, logement et autres besoins moins élémentaires.  Pour être une demande effective, la demande pour des biens et services de consommation doit être soutenue par une monnaie suffisante (Douglas 1920b).
Selon cette définition, il faut comprendre que la production par une population d'une quantité de biens d'équipement et de biens intermédiaires en excédent de ce qui est nécessaire à la production des biens et services de consommation requis pour cette population n'est pas une production désirée par les consommateurs et donc n'est pas une demande effective des consommateurs, mais est une demande effective des producteurs (Douglas 1922a).  De même, la production d'une quantité de biens pour exportation en excédent de la quantité de biens importés n'est pas non plus une production désirée par les consommateurs et donc n'est pas une demande effective des consommateurs, mais est une demande effective des producteurs.
La demande effective est le plus essentiel des deux aspects du crédit réel.  La présence d'une demande effective est pré-existante à toute capacité de produire alors que, même en présence d'une capacité de produire, l'absence de demande effective entraîne la non-utilisation de cette capacité de produire et donc la négation de son existence (Douglas 1924a).
c)    Le crédit réel est un crédit social
Le crédit réel est de propriété commune (Douglas 1920a), mais d'administration privée (Douglas 1930a).
Le crédit réel d'une communauté productive moderne, sa capacité de produire de la richesse au sens réel du terme, repose non seulement sur des facteurs matériels, mais aussi sur des facteurs intangibles, maintenant prépondérants, qui sont l'héritage culturel et l'incrément d'association (Douglas 1924a).  Les procédés et les outils, de même que l'organisation et le savoir qui les ont rendus possibles, forment un héritage culturel qui appartient à la communauté en son entier et non pas seulement aux travailleurs (Douglas 1920a).  L'association de personnes dans la production donne lieu à un incrément qui n'est pas gagné, lequel incrément non gagné est énormément plus important que l'incrément gagné par le travail individuel (Douglas 1922b). 
La propriété du crédit réel est commune ou sociale, parce que l'héritage culturel et l'incrément d'association sont de propriété commune ou sociale (Douglas 1924a).
1.2    Le crédit financier doit être le reflet du crédit réel
Pour C.H. Douglas, le crédit financier est le moyen de mettre en oeuvre le crédit réel (Douglas 1922a).  Le crédit financier est donc purement un correspondant chiffré ou monétisé du crédit réel et, par similitude avec le crédit réel, il est défini comme un estimé exact de la capacité de livrer la monnaie (Douglas 1930b).  Le véritable rôle du système financier est alors d'émettre du crédit financier jusqu'à représenter fidèlement le crédit réel (Douglas 1920a).  La limite d'émission du crédit financier est donc dépendante de l'un ou l'autre des deux aspects du crédit réel.  Cette limite du crédit financier est atteinte lorsque la demande effective est comblée ou que la capacité de produire est épuisée selon la première occurrence (Douglas 1920b).  Cette conception du crédit financier comme reflet du crédit réel s'appuie sur une définition de la monnaie tout à fait moderne et systémique.
a)    La monnaie est une information
L'orthodoxie économique définit la monnaie comme un moyen d'échange, comme une unité de compte et comme une réserve de valeur, mais Douglas s'éloigne résolument de ces définitions.  À son avis, la monnaie a cessé depuis plus de 200 ans d'être un moyen d'échange, car la contribution individuelle à la production est de plus en plus faible, étant donnés la mécanisation, l'automation et autres facteurs de productivité caractéristiques de la production moderne.  Sous son oeil d'ingénieur, la monnaie est simplement un billet qui permet à son détenteur d'obtenir des biens et services sur demande (Douglas 1924a, 1927, 1929b et 1935).  La monnaie n'est pas non plus pour lui une unité de compte ni une réserve de valeur (Douglas 1924a).  Le besoin n'est aucunement d'avoir une unité absolue de mesure, mais plutôt d'avoir une mesure relative telle le ratio, c'est-à-dire le rapport de deux quantités exprimées dans la même unité (Douglas 1920b).
Fondamentalement, la monnaie est pour Douglas une information et cette information permet de diriger la production et la distribution des biens et services (Douglas 1924a).
b)    La polarité des flux monétaires
Suivant sa conception particulière de la monnaie, Douglas attribue aussi une polarité aux divers flux de monnaie.  Certains flux monétaires sont positifs et d'autres sont négatifs (Douglas 1924a).
La monnaie est donc positive depuis son émission par le système bancaire jusqu'à sa réception par le consommateur et elle est négative lorsqu'elle quitte le consommateur par le mécanisme du prix des biens et services de consommation et retourne vers le système bancaire pour son extinction.  Il en est de même pour la monnaie qui circule entre producteurs seulement:  elle est positive lors de l'émission à un producteur et négative lorsque le producteur paie à un autre producteur le prix des biens ou services qu'il achète.  Cette prise en compte de la polarité de la monnaie est un facteur important, car elle prévient la simple addition des unités de monnaie sans égard à leur direction de circulation, sans égard au fait que ces unités de monnaie créent des coûts ou, au contraire, liquident des coûts.
c)    Le crédit d'emprunt et le crédit d'achat
Quant au crédit financier, Douglas en distingue deux formes:  le crédit d'emprunt et le crédit d'achat, qui correspondent respectivement aux deux catégories de la demande effective pour des biens et services, la demande pour les biens de capital d'une part et la demande pour les biens de consommation d'autre part (Douglas 1920a).  Le crédit d'emprunt est soit interne soit externe, auquel cas il prend la forme de crédit à l'exportation (Douglas 1922a).  Le crédit d'emprunt est un crédit remboursable, alors que le crédit d'achat n'est pas remboursable, c'est-à-dire que le crédit d'emprunt doit à un moment ou un autre retourner vers la source d'où il a été émis alors que le crédit d'achat n'est pas tenu d'y retourner, bien que généralement il y retournera après avoir servi à l'achat des biens et services de consommation.
d)    Le crédit financier est aussi un crédit social
Parce qu'il est le reflet du crédit réel, la propriété du crédit financier est elle aussi commune ou sociale (Douglas 1924a).
1.3    Le vrai coût de la production est la consommation
Le concept du vrai coût de la production est une approche réelle ou physique et non pas une approche monétaire.  Sous ce point de vue, le coût d'une production est l'ensemble des coûts de ce qui a été consommé —biens de consommation, biens intermédiaires et biens d'équipement— pendant la période où cette production a été exécutée (Douglas 1929a).  En conséquence, étant donné que la production de toute nature durant une période de temps donnée est généralement supérieure à la consommation de toute nature durant cette même période, le coût réel de cette production est inférieur au coût monétaire.  Lorsque la production s'accélère, le coût réel diminue.
Les coûts sont les déboursés nets des producteurs, c'est-à-dire les frais résultant de sorties monétaires pour les salaires et pour les factures payables à la fin du mois.  Les prix ajoutent aux coûts par l'inclusion du coût des biens d'équipement et autres biens de capital —et non du coût de la dépréciation des biens de capital— et par le profit.  Les prix sont les déboursés nets des consommateurs.  Donc, dans la vision de C.H. Douglas, le coût est le mécanisme de distribution du pouvoir d'achat tout au long d'une production donnée, alors que le prix est le mécanisme de retrait du pouvoir d'achat au moment où le produit, terminé et offert en vente, est acheté (Douglas 1920a).
Comparant coût et prix, Douglas remarque que la formation des prix est contrainte par deux limites:  une limite inférieure qui est le coût et une limite supérieure qui dépend de l'offre et de la demande (Douglas 1922a).  Suivant la loi de l'offre et de la demande, les prix devraient s'ajuster tantôt à la hausse, lorsque la demande est supérieure à la l'offre, et tantôt à la baisse, lorsque la demande est inférieure à l'offre, mais Douglas relève que ce processus ne fonctionne que dans une seule direction, c'est-à-dire à la hausse (Douglas 1920a).
Cette condition est due au fait que les délais de production et distribution obligent les producteurs à avoir des stocks en avance pour les matières premières, les biens intermédiaires et même les biens finis, de sorte qu'une baisse des prix les place en face d'une perte sur tous leurs stocks (Douglas 1920a).  Fondamentale dans la vision économique de Douglas, cette condition est généralement ignorée (Douglas 1930a).
En effet, les modèles économiques sont le plus souvent des modèles d'équilibre partiel.  Même les modèles d'équilibre général calculable, qui tentent de simuler une économie de marché où les prix et les quantités de produits et de facteurs s'ajustent pour égaliser l'offre et la demande, ne prennent pas en compte les stocks de biens.  Parce qu'il est généralement utilisé pour simuler les effets d'un changement de politique de l'État ou un changement dans l'environnement externe, en introduisant le changement et en résolvant pour le nouvel équilibre offre-demande (Decaluwé 2001), le modèle d'équilibre général calculable constitue un véhicule approprié à la représentation d'une économie nationale où les politiques du crédit social seraient appliquées, pourvu que les stocks de biens et les autres types de stocks y soient modélisés (Boucher 2001).
Il faut aussi noter, chez Douglas, une conception quantitative et qualitative du pouvoir d'achat (Douglas 1920a).  Suivant cette conception, Douglas distingue le pouvoir d'achat réel, qui est une monnaie issue de la production des biens et services de consommation, et la pure inflation de la monnaie qu'est une monnaie issue de la production des biens intermédiaires et des biens d'équipement, lequel enflement de la monnaie dilue le pouvoir d'achat de la monnaie issue de la production des biens et services de consommation (Douglas 1920a).  Douglas remarque en effet que, parce qu'elle est en avance des produits de consommation qui en résulteront, la monnaie distribuée dans le cadre de la production des biens d'équipement ou des biens intermédiaires provoque l'inflation des prix des biens et services de consommation et donc dilue le pouvoir d'achat (Douglas 1920b).
Le véritable coût de la production, qui établit le prix des biens et services de consommation comme étant une fraction de leur coût de production, Douglas l'a nommé juste prix (Douglas 1920a) ou vrai prix (Douglas 1920b) ou vrai coût (Douglas 1929a).  Le vrai coût est une mesure relative, un ratio, reproduisant par rapport au coût de production, le rapport de la consommation globale et de la production globale:
       Juste prix            =        Consommation totale
Coût de production                  Production totale

où il faut comprendre que le coût de production exclut le coût du capital et le profit et qu'en conséquence, il correspond uniquement aux déboursés de la production (Douglas 1922a).
 




CHAPITRE 2


Le diagnostic


"Je sais que la plupart des gens, y compris ceux qui sont à l'aise devant
 des problèmes de la plus grande complexité, acceptent rarement
 même la plus simple et la plus évidente des vérités si elle les oblige
 à admettre la fausseté des conclusions qu'ils se sont plu à expliquer
 à leurs collègues, qu'ils ont fièrement enseignées à d'autres
 et qu'ils ont nouées, fil après fil, dans le tissu de leur existence."

Léon Tolstoï


C.H. Douglas reproche au système financier de prétendre réfléter le crédit réel par du crédit financier, alors qu'il observe que tel n'est pas le cas.  Son diagnostic porte donc d'une part, sur le fait que le crédit financier représenté par le pouvoir d'achat est déficient par rapport au crédit réel représenté par les prix, et ce, en raison d'un défaut du système des prix, et d'autre part, que le système financier est incapable de corriger la déficience du pouvoir d'achat, en raison de la conception bancaire de la monnaie qui en est la base, c'est-dire une monnaie qui est un bien fabriqué et commercé en vue du profit.
L'interprétation populaire du diagnostic douglasien relie généralement le problème du système financier aux profits, et particulièrement aux profits des banques.  Pourtant en maints endroits et en particulier, dans son dernier ouvrage technique, The Monopoly of Credit (Douglas 1931a), Douglas affirme clairement que les profits ne sont pas la cause principale du malfonctionnement du système financier, mais qu'un défaut structurel du système des prix en est responsable.
2.1    La déficience du pouvoir d'achat en face des prix
Lorsqu'il compare la quantité globale de monnaie disponible entre les mains des consommateurs et la quantité globale des produits exprimée par les prix, produits de toute nature, c'est-à-dire biens intermédiaires, biens d'équipement et biens de consommation, tant privés que publics, C.H. Douglas diagnostique une déficience du pouvoir d'achat en face des prix (Douglas 1920a, 1924a, 1930a, 1930b et 1931a) et cette déficience est structurelle et non conjoncturelle (Douglas 1930a).
Douglas précise que son diagnostic ne vise pas seulement la distribution inéquitable du pouvoir d'achat, qui fait que certaines personnes n'ont pas assez de pouvoir d'achat alors que d'autres en ont en surplus, mais bien une insuffisance du pouvoir d'achat global nonobstant la distribution inéquitable (Douglas 1924a).  Cependant, lorsqu'il identifie une déficience du pouvoir d'achat global, Douglas ne dit pas —et il affirme lui-même n'avoir jamais dit— que le système financier actuel ne distribue pas suffisamment de pouvoir d'achat pour acheter les biens et services de consommation qui sont à vendre, mais plutôt que le système productif doit être constamment en état de surproduction (Douglas 1918 et 1931a) pour que le système financier distribue assez de pouvoir d'achat pour l'achat des biens et services de consommation qui sont à vendre (Douglas 1936).
Cette surproduction doit être particulièrement une production de biens et services qui ne sont pas immédiatement achetables par le consommateur (les biens de capital) ou qui ne sont pas destinés au consommateur (les exportations) ou bien une production qui est simplement gaspillage ou pollution (Douglas 1920a).
Par son diagnostic de déficience du pouvoir d'achat en face des prix, Douglas dénonce tout ce qui cause, augmente ou accélère la désynchronisation du mécanisme de création des prix qui distribue le pouvoir d'achat —lequel mécanisme est synchrone avec le mécanisme physique de production— et du mécanisme de liquidation des coûts qui retire le pouvoir d'achat, condition qui crée à un rythme de plus en plus accéléré un délai de plus en plus grand entre la distribution du pouvoir d'achat et la liquidation des coûts dans lequel ce pouvoir d'achat est apparu (Douglas 1920a, 1920b et 1931a). 
Autrement dit, les consommateurs achètent la production actuelle avec de la monnaie distribuée dans le cadre de la production future.  Avec l'allongement du processus de production, la production actuelle est achetée avec de la monnaie distribuée pour une production de plus en plus lointaine —la propagande en faveur de l'investissement massif dans les biens d'équipement faisant maintenant place de plus en plus à la propagande en faveur de l'investissement massif en recherche et développement— et cet allongement se fait de plus en plus rapidement.
2.2    La cause réelle de la déficience du pouvoir d'achat
Douglas énonce que du point de vue de la réalité, c'est-à-dire du point de vue physique, la cause de la déficience du pouvoir d'achat est intimement liée au remplacement du travail humain par le travail de la machine (Douglas 1931a).  Les effets physiques de ce remplacement du travail humain identifiés par Douglas sont décrits comme suit:
Si    une unité de travail humain aidée par le pouvoir mécanique et la machine produit "n" fois plus que la même unité de travail sans de telles aides,
alors    la production est "n" fois plus importante;
            et
les besoins de la population doivent s'accroître au taux d'accroissement de la capacité de production
            et
les mécanismes financiers doivent être ajustés pour permettre la distribution de la production;
ce que révèle la comparaison du modèle 1, petite économie de cueilleurs de fruits et de céréales, avec main-d'oeuvre mais sans capital, et du modèle 2, la même petite économie devenue agricole avec l'introduction d'outils, donc avec main-d'oeuvre et capital, dont les équations peuvent être trouvées à l'annexe  A et la définition des variables à l'annexe B.  Ces modèles de même que le modèle 3 sont fortement inspirés des travaux des modélisateurs de l'équilibre général calculable (Decaluwé 2001).
L'introduction des outils multiplie la production par 4, en volume et en valeur, puisque  XS  passe de 1000 à 4000 unités et PXS passe de 2000 à 8000 unités numéraires, lorsqu'on conserve la main-d'oeuvre L à 160 unités de travail.  La demande XD est elle aussi multipliée par 4 et augmente de 1000 unités à 4000 unités et PXD passe de 2000 à 8000 unités numéraires. 
Bien qu'on observe dans les deux modèles un équilibre sur tous les marchés:  marché de la  main-d'oeuvre (LS = LD = 160), marché des produits (XS = XD = 1000 ou XS = XD = 4000), marché des investissements et des épargnes (IT = SM = 160 ou IT = SM = 640), il n'y a pas, dans l'économie agricole, en face des prix des biens de consommation, un pouvoir d'achat global suffisant, car les salaires distribués (S L = 1600 unités numéraires) sont de beaucoup inférieurs aux prix des biens de consommation offerts (PC = 5760 unités numéraires).  La cause en est que seulement le quart (1/4) de la production est le résultat du travail de la main-d'oeuvre (α = 0,25 dans  la fonction de production) alors que les trois quarts (3/4) sont le résultat du travail de la machine (1- α = 0,75 dans la fonction de production).  Par contre, dans l'économie des cueilleurs, où les salaires  distribués (S L = 1600 unités numéraires) sont supérieurs aux prix des biens de consommation offerts (PC = 1440 unités numéraires), il y a un pouvoir d'achat  suffisant, car la totalité de la production est le résultat du travail de la main-d'oeuvre (α=1).
Il  est important de rappeler que, pour Douglas, le rendement du capital  (R K = 4800 unités numéraires dans le modèle 2) considéré par l'économique orthodoxe comme  la rémunération des détenteurs  des biens de capital, n'est pas un coût de production, mais est un coût du capital et donc, n'est pas du pouvoir d'achat des consommateurs.  En effet, les détenteurs du capital physique ont fabriqué ou acheté ce capital  et ils ont eux-mêmes des coûts de production ou d'achat ou de financement à rembourser à même les revenus obtenus de la location de ces biens de capital aux producteurs.
La contrepartie de la première description des effets physiques du remplacement du travail humain identifiés par Douglas s'énonce comme suit: 
Sinon    seulement "1/nième" du travail humain est nécessaire;
            et
    un nombre décroissant de personnes seront requises pour la production
            et
si    la rémunération de ce nombre décroissant d'individus n'augmente collectivement jusqu'au montant, antérieurement distribué à un plus grand nombre de travailleurs, qui achèterait cette production plus grande,
alors    les coûts et les prix doivent tomber;
sinon    une proportion croissante des biens ne peuvent être vendus aux personnes qui les ont produits;
ce que montre l'examen du modèle 3, où la petite économie devenue agricole a choisi de ne pas mettre en oeuvre toute la capacité nouvelle de produire (voir les équations à l'annexe A).
La demande de main-d'oeuvre LD = 40 est inférieure à l'offre de main-d'oeuvre LS = 160 et l'équilibre n'existe plus sur le marché de la main-d'oeuvre.  La demande et la production, en volume comme en valeur, demeurent égales à 1000 unités et 2000 unités numéraires et il y a équilibre sur le marché des produits (XS = XD = 1000 unités).  Il y a aussi équilibre  sur le marché des investissements et des épargnes (IT = SM = 160 unités numéraires).
Selon Douglas, le pouvoir d'achat des consommateurs correspond aux salaires distribués (S L = 400 unités numéraires) et ce pouvoir d'achat est largement inférieur aux prix des biens de consommation offerts (PC = 1440 unités numéraires), pour la même raison énoncée précédemment, à savoir que le rendement du capital  (R K = 1200 unités numéraires) est un coût du capital et non un coût de production.  Le rendement du capital est un coût existant transféré entre producteurs et non un coût nouvellement créé par les producteurs. 
Douglas remarque que puisque salaires, coûts et pouvoir d'achat sont différents aspects de la même chose, une chute continue des coûts sous l'actuel système financier est accompagnée d'une chute continue des salaires, et donc du pouvoir d'achat, et, bien qu'obviant ces conséquences dans une certaine mesure, une chute de prix place l'entrepreneur en face d'une perte sur la totalité de ses stocks, perte qu'il n'est habituellement ni désireux ni capable de prendre (Douglas 1931a).
2.3    Les causes financières de la déficience du pouvoir d'achat
Du point de vue financier, Douglas relève au moins cinq grandes causes à la situation de déficience du pouvoir d'achat en face des prix (Douglas 1931b):
-    la collecte de profits monétaires auprès du public, incluant l'intérêt qui est un profit sur un intangible;
-    l'épargne, ou en d'autres mots l'abstention d'achat;
-    le réinvestissement de l'épargne dans de nouveaux travaux, qui crée un nouveau coût sans nouveau pouvoir d'achat;
-    le double circuit de la monnaie, dont l'énoncé est connu sous le nom de théorème A+B, où la différence de vélocité entre la liquidation des coûts et la création des prix résulte en frais inclus dans les prix à partir d'un cycle antérieur de comptabilité des coûts;
-    la déflation, c'est-à-dire la vente de titres ou le rappel de prêts par les banques.

Parmi ces cinq grandes causes financières, Douglas considère que les plus importantes sont "le double circuit de la monnaie" et "le réinvestissement de l'épargne" (Douglas 1930a, 1930b et 1931a) et à son avis, ces deux causes sont en elles-mêmes suffisantes pour expliquer la situation de déficience (Douglas 1930b).
a)    La collecte de profits monétaires auprès du public
La collecte de profits monétaires auprès du public est une cause de déficience du pouvoir d'achat en face des prix, car l'inclusion du profit dans les prix a pour effet de redistribuer inéquitablement le pouvoir d'achat en le concentrant en un petit nombre de mains et ainsi, une part de plus en plus grande du pouvoir d'achat est mise à l'écart du processus de liquidation des coûts (Douglas 1931a).
En conséquence, le contrôle de la production et donc du crédit réel est, de cette façon, transféré du consommateur au financier (Douglas 1931a).
b)    L'épargne
L'épargne est aussi une cause de déficience de pouvoir d'achat face aux prix parce qu'elle met hors de circulation, temporairement ou définitivement, de la monnaie qui est apparue dans les coûts et donc dans les prix des produits et qu'en conséquence les prix dans lesquels ces coûts sont apparus ne peuvent être tous liquidés (Douglas 1930a).
L'épargne des consommateurs ne peut être considérée purement comme une consommation reportée dans le temps.  Le taux d'épargne nette est toujours positif, sauf en temps de crise économique profonde où il y a alors désépargne des consommateurs.
De plus, les producteurs ont aussi la possibilité de mettre de la monnaie en réserve par l'épargne.  L'épargne des producteurs est constituée de profits non distribués en dividendes, dont une partie prend souvent la forme de réserve pour dépréciation des biens de capital.  Cette épargne empêche d'une part que la déficience causée par la collecte des profits soit jamais comblée, puisqu'il n'y a pas redistribution des profits sous forme de monnaie de consommation (Douglas 1925), et d'autre part, la réserve pour dépréciation, lorsqu'elle est utilisée pour l'achat de biens d'équipement devient un  des cas de réinvestissement de l'épargne.
c)    Le réinvestissement de l'épargne
Le financement de la production des biens d'équipement et autres biens de capital par le biais du réinvestissement de l'épargne aggrave la déficience de pouvoir d'achat causée par l'épargne en occasionnant la création de nouveaux prix sans création de nouveau pouvoir d'achat (Douglas 1930a).
L'exemple qui explicite cette situation (Douglas 1931a) est celui d'un travailleur qui chaque semaine épargne 20% de son salaire et à la fin de cent semaines achète des actions d'une entreprise manufacturière de machinerie.  À chaque semaine, le montant épargné a empêché l'achat des produits dans lesquels il était apparu comme coût et, à la suite du réinvestissement, la somme est réapparue comme salaire dans la production de machinerie restaurant ainsi la déficience occasionnée dans le premier cycle de production et permettant l'achat des produits invendus.  Mais le coût de la machinerie produite dans le second cycle de production est un frais sur une future production, frais en regard de laquelle aucun pouvoir d'achat n'existe.
Le cas est similaire pour le réinvestissement des profits de l'entreprise dans de nouveaux biens d'équipement (Douglas 1930a).
Lorsqu'il y a récursivité du processus, c'est-à-dire lorsque la somme redistribuée dans un second cycle de production est à nouveau réinvestie, l'effet sur la déficience du pouvoir d'achat est cumulatif.
d)    Le double circuit de la monnaie:  le théorème A+B
C.H. Douglas pousse plus loin la généralisation de la proposition concernant le réinvestissement de l'épargne de façon à obtenir une vision encore plus générale du défaut du système des prix.  Ce défaut, Douglas l'identifie comme étant "le double circuit de la monnaie dans l'industrie" (Douglas 1920a, 1920b et 1931a), mieux connu sous le nom de "théorème A+B".  Douglas considère que le double circuit de la monnaie dans l'industrie est une caractéristique structurelle de l'économie.
Le double circuit de la monnaie dans l'industrie doit être compris comme la généralisation de la proposition concernant le réinvestissement de l'épargne dans le sens où la totalité des paiements en salaires, traitements et dividendes distribués durant une période de production donnée retourne aux producteurs, durant cette même période, à travers les prix des biens et services vendus aux consommateurs, pour refinancer un nouveau cycle de production en créant de nouveaux prix sans addition de nouveau pouvoir d'achat (Douglas 1931a).
Les figures  suivantes permettent d'illustrer ce propos.
 
Figure 1 -  Les paiements A et B dans une chaîne de
                production de 5 procédés

Dans la figure 1, où la chaîne des procédés comprend cinq procédés qui distribuent chacun des salaires identiques, un cinquième (1/5) seulement de la monnaie de consommation distribuée au total  sous forme des salaires est du pouvoir d'achat au sens strict où Douglas l'entend.  En effet, seuls les salaires distribués par le procédé V, qui est l'étape de production des biens et services destinés aux consommateurs finals, constituent le pouvoir d'achat des consommateurs.  Les salaires distribués par les autres procédés, qui sont des étapes de production de biens intermédiaires et de biens d'équipement, donc de biens de capital, ne sont pas du véritable pouvoir d'achat, mais de la pure inflation.
Par exemple, si chaque procédé distribue 100 unités numéraires, les 400 unités numéraires distribuées par les procédés I, II, III et IV durant le mois de mai s'additionneront aux 100 unités numéraires distribuées par le procédé V durant ce même mois de mai et elles auront pour effet de pousser à la hausse les prix des biens de consommation offerts en mai jusqu'à équivaloir 500 unités numéraires.  Les consommateurs paieront 500 unités numéraires les biens de consommation au lieu de les payer 100 unités numéraires, ce qui signifie qu'ils auront payé les biens intermédiaires et les biens d'équipement produits pendant le mois de mai alors que ces biens ne leur sont pas destinés et qu'ils n'en auront pas pris possession. 
Les 400 unités numéraires distribuées par les procédés de production des biens de capital devraient demeurer entre les mains des consommateurs pour attendre que les biens de consommation dans le coût desquels ils sont apparus comme salaires parviennent aux consommateurs.  Au lieu de n'avoir entre les mains que 5 x 100 unités numéraires en mai, les consommateurs devraient avoir 15 x 100 unités numéraires, c'est-à-dire tous les salaires distribués par  les procédés situés sous la diagonale liant  le procédé I au procédé V, desquels auraient déjà été retranchés les unités numéraires correspondant à des biens définitivement consommés durant le processus de production et qui ne parviendront pas aux consommateurs dans les biens finals.
 
Dans la figure 2, où la longue chaîne des procédés en compte quarante, le pouvoir d'achat réel est considérablement diminué et est seulement un quarantième (1/40) de la monnaie de consommation totale distribuée. Les trente-neuf quarantièmes (39/40) restants paient en réalité les coûts des biens intermédiaires et des biens d'équipement consommés durant la période en question et ne paient pas pour les biens de consommation disponibles pour la vente durant cette période.
C.H. Douglas établit que le déficit de pouvoir d'achat dans une période donnée est égal aux paiements B de cette période (Douglas 1931b).
e)    La déflation
La déflation, c'est-à-dire la décroissance de la monnaie en circulation, est mise en oeuvre par la vente de titres par les banques et par le rappel des prêts (à l'inverse de l'inflation, ou croissance de la monnaie en circulation, qui est issue de l'achat de titres par les banques et de l'octroi de prêts).  La déflation est une cause de déficience de pouvoir d'achat car elle restreint le crédit d'emprunt qui compense habituellement la déficience de pouvoir d'achat issue d'autres causes (Douglas 1929a).
La déflation est certes une cause puissante de déficience du pouvoir d'achat en face des prix puisqu'elle en rend visibles les effets habituellement latents.  Récessions et dépressions économiques, caractérisées par un chômage épidémique et la prolifération des faillites, accompagnent la déflation et sont les signes tangibles de la déficience du pouvoir d'achat.  Cependant, contrairement aux quatre autres causes qui sont toujours présentes et sont en fait inhérentes au système, la déflation survient à certains intervalles plus ou moins réguliers et cette forme d'occurrence diminue le poids de cette cinquième grande cause.
Pour conclure sur les causes financières de la déficience du pouvoir d'achat, C.H. Douglas remarque qu'à l'exception de l'épargne, les quatre autres causes de déficience du pouvoir d'achat en face des prix peuvent être ramenées aux paiements B (Douglas 1931b).
2.4    Les objections au théorème A+B
Le théorème A+B a été l'objet d'une acrimonieuse controverse, depuis sa formulation en 1920 jusque bien au-delà de la mort de Douglas.  Il s'impose donc de traiter les principales objections qui ont été soulevées par les opposants de Douglas et de présenter les réponses que Douglas a données.  Dans son dernier ouvrage technique, The Monopoly of Credit (Douglas 1931a), C.H. Douglas rassemble les objections habituelles au théorème A+B et y reprend longuement les réponses qui ont toujours été les siennes.
a)    Les paiements en salaires pour la production des biens de capital compensent les         paiements B
La première objection est relative à la soi-disant égalité des paiements en salaires pour la production de biens intermédiaires et biens d'équipement et des coûts liés aux paiements B présents dans le prix des biens de consommation (Douglas 1931a).
Le premier élément de la réponse de Douglas concerne une situation où il n'y a pas d'équilibre de la production et de la consommation des biens intermédiaires (Douglas 1931a).  Chaque étape de production comprend trois éléments de coûts:  les matériaux, le travail et —la première étape exceptée— le produit en cours issu d'une précédente étape de production.  L'interprétation de cette réponse permet d'établir que dans le cas où un procédé de production consomme à une étape donnée plus de biens intermédiaires —c'est-à-dire le produit en cours issu d'une étape précédente et le matériel de l'étape concernée— que les procédés qui produisent ces biens intermédiaires n'en ont produit dans l'étape concernée, alors les paiements en salaires ne peuvent compenser les coûts occasionnés par les paiements B.  Par exemple selon la figure 1, si le procédé IV consomme davantage du produit en cours au mois de mars que le procédé III n'en produit en ce même mois de mars, alors les coûts inclus dans la production du procédé IV sont supérieurs aux salaires distribués dans le procédé III durant le mois en question.
Le second élément de la réponse est relatif aux frais de dépréciation des biens d'équipement que Douglas assimile aux paiements B.  Ces frais introduisent aussi une disparité entre les coûts créés et les salaires distribués, en ajoutant un élément de coût puisé dans une réserve de coûts vis-à-vis de laquelle il n'existe aucune réserve de monnaie de consommation (Douglas 1930a).  De plus, dans l'hypothèse où il y a équilibre de la consommation et de la production des biens intermédiaires et biens d'équipement, c'est-à-dire lorsque les biens intermédiaires et les biens d'équipement consommés dans le processus de production durant une période donnée sont strictement remplacés durant cette même période, comme dans les exemples de la petite économie qui évolue de la cueillette vers l'agriculture, la variation à la baisse du rapport des coûts directs aux coûts indirects empêche l'égalité des salaires distribués durant la période et des prix des biens de consommation devenus disponibles durant cette période (Douglas 1931a).
Chaque fois qu'une somme de monnaie qui quitte les mains du consommateur pour retourner s'éteindre à son point d'origine dans le système bancaire, s'éteint avant les prix qu'elle a créés lors de son trajet depuis son émission par la banque, il se produit un déséquilibre correspondant entre la monnaie et les prix (Douglas 1931a).  C'est pourquoi Douglas considère que la disparité existe même dans une situation d'équilibre de la production où, par hypothèse, la consommation et la production de biens intermédiaires de même que la consommation et la production de biens d'équipement s'égalent à chaque période de production considérée et ce, même en l'absence de profit, de frais de dépréciation et d'inflation des prix, et donc à plus forte raison en présence de profit, de dépréciation et d'inflation qui absorbent rapidement le pouvoir d'achat additionnel provenant de la production des biens intermédiaires (Douglas 1931a).
b)    Les paiements B sont des salaires distribués dans le passé
La seconde objection est celle relative au fait que les coûts résultant des paiements B correspondent à des paiements en salaires effectués dans le passé pour les biens intermédiaires et les biens d'équipement dont les coûts apparaîssent dans les prix des biens de consommation.  À cette objection, la réponse de Douglas est que l'absence d'une réserve de monnaie de consommation en vis-à-vis de la réserve de coûts des biens intermédiaires et d'équipement non consommés est signe que la monnaie de consommation, bien que distribuée dans le passé, n'est plus en existence pour liquider les coûts créés par les paiements B (Douglas 1931a).
2.5    L'échec du paradigme bancaire
La seconde partie du diagnostic de Douglas concerne l'incapacité du système financier à corriger la déficience du pouvoir d'achat.
La critique que fait Douglas du paradigme économique actuel, qui est un paradigme bancaire en raison de la définition bancaire de la monnaie, n'est pas d'abord morale bien que les raisons de critique sur ce plan ne lui manquent pas.  La critique de Douglas est d'ordre fonctionnel:  un système financier basé sur le pouvoir bancaire de création et de destruction de la monnaie ne fonctionne pas (Douglas 1924a).
Les politiques économiques orthodoxes relevant d'un paradigme économique bancaire sont incapables de corriger les défauts qui existent dans le système financier.  La récurrence des problèmes économiques sont des signes évidents de l'échec des tentatives de solution.  Cela est dû au fait que des deux aspects financiers, seul le premier, la monnaie, est entièrement et parfaitement contrôlé alors que le second, les prix, est imparfaitement contrôlé puisqu'il l'est de façon plus ou moins indirecte à travers le premier, c'est-à-dire à travers la quantité de monnaie entre les mains des consommateurs (Douglas 1924a).
Le défaut de prendre en compte la polarité des flux monétaires est la cause de l'échec des politiques orthodoxes relatives au contrôle des prix.  Le contrôle sur le flux monétaire positif, qui représente le taux d'émission de la monnaie, n'implique pas qu'il y ait contrôle sur le flux monétaire négatif, qui représente le taux de retrait de la monnaie, dans le cas de la restriction de l'émission de monnaie.  Une restriction de l'émission de monnaie ne peut être entièrement répercutée dans une restriction du retrait de la monnaie, étant donné que les producteurs ne sont pas intéressés à vendre sans profit et encore moins à vendre sous le coût.   En effet, les coûts que les producteurs doivent récupérer ont été principalement formés dans le passé alors que le taux d'émission de la monnaie était supérieur au taux courant (Douglas 1924a).
Douglas remarque finalement qu'il y a, dans le système financier actuel, divers mécanismes qui tentent de corriger la situation de déficience.  Les biens de consommation sont donc vendus malgré la déficience de pouvoir d'achat grâce aux mécanismes économiques suivants (Douglas 1931a):
-    la redistribution de la monnaie par les programmes sociaux;
-    la redistribution par la taxation de la monnaie obtenue par les exportations, les investissements étrangers et les exportations invisibles (le transport);
-    la distribution de prêts bancaires en salaires dans la surproduction de biens de capital;
-    les ventes sous le coût par les faillites, les ventes forcées et la destruction physique;
à la liste desquels il faut aussi ajouter l'endettement croissant des personnes, des entreprises et des gouvernements.
C'est pourquoi C.H. Douglas propose une solution conséquente à son diagnostic.
 




CHAPITRE 3


La solution


"Plus nous sommes convaincus de marcher dans la vérité,
plus nous déployons d'efforts vers notre idéal."

Jean Guitton


Appliquant la démarche de l'ingénieur à la recherche d'une solution, Douglas estime essentiel de déterminer avant tout le but et les objectifs auxquels doit répondre une solution dans l'ordre économique.
Le but du système économique, Douglas le définit comme la réponse facile et rapide aux  besoins économiques par une activité fonctionnelle des hommes et des femmes dans l'ordre économique, activité soutenue par une organisation économique qui respecte l'individualité et n'empiète pas sur les autres activités fonctionnelles (Douglas 24b).
Les objectifs qui découlent du but du système économique, Douglas les définit comme suit (Douglas 1920a):
-    produire un programme défini répondant aux nécessités de la vie (nourriture, vêtement et logement) avec une dépense minimale d'énergie;
-    poursuivre la substitution des forces de la nature à l'effort humain par le biais de la machine;
-    distribuer équitablement la totalité de la production;
-    fournir la plus puissante motivation possible à l'efficacité.
Il est remarquable de souligner la dimension "développement durable" des objectifs formulés par Douglas en 1920.
3.1    Les politiques essentielles
Si C.H. Douglas a formulé plusieurs politiques économiques dont l'application répondrait aux principes généraux d'un système financier qui reflète la réalité de la capacité de production et distribution des biens et services de consommation, il précise que deux de ces politiques sont essentielles et, bien que les méthodes d'application puissent varier, elles doivent être appliquées toutes les deux.
La première de ces politiques essentielles est l'abaissement du niveau des prix de détail sous le coût de production par une remise au consommateur (Douglas 1920a, 1920b, 1924a, 1930a et 1931a) ou un escompte au consommateur compensé au producteur (Douglas 1920b et 1922b).  La seconde politique est la distribution générale de pouvoir d'achat correspondant au gain de productivité sous forme d'un dividende sur le capital réel national (Douglas 1920a, 1922b, 1924a et 1931a).
Ces deux politiques ont comme caractéristique de fournir du pouvoir d'achat non inclus dans les coûts de production et donc non inclus dans les prix (Douglas 1922a).  Car C.H. Douglas a observé les mécanismes correcteurs déjà existants dans le système économique et il propose une adaptation de ces mécanismes en relation avec sa conception du crédit réel et de son reflet, le crédit financier (Douglas 1924a).
a)    L'abaissement du niveau de prix sous le coût de production
L'application d'un prix compensé ou escompte compensé réfère à la notion de juste prix ou vrai coût de la production, qui est le coût énergétique de la production et non son coût comptable.  Le prix à payer à la caisse pour les biens et services de consommation n'est donc pas leur prix comptable, mais est une fraction minime de ce prix comptable inférieure au coût de la production (Douglas 1929a).  Douglas précise que les politiques du prix compensé et de l'escompte compensé ne fixent pas les prix, elles ajustent le niveau des prix.  La distinction est importante, car l'ajustement du niveau des prix respecte les lois de la concurrence alors que la fixation des prix les contrecarre (Douglas 1930a).
La méthode d'abaissement du niveau des prix généralement suggérée par Douglas est le prix compensé (Douglas 1920a, 1920b, 1924a, 1925, 1930a et 1931a).  Cette méthode consiste à laisser le consommateur payer le prix comptable lors de l'achat des biens et services et par la suite, sur présentation de pièces justificatives, à lui faire une remise correspondant à la différence entre le prix comptable et le vrai prix ou "juste prix" des biens et services achetés (Douglas 1929a)
Dans un schéma d'application ébauché pour l'industrie minière britannique, Douglas présente une autre méthode d'abaissement du niveau des prix qui est l'escompte compensé (Douglas 1920b et  1922a), laquelle est la méthode généralement reprise par les autres auteurs.  Suivant cette seconde méthode, un escompte national sur tous les prix de détail est périodiquement décrété de sorte que le consommateur paie non pas le prix comptable, mais le "juste prix" des biens et services achetés et qu'ensuite, sur présentation de pièces justificatives, les producteurs obtiennent une compensation correspondant à l'escompte accordé aux consommateurs sur les biens et services vendus (Douglas 1930a).
En reprenant le modèle 2 de l'économie agricole qui a répercuté le gain de productivité associé à l'introduction d'outils en une production multipliée par 4, on observe une déficience du pouvoir d'achat qui s'établit comme suit:
S L = 1600  <  5760 = PC
Le vrai coût ou juste prix se calcule alors comme une fraction du coût de production égale au rapport de la consommation totale à la production totale, soit 72% du coût de la main-d'oeuvre.  Les consommateurs paieront 1152 unités numéraires pour des biens et services marqués au prix de 5760 unités numéraires.  Dans l'hypothèse où tous les biens de consommation sont vendus, l'escompte qui est ainsi globalement consenti est égal à la différence entre le prix de vente des biens et services de consommation (prix comptable) et le prix payé à la caisse (juste prix), soit 4608 unités numéraires, et la compensation globalement payée aux vendeurs est elle-même égale à ce montant.
Le taux d'escompte calculé au plan national est 72%.  Comme il est appliqué au coût de production, on remarquera que le taux d'escompte sur le prix de détail est plus élevé, à 80%, étant le rapport de l'escompte accordé au prix comptable des biens de consommation vendus  (4608 / 5760).  Ce chiffre est compatible avec les estimés de Douglas qui établit à 95% du prix comptable le coût du capital qui doit être retiré du prix des biens et services destinés aux consommateurs.
Par ailleurs, il est intéressant de vérifier que dans le modèle 1, celui d'une économie de cueilleurs, il y a place pour un escompte, même si le pouvoir d'achat des consommateurs est suffisant pour acheter les biens et services de consommation au prix marqué.  Le taux d'escompte national est 72% et le juste prix des biens est 1152 unités numéraires, comme dans le modèle 2, puisque les salaires distribués sont les mêmes dans les deux modèles et que le rapport de la consommation totale à la production totale est le même, les nombres étant simplement multipliés par 4 dans le modèle 2.  L'escompte globalement consenti aux consommateurs et la compensation globalement payée aux vendeurs se chiffrent à 288 unités numéraires.  Les consommateurs paient donc le juste prix et le taux d'escompte sur les prix de détail est 20%, ce qui correspond au coût des biens intermédiaires non encore consommés dans le processus de production, dans cette économie où il n'y a pas de biens de capital dont le coût viendrait gonfler les prix des biens destinés à la consommation finale.
b)    La distribution des gains de productivité
Douglas affirme que les structures productrices ne peuvent prétendre être les seuls canaux de distribution du pouvoir d'achat, car elles s'approprient ainsi l'héritage culturel communautaire et l'incrément d'association.  Selon Douglas, cet incrément non gagné repose de façon inaliénable sur une base de capital et non pas de travail et de ce fait, c'est le dividende qui est le véhicule de distribution de l'incrément d'association (Douglas 1922b).  Le dividende est donc le successeur logique du salaire, et un successeur doté de privilèges, car alors que le salaire est une distribution de pouvoir d'achat révocable par autorité, le dividende est le paiement absolu et inconditionnel d'un dû (Douglas 1920b).
Selon la description que donne Douglas du mécanisme du dividende national, tous les citoyens et citoyennes d'un pays —hommes, femmes et enfants— se partagent également des actions représentant le capital réel national.  La valeur monétaire de ces actions s'apprécie avec l'appréciation du capital national, c'est-à-dire avec le développement de la capacité de production nationale.  Ces actions paient un dividende périodique correspondant à la division de la différence entre la capacité de production globale (et pas seulement la production globale réalisée) et la consommation globale d'une période donnée, car le bénéfice obtenu de la capacité de produire est l'excédent de la production sur la consommation pour la période en question.
En ce sens, le dividende global égale le prix à payer global des biens et services de consommation en excédent des traitements et salaires, puisque par hypothèse ces traitements et salaires sont équivalents au coût de la consommation des biens et services encouru par les dépenses dues à l'emploi ou, dans les mots de Douglas, au coût de la maintenance de la population productrice.  Autrement dit, la somme des traitements, des salaires et des dividendes sociaux permet de liquider les coûts de tous les biens et services de consommation disponibles pour la vente.  Le dividende national équivaut donc à la monétisation de la portion d'énergie non humaine engagée dans la production alors que les traitements et salaires correspondent uniquement à la portion, congrue, de l'énergie humaine utilisée dans la production.  Une telle distribution de pouvoir d'achat indépendamment de l'emploi doit être implantée graduellement à partir d'une valeur initiale plus ou moins arbitraire pour laquelle Douglas a suggéré quelques méthodes de calcul (Douglas 1924a et 1931a).
C'est le modèle 3, celui de l'économie agricole qui a traduit le gain de productivité en diminution de la main-d'oeuvre, qui fournit un bon exemple de cadre de calcul du dividende périodique.  En privilégiant, pour les fins de l'exemple, l'interprétation qui définit le dividende comme la monétisation de la portion d'énergie non humaine engagée dans le  processus de production, alors le dividende global est 1200 unités numéraires, c'est-à-dire la différence entre la valeur ajoutée et les salaires distribués (1600 - 400), à séparer entre tous les individus formant la population.  En divisant par 240, le chiffre de la population, on obtient un dividende individuel de 5 unités numéraires.
Le pouvoir d'achat total de la population se calcule alors comme suit:  les travailleurs reçoivent leur salaire et le dividende (40 x (10 + 5) = 600 unités numéraires), alors que les non-travailleurs reçoivent le dividende seulement (200 x 5 = 1000 unités numéraires), pour un total de 1600 unités numéraires.  Le pouvoir d'achat est ainsi restauré à sa valeur antérieure, bien que la contribution de l'énergie humaine à la production ait diminuée.  Avec un tel pouvoir d'achat en face à des prix à payer à la caisse, qui sont de 288 unités numéraires après application de l'escompte, la demande effective pourra augmenter jusqu'à égaler la capacité de production ou jusqu'à saturation des besoins de la population selon la première de ces deux occurrences à survenir.
c)    L'objection de l'inflation
L'inflation est l'objection qui est toujours apportée à l'encontre des politiques principales de la solution de Douglas.  En réponse à cette objection, Douglas établit d'abord la différence entre une augmentation du pouvoir d'achat et l'inflation de la monnaie et l'inflation des prix (Douglas35).  L'inflation est une augmentation du nombre d'unités de monnaie accompagnée par une augmentation équivalente des prix; elle n'altère pas la relation entre la monnaie à dépenser et les prix.  Une augmentation de la monnaie à dépenser n'est pas de l'inflation à moins qu'elle n'entraîne une augmentation des prix.  Lorsqu'il y a une augmentation de la monnaie à dépenser accompagnée d'une baisse des prix, il y a accroissement du pouvoir d'achat. 
Puis Douglas distingue deux façons de fournir plus de pouvoir d'achat au consommateur:  premièrement, le cadeau monétaire ou augmentation de la monnaie entre les mains des consommateurs et deuxièmement, la réduction des prix de détail sous le coût de production (Douglas 1922a) ou une combinaison des deux.
La méthode de l'abaissement des prix est jugée par Douglas plus pratique que le cadeau monétaire, car elle met en oeuvre le pouvoir d'achat seulement au moment où il est désiré, c'est-à-dire au moment de l'achat, et elle est psychologiquement mieux adaptée, car elle évite de doter soudainement le consommateur d'une quantité de monnaie de consommation plus grande que celle à laquelle il est habitué (Douglas 1922a).  Douglas affirme que l'abaissement du prix avec compensation soit au consommateur soit au producteur n'est pas inflationniste, parce que l'abaissement s'applique au coût de production, qui répond au premier canon du système de prix, et non au prix de vente, qui répond au second canon du système de prix (Douglas 1930a). 
De plus, si l'on tient compte de la polarité des flux monétaires, ni le prix compensé ou escompte compensé ni le dividende national ne peuvent être inflationnistes, parce qu'ils n'entrent pas dans les coûts de production et donc pas dans les prix.  La compensation au consommateur ou au producteur et le dividende sont des flux de polarité négative:  ils ne créent pas de coûts, ils liquident des coûts.
Il faut aussi comprendre, dans le cas du dividende, que Douglas fait augmenter le dividende tout en réduisant soit les heures de travail soit le nombre d'employés.  Le dividende remplace des salaires disparus.  De plus, comme le dividende est prédominant et que sa base de distribution est beaucoup plus large que celle du salaire, on peut croire qu'il reste peu de jeu pour l'inflation des prix.
Finalement, puisque dans l'hypothèse douglasienne il y a surproduction de biens d'équipement, de biens pour exportation, de biens inutiles, la production globale d'un pays devrait diminuer avec l'implantation des politiques douglasiennes diminuant du même coup l'assiette d'augmentation potentielle des prix.
3.2    Les politiques subsidiaires
Si le prix compensé ou l'escompte compensé et le dividende national sont les politiques majeures de la solution, elles entraînent la mise en oeuvre de quelques politiques subsidiaires qui facilitent leur application.  Au moins trois autres politiques viennent à l'appui des premières tout en leur étant subordonnées.
a)    La correction du déficit de pouvoir d'achat accumulé
La correction du déficit accumulé de pouvoir d'achat est un savant mélange d'un escompte sur les prix de détail plus important qu'il ne le serait suivant les statistiques de la production et de la consommation et d'un dividende initial plus élevé ou d'un dividende régulier augmentant plus vite que la productivité, dividende accompagné d'une baisse de l'emploi ou d'heures de travail réduites.
Par exemple, dans une ébauche de plan pour l'Écosse (Douglas 1924a), Douglas suggérait un escompte de départ d'au moins 25%, un dividende initial égal à 1% du capital national et une réduction des heures de travail sans réduction du nombre d'employés.  Dans ce plan ébauché pour l'Écosse comme dans une précédente ébauche de plan pour l'industrie minière britannique (Douglas 1920b), Douglas considère comme une transition rapide et en douceur une substitution croissante des salaires par le dividende tout en conservant les personnes à l'emploi avec des heures de travail réduites (Douglas 1922a).
Les mesures transitoires sont appliquées jusqu'à assurer au moins la quantité minimale de crédits d'achat prévue par le premier principe de solution dont l'énoncé peut être trouvé à l'annexe C.

b)    Les taxes et impôts abolis
Dans le système économique actuel, il y a deux façons de retirer la monnaie, il existe deux canaux de retrait de la monnaie:  premièrement, par l'achat des biens et services de consommation privés et deuxièmement, par les impôts et taxes qui correspondent à peu près à "l'achat" des biens et services de consommation publics. 
En conformité avec la dernière partie de l'énoncé du premier principe de solution, qui apparaît à l'annexe C, il pourrait n'exister qu'un seul canal de retrait de la monnaie de consommation qui soit le prix des biens et services de consommation privés.  Le paiement de la consommation des biens et services publics serait alors réalisé à même une réduction de l'escompte qui serait autrement accordé sur les prix des biens et services de consommation privés.
L'alternative à l'abolition des taxes et impôts est l'application d'un escompte aux taxes et impôts, de façon à ce qu'ils reflètent exactement la consommation des biens et services publics.
c)    La monnaie sans dette ni intérêts
Pour être retirée au rythme de la consommation, la monnaie doit être exempte des contraintes de retour à des dates fixes tel qu'établi par les actuelles politiques bancaires de remboursement des prêts, avances de crédit ou autres formes de création de la monnaie.  En ce sens, la monnaie mise en circulation sous forme de crédit aux producteurs ou aux consommateurs ne peut être une dette puisque son retour n'est pas une obligation arbitraire mais est la "complétion" d'un cycle normal de circulation du producteur au consommateur avec retour au producteur à travers les prix des biens et services de consommation, ou d'un producteur à un autre producteur à travers les prix des biens et services de production.
Pour venir au rythme de la production, la monnaie doit avoir une  dynamique qui n'est pas entachée par l'effet d'accélération dû aux intérêts.  Les intérêts, nonobstant leur nature de profit d'entreprise pour les banques et de récompense pour les déposants, conservent de la monnaie dans le système et la redistribue, ce qui peut aller à l'encontre des autres mécanismes de distribution prévus.  Les intérêts alimentent généralement l'épargne qui est définitivement écartée du circuit de la consommation, accélérant la venue de nouvelle monnaie pour remplacer cette monnaie qui devrait être retirée du système.
D'autre part, d'un point de vue éthique, puisque le crédit réel est social, qu'il est de propriété commune, le crédit financier ne peut être créé ou annulé que par un organisme responsable devant la société quoiqu'indépendant du gouvernement.  Dans un tel contexte, en ce qui concerne le crédit financier, les actuelles institutions financières peuvent agir à titre de mandataires de la société pour la circulation de ce crédit qu'elles obtiennent de l'organisme responsable pour le transmettre aux producteurs et aux consommateurs et qu'elles retournent à l'organisme responsable lorsqu'il leur est retourné par les producteurs en provenance des consommateurs ou d'autres producteurs.
 








CONCLUSION


Les recherches dont rend compte ce mémoire ont permis d'une part la construction d'une représentation graphique et mathématique du modèle mental de la réalité économique qu'est la théorie du crédit social de l'ingénieur écossais C.H. Douglas, lequel modèle n'avait jamais encore été mis en équations (Boucher 1993). 
Bien que partiel, parce que limité au théorème A+B quant au diagnostic, à l'escompte compensé et à l'abolition des impôts quant aux politiques, le modèle a cependant illustré une désynchronisation du mécanisme de distribution de la monnaie par la formation des prix et du mécanisme de retrait de la monnaie par la liquidation des coûts, qui conduisait soit à une importante perturbation du comportement du système en cas de soutien très partiel de la consommation par du crédit bancaire sous forme d'un budget gouvernemental non balancé, soit à une dégradation menant à l'effondrement du système en cas d'absence totale de soutien par du crédit bancaire.  L'application de l'escompte national, qui manipule directement le niveau des prix de détail à la baisse, a rendu possible le fonctionnement économique en l'absence de soutien de la consommation par du crédit bancaire, empêchant la dégradation et l'effondrement du système.  Le modèle a été développé avec STELLA (acronyme de Systems Thinking Experiential Learning Laboratory with Animation), un logiciel à interface graphique spécialement adapté à la conception et à la construction du modèle mental d'un phénomène dynamique.
Ces recherches ont d'autre part permis la construction d'un modèle d'équilibre général calculable d'une petite économie typique en autarcie et sans État, avec une approche de modélisation de la dynamique des systèmes, en représentant la réalité économique sous forme d'un modèle de stocks et de flux, plutôt que de flux seulement ou de flux avec quelques stocks seulement (Decaluwé 20001 et Boucher 2001).  Le modèle a été développé avec GAMS (acronyme de General Algebraic Modelling System), le logiciel habituellement utilisé pour construire un modèle d'équilibre général calculable; il a aussi été développé avec STELLA. 
En introduisant des variables de stock de biens intermédiaires et de biens finis dans un modèle d'équilibre général calculable, il devient possible de modéliser précisément le diagnostic du défaut structurel du système des prix.  Cependant, comme les modèles d'équilibre général calculable ne prennent généralement pas en compte la monnaie, mais s'en tiennent à l'économie réelle (Decaluwé 2001), il y a beaucoup de travail à faire avant d'en arriver à un modèle complet  de la théorie de Douglas qui permette un essai réaliste des politiques du crédit social.  Il n'est pas dit toutefois que ce serait une tâche impossible. 
Un intéressant champ de recherche est ouvert par cette perspective, d'abord en étendant le modèle d'une économie en autarcie sans État pour obtenir le modèle d'une économie en autarcie avec État, puis celui d'une économie ouverte sur le reste du monde (Decaluwé 2001). 
A ce  stade de la recherche, la construction d'un modèle détaillé de l'économie réelle de la Pologne deviendra faisable, avec désagrégation sectorielle plus ou moins prononcée et analyse des politiques du crédit social comme alternative aux potiliques gouvernementales orthodoxes, incluant l'analyse des chocs extérieurs pour prendre en compte les réactions des autres pays et celles de l'Union européenne. 
Parallèlement, en tenant compte de l'apport de la méthode de modélisation de la dynamique des systèmes, peu ou pas employée par les modélisateurs de l'équilibre général calculable, la monnaie pourrait être introduite dans le modèle de l'économie de la Pologne pour rendre possible l'analyse d'une politique d'émission de la monnaie sans dette ni intérêts, phénomène crucial à analyser dans le contexte de l'Union européenne.
 




BIBLIOGRAPHIE


Boucher Diane (1993), MACHINA OECONOMICA CREDITISTA Une approche systémique du théorème A+B de C.H. Douglas et des principes et  politiques du Crédit Social, Mémoire de maîtrise en informatique, Université Laval (Québec).
Boucher Diane (2001), Un modèle d'équilibre général calculable avec ajustement des stocks d'inventaire, Mémoire de maîtrise en économique, Université Laval (Québec).
Decaluwé Bernard, Martens André, Savard Luc (2001), La politique économique du développement et les modèles d'équilibre général calculable, Les Presses de l'Université de Montréal (Québec).
Dehem Roger (1984),  Histoire de la pensée économique:  Des mercantilistes à Keynes, Les Presses de l'Université Laval (Québec) et Dunod (Paris).
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Douglas Clifford Hugh (1920a), Economic Democracy, W. & J. Barr Pty, Australie, 5e éd., 1974.
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Douglas Clifford Hugh (1922a), The Control and Distribution of Production, Cecil Palmer, Londres.
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Douglas Clifford Hugh (1951), "What is Social Credit?" in Vers Demain, Institut d'Action Politique, Rougemont (Canada), vol. 24, no 20, 1963, pp. 4-5.
Forrester Jay Wright (1961), Industrial Dynamics, The MIT Press, Cambridge (Mass.), 9e éd., 1977.
Forrester Jay Wright (1985), "The" model versus a modeling "process",  System Dynamics Review, System Dynamics Society, Cambridge (Mass.), 1(1), pp. 133-134.
Forrester Jay Wright (1987), Lessons from system dynamics modeling, System Dynamics Review, System Dynamics Society, Cambridge (Mass.), 3(2), pp. 136-149.
 
Annexe A

MODÈLE 1

Economie de cueilleurs de fruits et de céréales
avec main-d'oeuvre mais sans capital

Niveau des prix = 2


[1]        POP  =  240

[2]        LS  =  160

[3]        XSD :=  XD =  1000

[4]        VAD :=  v  XSD  =  0,8  x  1000  =  800

[5]        S :=   Pv  α  VA   =   2  x  1  x  800   =  10
                         L                      160

[6]        LD :=   Pv  α  VAD   =   2  x  1  x  800   =  160
                           S                         10

[7]        L :=  LD  =  160

[8]        K :=  KD  =  0

[9]        VA :=  A  Lα  =  5  x  1601  =  800

[10]        CI :=   d   VA  =   0,2   x  800  =  200
                   v                0,8

[11]        XS :=   CI   =   200   =  1000
                     d          0,2

[12]        DI :=  CI  =  200

[13]        P :=   PXD   =   2000   =  2
                   XS          1000

[14]        PXS :=  P  XS  =  2  x  1000  =  2000

[15]        YM :=  S  L  =  10 x 160  =  1600

[16]        C :=  γ   YM   =  0,9  x   1600   =  720
                       P                          2

[17]        SM :=  φ  YM  =  0,1  x  1600  =  160

[18]        IT :=  SM  =  160

[19]        INV :=   IT   =   160   =  80
                       P           2

[20]        XD :=  DI  +  C  +  INV  =  200  +  720  +  80  =  1000

[21]        PDI :=  P  DI  =  2  x  200  =  400

[22]        PC :=  P  C  =  2  x  720  =  1440

[23]        PINV :=  P  INV  =  2  x  80  =  160

[24]        PXD :=  PDI  +  PC  +  PINV  =  400  +  1440  +  160  =  2000

[25]        PCI :=  PDI  =  400

[26]        PVA :=  PXS  -  PCI  =  2000  -  400  =  1600

[27]        Pv :=   PVA   =   1600   =  2
                     VA          800

[28]        R :=  0

Politique de l'escompte compensé

[29]        ESCR :=    PC    =   1440  =  0,72
                         PXS        2000

[30]        JPC :=  S  L  x  ESCR  =  1600  x  0,72  =  1152

[31]        ESC :=  PC  -  JPC  =  1440  -  1152  =  288

[32]        CMP :=  ESC  =  288

 
MODÈLE 2

Une économie agricole
avec main-d'oeuvre et capital
Gain de productivité résultant en augmentation de la production

Niveau des prix = 2


[1]        POP  =  240

[2]        LS  =  160

[3]        XSD :=  XD =  4000

[4]        VAD :=  v  XSD  =  0,8  x  4000  =  3200

[5]        S :=   Pv  α  VA   =   2  x  0,25  x  3200   =  10
                         L                       160

[6]        LD :=   Pv  α  VAD   =   2  x  0,25  x  3200   =  160
                           S                             10

[7]        L :=  LD  =  160

[8]        K :=  KD  =  600

[9]        VA :=  A  Lα  K1-α  =  7,4  x  1600,25  x  6000,75  =  3200

[10]        CI :=   d   VA  =   0,2   x  3200  =  800
                   v                0,8

[11]        XS :=   CI   =   800   =  4000
                     d          0,2

[12]        DI :=  CI  =  800

[13]        P :=   PXD   =   8000   =  2
                   XS          4000

[14]        PXS :=  P  XS  =  2  x  4000  =  8000

[15]        YM :=  S  L  +  R  K  =  10 x 160  +  8 x 600  =  1600  +  4800  =  6400

[16]        C :=  γ   YM   =  0,9  x   6400   =  2880
                        P                         2

[17]        SM :=  φ  YM  =  0,1  x  6400  =  640

[18]        IT :=  SM  =  640

[19]        INV :=   IT   =   640   =  320
                        P          2

[20]        XD :=  DI  +  C  +  INV  =  800  +  2880  +  320  =  4000

[21]        PDI :=  P  DI  =  2  x  800  =  1600

[22]        PC :=  P  C  =  2  x  2880  =  5760

[23]        PINV :=  P  INV  =  2  x  320  =  640

[24]        PXD :=  PDI  +  PC  +  PINV  =  1600  +  5760  +  640  =  8000

[25]        PCI :=  PDI  =  1600

[26]        PVA :=  PXS  -  PCI  =  8000  -  1600  =  6400

[27]        Pv :=   PVA   =   6400   =  2
                     VA         3200

[28]        R :=   PVA  -  S  L   =   6400  -  10 x 160   =   6400  -  1600   =   4800   =  8
                            K                         600                            600                 600

Politique de l'escompte compensé

[29]        ESCR :=    PC    =   5760   =  0,72
                         PXS        8000

[30]        JPC :=  S  L  x  ESCR  =  1600  x  0,72  =  1152

[31]        ESC :=  PC  -  JPC  =  5760  -  1152  =  4608

[32]        CMP :=  ESC  =  4608


 
MODÈLE 3

Une économie agricole
avec main-d'oeuvre et capital
Gain de productivité résultant en diminution de la main-d'œuvre

Niveau des prix = 2


[1]        POP  =  240

[2]        LS  =  160

[3]        XSD :=  XD =  1000

[4]        VAD :=  v  XSD  =  0, 8  x  1000  =  800

[5]        S :=   Pv  α  VA   =   2  x  0,25  x  800   =  10
                         L                          40

[6]        LD :=   Pv  α  VAD   =   2  x  0,25  x  800   =  40
                            S                             10

[7]        L :=  LD  =  40

[8]        K :=  KD  =  600

[9]        VA :=  A  Lα  K1-α  =  4,6  x  400,25  x  6000,75  =  800

[10]        CI :=   d   VA  =   0,2   x  800  =  200
                   v                0,8

[11]        XS :=   CI   =   200   =  1000
                     d          0,2

[12]        DI :=  CI  =  200

[13]        P :=   PXD   =   2000   =  2
                   XS          1000

[14]        PXS :=  P  XS  =  2  x  1000  =  2000

[15]        YM :=  S  L  +  R  K  =  10 x 40  +  2 x 600  =  400  +  1200  =  1600

[16]        C :=  γ   YM   =  0,9  x   1600   =  720
                        P                         2

[17]        SM :=  φ  YM  =  0,1  x  1600  =  160

[18]        IT :=  SM  =  160

[19]        INV :=   IT   =   160   =  80
                       P            2

[20]        XD :=  DI  +  C  +  INV  =  200  +  720  +  80  =  1000

[21]        PDI :=  P  DI  =  2  x  200  =  400

[22]        PC :=  P  C  =  2  x  720  =  1440

[23]        PINV :=  P  INV  =  2  x  80  =  160

[24]        PXD :=  PDI  +  PC  +  PINV  =  400  +  1440  +  160  =  2000

[25]        PCI :=  PDI  =  400

[26]        PVA :=  PXS  -  PCI  =  2000  -  400  =  1600

[27]        Pv :=   PVA   =   1600   =  2
                     VA           800

[28]        R :=   PVA  -  S  L   =   1600  -  10 x 40   =   1600  -  400   =   1200   =  2
                           K                        600                           600                600

Politiques de l'escompte compensé et du dividende national

[29]        ESCR :=    PC    =   1440   =  0,72
                         PXS        2000

[30]        JPC :=  S  L  x  ESCR  =  400  x  0,72  =  288

[31]        ESC :=  PC  -  JPC  =  1440  -  288  =  1152

[32]        CMP :=  ESC  =  1152

[33]        DIVN :=   PVA  -  S  L   =   1600  -  400   =   1200   =  5
                                POP                     240                240


 
Annexe B

Les variables des modèles


C    :    consommation des ménages (unités/année);
CI    :    consommation intermédiaire (unités/année);
CMP    :    compensation nationale au vendeur (unités numéraires);
DI    :    demande en intrant intermédiaire (unités/année);
DIVN    :    dividende national (unités numéraires);
ESC    :    escompte national (unités numéraires);
ESCR    :    taux d'escompte national (sans dimension);
INV    :    demande d'investissement de capital (unités/année);
IT    :    dépense d'investissement total (unités numéraires/année);
JPC    :    juste prix de la consommation (unités numéraires);
K    :    stock de capital (années-capital);
KD    :    demande de capital (années-capital);
L    :    stock de main-d'oeuvre (années-personne);
LD    :    demande de main-d'oeuvre (années-personne);
LS    :    offre de main-d'oeuvre (années-personne);
P    :    prix de vente du produit (unités numéraires/unité);
PC    :    prix total des ventes aux ménages en produit évalué à prix courant
        (unités numéraires/année);
PCI    :    coût de la consommation intermédiaire évalué à prix courant
        (unités numéraires/année);
PDI    :    coût des achats en intrant intermédiaire évalué à prix courant
(unités numéraires/année);
PINV    :    prix total des ventes d'investissement de capital évalué à prix courant
        (unités numéraires/année);
POP    :    population (personnes);
Pv    :    prix de la valeur ajoutée (unités numéraires/unité);
PVA    :    prix de revient total de la valeur ajoutée évalué à prix courant
(unités numéraires/année);
PXD    :    prix total des ventes en produit évalué à prix courant
(unités numéraires/année);
PXS    :    prix de revient total de la production évalué à prix courant
(unités numéraires/année);
R    :    taux de rendement du capital (unités numéraires/année-capital/année);
S    :    taux de salaire (unités numéraires/année-personne/année);
SM    :    épargne des ménages (unités numéraires/année);
VA    :    valeur ajoutée (unités/année);
VAD    :    valeur ajoutée désirée (unités/année);
XD    :    demande totale du produit (unités/année);
XS    :    production (unités/année);
XSD    :    production désirée du produit (unités/année);
YM    :    revenu des ménages (unités numéraires/année);
A    :    constante de niveau de la valeur ajoutée (>0) (=5 dans le modèle1)(=7,421753823
dans le modèle 2)(=4,666180682 dans le modèle 3);
d    :    coefficient du volume d'intrants intermédiaires nécessaire à la production
d'une unité du produit (0< d <1);
v    :    coefficient de valeur ajoutée de la production (0< v <1), avec v + d = 1;
α    :    élasticité de la valeur ajoutée par rapport à l'utilisation de la main-d'œuvre
(0< α <1);
1-α    :    élasticité de la valeur ajoutée par rapport à l'utilisation du capital;
γ    :    part budgétaire allouée par les ménages à la consommation du produit
(0≤ γ ≤1), avec γ + φ = 1;
φ    :    propension marginale (moyenne) à épargner des ménages (0≤ φ ≤1).

 
Annexe C

Les trois propositions du crédit social

C'est en trois propositions que C. H. Douglas a synthétisé les principes de la réforme qu'il préconise en réponse aux défauts du système des prix (Douglas 1924b, 1930a, 1930b, 1934).  Il est intéressant de noter que Douglas affirme que ces principes sont valables non seulement dans le contexte économique du moment où il les a énoncés, mais aussi dans le contexte d'une économie beaucoup plus développée (Douglas 1930a, p.307):
"Les crédits d'achat entre les mains de la population d'un pays doivent en tout temps être collectivement égaux aux prix collectifs à payer à la caisse pour les biens consommables mis en vente dans ce pays (sans tenir compte des prix comptables de ces biens) et ces crédits d'achat ne doivent être annulés ou dépréciés que lors de l'achat ou de la dépréciation des biens de consommation.
Les crédits nécessaires pour financer la production doivent provenir, non pas d'épargnes, mais être des nouveaux crédits se rapportant à de la nouvelle production, et ces crédits ne doivent être rappelés que selon le rapport de la dépréciation générale à "l'appréciation" générale.
La distribution des crédits d'achat aux individus doit progressivement être moins dépendante de l'emploi.  C'est-à-dire que le dividende doit progressivement remplacer le traitement et le salaire, à mesure qu'augmente la capacité productive par heure-personne."




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Sites que vous devriez visiter, merci

Saint Jean-Paul II a comparé le rapport sexuel entre les époux chrétiens à l'adoration eucharistique.

http://desiebenthal.blogspot.com/2011/05/le-rapport-sexuel-est-comparable.html


http://michaeljournal.org

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Un pour tous, tous pour un, IEOUA, LIOBA, Alleluia

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Image des rings burgondes. Donner à chaque souverain, le peuple est le souverain en Suisse, sa part des créations monétaires volées actuellement par les banques commerciales. La banque nationale suisse doit devenir une coopérative, et pas une société anonyme, qui distribue à chacun et chacune ce qui lui est dû par un dividende social à tous dès la conception ! Voter oui à l'initiative monnaies pleines, monnaies au pluriel qui respectent notamment les wirs, voir www.wir.ch http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/swiss-positive-money-social-credit.html à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

Les combats intérieurs.

Les combats intérieurs.
Signification des armoiries:chapelle de Gstaad, St Niklaus. Mettons le dragon qui est en chacun de nous sous 7 verrous. Meaning of the coat of arms: Chapel of Gstaad, St Niklaus. Let the dragon that is in each of us within 7 locks. http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/misericordes-suisses.html

Un pour tous, tous pour un.

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Le dragon de nos armoiries qui crache le feu sur le casque.

Les valeurs suisses

Les valeurs suisses
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Archives du blog

Les sept verrous qui bloquent le dragon qui est en chacun d'entre nous.

On triomphe des 7 vices capitaux par l’exercice des 7 vertus opposées.

Ainsi on triomphe :

de l’orgueil par l’humilité,

de l’avarice par la libéralité,

de la luxure par la chasteté,

de la colère par la patience,

de la gourmandise par l’abstinence,

de l’envie par l’amour fraternel,

de la paresse par la diligence et l’ardeur dans le service de Dieu.

Un combat à la fois, un par jour est plus efficace.

Sagesse de la première Alliance...Isaïe 11.1-3

Un rejeton sortira de la souche de Jessé,
un surgeon poussera de ses racines.
Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur,
esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
son inspiration est dans la crainte [piété] du Seigneur.


ll y a sept dons du Saint-Esprit qui nous aident dans ce combat :

1 le don de Sagesse ;

2 d’Intelligence ;

3 de Conseil ;

4 de Force ;

5 de Science ;

6 de Piété ;

7 de Crainte de Dieu.

A quoi servent les 7 dons du Saint-Esprit ?

Les 7 dons du Saint-Esprit servent à nous confirmer dans la Foi, l’Espérance et la Charité ; et à nous rendre prompts aux actes de vertu nécessaires pour acquérir la vie chrétienne et le CIEL.

Qu’est-ce que la Sagesse ?

La Sagesse est un don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres et fragiles, nous contemplons les choses éternelles, c’est-à-dire la Vérité qui est Dieu, en qui nous nous complaisons et que nous aimons comme notre souverain Bien.

Qu’est-ce que l’Intelligence ?

L’Intelligence est un don par lequel nous est facilitée, autant que c’est possible pour un homme mortel, l’intelligence de la Foi et des divins mystères que nous ne pouvons connaître par les lumières naturelles de notre esprit.

Qu’est-ce que le Conseil ?

Le Conseil est un don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain.

Qu’est-ce que la Force ?

La Force est un don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la sainte loi de Dieu et de l’Eglise, en surmontant tous les obstacles et toutes les attaques de nos ennemis.

Qu’est-ce que la Science ?

La Science est un don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et nous connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu.

Qu’est-ce que la Piété ?

La Piété est un don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les Saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain pour l’amour de Dieu.

Qu’est-ce que la Crainte de Dieu ?

La Crainte de Dieu est un don qui nous fait respecter Dieu et craindre d’offenser sa divine Majesté, et qui nous détourne du mal en nous portant au bien dans l'amour.


Les dons du Saint Esprit
(CEC 1830-1831 ; ST I-II 68.1-8)


Les dons sont des habitudes, habitus infus, qui sont en nous et qui nous rendent réceptifs aux motions du Saint-Esprit, pour nous faire mieux agir en faveur du bien commun.

« Les dons sont des habitus qui perfectionnent l’homme pour qu’il suive promptement l’impulsion du Saint-Esprit, de même que les vertus morales disposent les facultés appétitives à obéir à la raison. Or, de même qu’il est naturel pour les facultés appétitives d’être mues par le commandement de la raison ; de même il est naturel pour toutes les facultés humaines d’être mues par l’impulsion de Dieu comme par une puissance supérieure. » ST I-II 68.4

Les sept dons du Saint Esprit
(ST I-II 68.4)


Intelligence : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 8.1-8).
Conseil : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 52.1-4).
Sagesse : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives (ST II-II 45.1-6).
Connaissance : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques (ST II-II 9.1-4).
Piété : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre (ST II-II 121.1-2).
Force : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent (ST II-II 138.1-2).
Crainte : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans les appétits du désir des choses nous concernant (ST II-II 19.1-12).

http://www.lumenc.org/maladies.php

Les conseils du pape François pour se confesser

Dans un petit livret intitulé « Prends soin de ton cœur », offert par le pape François aux pèlerins de la place Saint Pierre après l'Angelus du 22 février, se trouvent différents textes à méditer pendant le carême et un examen de conscience pour se préparer à la confession.

  • Une distribution un peu particulière a eu lieu il y a quelques jours place Saint-Pierre, à Rome. Des bénévoles, parmi lesquels de nombreux sans-abri venus en pèlerinage, ont distribué à la foule réunie pour entendre l'Angelus un petit carnet offert par le pape pour le premier dimanche du carême.
  • Notre cœur doit se convertir au Seigneur, a insisté François lors de l'Angélus. C’est pourquoi, en ce premier dimanche, j’ai pensé vous offrir, à vous qui êtes ici sur la place, un petit livret de poche intitulé "Prends soin de ton cœur". »

Celui-ci rassemble quelques enseignements de Jésus et les contenus essentiels de la foi, comme les sept sacrements, les dons de l'Esprit Saint, les dix commandements, les vertus, les œuvres de miséricorde, etc. On y trouve aussi un examen de conscience dont le pape avait souligné l'importance lors de sa messe quotidienne à la chapelle de la maison Sainte-Marthe le 11 octobre 2014. « Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, reste tout seul ou toute seule et se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si nous ne faisons pas cela, nous ne réussissons pas ni à bien veiller ni à bien protéger notre cœur »

I. Petits rappels sur le sacrement de Confession (ou de Pénitence ou de Réconciliation)

Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entiè­rement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.

Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés person­nels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 23). Ce pouvoir passa des Apôtres à leurs successeurs.


Tout chrétien doit recevoir ce sacrement au moins une fois chaque année. Il comporte :

L’examen des fautes commises.
Le regret de les avoir commises (Contrition).
La résolution sincère de les éviter à l’avenir.
L’accusation des péchés, au moins graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu.
L’absolution donnée par le prêtre au nom de Jésus-Christ.
L’accomplissement de la pénitence qu’il a imposée (Satisfaction).


Le sacrement de pénitence produit notre propre mort au péché et notre résurrection à la vie en Dieu. Il prolonge ainsi notre baptême et nous prépare à l’eucharistie. Il doit laisser dans nos âmes une immense joie, car c’est un sacrement de vie.


II. Quelques conseils pour bien réaliser son examen de conscience

Par une courte prière, demander à Dieu et à Notre-Dame la grâce de bien connaître les péchés dont on est coupable.

S’examiner sur les Commandements de Dieu et de l’Église ; les péchés capitaux ; les devoirs de son état.

Pour aider le plus d’âmes possible, dont les besoins sont très divers, l’examen proposé ci-après est plutôt détaillé. Mais il est rappelé qu’en confession seule l’accusation des péchés mortels est obligatoire. Un péché est mortel quand, sachant pleinement que la matière en était grave, on l’a néanmoins commis avec un entier consentement. C’est alors une rupture d’amour avec Dieu. Et comme l’âme cesse ainsi d’être unie à Dieu - de qui elle tenait sa vie -, elle meurt surna­turellement : le péché a été "mortel" pour elle.

L’examen terminé, demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’une vraie contrition des péchés com­mis et la ferme résolution de les éviter à l’avenir, conditions indispen­sables pour obtenir le pardon de ses péchés.

Pour exciter en soi le regret de ses fautes, réfléchir durant quelques instants :

au redoutable châtiment du purgatoire ou de l’enfer que l’on a mérité ;
aux souffrances et à la mort que Jésus-Christ endura pour l’expiation de nos péchés ;
à la bonté d’un Dieu d’amour et de miséricorde, offensé par le péché qui a produit une rupture profonde, surtout s’il a été mortel.

Puis, réciter lentement l’acte de contrition.

III. Quelques conseils pour recevoir le sacrement lui-même

Avant de rentrer au confessionnal, ou immédiatement en entrant, suivant la coutume, réciter le « Je confesse à Dieu… » LeConfiteor nous remet devant cette réalité du péché et nous fait accomplir le mouvement de « conver­sion » nécessaire, vers Dieu et vers les autres :

Parce que nous nous sommes opposés à l’Amour tout-puissant, en cherchant à réaliser notre bonheur contre Lui ou sans Lui, nous disons : « Je confesse à Dieu tout-puissant » ;

Parce que nous avons porté atteinte à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, en nous séparant de tous ceux qui ont coopéré à cette œuvre, notamment de la Mère du Christ, nous disons : « Je confesse … à la Bienheureuse Marie toujours Vierge » ;

Parce que nous nous sommes opposés à l’œuvre de lutte et de fidélité des anges, l’attente des martyrs, des prophètes de l’Ancien Testament, morts pour que le Règne du Messie se réalise, à l’œuvre des apôtres et des saints qui ont travaillé pour le Christ, nous disons : « Je confesse… à saint Michel (vainqueur du démon), à saint Jean Baptiste (dernier des pro­phètes), aux apôtres (représentés par saint Pierre et saint Paul), et à tous les saints » ;

Enfin, parce que notre péché s’est opposé à toute l’Église et nous sépare des autres membres du Corps Mystique que le prêtre représente, en même temps qu’il tient la place de Jésus Christ, nous disons : « Je confesse… à vous, mon Père… ».


Avant de commencer l’énumération des péchés, préciser : le temps écoulé depuis la dernière confession ; un oubli ou une dissimulation de péché grave dans celle-ci ; une ou plusieurs mauvaises communions (en état de péché grave) ; une omission de la pénitence donnée (volontaire ou non).


Accuser sincèrement tous les péchés mortels que l’on a commis, avec leur nombre et les circonstances qui les ont modifiés (aggravés, allégés), comme par exemple, les péchés commis avec d’autres personnes qu’on a ainsi scandalisées, ou qu’on a entraîné au péché.

L’accusation des péchés véniels n’est pas indispensable car on peut en obtenir le pardon par d’autres moyens que la confession, par exemple la prière, l’aumône, la pénitence… Pourtant, cette accusation est fort conseillée car, par le sacrement de la Confession, on obtient des grâces spéciales pour éviter ces péchés véniels à l’avenir.

Dans le cadre de confessions régulières, on peut dire où l’on en est par rapport à son défaut dominant, ou par rapport à ses résolutions.

Si l’on est troublé ou que l’on a peur, ou tout simplement si on hésite, on peut demander au prêtre de nous interroger, ou de nous renseigner sur la gravité d’un péché.

Terminer par : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux que j’aurais pu avoir oublié et de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande très humblement pardon à Dieu, et à vous mon Père, pénitence et absolution si vous m’en jugez digne ».


Ecouter avec attention le mot d'exhortation du prêtre. Avant l'absolution, bien regretter ses péchés, et réciter à cet effet l'acte de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Votre sainte grâce de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. »


Après la confession, accomplir la pénitence imposée par le confesseur au plus tôt, afin de ne pas l’oublier ; remercier Dieu du pardon obtenu ; renouveler sa résolution d’éviter tout péché à l’avenir, surtout le péché grave.


Examen de conscience détaillé

Avant de commencer cet examen, adresser à Dieu cette prière :

Mon Dieu, je vous supplie, par l’intercession de la Vierge Marie, de m’accorder la grâce de bien connaître tous les péchés dont je suis coupable. Faites qu’ensuite je m’en accuse avec un sincère regret de les avoir commis et une ferme volonté de les éviter à l’avenir et qu’ainsi j’en obtienne le pardon de votre miséricorde infinie. Ainsi soit-il.


Examen sur les commandements de Dieu

1er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… »

Omission de la prière (en particulier le matin et le soir), de la fré­quentation des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie… Communions ou confessions sacrilèges… Manque de respect des sacrements… Manque au jeûne avant la communion (une heure au moins)… Violation du secret de confession… Doutes volontaires contre la foi… Mise en péril de la foi par la lecture de journaux impies, par des fréquentations dangereuses… Respect humain… Manque de confiance en Dieu ou confiance présomptueuse en ses propres forces… Indifférence à l’égard de Dieu… Manque de soumission à la volonté de Dieu… Pratiques superstitieuses, spiritisme… Critiques de la religion… Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique… Négligence dans sa formation chrétienne…


2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »

Emploi inutile du nom de Dieu… Blasphèmes, imprécations, jurons… Serments faux ou inutiles… Irrespect à l’égard des personnes et des choses consacrées à Dieu… Souhaits néfastes à l’égard de soi-même ou d’autrui… Non-accomplissement des vœux émis…


3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »

Omission volontaire ou sans motif de l’assistance à la Messe domini­cale ou des fêtes d’obligation… Retard volontaire ou dissipation durant ces Messes… Travail fait ou ordonné sans nécessité ou permission… Recherches de distractions contraires à la sanctification du dimanche…


4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »

Manque d’amour, d’affection, de respect, d’obéissance, d’assistance à l’égard des parents durant leur vie et de prière à leur intention après leur mort… Peine causée… Souhaits de mal… Disputes d’intérêt en famille… Manque de déférence et de soumission à l’égard des supérieurs…

Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur édu­cation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité, de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…


5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »

Meurtre, tentative de suicide, euthanasie… Avortements, stérilisations… Souhait de mort ou de malheur à l’égard d’autrui… Vengeance, coups, blessures, torts causés à la santé, drogues, alcool, mutilations… Insultes, injures, mépris, faux rapports, haine, violences, refus de pardonner, vengeances… Indifférence à la peine d’autrui… Scan­dales par mauvais exemples, par conseils ou approbation silen­cieuse…


6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »

Pensées ou désirs impurs provoqués en soi ou chez les autres… Conversations, chansons, lectures, spectacles immoraux (TV, Internet…) Flirts… Familiarités coupables… Danses lascives… Touchers indécents… Actions contraires à la chasteté, seul ou avec d’autres : masturbation, relations charnelles en dehors du mariage, homosexualité… Tenues ou attitudes provocantes…

Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles… Relations prématrimoniales… Cohabitation…

Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…


7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »

Vol (quoi ? combien ? circonstances ?), recel, objets trouvés ou empruntés et non rendus… Dommages injustes causés au prochain dans ses biens… Fraudes, manœuvres déloyales dans le travail, les affaires, le commerce, les contrats… Pots-de-vin… Coopération à des injustices… Recel d’objets volés… Négligence dans le paiement des dettes… Salaires insuffisants… Exploitation des faibles… Dommages aux biens collectifs… Désirs de vol ou d’injustices… Non-réparation de dommages causés… Non-restitution… Gaspillage… Travail bâclé…


8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »

Mensonges avec ou sans préjudice pour autrui… Médisances ou calom­nies, faites ou approuvées… Faux témoignages en justice… Accusations injustes… Jugements téméraires… Rapports injustes nuisibles… Violation du secret, confié ou professionnel, des correspondances… Dissimulation, hypocrisie… Tricheries… Promesses non tenues… Refus de rectifier la vérité…


Examen sur les commandements de l’Église

Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).

Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.

Tu te confesseras au moins une fois l’an.

Tu communieras chaque année au Temps pascal.

Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).

Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême). Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).


Examen sur les péchés capitaux

ORGUEIL : Amour-propre désordonné… Complaisance en soi-même… Egoïsme… Ambition démesurée… Vanité mondaine… Présomption… Attitudes hautaines, susceptibilité…

AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …

LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.

ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…

GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…

COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, res­sentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…

PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…


Examen sur les devoirs d’état

N.B. L’examen suivant est très détaillé, et reprend en partie ce qui a déjà été vu auparavant.


Alors qu’il est très important, c’est un domaine qu’on oublie souvent dans l’examen de la conscience. Selon son état de vie et ses responsabilités :


1. Devoirs personnels de chrétiens :

Quelle importance ai-je attaché à ma vie chrétienne, au milieu de toutes mes occupations ? A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?

Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ? Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?

Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Sei­gneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?

Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?

Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?

Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?

Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?

Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?

Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accom­pli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?

Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?

N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?

Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?


2. Devoirs envers le prochain :

Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?

La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les sou­lager ?

Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?

N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?

Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des im­prudences dans le travail, le sport ou sur la route ?

En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, rail­lerie, médisance, calomnie, secrets ré­vélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scan­dale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.


3. Devoirs familiaux :

Enfants :

Ai-je vraiment aimé mes parents, en évitant d’augmenter leurs difficultés, en leur apportant mon concours, en leur manifestant mon affection ?

Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ?

Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?

N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ?

Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?

Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?


Personnes mariées :

Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?

Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?

N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les pro­blèmes de ma famille ?

N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?

N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?

La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?

N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?

Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?

Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?

Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?

Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?

Est-ce que je leur donne le bon exemple ?

Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?

Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?

Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?

Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?


4. Devoirs professionnels :

Enfants :

Ai-je manqué l’école par ma faute ?

Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?

Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?


Adultes :

Ai-je négligé mon travail ?

Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?

Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?

Ai-je pris ma place dans les organisa­tions professionnelles ?

Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en res­pectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?


5. Devoirs civiques :

Ai-je rempli mes devoirs de chrétien dans la société ?

Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les pro­blèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?

Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orienta­tion ? Ai-je su accepter les charges mu­nicipales ou autres en les envisageant comme un service ?

Ai-je choisi mes représentants en fonc­tion de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?

Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?

Examen de conscience pour Adultes

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Je crois en un Sauveur aimant qui pardonne mes péchés et qui me donne la grâce de devenir un Saint. Par le ministère de ses Prêtres, Jésus–Christ accomplit l’un et l’autre dans le Sacrement de Pénitence.

"Comme le Père M’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie … Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront pardonnés à qui vous les pardonnerez ils seront retenus à qui vous les retiendrez." (Jean XX : 21-23)

"Vos péchés seraient-ils rouges comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaie I : 18)

"Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." ( Matt. IX : 13)

"Les hommes ont reçu de Dieu un pouvoir accordé ni aux Anges,ni aux Archanges. Jamais il n’a dit aux Esprits Célestes « Tout ce que vous lierez et délierez sur la terre sera lié et délié dans le ciel ». Les Princes de ce monde peuvent seulement lier et délier le corps. Le pouvoir du prêtre va plus loin, il atteint l’âme et elle est exorcisée non seulement par le baptême, mais encore plus par le pardon des péchés. Ne rougissons donc pas de confesser nos fautes. Celui qui rougit de découvrir ses péchés à un homme et qui ne se confesse pas, sera couvert de honte au Jour du Jugement en présence de tout l’univers," (St Jean Chrysostome, Traité sur les prêtres, Livre 3)

Prière avant la confession: O Seigneur, accordez-moi la lumière pour que je me voie comme Vous me voyez, et le grâce de regretter vraiment et effectivement mes péchés. O Marie, aidez-moi à faire une bonne confession.

Comment se confesser: D’abord, examinez bien votre conscience, puis dites au prêtre le genre précis de péchés que vous avez commis et dans la mesure du possible, combien de fois vous les avez commis depuis votre dernière bonne confession. Il n’est obligatoire de confesser que les péchés mortels puisqu’on peut obtenir le pardon des péchés véniels par les sacrifices et les actes de charité. Si vous n’avez pas la certitude qu’un péché soit mortel ou véniel, mentionnez votre doute au confesseur. Souvenez-vous aussi que la confession de péchés véniels aide à éviter le péché et à progresser vers le Ciel.

Conditions nécessaires pour qu’un péché soit mortel:

Matière grave
Pleine connaissance
Entier consentement de la volonté.

Considérations préliminaires:

Ai-je parfois omis de confesser un péché grave dans le passé ; ou ai-je volontairement déguisé ou caché un tel péché ?
Nota bene : Cacher des péchés rend invalide la confession .
La confession est secrète, c’est à dire que c’est une faute mortelle pour le prêtre de révéler à qui que ce soit l’objet d’une confession.
Ai-je été coupable d’irrévérence envers ce sacrement en omettant d’examiner ma conscience avec soin?
Ai-je négligé de faire la pénitence donnée par le prêtre?
Ai-je des habitudes de péchés graves à confesser d’abord (par exemple: impureté, ivrognerie, etc.)

Premier Commandement:

Je suis le Seigneur Ton Dieu. Tu n’auras pas des dieux étrangers devant Moi. (y compris les péchés contre la Foi, l’Espérance et la Charité)

L'amour de l'argent est la racine de tous les maux, c'est une idolâtrie...

Ai-je négligé de connaître ma foi selon l’enseignement du catéchisme, par exemple le Symbole des Apôtres, les Dix Commandements, les Sept Sacrements, le Notre Père, etc.?
Ai-je volontairement mis en doute ou renié l’un des enseignements de l’Eglise?
Ai-je pris part à quelque culte non- catholique?
Suis-je membre de quelque organisation religieuse non-catholique, société secrète ou groupe anti-catholique?
Ai-je, en toute connaissance, lu quelque littérature hérétique, blasphématoire ou anti catholique?
Ai-je pratiqué des superstitions (telles que les horoscopes, prédiction d’avenir, spiritisme, etc.)
Ai-je omis des obligations ou pratiques religieuses pour des motifs de respect humain?
Me suis-je recommandé chaque jour à Dieu?
Ai-je été fidèle à mes prières quotidiennes?
Ai-je fait mauvais usage des Sacrements? Les ai-je reçus sans respect (par exemple la Communion dans la main) ou de manière invalide?
Me suis-je moqué de Dieu, de Notre-Dame, des Saints, de l’Eglise, des Sacrements ou d’autres sujets sacrés?
Ai-je été coupable de grande irrévérence dans l’Eglise (par exemple: conversation, comportement ou vêtement)?
Ai-je été indifférent vis-à-vis de ma foi catholique – en croyant qu’on peut se sauver dans n’importe quelle religion, que toutes les religions se valent?
Ai-je présumé de la miséricorde de Dieu en toute circonstance?
Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu?
Ai-je trahi Dieu?
Ai-je donné trop d’importance à quelque créature, activité, objet ou opinion?

Deuxième Commandement:

Tu ne prendras pas en vain le Nom du Seigneur Ton Dieu.

Ai-je blasphémé le Nom de Dieu à tort, inconsidérément ou en matière légère et triviale?
Ai-je murmuré ou gémi contre Dieu (blasphème)?
Ai-je prononcé des malédictions contre moi-même ou les autres, ou toute créature?
Me suis-je emporté contre les autres jusqu’à provoquer des jurons ou des blasphèmes contre Dieu?
Ai-je manqué à un vœu fait à Dieu?

Troisième Commandement:

Souvenez –vous de sanctifier le Sabbat.

Ai-je manqué la Messe le dimanche ou une fête d’obligation?
Ai-je été en retard à la Messe ou l’ai-je écourtée par ma faute?
Ai-je fait manquer la Messe à d’autres ou leur ai-je fait écourter la Messe?
Ai-je été volontairement distrait pendant la Messe ?
Ai-je fait ou commander un travail servile non nécessaire le dimanche ou les jours de fête d’obligation?
Ai-je acheté ou vendu sans nécessité ce jour là?

Quatrième Commandement:

Honore ton père et ta mère.

Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou ai-je négligé ou refusé de les aider dans leurs besoins ?
Ai-je manqué de respect pour des personnes chargées de me commander?
Ai-je calomnié ou insulté des prêtres ou d’autres personnes consacrées à Dieu?
Ai-je manqué de respect vis à vis des personnes âgées?
Ai-je maltraité mon conjoint ou mes enfants?
Ai-je désobéi ou manqué de respect à mon mari?
En ce qui concerne mes enfants:

Ai-je négligé leurs besoins matériels?
Me suis-je soucié de les faire baptiser de bonne heure?1
Ai-je pris soin de leur éducation religieuse personnelle?
Leur ai-je permis de négliger leurs devoirs religieux?
Leur ai-je permis le flirt ou des fréquentations régulières sans perspective du mariage dans un proche avenir?
Ai-je veillé à leurs compagnies?
Ai-je omis de les discipliner quand c’était nécessaire?
Leur ai-je donné un mauvais exemple?
Les ai-je scandalisés par des disputes avec mon conjoint en présence de mes enfants? En jurant ou blasphémant en leur présence?
Ai-je gardé la modestie à la maison?
Leur ai-je permis de porter des vêtements immodestes (mini jupes, pantalons serrés, robes ou pulls trop ajustés, corsages transparents, shorts courts, tenues de bain provocantes, etc.)? 2
Leur ai-je refusé la liberté de se marier ou de suivre une vocation religieuse?

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1 Les nouveaux nés devraient être baptisés dès que possible. Sauf prescription diocésaines particulières, il semble généralement admis qu’un nouveau-né devrait être baptisé dans l’intervalle de une semaine ou dix jours environ après sa naissance. Beaucoup de catholiques repoussent le baptême à une quinzaine ou un peu plus. L’idée d’administrer le baptême dans les trois jours après la naissance est considérée comme trop stricte. Saint Alphonse, suivant l’opinion commune, pensait qu’un délai non motivé au-delà de dix ou onze jours serait un péché grave. Par rapport à la coutume moderne, connue et non corrigée par les Ordinaires locaux, un délai non motivé au delà d’un mois serait un péché grave. S’il n’y a pas de danger probable pour l’enfant, les parents ne peuvent être convaincus de péché grave en différant le baptême un peu au-delà de trois semaines au plus, mais l’usage de faire baptiser un nouveau-né dans l’intervalle d’environ une semaine ou dix jours après la naissance est fort recommandable et en vérité, une date plus précoce peut être recommandée à juste titre. — H. Davis S.J., Moral and Pastoral Theology, Vol. III, Pg.65, Sheed and Ward, New York, 1935

2 Demander le feuillet LF05 Règles Mariales pour la Modestie dans le vêtement.

Cinquième Commandement:

Tu ne tueras pas.

Ai-je provoqué, désiré ou hâté la mort ou la blessure physique de quelqu’un?
Ai-je entretenu de la haine contre quelqu’un?
Ai-je opprimé quelqu’un?
Ai-je désiré la vengeance?
Ai-je été cause d’inimitié entre d’autres personnes?
Ai-je querellé ou combattu quelqu’un?
Ai-je souhaité du mal à quelqu’un?
Ai-je eu l’intention ou tenté de blesser ou de maltraiter d’autres personnes?
Y a-t-il quelqu’un avec qui je refuse de parler ou contre qui je garde rancune?
Ai-je pris plaisir aux malheurs de quelqu’un?
Ai-je été jaloux ou envieux?
Ai-je pratiqué ou essayé de pratiquer un avortement ou conseillé à quelqu’un de le faire
Ai-je, d’une manière ou d’une autre, mutilé mon corps sans nécessité?
Ai-je eu des pensées de suicide ou des tentatives?
Me suis-je enivré ? Ai-je pris des drogues interdites?
Ai-je trop mangé ou est-ce que je néglige de me nourrir convenablement? (c’est à dire avec des aliments sains)
Ai-je manqué à la correction fraternelle?
Ai-je nuit à l’âme de quelqu’un, surtout aux enfants en scandalisant par le mauvais exemple?
Ai-je nuit à moi-même en exposant mon âme aux tentations volontairement et sans nécessité. (par exemple: mauvaises émissions, mauvaises chansons, plages, etc.)?

Sixième et Neuvième Commandement:

Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.

Ai-je refusé à mon conjoint, à ma conjointe, les droits du mariage?
Ai-je pratiqué le contrôle des naissances (pilules, appareils, retrait)?
Ai-je abusé des droits du mariage de quelque autre manière?
Ai-je commis l’adultère ou la fornication ( pratiques sexuelles prémaritales)?
Ai-je commis un péché contre nature dans le domaine de la pureté (homosexualité ou lesbianisme en pensée, en parole ou en action )?
Ai-je touché ou embrassé quelqu’un de manière impure?
Me suis-je engagé dans des baisers prolongés et passionnés en dehors du mariage ?
Me suis-je engagé dans des affections désordonnées?
Ai-je pratiqué l’impureté solitairement ( masturbation )?
Ai-je entretenu des pensées impures et m’y suis-je complu?
Me suis-je laissé aller à des désirs sensuels pour quelqu’un ou ai-je volontairement désiré voir ou faire quelque chose d’impur?
Me suis-je laissé aller volontairement à quelque plaisir sexuel complet ou incomplet en dehors du mariage?
Ai-je été occasion de péché pour d’autres en portant des vêtements immodestes, trop serrés ou provocants de toute autre manière?
Ai-je agi pour provoquer ou occasionner chez les autres des pensées ou des désirs impurs délibérément ou par légèreté?
Ai-je fait des lectures indécentes ou regardé de mauvais film?
Ai-je regardé des films et des émissions érotiques ou la pornographie par internet ou permis à des enfants de le faire?
Ai-je prononcé des paroles ou raconté des histoires indécentes?
Ai-je écouté volontairement de telles histoires?
Me suis-je vanté de mes péchés ou complu dans les péchés du passé?
Me suis-je trouvé en compagnie impudique?
Ai-je consenti à des regards impudiques?
Ai-je négligé de contrôler mon imagination?
Ai-je prié tout de suite pour bannir de si mauvaises pensées et tentations?
Ai-je évité la paresse, la gourmandise, l’oisiveté et les occasions d’impureté?
Ai-je pris part à des danses immodestes et à des spectacles indécents?
Suis-je resté sans nécessité seul en compagnie de quelqu’un du sexe opposé en dehors du mariage?

Nota bene: Ne pas craindre de dire au prêtre tout péché d’impureté que vous avez pu commettre. Ne pas cacher ou essayer de déguiser de tels péchés. Le prêtre est là pour vous aider et vous pardonner. Rien de ce que vous dites ne le choquera, donc ne craignez pas, quelque puisse être votre honte.

Septième et Dixième Commandement:

Tu ne voleras pas. Tu ne convoitera pas les biens du prochains.

Ai-je volé quelque chose? Quoi ou combien?
Ai-je endommagé le bien des autres?
Ai-je par négligence abîmé le bien des autres?
Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent et des biens d’autrui?
Ai-je triché ou fraudé?
Ai-je participé excessivement à des jeux d’argent?
Ai-je refusé ou négligé de payer mes dettes?
Ai-je acquis un bien notoirement volé?
Ai-je omis de rendre des objets prêtés?
Ai-je trompé mon employeur sur ma journée de travail?
Ai-je triché sur les salaires de mes employés?
Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un en urgente nécessité?
Ai-je omis de restituer en cas de vol, de tricherie ou de fraude?
Ai-je envié à un autre ce qu’il avait?
Ai-je été jaloux du bien d’autrui?
Ai-je été avare?
Ai-je été cupide et avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort? Mon cœur est-il porté vers les possessions terrestres ou les vrais trésors du Ciel ?

Huitième Commandement:

Tu ne porteras pas de faux témoignage envers ton prochain.

Ai-je menti à propos de quelqu’un?
Mes mensonges ont-ils causé un tort matériel ou spirituel?
Ai-je porté des jugements téméraires (c’est à dire cru fermement, sans preuve évidente à la culpabilité de quelqu’un dans un crime ou une faute morale?
Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des fautes vraies mais cachées (délation )?
Ai-je révélé les péchés d’autrui?
Ai-je été coupable de cafardage (c’est à dire d’avoir rapporté quelque chose de défavorable dit par quelqu’un à propos d’un autre de manière à créer l’inimitié entre eux)?
Ai-je encouragé ou prêté l’oreille à la diffusion du scandale concernant mon prochain?
Ai-je prêté de faux serments ou signé de faux documents?
Suis-je critique, négatif ou peu charitable dans ma conversation?
Ai-je flatté les autres?

Les Sept Péchés Capitaux et les Vertus opposées.

Orgueil..............................................Humilité
Avarice............................................Libéralité
Luxure.............................................Chasteté
Colère...............................................Douceur
Gourmandise....................................Tempérance
Jalousie...........................................Amour fraternel
Paresse............................................Effort

Cinq effets de l’Orgueil

La vaine gloiren a. Vantardise b. Dissimulation/Duplicité
Ambition
Mépris des autres
Colère / Vengeance / Ressentiment
Entêtement / Obstination

Neuf manières d’être instrument de péché pour d’autres.

A. Ai-je sciemment été cause de péché ?
B. Ai-je coopéré au péché des autres ?

Le conseil
Le commandement
Le consentement
La provocation
La louange ou la flatterie
La dissimulation
La participation
Le silence
La défense du mal accompli.

Les Quatre Péchés qui crient vengeance au Ciel.

Le meurtre volontaire
La Sodomie ou le Lesbianisme
L’oppression des pauvres
La fraude sur le juste salaire du travailleur.

Les Six Commandements de l’Eglise.

Ai-je entendu la Messe le dimanche et les fêtes d’obligation?
Ai-je pratiqué le jeûne et l’abstinence les jours désignés et ai-je observé le jeûne eucharistique?
Me suis-je confessé au moins une fois l’an?
Ai-je reçu la Sainte Eucharistie au temps de Pâques?
Ai-je contribué au soutien de l’Eglise dans la mesure où je le dois?
Ai-je observé les lois de l’Eglise concernant le mariage (c’est à dire le mariage sans présence d’un prêtre ou mariage avec un parent ou non-catholique)?

Les Cinq Blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie.

Ai-je blasphémé contre l’Immaculée Conception?
Ai-je blasphémé contre la Virginité Perpétuelle de Marie?
Ai-je blasphémé contre la Divine Maternité de Notre Dame ? Ai-je manqué à reconnaître Notre Dame comme Mère de tous les hommes?
Ai-je cherché officiellement à semer dans les cœurs des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine de ce Cœur Immaculé?
L’ai-je outragée directement dans Ses Saintes Images?

Finalement:

Ai-je reçu la Sainte Communion en état de péché mortel? (Sacrilège)

Examen des péchés véniels d’après St Antoine-Marie Claret.

L’âme devrait éviter tous les péchés véniels, spécialement ceux qui ouvrent la voie du péché mortel. Ce n’est pas assez , mon âme, de prendre la ferme résolution de souffrir la mort plutôt que de commettre un péché mortel. Il est nécessaire de former une résolution semblable par rapport au péché véniel. Celui qui ne trouve pas en lui-même cette volonté ne peut trouver la sécurité. Rien ne peut nous donner une certaine sécurité du salut éternel comme une vigilance incessante pour éviter même le moindre péché véniel et un sérieux remarquable en tous points touchant toutes les pratiques de la vie spirituelle - sérieux dans la prière et les rapports avec Dieu, sérieux dans la mortification et le renoncement, sérieux dans l’humilité et l’acceptation du mépris, sérieux dans l’obéissance et le renoncement à sa volonté propre, sérieux dans l’amour de Dieu et du prochain . Celui qui veut atteindre ce sérieux et le garder, doit nécessairement prendre la résolution d’éviter toujours spécialement les péchés véniels

suivants:

Le péché d’admettre en son cœur tout soupçon non fondé, tout jugement injuste contre le prochain.
Le péché d’entrer en conversation sur les défauts d’autrui et de manquer à la charité de toute autre manière même légèrement.
Le péché d’omettre, par paresse, nos pratiques spirituelles ou de les accomplir avec négligence volontaire.
Le péché d’avoir une affection désordonnée pour quelqu’un.
Le péché d’avoir une vaine estime de soi-même ou une vaine satisfaction dans ce qui nous concerne
Le péché de recevoir le Saint Sacrement de manière insouciante, avec des distractions et autres irrévérences et sans préparation sérieuse.
Impatiences, ressentiment, tout manquement à accepter des déceptions comme venant de la Main de Dieu ; car cela met obstacle à la voie des décrets et dispositions de la Divine Providence par rapport à nous-mêmes.
Le péché de se donner occasion de ternir même de loin l’éclat immaculé de la sainte pureté.
La faute de cacher volontairement à ceux qui devraient les connaître, les mauvaises inclinations, les faiblesses et les mortifications, en cherchant à poursuivre la route de la vertu, non sous la direction de l’obéissance, mais en se laissant guider par ses propres caprices.

Nota bene: Ceci s’entend de circonstances où nous pourrions avoir une direction qui mérite d’être recherchée, mais nous préférons suivre nos faibles lumières personnelles).

Prière pour une bonne confession

O mon Dieu, par mes péchés détestables, j’ai crucifié de nouveau Votre Divin Fils et L’ai tourné en dérision. A cause de cela, j’ai mérité Votre Colère et me suis rendu digne des feux de l’Enfer. Combien aussi j’ai été ingrat envers Vous, mon Père Céleste, qui m’avez tiré du néant, m’avez racheté par le Précieux Sang de Votre Fils et m’avez sanctifié par Vos Saints Sacrements et le Saint Esprit. Mais dans Votre Miséricorde, vous m’avez réservé cette confession. Recevez –moi de nouveau comme Votre fils prodigue et accordez-moi de bien me confesser pour que je puisse recommencer à Vous aimer de tout mon cœur et de toute mon âme et par conséquent garder vos commandements et souffrir patiemment toute expiation temporelle qui reste à accomplir. J’espère obtenir de Votre bonté et puissance, la vie éternelle au Paradis. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Note Finale

N’oubliez pas de confesser vos péchés avec regret surnaturel en même temps que ferme résolution de ne plus retomber dans le péché et d’éviter les occasions prochaines de péché. Demandez à votre Confesseur de vous aider en toute difficulté qui entraverait une bonne confession. Accomplissez promptement votre pénitence.

Acte de Contrition

O mon Dieu, je regrette du fond du cœur de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du Ciel et les peines de l’Enfer, mais surtout parce que mes péchés Vous offensent, mon Dieu, qui êtes toute bonté et qui méritez tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre Grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence et d’amender ma vie. Amen.


EXAMEN DE CONSCIENCE POUR ADULTES

Résumé: Il faut rechercher au moins tous les péchés mortels dont on se souvient et qui n’ont pas encore été confessés dans une bonne confession et à un prêtre ayant les pouvoirs pour absoudre. Un péché est mortel s’il y a : gravité de matière, pleine connaissance et plein consentement. Indiquer, dans la mesure du possible, leur espèce et leur nombre (même pour les désirs). Pour cela on demande à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes et on s’examine sur les Dix Commandements et les préceptes de l’Église, sur les péchés capitaux et les devoirs de notre état. Il faudra penser à accuser également les péchés qui ont pu être commis par omission. N.B.: La confession est sacrilège lorsqu’on a volontairement caché des fautes mortelles. COMMANDEMENTS DE DIEU l er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout. » Dieu est-il au centre de ma vie ? Est-il bien pour moi un Père à l’amour duquel je réponds par un amour total et une généreuse obéissance ? Jésus est-il vraiment mon Maître et mon modèle, celui dont je vis par la foi et les sacrements ? Manquements par omission ou négligence dans les prières (matin, soir, dans les tentations) et la réception des sacrements. Tiédeur. Respect humain pour manifester sa foi. Parole ou acte contre la religion. Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Superstitions, spiritisme. Avoir tenté Dieu. Péchés contre la foi : refus d’adhérer à une ou plusieurs vérités révélées. Doutes volontaires. Négligeance dans sa sa propre formation religieuse. Lectures, émissions et spectacles portant atteinte à la foi ou à la morale. Péchés contre l’espérance : manque de confiance en la bonté et la providence de Dieu. Découragement, désespoir. Compter sur ses seules forces. Prétexter de la bonté de Dieu pour pécher. Ne pas désirer le ciel. Péchés contre la charité : indifférence par rapport à Dieu ; absence de prière et de pratique religieuse. Sacrilèges en profanant les choses saintes, en particulier confessions (incomplètes volontairement) et communions sacrilèges (reçues en état de péché mortel). Envers le prochain : refus de voir Dieu dans nos frères; haines, mépris, moqueries ; refus d’assister son prohain dans les graves nécessités. 2e Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect. » Transgresser les serments et vœux faits en son nom. Associer son nom à des serments faux ou inutiles. Blasphémer son nom, celui de la Vierge ou des saints. Prononcer des imprécations contre soi ou contre autrui. 3e Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur. » Avoir manqué à la sainte Messe par sa faute, y être arrivé en retard. Avoir fait ou fait faire “des travaux et des occupations qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur, ou la détente convenable de l’esprit et du corps” (can.1247). Avoir été à des amusements ou réunions dangereuses pour la foi ou les mœurs. 4e Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Enfants de tous âges : Manque d’amour, de respect, d’obéissance (dans les limites de leur autorité), de reconnaissance et d’assistance (matérielle, spirituelle) aux parents. Parents : ne pas témoigner de l’affection à tous ses enfants ; ne pas leur donner l’exemple d’une vie vertueuse et chrétienne. Envers ceux encore sous leur dépendance : Association Notre Dame de Chrétienté manquements dans leur formation humaine et chrétienne (instruction religieuse, choix de l’école); et dans ses devoirs de surveillance, de conseil et de corrections nécessaires. Tous : disputes d’intérêt en famille. Manquements dans l’accomplissement du travail dans le respect dû à l’autorité (dans le métier, la vie collective) ou dans les responsabilités des dirigeants (conditions de travail honnêtes, juste salaire, respect vis-à-vis des employés). Insoumission aux lois civiles justes (impôts, service militaire, devoir civique). 5e Commandement : « Tu ne tueras point. » Meurtre, tentative de suicide, imprudence exposant à tuer ou blesser son prochain (sport à risque, transgression grave et volontaire du code de la route, conduite en état d’ivresse). Colères, disputes, vengeances, refus de pardon, rancunes, envie, jalousie, drogue. Excès dans les boissons, gourmandise. Attitude insultante et scandaleuse. Participation (par action ou par omission), à la stérilisation, à l’avortement, à l’euthanasie, au suicide. Incitation à la violence, à la lutte des classes. Haine raciale ou ethnique. 6e et 9e Commandements : « Tu ne commettras pas d’impureté. Tu n’auras pas le désir impur volontaire. » Pensées, désirs et actes commis seul ou avec d’autres contre la pureté. Conversations et chansons déshonnêtes. Lectures, spectacles (TV, films,...), fréquentation de lieux exposant à l’impureté. Responsabilité dans le péché d’autrui (danse, mode et attitude provocantes). Personnes mariées : Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse. Moyens contraceptifs, ponctuels ou permanents. Refus des droits du conjoint. Adultère (pensées, désirs, actions). Infidélité affective. Liaison extra-matrimoniale. Divorce. “Remariage”. Fiancés : Manifestations de tendresse excessivement sensuelles. Relations pré matrimoniales. Cohabitation. 7e et 10e Commandements : « Tu ne voleras pas. Tu ne désireras pas injustement le bien des autres. » Participation direct ou indirect à des vols, fraudes, injustices. Dettes impayées. Non restitution. Recel d’objets volés. Tort causé dans les ventes, contrats, transactions. Tricheries. Fraudes. Pots de vin. Non-respect des lois sociales justes sur le travail, les assurances... Travail bâclé ; perte de temps. Dépenses excessives, par luxe, vanité, etc. Gaspillage. 8e Commandement : « Tu ne mentiras point. » Mensonges. Faux témoignage. Accusations injustes. Jugements téméraires. Calomnies (personnes ou institutions). Secrets violés. Médisances, ragots. Refus de réparer ou de rectifier COMMANDEMENTS DE L’ÉGLISE 1. Tu sanctifieras les dimanches et fêtes d’obligation (en France : Noël, Pâques, Ascension, La Pentecôte, Assomption, Toussaint) : par l’assistance à la messe et l’abstention d’activités contraires à la sanctification du jour du Seigneur (voir 3e commandement de Dieu). 2. Tu te confesseras au moins une fois l’an. 3. Tu communieras chaque année au Temps pascal (de Pâques à la Pentecôte). 4. Tu jeûneras ou feras abstinence les jours fixés. Jeûne et abstinence: Mercredi des Cendres et Vendredi Saint ; abstinence : tous les vendredis de l’année (les vendredis autres que ceux du Carême, on peut remplacer l’abstinence par une autre pénitence). 5. Tu contribueras selon tes moyens aux dépenses de l’Eglise. Association Notre Dame de Chrétienté DEVOIRS D’ÉTAT 1. Devoirs de chrétien : effort pour tendre à la perfection de la charité ; témoignage de cohérence entre la foi et les œuvres ; fidélité à la vocation reçue de Dieu ; dimension apostolique de sa vie ; approfondissement de sa foi ; aide à l’Eglise ; respect et obéissance à la hiérarchie dans ce qui dépend de son autorité. 2. Devoirs dans la famille : fidélité et don de soi dans le mariage ; générosité dans la procréation et l’éducation des enfants ; amour et entraide ; affection et assistance aux ascendants. 3. Devoirs dans la profession application au travail ; sens de la justice dans les rapports professionnels, dans les contrats. 4. Devoirs dans la cité : participation à la vie de la cité, devoir électoral ; respect des lois justes ; effort pour faire changer les lois injustes (avortement, ...) ; solidarité avec les plus démunis. MAÎTRISE DE SON TEMPÉRAMENT Il faut soumettre à la raison et à la loi de Dieu les passions déréglées par le péché originel et nos propres péchés. On distingue sept tendances qui nous inclinent au mal : - l’orgueil : amour désordonné de soi-même qui engendre l’ambition, la présomption, la vaine gloire, les attitudes hautaines, les vanités mondaines. - l’avarice : attachement désordonné aux richesses qui engendre l’injustice, l’endurcissement du cœur, le défaut de générosité pour faire l’aumône, l’aveuglement de l’esprit. - la luxure : vice contraire, voir 6e et 9e commandements. - L’envie : nous attriste à la vue des qualités ou des succès d’autrui ; engendre la calomnie, la jalousie, les discordes, les actions portant tort à autrui. - la gourmandise : excès dans le manger et le boire (alcoolisme) qui met en danger notre santé et nous fait perdre la possession de nous-mêmes. - la colère : fait perdre le contrôle de soi-même et porte aux injures, querelles, coups... - la paresse : incline à fuir l’effort dans le travail, l’accomplissement des devoirs. Association Notre Dame de Chrétienté

Mit freundlichen Grüssen

Avec mes meilleurs salutations
Distinti saluti
Kind regards, yours sincerely
Saludos cordiales
בברכה, בכבוד רב
С уважение
ขอแสดงความนับถือ
你的真诚的
المخلص

Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE

Tél: international ++ 41 21 616 88 88

Mobilisation générale: épargnes, retraites... volées légalement ! Comme à Chypre et en Grèce... Arnaque de la création monétaire du néant, ex nihilo... Grâce à monnaie-pleine, on peut rédiger ensemble un projet de loi d'application ou un contre-projet et reprendre ainsi toutes les meilleures solutions, BNS, RBI, monnaie, crédits, etc...

http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

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Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

Invitations 2017
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Mobilisation générale: épargnes, retraites... volées légalement !

http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/swiss-positive-money-social-credit.html

Donner à chaque souverain, le peuple est le souverain en Suisse, sa part des créations monétaires volées actuellement par les banques commerciales. La banque nationale suisse doit devenir une coopérative, et pas une société anonyme, qui distribue à chacun et chacune ce qui lui est dû par un dividende social à tous dès la conception ! Voter oui à l'initiative monnaies pleines, monnaies au pluriel qui respectent notamment les wirs, voir www.wir.ch
à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

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